‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 2)Chapitre 94 sur 173 · LIVRE nu CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE nu CHAP. I

tution libre de se renouveler elle-même 2^^. Par là elle peut suivre les progrès de l'esprit humain^^*, et elle évite le danger si redoutable de nétinfi plus en rapport avec l'ëtat du monde et des idées. Adjuger par ce qui se fit à Constance 2^^, il est probable qu'un concile^

'2*' On poarraîl objecter que )a hiérarchie Jouît de cet avanlagS comme toutes les monarchies, à chaque changement de chef; mais les papes se succèdent en général trop rapidement et dans un ftge où Ton préfère les Jouissances et le repos; aussi , quel que soif le droit, dans le fait ils n'ont guère plus de puissance par eux-mêmes dans les aflaires d'une importance générale , que dans quelques républiques le soi-disant pouvoir souverain , qui n*osc pas entreprendre une innovation de certaine conséqoence sans savoir auparavant de manière on d'autre si elle sera populaire. s= Il est possible que la périodicité régulière des conciles eût été avantageuse à l'église catholique. Qpant aux constitutions politiques , mieux vaut statuer la possibilité et le mode de la révision que le terme; les besoins qui naissent des progrès sociaux amènent naturellement les époques de révision; vouloir les fixer d'avance n'est guère sage 1 trop raftprochécs, elles érigent en principe politique une agitation qui ne doit être qu'un symptôme, ou bien elles font dégénérer la révision en vaine forme; trop éloignées, elles peuvent laisser la société en proie à on malaise qu'il est périlleux de prolonger. On ne saurait se faire illusion sur les besoins réels et généralement sentis; dès que la so« ciêté les reconnaît , elle doit pouvoir les satisfaire. Si*, danspos anciennes républiques aristocratiques , le « soi-disant pouvoir souverain , » comme s'exprime Huiler, ne l'a pas pu ou ne Ta pas voulu , c'est que la véritable et complète souveraineté , dont le.principe réside dans le peuple ou dans l'intérêt général, en se déplaçant s'était rétréde dans les mains d'nne caste. G. M«

^* A supposer que l'esprit humain pût faire des ptt rétrogrades, ei qu'il fût imposiible de les arrêter, les constitutions politiques en suivraient le mouvement d'une manière inévitable. La république des vain* queurs de Marathon ne convenait plus aux concitoyens de Démétrins de Phalèrei l'esprit de la hiérarchie sons Benoit XIV ne suffirait plus si les dangers des anciens temps renaissaient

^^ Nous n'avons pas voulu parler de Jean finss , parce que son affaire est trop importante pour être résumée en quelques réflexions, et que d'ailleurs eUe est étrangère, à notre pays.

Page 1