LIVRE V. GflAP. IV
brillans s'ëclipaa devant Tidëe de oonquérir la belle patrie des Romains, aiége naturel de Tempire du monde, de reiausciter Charlemagne , puis de renouveler^ à la tête de la chrétienté, la lutte glorieuse et méritoire ooQtre les prinees musulmans et pour la tombe du Fils delHeu. Afin que rien n'entravât ce dessein, dans le traité de paix de Senlis, auquel les Suisses prirent part, ùa abanik>nna au roi du Saint^Empire , à M aximilien , ks comtés de Charolaîs et d'Artois , quelques villes de Picardie et toute la Haute-Bourgogne *^^.
Peu après cette paix avantageuse ^^^, au moment où son bonheur venait de se consolider, l'Empereur mourut à Linz dans la cinquante-quatrième année de son règne, et dans la soixante-dix-huitième d'une vie qu'au milieu des plus grands orages politiques et de bien des jpuissances paisibles, son égalité d'esprit et sa modération avaient prolongée au-delà des années de tous ses ennemis. Le roi son fils , incomparable par les vertus de rinteiligence et du cœur, brûlait incessamment du désir d'acquérir des connaissances nouvelles ou d'accomplir quelque projet d'utilité générale , prince véritablement bon et magnanime , dont les qualités éminentes et les qualités aimables manquaient seulement parfois de proportion. Son esprit ardent ^^^ était trop riche en idées pour s'attacher fortement à une d'elles ou pour croire à l'impossibilité d'une grande et noble entreprise; la chaleur de son âme ne s'accommodait pas de la nécessité d'établir un juste rapport entre les dé-
*^ Le 2S mai ld99 ; dans les Preuves de Cominet, IV« 25.
"* Le 19 août, anniversaire de la mort d'Auguste, seul souverain comparable à lui pour l'âge et la durée de son^ gouvernement
*^ « Gootinua agitazione d' animo e di corpo. • MacckiavelU , sopra U to%e delta Magna, t. III , 22S, édit de 1796.
penses et les ressources ^^K Quoiqu'il suivit toujours les plans qu41 concevait lui-même , sa bonté familière encourageait chacun à lui donner des conseils qu'il ne demandait pas, et quand ses projets se découvraient chacun y ajoutait quelque chose du sien ^^^. C'est pour cela que bien des desseins ne réussirent qu'à moitié ou point du tout ; néanmoins , grâce à lui , un esprit nouveau , glorieux , pénétra la constitution , la nationalité^ même la science de rAUemagne. Maximilien est un des hommes les plus excellens qui aient jamais honoré un trône.
^> « Si les feuilles des arbres en Italie étaient des dacats, il n*en amil pas asses , • écrit Maechiavel dans le Rapparto, 17 juin 15 OS. Ihid, Dam l'écrit qu'on vient de mentionner, il dit que ce prince était plusqn'aoculi outre • gittatore del sûo. •
AU Le même dans le "Bapparto»