LIVRE V. CHAP. IV
de laisser sortir de nuit , à un certain signal i un ines* sager secret dont il lui dépeignit le déguisement • C'est ainsi que le bourgmestre put se soustraire à ses ennemis et au supplice de Waldmann. Geuxrlà s'étaient emparés déjà de son petit domaine ^^ Il s'embarqua. Pour que le sceau de la ville y si souvent apposé par lui à des traités honorables, ne soejlàt pas une paix hffSH teuse, il le jeta dans les flots du lac. Le^ Confédérés qui occupèrent et couvrirent bientôt le Bruel , le Hauptlisbergy la Notkersegg, toutes les avenues de la ville, trouvèrent , contre leur attente, les citoyens préts^ à défendre leur patrie. Six hommes furent tués sur le champ. Les magistrats n'empêchèrent qu'à grand'peine la bourgeoisie d'en venir aux mains. Elle arrêta des chevaux de somme chargés de vétemens d'hiver pour les Schwyzois ^ ; Schwader, de Rothenbourg au canton de Luceme, homme d'une taille colossale, périt par les mains d'un petit St.-Gallois outragé par ses mépris; un tireur qui, retranché sur le Hauptlisberg, inquiétait l'hôtel de ville et le marché , fut tué au travers de ses retranchemens par l'ammann de la ville ^. Les comtes de Sargans et de Metsch , et le bourgmestre Schatz de Constance, qui leur conseillaient de se rendre en toute confiance , reçurent d'abord des réponses sarcastiques ; à la troisième fois on les congédia vertement^. On enfouit toutes les choses précieuses et Ton se mit en devoir de repousser un assaut. La plus grande
** C'était oae vigne dans le Rheinthal ; ils la vendirent ponr 500 flor. an docteur Whikler et partagèrent l'argent. Lettre de la ville (CVlm à la Ligue êouabe, il mai 1497.
*' Près dn pont de Haettery. Halimeyer.
^' Léonard Herz, bonrgmestre qaelqaes jours après.
** « Allez- vous- en, au nom de Dieu, nous mourrons plutôt avec femmes et enfant. > De Watt.
I>arlîe ée la ville^ encore bâtie en bois, pouvait^ il est vrai, devenir aisément la. proie des flammes. Enfin, l'on députa vers le camp Finly, curé de l'église de St.* Laurent, et Jungmann , bourgeois, afin de connaitre les conditions des Suisses. Tous les reçurent avec bienveiliance, excepté les Lucamois^; ils rapportèrent comme conditions qu'un arbitrage impartial ^ des cfin* tons protecteurs mettrait fin à la guerre ; qu'un petit nombre d'ofiiciers supérieurs traverseraient la ville ; que Tarmée défilerait aux pieds des murs, qu'on res-> pecterait toutes les propriétés, excité celle de Farabûhler^'^, et qu'on ne livrerait aux cantons protectenrs que le bourgmestre et le greffier, lors de leur retour^. Les hommes intelligens ne pouvaient approuver un traité qui laissait les points fondamentaux sans expli* cation, promettait une justice fort ambiguë ^^, et consacrait une lâche ingratitude «ivers le bourgmestre ; mais dans les délibérations de la multitude les âmes vulgaires enlèvent aisément la majorité. Henri. Ren*
^' Nons avons vu le tontingent hiceniois coiaimndé par favojrer Setler, mab les pièces ofljcieUesaont signées par Pierre Franklmer. qâ fignre daos le procès d'Am Stoldeo. Seller fat peut-être rtppdé ebei lui ; les Luceraois n'avaient pas mal envie de soumettre St-Gall à la domination fédérale, an gré de Tabbé, mais cela eût amené la décadence de celte vilki
^' bnpaHiaL, en œ que chaque canton afiraacbiisait dn senneol civique les juges qu'il fournissait.
^' Les biens situés bors de la ville devaient échoir, disait-on » aux cantons protecteurs.
^ Ch. près de StFiden au camp, i5 févr. 1490, daoB leAVwv* Mm^ séé êuiue. S* année, 238.
** Les cantons protecteurs n'étaieal'ils paa à la fois partie plaignante et juges? pourquoi ne chargea-t-on paa les aulres de prononcer? Les premiers avaient bean relever du serment les juges qu'ils nommaient (n. 5G j; pouvaient-ils. voulaient-ils annuler les affections personoelles?
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fichly, Toyanl que le traité passait, quitta la commune tout hors de lui et perdit la raison ^^. On élut bourgmestre Léonard Merz , homme plein d'expérience et de modération ; Ténergie était disparue avec Fam-* bûbler ; ainsi la ville céda préalablement ®^ à Tabbé ^ elle remit aux caritons, outre une somme considéra- Ue^^y Oberberg , le manoir des célèbres Anwyler ^' et Steinbach^ sur le lac^; les cantons abandonnèrent tout à l'abbé «^
Tout fut confirmé à la diète solennelle d'Einsidlen ^f et Ton détermina, par une information plus am* pie, que labbé serait mis en possession d'un territoire qu'il désirait depuis long-temps, et qui s'étendait jusqu'aux murs de la ville ^% qu'il disposerait de deux des portes de St.-Gall , qu'il serait libre de relever son
** Ce Yaillaot homme,, boncher de son métier, ^est couvert de gloire militaiie, près de Novare, bien des années après son rétabUiMment.
*« Traité du 17 f évr. , dans Antheim.
** A l'abbé 4>000, aux cantons protecteurs 10,000 flor.
** Oberberg avec Oberdorf situé au-dessous, et Ânwyl même, d'une valeur de 12,000 florins selon Ànêhelm, L'abbé disait qu'il fallait contenir ces gens ; les cantons protecteurs ^y prêtèrent; les Juges étaient Henri G^ldli , l'avoyer Seiler et d'autres hommes qui se sont fait connaître dans rbisloire de Waldmann.
'* U y avait là un entrepôt de marchandises , o6 nous trouvons de la mercerie de Nurembeig , des peaux et des cuirs de Lyon , de l'eau de cerises, des harengs,
*^ Pour 8,000 flor. Ch. Lucerae, S5 Juillet 1&90. Mu$ée $mi$e, 276. De 1& des dissentimens entre les cantons , parce que Zoug , Unterwalden €ft Un prétendaient aussi à une part ; indignation contre l'abbé qui refusait maintenant au commandant général du pays certains avantages qu'il loi avait promis. Comtentian au sujet de ceux«ci.
*' Ces négociations et le prononcé du 16 mars sont dans le MiÊaie tmtêe, 288, 289, 241.
*' Un coin de terre qu'il avait voulu acheter pour 1100 flor. Anêkelm, 11 voulait en faire un Jardin du couvent.
édifice à Rorschach^^, mais à oondilion que les choses saintes et le tribunal abbatial pour toutes les causes du district compris entre les quatre croix , demeurerait, à St.->GalK Les rapports de combourgeoisie de ses sujets et de la ville furent rompus ^^. Les cantons protecteurs déjouèrent ses longs et constans efforts pour se rendre maître du Rheinthal ^^^ s'en approprièrent la souveraineté à eux-mêmes et à trois autres cantons ^% et associèrent enfin Appenzein^à l'exercice de cette autorité. Telle fut Tissue de la démolition séditieuse du couvent de Rorschaeh : Tabbé Ulrich , enrichi par son habileté , odieux au dehors par son esprit remuant , maudit dans son pays , mourut Tannée suivante ^ du-r rant un procès avec Constance ^^. Appenzell , qui perdit des propriétés importantes , obtint qu'on lui fit remise de son amende''^. Le Rheinthal refleurit , grâce à la bonne administration de son premier bailli , Dominique Frauenfeld ^ ancien ami de Waldmann. La ville de St.-Gall , dont toutes les ressources étaient épuisées '^^, sentit le besoin de s'entourer de murailles plus
** La danse igontêe lui 6lait toute son importance ; da reste elle fut achevée avant la fin de l'année.
•• T. VI, 484, n. 697.
7» Ibid. 459 fin et 440.
'* Uri , Unterwalden, Zoug. Ck du eapUaines, bannereU et etmêeiUefs dans le camp de Rorschaeh, il févr., dans le Mutée nûsse, 157.
^* Après la gaerre de Souabe. CL det Fil emtons poor Af^nieU, sanu ap. Pancrace, 1500 ; dans Walser.
^* A Wyl , le 18 mars 1491, âgé de 65 ans; on lui érigea on tombeau pins magnifique qu'à aucun de ses prédécesseurs. Stumpf, 1. V.
'* 4iOOO flor. Convention stipulée par les cantoiu protecteure, 9 jnilleL MÊMêée êuteee, 970. 4.500 flor. dftrent être payés à l'abbé et 600 fl. ao procureur fiscal pour l'Empereur.
^^ Leur perte totale est évaluée h près de 100,000 flor. fVaUer. Bmi- Ungcr dit avec raison : « Mieux eût valu laisser partir le moine avec soii