‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 119 sur 127 · LIVRE' V. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE' V. CHAP. IV

Le parti de la ville somma ces juges d'èter au oonseil les clefs et les chartes. Mais comment , sans plainte articulée ^ sans interrogatoire y déclarer un gouvernement déchu de la confiance publique? On proposa donc vingt^uatre articles sur lesquels le conseil eût à se justifier. Lorsque le gouvernement ^ dont le bourg-mestre fut alors le sauveur, eut reçu communication des griefs , il demanda qu on lui fit connaître ses accusateurs. Ceux^ n'ignorant pas la punition réservée à la calomnie , n'osèrent pas signer ces articles probable-p ment mal fondés; la peur les saisit ^ ils se . réfugièrent dansFasiLe de la cité* La commune entière les somma inutilement de prouver les accusations. Ainsi donc par la considération que leur complot pouvait coûter à beaucoup de citoyens la vie , et à leur cité la paix , la prospérité, Thonneur, on arracha ces hommes , au nombre de dix-sept, de leur asile pour les traduire devant un tr3>unal criminel extraordinaire , composé de conseillers et de bourgeois. Six furent punis de mort; les autres , dans leur honneur '^ ou leur fortune , ou même d'une simple amende. Le conseil soumit ensuite tous les employés à une enquête rigoureuse ; un seul, infidèle dans Fadiûinistration d^ sels, subit le dernier supplice ^.

Les relations de la France et de TÂutriche furent

*' Dans leur honneur, en oe qu'ils ne pouvaient plus rentrer dans le conseil et les diarges ni témoigner devant les tribunaux.

** Ces points définitivement arrêtés le 19 février 1491 sont rapportés PnStttwkpf, mais avec plus de détails encore par Haiimeyer, S 22-23 7, toutefois sans les nomsl Ces noms ayant été lus pendant huit ans dans 1rs chaires, et quelques-uns des* condamnés s*étant distingués par leur cou- 1^ dans la guerre de Souabe, cet historien ne voulut pas perpétuer leur *K)nie; maïs ce motif ne saurait faire W-glc poiir Tari historique. VIII. 3i

autres pendant k gaene après renlëTement de Théritiëre de Bretagne, autres lors de l'invasion de Charles VIII en lulie.

Sigismond , accablé par T&ge et le chagrin , ayant abandonné le gouTemement, le roi romain chargea Bilgeri (Pellegrin) de Reischach de chercher à renoo- ▼eler sans ambages Talliance héréditaire ^. Il y avait en Suisse un parti allemand et un parti français ; le premier allouait la communauté d'origine, de langage, de mœurs; le second les guerres avec TAutridie; oelui-^ s'appuya long-temps sur la politique bernoise, et toujours sur les vieux principes suisses du landammann Réding ^ ; ce parti ne vit pas sans plaisir la chute de Waldmann , soutien de ses adversaires. Les réclamations de George de Sargans excusaient quelques retards.

Peu après , Anne de Bretagne fut fiancée à Maxir milieu sans le consentement du suieràin , le roi de IVance^; il s'en suivit une guerre. Jean Fégelin de Fribourg, un des héros de la guerre de Bourgogne '^i chef illégal de quatre mille Confédérés , aida les Français à conquérir la ville et le comté de Nantes , et Jean Etterlin , campé près de Rennes avec six cents hommes y au service de Maximilien , accepta , pour retOli^

*' Il ne voalait ni secours ni protection des villes des bords du RlûOi et comme les Suisses convoitaient ces villes, il leur offrit 10,000 florins pour qu'ils y renonçassent ÀnsheUn, 1490.

** Parce que les Allemands et les Lombards baissant les GoofSdérés. An$hdm, 1491.

** Le roi romain lui offrit 4,400 8or. ou le recours aux voies joridi' ques. Cette proposition ne pouvait pas être rejclée pour elle-ratae.

*** Nous Favons précédemment nommé Vôgeli ; mais sa famille i trouvé bon depuis long- temps d'écrire son nom comme nous venons de faire.

LIYRB V. CHAP. IV. 483

nerdftns 9on f^ys, une double 9oMe^^. Cette indépendance de chefs volontaireê engagea les souverains k n'épargner ni frais ni peines pour (d>tetiir des secours légitimes |^. Mais ce Ait en vain pour cette fois, parce que Betae engagea toute la Suisse à ne pas fournir nû aUment à la gnerre, et députa vers les rois Tavoyer Matter en qualité de médiateur. L'ambassade fran^ çaise demandant pour le roi le renouvellement de l'alliance conclue avec son père, on déclinai cette pro^*position dans des termes btenveilhns ^^, et on mérita ainsi la reconnaissance du chef du Saint-Empire ^^. Pendant ces négociations, Anne, enletée piarr les Français, fut unie à Charles; le mariage de celui-ci avec Marguerite, fille du roi romain, fut annulé, et Maximilien se vit exposé à des outrages ^^^. Les deux princesses étaient égales par les dons de Tesprit, mais Marguerite t'emportait de beaucoup par h figure et la sensibilité^^; cependant le bien de la France exigeait qu'Anne n épou^t pas Maximilien.

La guerre éclata; mais renfermée dans les limites de la puissance de ce monarque ^ elle ne couvrit pas de

'** Ànshêlm, i49i. Le roi romain garda néanmoitilf dés «MtfCs^^oistes. F»gger, 10&9. Sloys mctttiûtme «n dael.

'" Les chefs aimaient mieax servir sans capitulation ; ib Ht étaient plus indépendana.

*** Ambassade de l'évéqne de Montaoban et d'Antoine Lamel à la àiiu dé Berne, SI Jmn 1491 ; dans Jnêkelm.

*M Bmberlin, VU, 616.

*** On fit an manneqnin de paille Téta en roi «onafai $ on le trafaM dans des mares et le iMttlt de verges. Anêheim.

*** Id. On voyait bosse sur bosse; Charles aussi était contrefait; il n*est pas étonnant qu'elle n'accouchât que d'enfans mal faîU et venus «vanl terme.

gloire le nom allemand '^"^é Maximilien fit des conquêtes légitimes dans la Haute*Bourgogne , province donnée en dot à la princesse, il y avait dix ans^^^; il s'empara du pays d*Artois. L'Espagne, TÂngleterre se prononcél'ent pour lui tardivement, sans énergie, et à la fin aussi TEmpire^^^. On pouvait désirer qu'il fut vengé, mais non pas mis en possession de la Bretagne ^ *^. Il de-manda aux Suisses six mille hommes à quatre florins de solde par mois et le renouvellement de Talliance hë^ réditaire, promettant à chaque canton cinq cents florins de pension annuelle. Toutefois , comme les Suisses se bornèrent à intervenir comme médiateurs, et que bien des choses faisaient espérer que Berne se déterminerait en faveur de Talliance*, il s'en contenta; les Bernois représentèrent que les foudres de Rome et les sommations de l'Empereur pourraient seules changer les rapports et les mettre aux prises avec les membres del'Epipire^^^

La division éclata parmi les Confédérés à la diète de

"^'^ Noble circulaire do vieil Empereur aux ÉtaU ttEmpire, donlqvelqties-uns, « dans une si déplorable affaire, » avaient promis dn seconn^ l'ennemi ; » chose inouïe chez nos pères qui ont transmis à la vê&i» » allemande la dignité dn saint Empire. »

its Tout le pays se soumit lorsque Baudricourt eut été battu. De^

*•* Recés de la diète impériale, Coblence, 1492. Muller, U, 159. Elle» contenta de voler quelqde argent.

^'^ TriUenheim : « Cum Britanis ducatus neqne Germanico rcgno » neque Brabantîco principalni ea tempestate condnceret. >

* Un changement s'était opéré dans l'opinion de Berne; la msjorit^ auparavant favorable à la France, inclinait maintenant pour l'Aotridif. Une des causes qui peuvent y avoir contribué, comme le nmw^ M. de Tillier, Il , 38A , c'est qu'après une longue suite d'années Giutlaume de Diessbach fut remplacé dans la charge d'avojer par Rodolphe d'Erlach. G. M.

*" BuUinger,

Page 1