‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 100 sur 127 · LIVRE V. CHAP. m · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. m

Quelques campagnards avaient tué et mangé un ceif; ils furent trahis^*. « On devrait, >> s*écria le bourgmestre Gôldli, « abattre les grands chiens des «paysans. » « Oui, » ajoutèrent ses amis, ce ils font les )) braconniers et courent à travers vignes et moissons. >»0n a réglementé les pigeonniers*-®^; les chiens sont- » ils moins nuisibles ou plus utiles que les pigeons ? n Toutefois Waldmann, qui savait combien l'homme tient à un chien fidèle, ajourna la délibération. Les autres n'en insistèrent qu'avec plus d'ardeur; à chaque séance du conseil Gôldli ramenait la question des chiens ^^^ Le bourgmestre impatienté : « Que sert, » dit-il, « un «ordre inexécutable? qui de vous parcourra le pays » pour tuer les chiens ? » « Moi , » répondit Henri Meyss , ce moi , » répéta Frauenfeld , ses commensaux, ardens à montrer leur fidélité courageuse. L'ordre fut voté; il répandit dans tout le canton une consternation plus grande que si , derechef menaçans , Ital Réding ou Charles-le-Téméraire fussent ressuscites. Sur les bords du lac on abattit quatre-vingts des plus gros chiens ; les campagnards assistèrent à ce spectacle, mornes de douleur. Par-ct, par-là , un d'eux offrait de racheter son compagnon au prix de son bœuf le plus beau ou de sa meilleure vache ^^^. Un habitant du Fischenthal dirigea son arbalète contre Jean Meyss. Lors-

*^' Anshelm, Le dénonciateur s'appelait le petit Michel , soruommé Karrenzitherlt { tireur de charrettes); il était de Uerriiberg.

*** Les seals seigneurs ecclésiastiques et temporels et les baillis peuvent entretenir à la ville 5 paires de pigeons, à la campagne, 10; i&8S.

**^ On engagea des campagnards même à demander qn*on di>attlt les chiens. BuUinger,

•et BulUnger : ib aiment mieux qu*on frappe leur bœuf dans l'étable, que leur cbien près de la maison. Un d'eux dit qu'il mourrait è côté de son chien.

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que dans AfHioltern on entassa les pauvres bêles sur la place du village^ hommes, femmes, enfans, poussèrent des cris de rage et de pitié, en se rappelant tant de caresses, une si fidèle société. A M ettmenstetten , dans le bailliage libre , cinq cent cinquante hommes, chacun avec sonchienealesse, se rassemblèrent dans la grande prairie, refusant de les livrer et offrant le recours à la justice. Meyss ayant peu après perdu l'usage de la parole , tout le monde crut que le Ciel vengeait ces créatures innocentes. Les députés de la eam*pagne vinrent à la ville, n^aiso&leur refusa audience. Waldmanu insinua qu'il était seul auteur de la mesure^^*^. D autres deplandér^Qt : « Que se fait-il sans » lui ? ne sommes-nous pas ses valets ? C'est un pur » caprice de celui par qui aucun lM)nnètc homme ne » peut se réjouir à sa noce , ni se livrer à la jme avec » $63 voisins et ses compagnons* » Les campagnards s aperçurent alors d'une division parmi les citadins.

Herrliberg etMeila^ deux beaux villages des bords du lac , florissaient alors déjà par la tisseranderre et l'agriculture; les riverains du lac, race vive, rusée, audacieuse^ habitués à vivre souvent ensemble, n'avaient plus , depuis la guerre de Zurîoh , ce respect pour la ville et le gouvernement que le peuple Bernois conservait pour Tavoyer et le oonseiK. Un tisserand de Meila^ Koudi^^^ Rellstab, donnant un festin à son fils, mais n'osant pas, aux termes des ordonnances, inviter des voisins , ils résolurent de transporter un tonneau de

'" En effet, sous la présidence du bourgmestre Henri RoOsL * Zurich les avait soumis à son monopole, à celui de ses tribu?. D. L. H. <<* Boudi est l'équivalent de Rodolphe ; nous écrivons comme od prononçait, à Teiemple de Villani , de Capponi et d'autres historiens (^

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