LIVRE ni. CHAP« I
cortège lorsqu'il se rendit ensuite à Bade et à Lenzbourg, par la mauvaise route ^''^ de KaiserstuhU A Lenzbourg il fut reçu par les députés des Bernois. On lui 3fit un joyeux accueil à Tal^aye de Sayit-Maurice, près de Zofingue ^'^^^ un joyeux accueil à Saint-Urbain ^'^^ ; il venait de confirmer leurs franchises peu de semaines auparavant. Il demeura trois joursà Soleure^'^*, dix à Berne. La ville de Berne lui offrit en don cent vingt-cinq saeg de froment, quarante muids d'avoine , huit chars de vin de Bourgogne et de vin du Rhin , huit bœufs gras, quarante moutons, et une quantité de poules, de poissons, de pains blancs et de cierges. Au maîtreautel des Dominicains , il célébra iin« grand'messe qui dura trois heures et demie; dans une tribune élevée, il chaptajune collecte pour que Dieu fût avec eux, bénit le peuple et institua des pénitenciers avec pleinpouvoir d'accorder l'absolution des péchés réserves ; il augmenta «par des incorporations les revenus de la grande église ^'''^,«t enfin, lorsqu'il monta à cheval près de la maison de l'Ordre Teutonique, il donna encore une bénédiction générale ^'^^. Il passa de même trois jours fort agréables à Fribourg ^'^'^ . De là , il se rendit par Lausiinne à Genève ; toute sa sjiite exaltait l'hospi-
*'* A juf er psfr la lettre de Franc. Poggio, la route est encot>e çà et là dans le même état
^^' Confirmation des franchiser de t'abbaye. Constance, il avril 1418.
27' Leuj art. Saint-Urbain.
^'* Haffner, t. U, p. 147.
27^ 11 lui donna les églises d'Arberg et de Balmlon (peut-élre Fércnbalm dalfUe bailliage de Laupen). Ch.
«?« Tsch^, d'après Tschachtlan.
*'' Hofa'nger;* d'après Lang.
talité bernoise ^''®. De Genève ^'*^y Martin rentra en Italie. Il établit la cour papale à Florence.
Ainsi finit la plus solennelle et^la plus grande . assemblée que l'Église d'Occident ait jamais tenue; elleO avait siégé près de trois ans et demi dans la ville de Constance ^®^, et, malgré l'aiBuence de nations si di^ verses , dont plusieurs étaient en guerre entre elles , malgré l'irritation des partis^ il n'y eut jamais ni tumulte I ni disette, ni maladie contagieuse ^^^ Elle eut k gloire non-seulement d'avoir guéri le schisme, grande plaie de la hiérarchie, mais encore d'avoir adopté lïn décret, qui, exécuté même de loin en loin, eût pu réformer ks abus présens et futurs : elle statiia « qu'une pareille assemblée serait convoquée tous les dix ans^^^. » Devenues trop fréquentes, ces assemblées auraient perdu, il est vrai, de leur influence; mais si l'on avait fixé trente ou cinquante ans, l'Église aurait joui d'un avantage dont la privation est le«plus grand vice des constitutions républicaines. Les meilleures institutions vieillissent avec le temps, et les passions finissent peu* les altérer ; il est donc utile de déterminer des époques et des moyens qiiî permettent à une cbnsti-
'^'^ « Non sumus Bemae sed Gebennse. .•
'^' Les négocîationft qui^ selon quelques auteurs» purent lieu alors entre le pape et la Sa<¥oie concernant la ville, appartiennent, d'après les chartes , aux années suivantes*
^**> La première Séance eut lieu le 16 novembre 1414 # la dernière le 22 avril 1418é
^^*- De tant de prélats et de députés, on n*en nomme pas plus de cigq qui moururent*
^^ Alors c'était tous les 5 ans; ensuite on fixa 7 ans, plus tard 10. D'après les délibérations de la trente-neuvième séance, tenue au mois d'octobre 1417. **'