UVRE V. CHAP, I
Yarchiduc ^. Des gens .aiBdés annoncèrent au jeune majora ve^ et celui-ci au duc le rassemblement des Suisses^ mais non leur force ni leur plan. Les Suisses apprirent avec indignation l'ignominieux massacre ^ mais non sans inquiétude la position formidable de Fennemi.
Après la prise de Grandson , le duc , en son conseil , délibéra sur la soumission de la Suisse , acheminement de celle de TÂllemagne : fallait-il renverser Fribourg et Berne, ou dévaster le platpays^ moyen plus facile; ou, avec des forces notoirement prépondérantes , user de générosité, moyen plus noble? Le duc préférait le premier de ces partis, et, comme tous les vivres étaient consommés sur la route de Payerne , il voulait marcher contre Berne par Neuchàtel et Arberg'^. Dans ce moment il reçut la nouvelle de l'approche de l'ennenu. Il fit aussitôt ordonner par tout le camp , au son de la trompette , que chacun se tint prêt à combattre le lendemain de bon matin contre les Allemands. Luimême, armé de pied en cap , monta sur son grand cheval de bataille gris, assembla les chefs et les exhorta de marcher à ces vilains, bien que ce fussent gens peu dignes d'eux ^^^. Il confia Tavant-garde à son frère An-
que les Appenzellois n'arrivèient qne le S de mars, ce qui n'est gaère vraisemblable. > Zellwéger, II» p. 99, n. 108. G. M.
** Mi^ , in , &88 , fait très-bien Yoir que celai-cî n'assista pas au commencement de la bataille, loin d'en avoir eu le commandement. Mats il n'a pas prouvé , en opposition aux témoignages si nombreux , que ce seigneur n'arriva que le lendemain. Voy. à n. 146.
*** On Toit par la Chron, de Neaeh, qu'il craignait de manquer de vmes; aussi avait-il occupé Vaumarcns, afin que sa marche ne rencooMt pas d'entraves.
*** • Marchons à ces vilains; ce ne sont pas gens pour nous. ■ Chron. de l^tueh.
toine, le grand-bâtard de Bourgogne 9 à Baudoin^ le petit-bâtard^ et au prince Guillaume d'Orange ^^*. Charles lui-même résolut de rester avec le gros de l'armée, auprès des Savoyards et des Italiens, sur lesquels il comptait principalement ^^^; le jeune Jean de Clèves, fils du duc Jean^^*, et Frédéric d'Egmond, seigneur d' Ysselstein *^*, devaient commander Tarrièregarde. Au-dessus de tous brillait Antoine , enfant de l'amour , que le duc Philippe-le-Bon avait eu dans la plénitude de sa force '^, image parfaite de son père par la grandeur de sa taille et par sa beauté '^"^ tout comme par la rectitude du jugement, la magnanimité et l'amour du bien^^^; homme parfait, s'il était permis à l'homme de l'être ^^®. Le duc l'honorait de son estime
*^' Nous saivoDS le récit ordinaire , adopté aussi par GuilUmoMn dans sa chronique manuscrite. May présente une autre disposition de Tannée , mais sans nommer ses sources. Il rejette Baudoin à rarrière-garde et place Orange au centre. En ce point nons serions disposés à nous ranger à son avis ; on peut facilement avoir confondu Guillaume avec son frère Louis. Ci-dessous plus de détails.
*®' Selon May avec le jeune margrave, le prince d'Orange et Philippe de Crèvecœur , qui le trahit en faveur de Loub XI.
"* GttUlitnann se trompe en l'appelant duc de Juliers t ce duché ne passa que quarante ans plus tard à la maison de Clèves par suite d'ua mariage. Hàbner GénéaL S'il se trouvait là, comme itJlt le dit, un duc de Juliers, c'a été nécessairement Guillaume.
^®B Neveu de l'infortuné duc Arnold de Gueldre; il devint plus tard le premier comte de Bûren.
*** 1421 ; dans sa 24* année.
'^' « Avis similera atque per omnia patri
• Gondierat virtus. » Pierre de Blarru.
« Firmo robnstoque corpore. > Meyer, AnnaL rer. Flânerie.
'** « Arraomm prudens. • BUarriu « Arlibns belli.clarus. • Meyer. Il fit faire en 1469 la magnifique copie de Froieeart, en quatre volumes grand in-folio, qui se trouve à Breslau.
^^* • Vir omnibus nunieris absolutus. » Meyer. Il mourut en 1504 , dans sa 83* année.