‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 105 sur 127 · LIVRE V. CHaP. III · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHaP. III

devait avoir dites ou faites contre la ville ou le bourgmestre Goldli^ ou simplement notées pour mémoire''^''. Au dernier moment ^ alors qu'à Tissue de la vie la plus active , dans les terreurs de ce passage à une existence inconnue y Thomme qui a rempli toutes ses journées aime à se dépouiller des faiblesses humaines , son confesseur lui avait arraché la promesse de ne pas haranguer le peuple ''^^. A l'ouïe de la sentence^ Waldmann sentit qu'il avait trop promis* Mais le prêtre lui imposa silence en expiation de ses péchés. Sous les yeux de la multitude qui couvrait les murailles y on le conduisit hors de la ville ^% pour ne pas priver les paysans rive-

'*' FûêêU a publié la sentence; on y lit« qn'on a trouvé ( il n*a rien avoué } qne bien des années auparavant il avait prêté un serment au roi de France ( prolbablement pour quelque titre de conseiller, suivant Tnsage reçn j; qu'il devait avoir forcé des femmes dont il n'avait pu vaincre la pudeur à taire ses propositions; qu'il avait faussement déclaré certaina jngemens comme prononcés à la majorité (point d'exemple, point de preuves J; que Milan n'ayant pas voulu lui donner les 4,000 ducats promis , il les avait obtenus de force en menaçant l'ambassade; qu'il était convenu avec les tribuns de faire exécuter ( pour des crimes qne nous ignorons j le bâtard Gôldli, qui s'était évadé, si l'on parvenait à le reprendre ; qu'il avait projeté de faire nommer les tribuns à vie, de n'admettre au conseil que six membres de la connétablie ( ce qui devint loi après ta mort), et de ne pas souffrir qu'ils fréquentassent les autres tribus pour briguer des suflTrages; que personne n'avait plus osé proposer le bourgmestre GOldli comme député; que dans les missions Waldmann cabatait contre lui et embrouillait à dessein les affaires; qn'il avait demandé et obtenu grftce pour un tribun expulsé, cherché à pallier les fautes d'un autre , et inscrit dans le livre des maîtres ( espèce de mémorandum ) beaucoup de choses qui n'avaient pas été appuyées par un nombre suffisant de voix.

'** • Bien des gens crurent , » dit BmUinger, • que s'il avait parlé , il

• n'aurait pas été mis à mort ; lorsque le peuple le revit et l'entendit, il

• lui fut de nouveau entièrement dévoué. • Ses assassins le savaient

'** Dans un pré de l'architecte de la ville, Hagenower, à l'entrée du chemin du Zeltweg.

rains du lac du doux spectacle de son supplice. Wald*mann, selon sa coutume, élégamment vêtu^^^, marcha sans crainte , saluant tout le monde. Ooluiôtales insignes de la chevalerie '^^^ ; mais ses vrais titres sont dans nos annales. Un instant son émotion éclata : cr 0 » Dieu, >i s'écria-t-il , « pour celte mort que je n*ai pas » méritée, pardonne-moi mes péchés réels. » Puis, suivant l'usage , élevant la voix , il implora le pardon des assistans et l'intercession de leurs prières. 11 était si assuré de la grâce de Dieu , qui sonde les cœurs , qu'il promit d'intercéder à son tour pour ce peuple dont il entendait les sanglots "^'^t Se rasseyant avec dignité^*' pour recevoir le coup fatal, il jeta un regard encore sur Zurich , une fois encore il pria Dieu pour cette ville. Sa tète tomba. On ordonna de faire silence, on annonça : « qu'on venait de recevoir la nouvelle cer- »taine que les Autrichiens n'avaient point passé le M Rhin , et qu'il n'y avait rien à craindre de leur part. » On sait dans quel ruisseau les trois courriers trempèrent leurs chemises pour faire croire qu'ils arrivaient de loin. Cette indigne fraude est demeurée impunie. Après cela Gôldli vécut encore douze ans dans les honneurs et son oncle vingt-cinq ans. Waldmann n'avait ni enfans ni parenté puissante. Afin que nous ne renfermions pas toute notre existence dans les choses visi-

''0 De soie (on de damas) couleur de cendre.

'^* Il les avait repris pour marcher au supplice; ib lui furent 6tés par Henri Escher, le doyen des chevaliers de Zurich.

7*^ « On entendit des pleurs et des sanglots parmi les femmes et les 9 hommes , émus]de ce qu'un homme si beau , si imposant devait moa- > rir; ceux qui étaient initiés aux menées et à la fourberie , n'en eurent » que plus de peine. • BuUinger,

'^* Ànshetm : Avec une mile patience.

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