‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 14 sur 127 · LIVRE V. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. I

lois^ qui ne se doutaient pas que le duc fût déjà sur pied^^^. Rosimboz leur parut faire seul obstacle ; ils le battirent. Parvenus sur la hauteur , ib découvrirent Tannée entière. Mais ils ne demeurèrent pas seuls : dés qu'on les vit engagés y chacun accourut à leur secours, Berne et Fribourg surtout *^^ L'avant-garde , d'un pas ferme, sans crainte > sans hate^^% s'avançait par des diemins étroits et couverts de neige ^^^, sous les ordres de Scharnachthal et deHallwyll, et s'arrêta dans une petite plaine, au-dessous de la Lance , chartreuse fondée par l'antique piété de Grandson. Félix Schwarzmourer de Zurich, Hemmann de MûUinen, le premier Bernois de sa famille, vainqueur de Rosimboz ^^^, se portèrent tous deux avec de l'infanterie légère sur les Bancs de l'ennemi. Arrivés dans les vignes, ils se mirent à genoux, suivant l'usage de leurs pères, étendirent les bras et invoquèrent le Dieu des armées. L'ennemi, ne comprenant rien à cette dévotion, fit de grands éclats de rire , croyant qu!ils se rendaient et demandaient merci. Soudain les Bourguignons poussèrent des cris aigus, formèrent un coin ^^^ et s'approchèrent à la course pour enfoncer les Suisses^ ^^, dont

*^ Etterlin dit expressément qu'aacnne des deux armées ne savait ce . que faisail Fantre. Le SainuGalbit de même.

*^ Les 8,000 hommes qui avaient été à Morat , ainsi qae Fribourg , Sofenre et Bienne.

*9 Beme au ValaU, n. 126 : « en bon ordre avec des cœnrs ardens.'»

*tt Schilling : • Il tomlM beaucoup de pluie. •

<^ BeUuiont de famille entièrement d'accord avec l'histoire, p. e. avec la Ckron. de Neue/u

*^ • Ils formèrent une pointe avec des cuirassiers exclusivement. • PFmntisen,

«^ Beme aa Valais, lundi ap. Invoc, à la hSite : « l'ennemi attaquait avec une impétuosité terrible. •

les lances les arrêtèrent ^^"^^ les bataillons suisses les pressèrent vigonreusement ^^^ ; Mûllinen et Schwarzmourer , se portant sur les flancs , rencontrèrent les corps destinés à euTelopper Tannée suisse ^^*. Les Confédérés avaient formé un carré long ; les bannerets y placés au milieu , élevaient les bannières; de grandes épées et des hallebardes les entouraient ; Tennemi rencontra une forêt de lances; dans les intervalles les canons faisaient feu sans relâche ^'^. Charles^ dontTartillerie, placée tn^ haut'^'^ avait tiré presque sans succès ^^, portant le grand étendard de Bourg(^ne et couchant sa lance en arrêt ^^^ y s'efforçait d^enfoncer les bataillons y tandis que le général de la cavalerie , messire Louis de Chàteau-Guyon y frère du prmœ d'Orange, descendait impétueusement de la montagne à la tête de six mille chevaux ^^^ pour se frayer un chemin vers les bannières ^^^.

Là ^ il y eut une épouvantable mêlée '^^ : le sire de Ch&teau-Guyon ^ exaspéré contre les Suisses^ qui avaient enlevé Grandscm et Orbe à son frère y fit des efforts inouïs ; eux y de leur côté y avançant irrésistible-

'*^ Le Saini^alloist n. 42. EdUbaeh: • Les Confédérés se levèrent après la prière^ plantèrent leurs piqaes en terre et s'arrêtèrent. •

*^^ Chant de bataiUe : « Les Confédérés commencèrent à presser, et ils culbutèrent presque l'ennemi. »

"* > Leur cavalerie voulut nous tourner , le champ se trouva trop étroit • Ib.

*** Berne au Valai»^ n. 126 : • L'artillerie tiroit sans fin. » CAroii. de Neuch.

*** La batterie entre Concise et Corcelles.

^'^'Elle ne tua que dix hommes. Chron, de iVeiicA»

«" Jbid.

'** Chant de la bataille par un LucernoU, dans Schilling.

<" A bride abattue. Edlibach.

•" Chron, de Pieuch,

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ment repoussèrent toute la gendarmeirie de Taile inile ^^ elle rejetèrent lui-même dans une petite praine, non loin du pont deTAmon ^^^. Il piqua son grand cheval de bataille ; une ardeur martiale allumait son regard ; deux fois sa main saisit la bannière de Schwyz ^^^ , lorsque Henri Ëlsner , de Lucerne ^^^ , lui anacba la sienne, et que Jean In-der Gruob, de Berne, lui donna le coup de la mort. L'effroi saisit les Bôur^^ guignons , quand ils virent tomber ce guerrier de haute stature, que non loin de lui la même destinée abattit ToDcle de Romont, le comte Jean de Marle-Luxem^ bourg '^' , le noble Lalain , Poitiers , Ligny , Méry , Mont-Saint-Sorlin-^^^, Bourguignons et Flamands pèle-* mêle, ei Pierre de Lignano, commandant des troupes vnWoaises ^^^. Il ne senrit de rien au comte Louis Raûlin d'aYiùr bàité des richesses amassées par son père avec

*" Le Maiet » noni de \û petite praiHe. Chrotu de NeutL

*» SiettUr.

'^ «Le médian! Heini» (Henri). Cysat, lac de» Quatrê-Canlônê. Les conleon de la bannière de Lonis étaient bran , blanc et bien ; une aoîx d*or de St.-André y était snspendae. Etterlhu

M. [^ eomte de Romont était uni depuis 1460 à Marie de Luxem^ bourg, comtesse de St.-Paul , de Marie , Soissons et Gonversan , yicomtease de Meanx, dame d'Engbien, fiUe de Pierre, frère aîné de ce comte Jean , tous deux fils du connétable trabi par Gbarles. ( T. VII,

>«> Jacques d^mery ( Aimerie , Méry ) était Picard. Bâte d Erfwrî , DRcredi «t. Barlbél. 1476, dans les Mim. diplom. d Anton. Antome de Lalain, Jean de Poitiers (quelques-uns écrivent Portier), Qimtin de la Baume , seigneur de Mont-SL-Sorlin. Guickenon, Savoye. Ce dernier serait-il ZêchamyrUm dont Bâte, dans sa Lettre d Erfitrt, dit qu'il avait été le favori du roi de Naples ( on du prince de Ta-

lOOe)?

^* PiémontaJs , selon la lettre des Bàloie, < Moult vaillant escuyer. • 0U9.deU Marche, \. IL

Till. 3

tant d'habileté pendant un grand nombre d'années ^^^ , il expia dans ce lieu le sang du dernier sire de Grrandson^^^. Toul-SHCOÙp des sons formidables attirèrent les r^ards des combattans sur les collines entre Bonvillars et Champagne ^^^ : de nouvelles troupes couTrirent les hauteurs ; ver j trois heures après midi le ciel s'éclaircit y le soleil fit reluire les armes '^^. « Quel est ce peuw pie?» demanda le duc à Brandolfe deStein, qu'il menait avec lui comme prisonnier^ « quel est ce peuple » sauvage ? Sont--ce aussi des Confédérés ? — Monsei- *> gneur, » répondit de Stein , « ce sont là seulement les » vrais anciens Suisses des hautes montagnes , les hom- » mes qui ont battu les Autrichiens ; voilà les bourg- » mestres de Zurich , de Schaffhouse ; là ^ Tsehudi à la »tète des Glaronnais^^^. » A ce momait mugit par

*** Son pèro Nicolas avait été presque pendant tonte la dorée du gouvernement de Philippe-le-Bon an service de ce prince, comme conseiller suprême , chancelier et chevalier ; lorsque le duc fit en 1458 . le vœu d'entreprendre une croisade et que lui • ( obslant • son ancienneté et faiblesse) ne pouvait bcmnement aller an saint m vopige , il promit à Dieu et après aux Dames • d'armer un de ses fils avec 2i gentilshommes pour cette expédition et de les entretenir tant qu'elle durerait. O. de la Marche^ 1. L II mourut à Autun le as janvier l&6i, « sage seigneur et riche. » Extr, d'une ane, chranùfnê dans le Comines de du Fresnoj. Son fils » qui périt près de Grandson, était seigneur de Presilly, Beaulieu, Beauregard, ^Pelapussin» Vemantois et Beffiat; l'antre mourut cardinal en 1^89.

«4s Vojrez ci-dessus, t. IV, p. 18, fin. Compares le bruit rapporté par Dunod que Raulin s'était enrichi par des confiscations.

**" Chran, de Neiich^ » MuUer , qui pourtant devait connaître le» lieux, écrit Bonviliers et Ghampignj, et de même partout Araou pour Arnon. M. de Barante a aussi Ghampigny. G. M.

**7 Gela confirme ce que rapporte GuillimoHn^ que Hemmann d'Eptiogen arriva dans ce moment avec un détachement de cavalerie aatrichienne , probablement fort brillante.

**• BuUinger,

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