LIVRE V. CHAP. IH
blesy le iribunal où comparaissent la ruse et la violence est entouré de ténèbres au-delà du tombeau ; dans ce inonde elles ne ressoriissent qu'au tribunal de rhistoire''^*.
A la fin de la semaine de sa mort , le grand tribun Oehen et un tribun, Schurtèr, surnommé Gotze, furent appliqués à la torture, puis exécutés, pour avoir donné leur assentiment à ses actes et à ses projets, reçu de lui quelques faveurs dans des affaires sans conséquence^ et s'être promis fidélité les uns aux autres au commencement de la sédition ''^^^ On ferma les portes de la ville et Tasile des églises , afin de pouvoir se saisir de tous les autres tribuns. On leur donna la question; l'un fut décapité"*'^, deux autres murés ''^'^, un quatrième confiné dans sa maison , beaucoup punis de fortes amendes ; un innocent aussi , par suite de la
''^ Il fat enterré, suivant son désir, près de Téglise du FraiienmQnsler; 157 ans après on le trouva dans son tombeau bien conservé encore. BluKtiehlL Barthélemi Ânhorn , prédicateur respectable et historien , rapporte dans un mémoire non imprimé qu'en 1627 on 28, le marguillier do FrauenmOnster, voulant creuser une fosse, ouvrit la tombe du boai*gmestre décapité iis ans auparavant, et le trouva dans son sang comme s'il venait d*étre mis à mort. Le célèbre autistes Breitinger, le bourgmestre Holshalb et le professeur Waser le virent Ils crurent qu'il allait bientôt tomber en pourriture. Mais Bltmiêchli mande qu'en 1666, dans nne occasion semblable» on le retrouva tout aussi frais. Dans quel état peut-il être maintenant?
^'^ Voy. Les Jugemens dans F'àssU, Les griefs sont tous insignifians; c'étaient des gens de très-petite fortune , dont le crime fut de s'attacher au pins grand homme de la ville.
'»• Uhrich Rigler.
^*' Jean Byger et Rodolphe Ryss , condamnés à ne plus voir le soteil et la lune, et à n'avoir d'antre ouverture dans leur cachot qu'un tion pour introduire les alimens.
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torture, devînt incapable de travail et de toute jouissance pour le reste de ses jours '^^®.
Le. plus ancien ami de Waldmann, Ulrich AVidmer, tribun , dont ses ennemis mêmes respectaient Texpérienc^ et la raison , demeura long-temps dans l'asile du Frauenmûnster'^'^; il en sortit enfin , octogénaire, dé^ goûté delà vie, accablé de tristesse. On le saisit, on l'appliqua sept fois à la torture , et Ton fit tomber par la main du bourreau sa tète blanchie. La tyrannie la plus inhumaine s'exefce au nom du peuple et du bien public. S'il était impossible de la prévenir à jamais comme d'autres maux de la nature et de la société , il faudrait entourer la liberté civile de formes sans nombre qui lui rendissent de pareils actes extrêmement difficiles "^^^^ Beaucoup d'hommes alors fugitifs , puni$ d'amendes, même murés, servirent la ville pendant bien des années encore dans les premiers emplois, quand ce jeu des partis eut pris fin ''^^
Après le supplice du bourgmestre, les Confédérés
^** Le sergent de ville Martin Berenstriker, qui devait avoir demandé à un bourgeois de Mellingeu s'il serait disposé li livrer la ville aux Autrichiens (qui n*y songeaient point). On le tortura «jusqu'il ce qu'il cessa > d'être un homme ; » le calomniateur fut obligé de lui payer une indemnité de vingt florins forts. Les juges inf&mes, qui auraient mérité de subir eux-mêmes la torture , ne l'indemnisèrent point.
'** On dit que le chevalier Conrad Schwend le visita dans cet asile.
720 Un second moyen serait d'étudier l'histoire en détail; elle indique les caractères auxquels on reconnaît facilement les séducteurs passionnés.
^^^ Jnshelm. Ceux qui ne perdirent pas la vie pendant le temps des troubles , rentrèrent au Conseil et dans leurs honneurs. BuUinger dtf Byger, qu'on avait muré , et qui dans la suite concoarat à terminer b dernière guerre de la Suisse avec l'Autriche ; de même quatre autres* • Si seulement le reste avait encore vécu ! •