‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 87 sur 173 · LIVRE m. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE m. CHAP. I

mëde au maP^. Pendant ces troubles, les religieux de l'important couvent de Saiiil-Urbain, de Tordre de Citeauxy et les religieuses du monastère de Wurmsbaeh ^^^ se félicitèrent ^^^ d'obtenir la combourg^oisie et la pix>tection, celles-ci de Zurich, ceux-là de Berne et de Lucerne ^^^. Saint-Urbain jura , suivant la coutume du sacerdoce et par les liens de son ordre , d'envoyer les serfs du monastère à la défense du pays et de contribuer aux dépenses communes ^^^. Dans le même temps » le vieux château de Bechbourg fut acquis à prix d'argent par les Soleurois ^^^i Hartmann et Godefroi de Hùnenberg, écuyers ^®^ j se trouvant hors d'état de défendre plus long-temps la seigneurie héritée des nombreuses générations de leurs aïeux , et d'où ils ont tiré leurs noms, tous leurs villages et leurs métairies, se rachetèrent et s'upirent aux Zougois en qualité d'hommes libres par un traité de combourgeoisie. Ils

£00 Protoc, munie, ubi ti. 195 : « Zlégler a dit : « Puisque les Subsfs coupent les télés, je m'en vais. » ^

*°* Non loin de Rappcrschw)L6'fg (sm. deBirken, Miroir d* honneur ^ ( Ehrenspiegel ).

*" Car ils disent qu'ils doivent éternellement remercier Berne et prier D-en pour elle. Convention de Vabbé Henri de Saint-Urbain avec Berne ,

2" J, G. Fàsslin, Géogr. t. ï. 186 et suîv,

'H Non pas toutefois d*aprfes la taxe des paroisses bernoises. Le serment fut prêté à TEmpire et \ Berne. Le droit de combourgeoisie fut rattaché à la maison que l'abbé de Frienisberg, aussi de Tordre de Giteaux, possédait à Berne. Si quelqu'un faisait un procès à St -Urbain devant les tribunaux de Berne, on portait plainte ; Tabbajre ne pouvait pas être condamnée à plus de cent florins.

^^^ Clu du, tribunal du Bucfisgaa présidé par Frédéric de Falkcnstein , baron, au nom du cooile Otlon de Xhierstein, 1416 ; Marguerite d'Tfferstbal, veuve de Herrmaan de Landanberg-Tscbudi , rendit le château. Haffner, t lï , ^68.

^^^ Et Yérène Schwend , épouse de Godefroi.

s'engagèrent a à ne point aliéner la haute justice, à » soutenir les Zougois dans leurs guerres, en échange » de leur protection, mais sans payer de tribut; à ç^oi- » sir eux-mêmes tous les deux ans à Zoug un biûUî » pour les gouverner, juge de toutes les causes ^^"^j ex- » cepté des causes capitales ^^*. Ils réservèrent que tout » citoyen de Hunenberg que les Zougois refuseraient » de protéger pût chercher protection chez d'autres » confédérés. ^^^ )) Cependant à Bade, dans ces temps difficiles, Pierre Oeri, homme de mérite, qui accepta les fonctions de bailli dans Tintérét général ^^^, fortifia de nouveau le château inférieur ^'^.

Depuis près de onze mois le duc Frédéric languissait à Constance dans l'inaction, dans l'abandon et l'abaissement, lorsqu'il reçut la nouvelle, « qu'effectif » vement son frère av^it l'intwtion, avec le secours h de la ^oblesse , de l'expulser de son patrimoine du

^^ Même les appels y pour lesquels la commone ini adjoint unatn assesseurs. *

^'^ La justice criminelle sVxcrçait 2i Zoug.

^'*CA. de franeJiiêe des habitant de Hiuîenberg^ iâl6. Un tiers <ks amendes appartient au bailli , les deux autres .tiers à la juridiction. (Il est déjà fait mention de cela dans le dernier chap. du précédent livre; on est facilement exposé k des répétitions au milieu de cette multitude de documens; elles sont préférables aux contradictions on aux lacunes.)

2<* (Testpour cela que Zurich déqpéta, Ters St. -Pierre et SL-Paul 1416, que s*il gardait la forteresse et les d^x chàlellenies avec quatre soldats et un garde, moyennant 950 livres, encore une année, on ne Tobligérait pas h demeurer plus long -temps à Bade, à moins qulil tCy restAt TolontaîremenL

^'* La dépense fut de tOO livres 1& schelings S fenniags ; on y consomma pour 258 livres 18 sch. 8 f. ; on paya anx soldats 158 L 8 scliu 8 f. ; 82 muids de grains furent consommés dans la forteresse. Le maîtrevalet et la gouvernante du Mlli recurent 49 1. Compieg de ISade , 1416. L'année suivante la recette excéda la dépense de S4 llvrea.

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» Tyrol ; que rinjustice de ce procédé soulevait bour- )» geois et paysaos ; que la vallée de Tlim et la contrée » del'Adige tenai^t fer|ne ; que leur désir était qu'il les » rejoignit. » Cette manifestation releva son courage ; il osa braver l'excommunication et le ban de TEmpire^ se déguisa ^ au premier point du jour monta à cheval avec quatre serviteurs ^^^ et quitta le théâtre de son infortune. Ayant passé cette journée au château de Feldkirch , qui lui était resté Gdèle après la prise de la ville ^^^, il franchit en grande hâte TArlenberg, et parvint bientôt dans le pays de l' Adige , heureux une fois^ après un si long temps , de voir Taffection de ses sujets ^^^. Le Tyrol entier fut en agitation durant Tété. Lui , instruit par le malheur^ déjoua par sa fermeté tous les artifices du duc Ernest. Sa constance eut pour

w* Guy Jrenpeckt qui te représente comme snrveîllé à' Constance {Ebendorfer ô\i aïKvi, • arrestatns non pancos roenses»), mande qu'il gagna nn de ses serviteurs poor favoriser son évasion.

»*' Spreeher Paltas RhœU p. 91 (Edil. 4J517 în-4) dît que le cbàlelaîn arr(îla l'évéque dans la ville de Coire. Guler de même.

''* Les prélats et les chevaliers tenaient pour Ernest ^ de la faveur du- ^ quel ils espéraient des coQcesstons; les bourgeois et les paysans» ici comme dans la Forét-Noire et aux bords du Danube, tenaient pour leur bon duc, sous lequel , selon Hormayer^ avaient disparu les derniers vest'gcs de la servitude. Ernest était au pays et il assembla une diète à Botzen ; il s*imagîna1t conserver encore la considération dont il avaiijoui comme tuteur de Frédéric, Celui-ci revint d^uisé en paysan; il logeait la nuit dans des cbaomières et des maisons, pour sonder les dispositions ^ de son peuple. II fut satisfait de ses découvertes : on craignait que son frère n'accordU de nouveaux privilèges à la noblesse. Frédéric , arrivé vers son ami MûlUnen an château de Bernegk , se Gt connaître. Ernest ordonna en vain d'attendre la décision de l'Empire. Le Tyrol entier s'émut Le peuple tyrolien » qui de tout temps a uni à la loyauté un esprit d'indépendance» se ligua, sans autorisation, h Brixeigu s#s cinq capitaines contre quiconque attaquerait le Tyrol , cl en favear dé la lécQnciliation des deut frères. Hormajer d'après BargUehner^ .

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résultât que le puissant comte de tokenbourg entra en négociation pour la restitution des seigilèuries autrichiennes que le roi lui avait vfiâijdue|/*^; que l'évêque de Brixen se rëcondlia avec lui ^^^; que la médiacion dii comte palatin Louis ^^'^ et de l'archevêque Ehferhard de Salzbourg força le duc Ernest de lui rendit son ancienne autorité sur le Tyrol.

• Cependant le roi n'ayant pas réussi à négocier entre l'Angleterre et la France un armistice ou une paix, revint à Constance (1417), quoique les T«rcs, fortifiés par l'habileté de Mahomet , eussent fait une irruption dans l'Esclavonie dont il était le souverain. Le concile crut alors, presque avec raison, que le duc Frédéric se moquait de lui , attendu qu'après avoir repris possession du Tyrol, il négligeait néanmoins de réintégrer l'évêque de Trente. Il fut donc excommunié de la manière la plus solennelle comme sacrilège et parjure, et l'on pria le roi Sigismond ^^^ de mettre à exécution contre lui la loi de Charles IV , d'après laquelle un tel prince devait perdre fous ses fiefs. Le roi déclara que

w dans peu de semaines il disposerait de ses fiefs et de ses hypothèques^*®; il offrit pouî» 3000 florins Feldkirch

**^ Arrêté du conseil de Zurich Vers N,-D.<ie septembre : « Si le duc Tcuç^ini céder Feldkirch , Jagberg et Landek , il peut les accepter ; s'il peut s*allier avec nous pour ces domaines, W nous fera plaisir ; si cela est impossible, qu'il stipule du moins quil ne les fera pas servir contre nous. »

2** Fugger.

**^ De Bavière, selon Arenpeck, Ce pourrait être le duc de Bavière Ingolsladt ; cependant nous Suivons Fag-g^cr, entr'antres motifs parce que le comte Palatin élaît beau-frère de Frédéric.

*" Dans la 28* séance.

*** Annonce aux Confédérés vers Saint-George. Ttchuéi, Ch. de la négociation dans f%v/tdek, chap. 46 et suiv. S'il était prouvé, comme (Jïi le crut alors , que» nSa le duc en personne , mais un de ses gens ait voula

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-et tout le Wallgau au comte de Tokenbourg 2^^, et parut décidé à se porter avec une armée sur l'Adige. ^^^ Dans ce momeot le duc Ernest, frère de Frédéric , -vint à Constance avec mille chevaux et un grand nombre d'archers ^^^, Il céda par un acte authentique Feldkircb au comte de Tokenbourg ^^^. En présence du roi^ il fit entendre dans un langage énergique des plaintes menaçantes sur le tort fait à la puissance de sa maison par des actes de rigueur réitérés; sur le mauvais exemple donné par un roi, qui favorisait des paysans (les Suisses) contre des princes, et par un concile érigé en juge des affaires temporelles ;' particulièrement sur la durée et le renouvellement d'entreprises qui forceraient à la fin la maison d'Autriche , malgré elle et malj||ii| son antique fidélité , à se tout permettre. Ernest, en toute occasi<m fier et véhément, s'exprima

empoisoDTier le roi, on comprendrait Ai ieax encore ses nouvelles âé^ marches ; voy. fVindek^ 58. Â la môme époque ces mêmes gens voulaient faire assassiner le roi. Ib, 53.

2M Proiôc, munie,, de Zurich, Eslo mihi 1417; il demande à Zurich fcel' argent sur les îiypolhèqnes de Sargans , Windek et Gaster.

^^^ Ibid, 15 mai^ : « Nous aiderons le roî dans son espédilîon de TAdige, avec ou sâfis le concours des Coofédérés,. pourvu qu'il se coulente d*un modeste secours. » L'évêque de Trente fil des progrès réels; il prit possession des juridictions dans les Mafches d'Italie , ainsi que de plusieurs château^, et s'efforça de soulever le Nonsthal. Burgtecfmer.

*^^ Ernest prit pour les frais 6,000 ducats sur les péages du Lueg , et demanda, comme dédommagement, une part au péage tlu sel de Ualle. Gomme dans la suite Frédéric fut aussi obligé de payer une somme considérable, il se tira d'affaire eu moyen ée 36,0^ ducats pour lesquels il hypothéqua an doc Albert, son cousin, pltts taid roi « la moitié de ses dttmaines. Fiédéric acquitta tontes ses dettes et devint ricbo, grûce à son esprit d'ordre. Burgleehner,

"* Gal€r,-p. 156 , a. Emest agît ainsi pouf empocher que les Confédérés ne fissent la conquête du pays, et afin que l'hypothèque du comte nejrelevât pas uniquement de l'Empire.

de telle sorte que le roi promit de recourir à la voie des négociations pacifiques*

Frédéric de Tokenbourg se hâta d'aller prendre pos-* session du comté de Feldkirch ; mais en vain : les délen* teurs prétextèrent que le duc Frédéric désapprouvait l'engagement d'Ernest. Cette opposition ranima le ressentiment de ceux qui étaient persuadés (c que lorsque Il Frédéric avait cédé ses états au roi ^ Ernest avait feint » de la colère pour enlever le Tyrol à l'Empire ^^^ ; que » maintenant^ tandis qu'Ernest avait hypothéqué Feldj) kirch, l'opposition de Frédéric annulait cette hypo- » thèque; qvUe les deux frères s*entendaient depuis long- » temps pour se jouer et de l'Empire et de l'Église. » Aussitôt le roi envoya le sire Philippe de Heimgarten pour engager les Zuricois ^^^ à secourir |icomptement le comte d'une manière efficace ^^^. Deux cents Zuricois sous deux bannières et avec leur grand canon. Constance avec son énorme catapulte ^ le Tokenbourg entier avec toutes ses troupes, assiégèrent Feldkirch. Us prirent la ville; la catapulte, lançant dix quintaux y fit une brèche au château ; il se rendit ; Feldkirch obéit au comte le reste de ses joursr^^''.

Le roi estima que la crainte de plus grands désastres était le seul moyen d'engager Tinflexible duc Frédéric

^^^ Sartout parce qn*il s'était emparé pour le compte de Frédéric des fiefs de l'évêcbé de Coire « tels que remploi héréditaire d'écbansoa. Marschlîns, etc. Gâter, I. c

ss^ Proloe, munie. 22 mai i « I« roi nous tient compte de notre secours • devant Feldlirch , en remplacement de l'expédition de l'Âdige. a I^e conseil convo<iua les bourgeois et invita Philippe de Heioif arten à i^ir exposer le fait.

22> Ibid. 2 à mai : Le bourgmestre Meyss écrit de Constance que le roi ordonne que nous marchions sans délai.

^27 Ttckudi; Sprcelier^ Patloi RkœU I. c.

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