LIVRE III. CHAP. I
» et auxquels le duc Frédéric renonce à perpétuité; il » n'est apporté aucun changement aux grâces et aux » franchises que le rôi a concédées à d'autres villes et » à d'autres châteaux ; le duc recevra de l'Empereur » Finvestiture de ses fiefs ^^, et lui paiera la somme
vassaux autrichiens avant cette épO({ae, sous réserve de rachat. Car dans la charte de 1A15, Constance, lundi après St. Tiburt., textuellement insérée âdJis Stettler, t. ï, p. iii\ les Confédérés ne relèvent ab8olumei\t, pour de semblables hypothèques , que de l'Empereur comme représentant des droits de l'Entre. Le duc Frédéric ne rentra en possession des États qfl'il avait abandonnés à TEmpire que sous la condition expresse de re- Doncer à tout ce que les Confédérés possédaient sous la suzeraineté impériale. Comme dans la suite les Confédérés furent solennellement déclarés indépendans de l'Empire^ et que, même dans le cas où cela rto serait pas arrivé, ils n'auraient d'après n. 192 relevé de personne pour ces sortes d'hypothèques, il est de toute évidence qu'ils sont et demeureut I^itimes propriétaires de tout ce que la Suisse a acquis de la maison d'Autriche avant 1418, Jusqu'au renversement de tous les princi^s sur lesquels reposent l'administration publiqn^r de l'Europe, les possessions des nations et même l'autorité des souverains* s=: Cette possession a^té légitime jusqu'au moment ou d'autres traités en ont disposé autrement; et ces traités ont pu disposer tout aussi légitimement de l'Argovie qu'à l'époque de 141S, où l'injuste spoliation du duc Frédéric fut sanctionnée au profit de gouvememens alors en paix avec lui et violant celle-ci au mépris de leurs sermens. lies traités de 1798 et 1803 n'ont fait que restituer au peuple ce qui lui appartenait* D. L< Ht
^'»9 Tdttt ce qui précède est tiré de la nbtifiefLtion impériale faite aux Confédérés deê articles dont on est convetm avec l'Autriche le 10 mai, Constance,. 12 mai 1418; nous en avons deux copies, l'une vidiméele 3 juin 1455 par l'évéque de Conslaoce, Henri Von der Uôwen. Les articles suivans sont tirés de Tschttdi^ L'Mtnanach tyrolien de 1804 contient le traité de réconciliation de Frédéric, d'après une autre c<5pie, dont la fin parait imcomplète* Il n'y est fait aucune mention de l'Argovie , tandis que d'autre» articles renferment les dispositions les plus précises ; il est dit des Confédérés en termes généraux que s'ils ont quelque chose à réclamer du duc, ou lui d'eux, ib doivent cbercl^er justice auprès de l'Empereur ou du jage qu'il désignera* Cette disposition est surprenante : y eut-il à ce su^et une convention particulière, ou bien l'Empereur notifia- U^ aux Confédérés un simple accord verbal?
» de 70,000 florins ^^^. » Six jours après, sur la place du marché supérieur de Constance, le roi, environné de tout l'éclat de la majesté, proclama solennellement et confirma cette réconciliation devant l'assemblée des États de l'Empire et devant une innombrable multitude de peuple; Frédéric reçut l'investiture, et le pape Martin révoqua Texcommunication.
Dans l'espace de quelques années, les quatre vîjles forestières sur le Rhin, Fribourg en Brisgau ^^^,. Neuenbourg et Brisach prêtèrent serment à leur ancien seigneur^ SchafFhouse résolut de conserver sa dépendance immédiate de l'Empire déclarée inaliénable. Cette cité fut affermie dans sa résolution, lorsque les Ziyicois, sans obligation confédérale, lui envoyèrent Berthold Schwend ^^* pour lui offrir toute espèce de secours; aussitôt les Schaffhousois députèrent à Zurich le bourgmestre Jean de Winkelsheim et le trésorier Je^n de Hallau pour renouveler l'ancienne amitié ^^^.
>>* Le garant de ce fait est VTindek^ à7. Le même auteur rapporte que dans la suite le roi fit au duc la remise de 20,000 florins; c'est' ainsi qu'on arrive à la somme de 50,000 dont parle Hoiiinger 1. c. 313. La remise s'explique nalurellenient» st les 70,000 florins devaient être payés comme indemnité à tEmpcreur, qui sans doute ne reçut pas les sommes promises par certaines villes, parce qu'elles se rétractèrent ; celle somme était aussi destinée à raiTranchissejraentdesfieCs. Schaflhouse* Diessenhofen et au commencement ansst Ratolfzelle demeurèrent attachés à l'Empire, él Sigismond reçut en conséquence leur argent. Le duc paya probablemement*" sur-le-cbamp 15,780 florins; pour les S6,220 qui restaient et qu'il promît de payer à la Saint-Michel, on trouve dans Windek^ 48, une obligation par laquelle il engage toutes ses leigneuries; Bftie, mercredi après Corp. Cbrisli, 4418.'
^^ Ensuite des mesures mentionnées p. 209, Fribourg dans lUechtland demeura au duc, sans avoir él,é conquis et sans prêter serment
wi Vassal de Lupfen, à raison de son fief d'Osterfingen.
^^ « S'ils ont offensé Zurich , que* les Zuricois l'oublient; les Scbaff-
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Les habiians de Diessenhofen aussi , intrépides quoique pei< considérables y demeurèrent fermement attachés à la liberté* En dépit de l'extrême irritation qui étouffait tous les sentimens d'honneur et d'humanité^ ai# point que des gentilshommes soldaient des incenéîaires pour nuire aux Confédérés ^^^ , ceux-là restèrent libres y qui méprisèrent le danger présent pour léguer à leurs descendans des avantages durables* Car le duc avait pris l'engagement écrit ^^* «. de laisser *au » bénéfice de leurs chartes les villes déclarées libres et » impériales, si elles ne rentraient pas volontairement. )) sous sa domina tioQ. » Le roi leur confirma sa parole ^^^ î les Confédérés les protégeaient par sympathie * et par ordre ^du roi ^^^*
Martin V cependant, heureux au-delà de toute expression de la dissolution du concile , sortit de Conr âtance £^vec quinze cardinaux, beaucoup d'évéques et une* suite nombreuse; son cheval était conduit par le roi et par l'électeur de Brandebourg; le dais, porté par quatre copites, et la housse du cheval, soutenue par le
« honsois de leur côté ne garderont rancune pour aucune chose. r'Pro*foc, munie, de Zurich,
^^ IbiiL, ihilt Mfinch de Gachnang a donné de l'argent à des sol-
• dats, à Fnn d'eux sîi ducats, pour mettre le feu chez les Confédérés ; il
• faut s'en souvenir pour. lui faire du mal. • Ce géntilh()pime était de la maison des Môncb de Bâle. *-'
'«* Copie de ion engagement envoyée par l'Empereur aux Confédérés; et fVindek, 49 et 65.
'*^ Confirmation de ta charte de franchise de Diessenhofen ; Strasb. Jean- Bapt. lÂlS^dans Tschudi. Il confirma.aussî aux SchaiThousois leurs hypothèques sur le bailliage, la gabelle, Timpôt, le péage (C/t. 1418, bourgm. Pfisler), et à l'hôpital rachat de la basse justice à Wilcbingen (Ch. i4i8 et 1453).
*-* ^M Gomme dans la ch. que nous venons de citer.
duc Frédéric et par le duc de BaTière. Il s'embarqua près de Gottlieben. Le soir de la Penteco^ S aborda prés de Schaffhouse , d'une tout ajitre façon que trois ans auparaTant lorsqu'il suivait le pape lugitif. Le rivage était couvert de tous les jeunes garçons, âgé#de quatorze ans au moins, vêtus de blanc, couronnis de fleurs, des branches vertes dans leurs mains. Au moment où le pape aborda , ils se divigèrent en deux groupes, et l'on vit paraître pour le complimenter , Berthold de Sissacli, depuis longues années abbé de Tous-les-Saints ^^''^ Jean, prévôt de Wagenhausen ^^^ , le père gardien des Cordeliers , Fabbesse de Sainte-Agnès, tout le clergé accompagnant le Saint- Sacrement et chantant des hymnes, le Ix^urgmestre et le conseil, tous les gentilshommes et les citoyens notables ^®^. Le papp logea dans l'abbaye de Tous-les- Saints ^'^^. Une grande partie de la noblesse giiossit son
'*' n donna an pape ISO florins pour faire incorporefr.à Fabbaje les ^lises de Béringen et d*Andelfingen (CA. 1419, bouigm. Pfister)-. en 1414, la seconde rapporta 80 sacs de. blé, 12 muids d'aVoine , 12d0< potsj;|e vin et 10 florins du Rhin. Ck, ibid.
sfiiqi fi^ le premier; auparavant il y avait un abbé à Wagenbaasen; une mauvaise administration avait ruiné Tabbaye; en 1417^plus de 250 ans après Gebenno , le premier abbé dont il soit fait mention , eMe fut incorporée comme prévôté à l'abbaje de Tous4es-Saints, qui nomuia un prévôt. CL 1417» bourgm. Pfister ; L, fValdkirchs Hi$U de la réformé de aékaffhoase, Msc,
^'* La date du jour fortuné où le vicaire de Jésus-Christ fit son entrée à Schailbouse fut gravée dans le mur de la tour de la porte de Schwarzach, et subsista 371 ans, aussi longtemps que la tour. Bourgno. Baithas, PfiêteTé
*'• FTaldkirch, ibid. et dans sa Chronique de la ville de Sch. , deux ouvrages dans lesquels la chronique plus ancienne de RQger est mieux ordonnée, complétée d*yr5s quelques documens, et continuée jusqu'à nos jours ; mais de son teii^ on ne tirait pas encore tout le parti possible des archives.