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allaienl félicitant, avec des poignées de main^ un grand nombre de gens inscrits, disaient-ils, sur la liste fatale. u N'y a-t-il pas actuellement, » disaient d'autres, ft dans le bailliage extérieur une avant-garde des Autri* n chiens auxquels il voulait livrer la ville? Nous avons >i trouvé les clefs neuves des portes ; on sait le mot » d'ordre; les signaux d'alarme, les canons de la ville » révèlent l'horrible trahison; on a aussi découvert M des maisons marquées de certains signes; il espérait » devenir comte de Kibourg^^^. » Les paysans des bords du lac, transportés de joie^ réunis au nombre de huit mille ^ offrirent de soutenir les bourgeois contre le gouvernement. Sur ces entrefaites une assemblée générale sans chef, formée dans l'église de l'eau, déposa le conseil , nomma Lazare Gôldli commandant de la ville avec des pouvoirs extraordinaires , et lui adjoignit un consul de soixante membres sans aucune instruction , gouvernement nommé plutôt que choisi ^^^ parmi le bas peuple , les étrangers et les bâtards ; sa stupidité et sa violence le firent appeler le conseil cornu ; Lazare vit en lui un instrument aveugle de ses desseins. Mais il fut impossible de soumettre aucune mesure, bonne ou mauvaise, à une marche quelque peu régulière; on pria donc le vieux Goldli, Conrad
'** QH*on ne s'imagine pas que ces artilices sont osés. Que n*avonsnons pas vu de nos jours ! = Par exemple, que n*onl pas fait les patriciens de Berne et de Fribourg, surtout en faveur des émigrés français ! Que n*ont ils pas imputé aux hommes qui penchaient en faveur de la révolotion française! Ils les ont accusés de souhaiter la réunion, et de ae rappeler les privilèges nationaux que comme des prétextes pour parvenir è celle-ci. Tout cela était consigné dans les procédures de 1791 et 1792, qu'on a soustraites. D. L. H
*** Quatre s'y adjoignirent sans nomination; et qiû dans la ville aurait voulu rcconnaiire les autres capables?
438 HISTOIRE DB Lk SUISSE.
Schwend, Henri Escher et un chevalier de la guerre de Bourgogne y Hartmann RordorF, d'assister aux séances''^. L'ancien bourgmestre, Henri Roûst n'apporta le tribut de son expérience qu'à la sollicitation réitérée des Gonfédéréç^^'. Rellstall et Mugern furent présens à la première réunion. Ils firent à la ville des demandes comme si y par gratitude pour sa délivrance, elle ne devait songer qu'à donner. Les huit mille hommes aussi ne se contentèrent bientôt plus de pain et de vin; il fallut leur envoyer de la viande bouillie et rôtie y des brioches 9 des figues , des amandes. Cependant ça entretenait le tumulte en parlant publiquement de projets sanguinaires du bourgmestre , d'une armée impériale, d'armes cachées, et l'on désignait sa fortune comme le moyen de couvrir tous les frais. On occupa sa maison , où Ton trouva dans un coffre des armes excellentes, mais pour tm seul homme. Ses ennemis savaient que la fiction d'une armée étrangère ne pourrait pas subsister davantage : ils résolurent donc de le forcer par la torture à confirmer quelques accusations.
Deux jours s'étaient écoulés depuis son arrestation; ils se rendirent au Wellenberg à minuit; Félix Schwend y commandait; Setzstab, membre du nouveau conseil, ouvrit la porte. Hs interrogèrent le bourgmestre pendant quarante-huit heures , lui donnant souvent la question en suspendant à ses pieds un
70* « Celui qui auparavant critiquait tout ne sut comment t*y prendre. » Jnêlielm. BuUinger, plus poliment : « Le conseil cornu n'étant pu f kès-habile à conduire les affaires importantes , etc. «On pressa aiisa Jean Meyer de Knonau et son fils Gérold.
^*^ U prit avec lui son fils Max, que nous retrouverons souvent encore.
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poids de plu» de cent livres ^^^. Il répondit avec la courageuse franchise de la bonne conscience et avec l'ëvi*dence irrésistible d'un homme sage et loyal qui déjouait la trame de leur barbarie. Us essayèrent tous les genres de tortures, jusqu'à l'entier épuisement de ses forces , pour la seconde fois trompés dans leur attente. Us espéraient luîser son âme en le jetant dans un cachot horrible accablé des plus lourdes chaînes ''^^. En effet , il se plaignit, il supplia , mais il ne témoigna jamais cou* ire luinnéme. Il succomba pourtant à une faiblesse , ce fut de compter sur l'honneur des députés fédéraux et snr le souvenir de ses concitoyens. Quand il vit ses jours de gloire et les travaux de sa vie oubliés , son sort abandonné à Gôldli , il laissa tomber une larme en déposant les insignes de la chevalerie; dés cette heure il ne prit plus de nourriture. Peut-être , au temps de Kome, eut-il ôté à ses ennemis le plaisir d'être témoins de son supplice, et à la ville , la honte de voir mourir absi son plus grand magistrat ; mais ce fut quelque chose aussi que d'expier le sang de Frischhanns par d'injustes souffrances '^^y et d'attendre avec calme le jugement de l'avenir.
Le 6 avril 1489*^^^, Jean Waldmann, chevalier^
^'^ L'eiceUent Howard (State of priêims, i4S4) a vu encore en i78A cette pierre qai pesait cent vingt livres.
'" BtttUnger les a vues.
'** n est remarquable que pendant tout le procès on ne lui reprocha point cette action , la plus criminelle de sa vie. L'avoyer Seiler lui en voulait depuis plus de sept ans. Pétermann Etterlin , Lucemois aussi, parle de Waldmann avec amertune , sans faire mention de Frischhanns : ne pouvant lui refuser ni un grand esprit ni la beauté; il insiste sur son orgueil.
^*^ Il éuit itvenu de Bade le 15 marsi le S6 et les jours suivans , on négocia avec les paysans; le S9 était le dimanche Lielare ; le 31, assassinat
^l40 HISTOIRE DE LA 8UIS9B.
bourgmestre de Zurich y dev<iDt qui les Bourguignons ayaientfuiy dont Louis XI, rAutriche, la Savoie, le Milanais et la Lorraine avaient recherché la faveur, fut jugé par ses ennemis déclarés, en présence d'une députation suisse. On craignit quelque retour des bons Zuricois. Aussi vit-on arriver pendant la séance trois courriers hors d^haleine, tout trempés de sueur; ils rapportèrent que, d'intelligence avec le prisonnier, un corps considérable de troupes autrichiennes avait passé le Rhin près d'Eglisau "^^^ qu on avait vu les flammes de cette ville , entendu jusqu'au pied des murs les gémissemens des habitans du pays égorgés y au rapport d'un prisonnier, sans distinction d'âge ni de sexe ; que les Autrichiens voulaient sauver Waldmann ; qu'ils seraient là dans quelques heures*. Aussitôt on prononça la peine de mort.
Lui, tranquille pour lui-même, lorsqu'il entendit la grosse cloche et vit aborder au Wellenberg le bateau destiné à l'emmener, n'eut de l'émotion qu'au souvenir de ses amis captifs. Deux cents hommes le conduisirent au tribunal pour entendre sa sentence. Elle n'articulait ni un crime capital ni un aveu , mais un mélange de dénonciations et de bruits, d'imputations graves et de riens , de faits et de projets , de choses que, comme citoyen ou comme magistrat, seul ou avec d'autres ; il
de Scbnéevogel; mercredi f avril, airestalton da bonrgmeslre ; dans la nuU du Jeudi commencement de la torture ; lundi, le 6, l'exécution. 7«« D'autres écri ven t Elggan, mais cette contrée est trop éloignée da Rbin* * C'est ainsi que la reine de Naples força son mari à se déclarer cootit la République française en faisant arriver devienne un courrier poiteor de la nouvelle que l'empereur François II faisait marcher une année tf Italie, lequel courrier fut égorgé , dit«on, pour que nul ne pût découvrir l'imposture. D. L. H.