‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 13 sur 127 · LIVRE y. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE y. CHAP. I

mais non de sa coofiance ; car Antoine désapprouvait ordinairement ses projets.

Les Confédérés^ dont le nombre n'excédait guère le tiers de Tennemi^^^^ se proposaient de profiter habilement des bois et des hauteurs pour rendre mutile la supériorité numérique des Bourguignons ^^^ Ceux-ci appuyaient leur droite au lac^ leur gauche au Thévenon, montagne de la chaîne du Jura, dont le pied était défendu par des marais et par des fossés profonds ; au nord y la rivière de FÂrnon et une artillerie excellente et nombreuse les défendaient contre les Suisses; leurs derrières étaient protégés par un rempart de diariots et un grand nombre de bouches à feu ; Charles avait étudié l'art des anciens camps romains ^^^. Il fallût ou le faire sortir de ses retranchemens, ou l'attaquer du côté le plus faible. Quelques-uns proposèrent détourner le lac et le camp ^ pour prendre le duc par derrière ; d'autres , de hasarder à la fois une double attaque, là et sur rAmon. L'avis fondé sur son caractère remporta. Les Confédérés résolurent de faire une tentative contre Yaumarcus , espérant que la colère et l'orgaeil l'entraineraient hors de son camp> construit avec tant d'art ^^^. Le grand-bâtard et tous les chefs

"' On ne s'éloigoera pas beaucoup de la vérité en portant leur nombre à 20,000; nous croyons que celui de l'ennemi ne s'élevait guère à pb» de 50,000; cependant bien des écrivains de mérite l'estiment à 00,000.

*^* Cette idée n'était pas nouvelle , comme on le voit par la lettre de Beme à l'évéque du Valais, mardi av. la fête de la chaire de St. -Pierre.

*** Miieray , Âbr, de VhUt, de Fr, Noire description est puisée dans les cbroniqnes.

*" Ce stratagème est rapporté par Etterlin,

Tavertirent^ mais inutilement ^^^^ comme il arrivait presque toujours.

Le trois mars * au matin , une petite troupe de Schwyz et de TOberland bernois, de Thoune principa-* lement , fut la première sur pied ^ ^^ ; renfintsée , chemin faisant^ par des soldats bien disposés ^^^, elle arriva au camp des Lucernois , dont le prêtre se hâtait de dire la messe ^^''. Rosimboz les vit d'une hauteur voisine de Vaumarcus^^^ et donna un signal à Tarmée. Le duc était occupé à perfectionner son ordre de bataille. Dans la persuasion que l'ennemi n'oserait pas s'avancer aussi loin, il avait examiné le terrain sous le point de vue d*une route plutôt que d'une position. L'avant-garde marchait sans prévoyance '^^, de même que les Schwy-

^^* Paradin : ■ Contre l'avis et conseil de tons ses capitaines. •

* « Maller place à tort la bataille au S mars ; tontes les sources s'accordent à la fixer an samedi, qui était le 2. Schilling, 288. Lettre du capitaine Pierre de Hewen d Cabbi, dans le Livre de$ copies de Vabbé Ulrich, f. 138. • Zellméger, n, 100, n. 105. AnssiMM. de TUUereideBarante ont ils adopté le 2. G. Ifil.

'^' > Les pieux Confédérés de Schwyx furent les premiers. » Cfiant de la bataille de Grandson, de fVemer Steiner, à ce que je crois.

i^0 Eiterlin : « De tous les cantons grand nombre de bons compagnons, car dans ces sortes d'occasions le peuple se mêle, et un bon compagnon en entraine un autre. • Dans ces temps vraiment militaires presque tout se faisait spontanément, par l'inspiration du bon sens et sans dénombrement exact. Le Saint-Oallois assure que cent de ses compatriotes partagèrent cette gloire. Selon Edlibach, il accourut de Zurich anssi près de 800 vaillans soldats, en général « des hommes vigoureux et qui savaient bien courir. » = Genre de guerre adapté aux localités. D. L. H.

"' EtierUn.

*^* Près de la Combe des Ruanlx. Hugues de Pierre dans la Chronique de rieuch.

^&' € Ib marchoient le petit pas par le vaulx des champs , n'ayant aucun doute. » Ibid,

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