LIVRE V. CHAP
irob fois le taureau d'Uri, annonçant la mort ^^®, et Toi entendit le retentissement étrange de la trompe f Unterwalden ^^.
Cessons inouïs, répercutés par la montagne, et la vue de ces hommes imposans excitèrent la surprise. Leduc s^ëcria : a Qu'adviendra-t-il de nous, puisqu'un » petit nombre nous a déjà fatigués? » Sentant que le moment était décisif, il parcourut l'armée et l'encouragea par ses paroles et son exemple ^^^ Mais lorsque les Suisses , réunis en ordre de bataille , eurent déchargé leurs armes à feu avec une habileté admirable, lorsqu'on en vint aux mains '^^, et que des chemins creux et derrière les buissons montaient incessamment de nouveaux bataillons ^^^, à cette heure-là se répandit sur toute Vannée cette terreur singulière que les anciens re-
'^ Le taurean d'Uri est un trompette , qui sonne la grande trompe, tomée probablement de la corne d'un baffle et servant à donner le signal dn combat «s Le nom de taureau est aussi celui de l'instniment même* G. M.
'^* Appelée la vache d*Unterwalden. SietiUr. « Alors retentit la corne
• dUri et aassi les cors de bataille de Luceme ( comme dans les com- ' bats de Roland }, et il se fit un tel bruit que les gens du duc en furent
• saisis d'effroi. • Etierlin, Voy. aussi Dunod, Alors apparut « magna et horribilis e propinquo ruins species. • GuiUimann.
«^i . Combattait honnêtement , mais plus n'en pouvait. » Chron, de fieneh,
*^^ « Us se prirent à bouter feu dans leurs bAtons et chargèrent si étioit que la bataille tourna en fuite. » Jean de Troye* dans la Chron. KOMdaUuse.
*^ Selon Paradin les Suisses avaient « une grosse embuscade d'ar* qiidi)asiers, > que nous ne trouvons pas dans nos historiens; la contrée le fit paraître ainsi. • Il y avait là montagnes et rudes vallées, chemin nide et étroit par lequel ils durent passer. » Chant de la bataille, • Ils
• tirant furieusement ; les Bourguignons, voyant ces Suisses venir à
• eux tête baissée , se mirent tous en fuite en merveilleux désordre. •
Paradin.
gardaient comme l'œuvre du génie du monde ^^; dans de tels moniens s ^éléve des profondeurs impénétrables de rame la sombre appréhension que c'en est fait; le sang se glace à Tidée du destin qui précipite irrésistiblement la puissance dans les abimes : la bataille était perdue. La cavalerie fit un mouvement simulé pour attirer les Confédérés dans une position défavorable ^^^; Tinfan*terie y vit le signal de la fuite ^^^. Charles, malheureux pour la première fois , transporté de rage , brandissant son épée, s'opposa inutilement^^'', avec des cavaliers, aux flots pressés des fuyards ^^» Que n'éprouva-t-il pas, lorsque, après une perte de mille hommes au plus ^^®, il perdit le renom d'invincible? Derrière TAr-
*^* Terreur panùjuê. Ils fuyaient, dit Paradin^ « semblans dMtre chassés par une puissance invisible. • Rien de plus naturel , quand on trouve le contraire de ce qu'on attendait Qu'on se rappelle Rossbach , B3 EckmOhl , Landshut , Ratisbonne , Austerlitx, léna , Anerstett, Prciswalk, Friedland, etc. Il ne faut insulter à personne, surtout pas au vaincu. Némésis flagelle tôt ou tard les détracteurs. « Inter regem potentem et regem nuUum una nox interfniL • ,D. L. H.
*^> Guillimann. Sans doute le mouvement par lequel le duc Toolnl s'appoyer contre Une colline. Warsiisen,
iB« , Tanquam ferre nequirent • GuUUmànn.
**7 Chron. de fieuch. et tous. Lui-même frappait de son épée les fuyards.
i6t , primi ordines in prieceps tracti Italos involvernnt; uno prope momento acies confusa. » Gaililmann.
«s* Le St.'GailoU, seulement 300 ; la continuation de Kônigshouen, 600; la Chron. de iVeiicA., 1,000 Bourguignons et environ 6,000 autres; Jean de Troye$ (par erreur), 16 à 18,000; Guillimann, près de 2,000, au nombre desquels, selon Comines, il y avait 7, selon d'autres, cités par Guillimann , 9 ou 16 , selon de la Marche, les ■ hommes d'armes » mentionnés ci dessus , « cl plusieurs autres gentib personnages. • Le nombre pouvait n'être pas considérable , mais Charles perdit « la plupart des capitaines et gens de renom. • Jean de Troyes. =b Suivant Siettiêr,p. 247, les Suisses eurent 50 tués et SOO blessés. Le capitaine Pierre de Hewen, cité par M. Zellwéger, écrit que les Bourguignons, forts de 80,000 hommes, n'en perdirent que 200. Livre de copie de Vahbé Ulrich, f. 4S8. CM.-