‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 90 sur 173 · LIVRE m. GHAPt u · texte numérisé non relu

LIVRE m. GHAPt u

les ordres religieux, par le bourgmestre à la tête du conseil et par toute la bourgeoisie divisée en counétablie et en trij^us. La ville lui offirit une coupe d'argent pleine de florins d'or. Elle ne lui promit contre l'Autriche que les secours qu'elle pouvait convenablement lui donner sans les autres Confédérés ^'^^. Les Zuricois l'accompagnèrent jusqu'au-delà de l'Âlbis. Dans l'agréable vallée dXBikon il trouva le ^ire Jean de Dierikôn , àvoyer^ et une députation du conseil de Lucerne ; ce magistrat le complimenta par un petit discours ^^^. Suivant une ancienne coutume, dont il eut la Sagesse de ne pas abuser ^^^, l'arrivée d'un Empereur ou d'un Roi rendait à tous les exilés leur patrie, à tous les prisonniers la Bberté*. Le roi, après s'être expliqué à ce sujet conrormément à son amour du bien, escorté à cheval par les bourgeois internes et externes les plus distingués par leur naissance et leur stature, s'avança vers^la porte de la ville jOÙ l'attendait le Saint-Sacrement. 11

^' Protoo, munie. Sim. Jud. « Prier le roi de noas dispenser de l'expédition de TAdige, altendii que nous sommes de pauvres gens, et que nous ne pouvons Tentreprendre sans rautorisatlon des Confédérés. » La Suisse était alors agitée par les grands mouvemens décrits à la fin de ce chapitre.

^'^ Op peut le lire dans le protocole d'où M. le trésorier BaUbasar a tiré la description insérée dans ses Choses mémot*ab,U$ lU Lucerne, 1 1 , p. 155 et snîv.

^^ If convint avec les Lucernois qu'il ne ferait pas usage du droit de grâce en faveur des meurtriers qui auraient assassiné un bourgeois, dèl^ hérétiques et des incendiaires» mais seulement pour d'autres. Proioe, 1. c. U en agit de même en 1114 à Berne, où il chassa de sa préseAce ceux qui avaient été bannis pour cause de sédition on pour une autre caus^ déshonorante. Tsehudi £n 1415, Nicolas Teggeler ne fut pas reçu à Soleure, à cause d'uB meurtre délojal; il menaça en conséquence quelques coBseiliers de les poignarder, dût-il leur tendre des embûches en habit de moioe. Haffher,

le suivit à l'église de Saint-Léodegar. Le prévôt était alors Nicolas Bruder , homme consciencieux , qui fut assassiné à Constance six semaines après, san% doute pour avoir voulu rendre les autres meilleurs que les temps ne le comportaient ^^^* Le roi demeura dans le couvent des Gordeliersy où il reçut une hospitalité splendide ^^'^. De Lucerne il remonta le lac, et sentit avec admiration que Tinfinie variété de ses formjes distrait moins Tàme que la proximité des Alpes ne la dispose au recueillement et à Tadoration. Passant devant Unterwalden, où Arnold de Winkelried était alors landammann^^^î et dcTant Gersau, qui conserve encore la charte de franchise de ce monarque ^^^^ le roi parvint dans cette contrée où le lac, comme engoufiî^, se prolonge vers Uri. Il débarqua prés de Brunnen et monta à travers les prairies , accompagné du jeune Ital Réding , éloquent déjà ^*^, chéri de son peuple , prompt dans les affaires ^^% fils du landannnann Hector. Les honunes de Schwyz reçurent le roi avec cordialité et avec joie; il passa la nuit dans leur village. La nouvelle de l'accélération inattenduede Téleetion du pape robligea de retourner en hâte à Constance par Einsidlen^^^.

*»* Il aspirait à réformer la discipline. Voy., d'après Lang, Hoitinger, Le 308 el siiiv.

**' La dépense s*élèva pour la ville à 500 livres. Protoe*

^^ Comptes de Bade, h. a.

<s* La date est de Bftle, 1633 { mais je donte qd'il se présenta u|)^ se- 'Conde occasion de rapprocher autant le roi el Gersan. ^

**^ Il avait prononcé un discours devant le concile , au nom des Confédérés.

2** Chargé de complimenter le roi à Eînsldlen» il pioGta de l'occasion ponr acquérir de lui le fief de la Marche, Lea, art. Rédîng.

2*3 Lorsque BUmtachii raconte l'arrivée du roi à Zurich, telle qu'elle a été décrite ci-dessus, il n'entend sûrement pas parler de' l'époque de ce voyage; car, selon le Protoe» de Laeeme, il était dans cette viUe le ven-

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Betkoît XIII ayant été rejeté, décision qu'il ne voulut jamais reconnaître, toutes les nations e^-deçà des Alpes 9 surtout les Anglais, et avec le plus de persévérance les Allemands^ le roi à leur tête, poursuivirent la grande affaire de la réforme de l'Ëglise. Contre Topinjpn des cardinaux et des Italiens, auxquels se joignirent bientôt les Français, ils soutinrent « qu'il était » impossible de faire quelque changement important. » dans Fautorité et dans lu dignité du pape, ainsi que » dans l'organisation et l'entretien de la cour de Rome^ » si on ne l'opérait pas avant l'élection d'un nouveau » pontife, qui saurait user des artifices accoutumés n pour gagner, éblouir, diriger, effrayer tous les ts- » prits. » Il eut été à souhaiter que les cardinaux, avertis par des conseils et par de fréquens présages, des conséquences inévital^jes de leur résistance, eussent alors consenti à la réforme des abus accumulés par les siècles ef qui devaient s'accumuler encore. Il n'y a dans le monde aucui^gmoyen plus assuré de salut pour la hiérarchie comme pour les républiques qu'une réforme spontanée, sans le secours de mains étrangères^ plus ordinairement dirigées par une passion que par l'amour du bien. Cédant à une faiblesse déplorable, mais naturelle à riiumanité , on s'endort dans une molle sécurité à l'approche du péril et de la ruine, pour s^épargner quelques sensations douloureuses *. Voyant la*résistance excessive s'accroître à chaque séance ^^? , abandonné

dredi avant la Toassalot, et selon le Protoe, xurieoU, îl se trouvait à Zarich le jour de Simon et Jude.

* Les patriciens de la Suisse, -quoique avertis, ne parent jamais se r^oudre à renoncer à leurs privilèges usurpés. Ils se croyaient hors de toute atteinte, et n'avaient rien préparé pour conjurer Torage. D. L, H,

^^ Le plus ardent de tous fut le cardinal de Gambray, Pierre d'AiU^.

aussi par les Anglais après la mort de l'évéquc cfe Salisbury y iGL^oi consentit à la construction d'jun bâtiment pour le conclave ; il espérait encore que la lenteur ou des incidens donneraient au zèle des bien intentionnés le temps de se faire jour; il entreprit sans doute dans les mêmes vues le voyage dont nous avons parlé, y se trompa dans ses prévisions : la persévérance italienne^ toujours égale à celle des Allemands et soutenue par une plus riche expérience des affaires, parvint à hâter l'élection. Le surlendemain du retour du roi . trentedeux caj*dinaux entrèrent au conclave ; le concile leur adjoignit trente électeurs. D'abord on se donna beaucoup de mouvement pour le 'chaÎK de la nation chez laquelle le pape serait pris ; mais cela dura peu ; on réfléchit aux circonstances extraordinaires. Deux jours, et demi ne s'étaient pas encore écou)és depuis la réclusion, lorsque le jour de la fête de saint Martin évéque, à onze heures du matin, en présence de quatre viogft mille personnes assemblées, le comte #iton Colonoa de Rome fut proclamé pape ; homme dans la force de l'âge, qui, le premier, avait suivi Jean XXIII dans sa fuite, et lui était resté le plus^ long-temps fidèle; il prit le nom de Martin d'après le saint du jour 2**.

Mats lorsque dans son discours il vint h parler d^ la réarme des ordres moiia$tiqae8,\es moines poussèfent des cris tBmoilaieàx et menacèrent» ^il continuait, dç jetçr purmi le peuple fie teUes semences de liaine contre le clergé séculier, que celui-ci ne pjtmrrail plus jamais les extirper. Diaprés des manuscrits de Vienne, Denis, CataL 1. 1, P. 2.

^* Soii élection s'explique par son canctëré : Martin était infiniment aimable et modeste ; il paraissait ne pas porter dans' les aiSaires une trèsgrande activité, mais suivre piulôl en tout un juste milieu; il était dîilictle à pânélrer, parce qu'il parlait pea et par sentences pleines de dignité; chacun le quittait satisfait; quand il officiait il inspirait à tout le mondv nn sin^utter respect Fita Mûrtini V; Murat^ iSên t lU, p. S.

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