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non ^^, derrière Grandson^ dans les plaines, à l'entrée des défilés^ tous fuyaient^ les uns dans la ville ^ les antres dans des barques ^^^^ ici les condottieri, là les Itttaillons désordonnés des Bourguignons , entraînant te prince lui-même dans leur fuite *^^. Les "ti^inqueurs, d'abord en bon ordre *®^, ensuite avec une impétuosité telle, que Rodolphe HafFner, porte-enseigne de St.- Gall, mourut de fatigue*®*, coururent au travers du camp tout entier, ici par Montagny-le-Corbe, là vers Champvent***, poursuivant Tennemi jusqu'à ce que rheure ne permit plus aux soldats de reconnaître leurs camarades'^. Hors de lui , désespéré , Charles jeta un dernier regard sur ses quatre cents pièces d'artillerie , sur ses antiques richesses, sur la magnificence de sa maison , traversa au galop, avec cinq compagnons seulement ^^, le plus voisin passage du Jura, jusqu'à Jougae, à huit lieues de là; quinze jours auparavant, Château-Guyon , brillant et plein d'espérance , lui avait fait préparer quelques chambres dans le château ruiné par les flammes ; mais lui^ poussé moins par l'ennemi que par la rage, n^e ^s'arrêta qu'à Nozeroy*®^> où le
*** Ici encore il y eut près du monlin de vives escarmouches. Car. de Neaeh, et fVartiisen,
"' Uoe grande barque, surdiaigée de seigneurs vaudois, sombra. SckUUng,
*•* Btrne au Val^kis.
^'' Eptingen détourna le petit nombre de cavaliers d'une poursuit^ imprudente ; ils auraient risqué d'être coupés.
»* Le SL-GalloU, fVeUer.
"* Chron. de Neuch.
*•* îje St.^CalloU.
**' Chron. de Neuch.
*" L'ancien siège de ceux de Châlons (Orange) dans la llaule-Boupgognc.
prince de Tarente put le premier lui faire aocepter quelque consolation ^^^.
La fatigue et la nuit ne permettant plus à l'infanteterie des Suisses et à leurs soixante cavaliers ^^^ de poursuivre les fuyards , tous tombèrent à genoux et remercièrent à haute voix le Ciel de cette grande et facile victoire. Le camp, dont ils étaient maîtres, excita plus d'une espèce de sentimens. La fureur s'empara des Bernois quand ils virent la garnison pendue ) beaucoup reconnurent des amis, des frères; leur colère éclata. L'ennemi , encore en possession du château , en fut effrayé. Ils y montèrent ; les seigneurs bourguignons se rendirent en tremblant. On songeait à les répartir comme prisonniers. Tout-à-coup les jeunes miliciens de Berne et de Fribourg entrèrent avec précipitation , enlevèrent seigneurs et valets ^'^^ , pendirent les uns aux arbres ^''^ après avoir détaché les leurs avec respect , en
*** Son mattre d'hôtel en fût robservalion dans les Prewe$ de Cominet. Le fou du prince raccompagna dans sa fuite et lui dit un mot qu'il eût payé cher , si les personnages de celte catégorie n'avaient pas été inviolables. Le duc avait souvent parlé dans ses entretiens du grand Annibal qui avait disputé aux Romains l'empire du monde et rendu leur existence même douteuse. Son fou , nommé le Glorieux, lui criait en fuyant avec lui : ■ Monseigneur, nous voilà bien Ânnibalés ! • Duelo$^ Ia>uU XI, 1. VIIL
'^* Ainsi le rapporte Schilling. Les cavaliers d'Autriche ne se trouvaient donc pas là. Quant aux Strasbourgeois , fVwnti$en mande que comme on ne s'attendait pas à la bataille pour ce jour-là , on les avait logés ailleurs à cause du fourrage.
*^* Etterlin, Edlibaeh, le SL-Gallois. Ce dernier compte dans le château 18 Bourguignons , Edlibaeh, SO, Schilling, un plus grand nombre; mais Jean de Troyee dit qu'on en perdit plus de 500. Les premiers ne parlent que des seigneurs ; or, la plupart des prisonniers faits dans le chftteau et sur le champ de bataille étaient de simples soldats.
*"' • Aux mêmes licols. • J, de Troyca, F-iC St. -Gallois rapporte (pic
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ONidaisireBt d'autres sur la tour la plus haute , d'où ils kl précipitèrent sur le rocher. Quelques pages obttn* iCDt grâce en faveur de leurjeunesse et de leur beaulé'^'. JLes capitaines bernois, se souvenant de Bran- <Ufe de Stein, déguisèrent et cachèrent parmi les Luœrnois un gentilhoikune d'une naissance illustre ^'^^; oa l'échangea plus tard contre Brandolfe. La colère de la multitude prépara un sort cruel à la garnison de Yaornarcua. Le château , continuellement observé , fat cerné plus rigoureusement par les habitans de la ooDtrée environnante ^'^^. Mais, après minuit, la fatigue et le vin ayant assoupi les gardes ^"^^^ Rosimboz, à la bveur du tumulte qu'il excita parmi les chevaux ^'^'^ et coadait par un paysan qu'il gagna ^"^^^ s'évada, passa uns Voit la montagne ^'^^ et arriva dans la Haute-Bourgogne par des sentiers peu fréquentés ^^^. Avant cette éYââoa, avant que l'armée se livrât au repos, Nicolas de Scharnachthal , avoyer de Berne , en qualité du plus
I'dd cfeax offrit en vain 1,300 écus (coqronnes?) pour racheter sa vie, et qa*!! eat la téta tranchée.
"* Sieitler, D^antres ne parlent qne da fils de Darin ; fVarnUen de
'^* Eueriin : Jean de la Tonr. Les chroniques le nomment commn- Bànent Darin. H était de Besançon. On n'a pas pronyé qn'il ait en le coraniandement de la place.
*'^ « 11 y avait des gens de grand état > ( les ministres ) ; Neochâtel , Slwnthal , Wangen tinrent Vafimarcns en respect pendant la bataille. Fendant la nait parurent près de Yeméa , hameao voisin, ceux de Boadry, da Landeron et du territoire de Grandson.
*'• m Le goet ne fat pas bien avisé. *
*" l\ coupa les guides , afin qu*ib courussent çà et là avec bruit
*^ An moyen de oent florins d'or.
"* Le mont de Provence , pour se rendre à Pontarlier. Tout cela ifaprès la Chron. de Neuck,'
"* Schilling et Olivier de la Marche, Geliii-ci était alors malade à Malins , et c'est de Rosimbot qu'il apprit la déconfiture.
40 HltrOIBB DE EA SUISSE.
ancien cheyalier^ assembla les héros de cette journée ^^^ et conféra la dignité de chevalier à Hallwyl et à Waldmann^ aux chefs des troupes de Zurich, de Bàle^ de Fribourg y de Soléure ; de Bienne , au baron Raoul de Bonstetten , à Schwarzmourer , à Hemmann de MuUi* nen ^^^ , en souvenir de ce fait d'&rmes.
Cependant, dés le commencement de la fuite, les gens du train et les volcmtaires ^^^ s'étaient mis à piller çà et là dans les grandes tentes les joyaux et les caisses des princes et des seigneurs ; maint soldat acquit inopi* nément et conserva depuis de grandes richesses ^^. Les vainqueurs nommèrent alors des commissaires butiniers ; on fit prêter serment à l'armée de remettre tout loyalement et d'attendre la distribution commune. Une injonction analogue fut &ite à tous les aubergistes des envircMis^^^. Charles estima lui-même à un million de florins les richesses qu'il avait laissées dans son camp ^^®; six princes , la fleur de la noblesse des Pays-Bas et de la Bourgogne, tout Fétat-major, rivalisant de splendeur, égalaient sûrement entre eux la valeur de cette opulence ; les magasins et l'artillerie formaient un troi-
«si Edlibach, fVur$tUtn, May.
*^* Ce Hemmann dont il est question s'appelait oommniiément HaensG, Pedt-Jean.
*** • Les gamins et les libertés. • Le St-Galbis.
iB4 EtterUn déplore ce désordre; il pent en résulter qu'on se jette sur le bntin , dit-il , au lieu de poursuivre l'ennemi.
**^ CA. dans la collection de Haller.
«>• SehUUng et Edlibach. Quand donc MeUhiar Bu9ê (BihL de HalUr, y, 70) n'estime le bntin qu'à S00,000 florins du Rhin , il ne parle que de la petite partie distribuée légalement et qui, selon GuilUmann, formait à peine un centième du total. Bonstetten l'évalue à 500,000 florins d'or ( « aureos • }.
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aème million ^^"^ ; ces sommes équivaudraient aujouriThuiau décuple ^^^. Outre le bled, le vin, l'orge, la fiande salée et les poissons, on avait réuni pour les plaisirs de la table les fruits du midi et les épices ; mille boutiques,-environ quatre mille marchands et femmes complaisantes faisaient régner dans le camp le luxe et les délices de l'abondance ^^^. On trouva des pièces de grosse artillerie, des pièces de batterie et des serpentines , au nombre de plus de quatre cents , huit cents arquebuses à crochet 9 trois cents Jonneaux de poudre ^^, près de dix mille chevaux de trait. On emmena aussitôt cent quatre-vingts des meilleurs canons, par terre et par eaa , à Nidau et dans les places frontières ; aucun des bataillons de l'armée ne se retii^ sans quelque partie de ces monumens de la victoire ^^^. On partagea une
**^ Haffmer parle de trois millions ; Muntier anssi de trois millions de ooBRmnes.
'^ May, Hiêt. milit, III , 509. Ce rapport des deux pieds monétaires est fondé sar Tévalualion la plus basse.
^* Schilling, Mùnêttr {Coimogr, 1. II» cb. 85) fournit les données poôtÎTes suivantes : 5,000 sacs d'avoine» 2,000 chariots (qui avaient probablement servi au transport des provisions de bouche et des meubles; il n'j a pas de trace d'un emploi militaire); 2,000 tonneaux de harengs; une grande quantité de morues et de viande salée; des figues, des aonandes , des raisins secs.
'** Schilling: 420 pièces de position, canons à boulets de pierre et coulevrines , toute grosse artillerie. Guillimann avec plus de précision : IftO serpentines, 60 canons à boulets de pierre et 9 pièces de position. Le continuateur de Kônigthoven porte les seules serpentines & 400 ; c'est hd aussi qui distingue les arquebuses à crochets. Les pièces de batterie, montées sur de bonnes roues, selon le Si,'Galloi$j sont au nombre de 115 dans la CAroa. de NeucliâleL Tous les auteurs sont d'accord sur la pondre et sur la quantité qui en fut répandue et se perdit sur le diamp de bataille , non sans grand danger.
*** Schilling. Le Su-Gallois mande que les deux cents qui assistèrent à la bataille , rapportèrent chez eux une bannière avec les armoiries du
quantité innombrable de lances , de haches d'armes ^ de flèches de fabrique anglaise, en partie empoisonnées, les carabines du duc, ornées de' magnifiques incrustations d'ivoire *^^, plusieurs mille masses d'armes de plomb, garnies de pointes de fer^^^, des arcs, des arbalètes, avec des cordes de rechange , enfin vingt-sept bannières principales et plus de cinq cent cinquante drapeaux *^.
Mais quelle surprise, lorsqu'ils montèrent sur la colline couverte de quatre cents pavillons ^•^ tendus de soie, qui en entouraient sept autres plus somptueux en* core (chancellerie , chapelle de la cour, habitations du grand-bâtard et des seigneurs les plus rapprochés du prince ) , et qu'ils virent dominer au-<iessus de toutes les autres la tente de Charles-, la plus magnifique en Europe après celle du sultan ^^. A l'extérieur brillaient des écussons, l'or et les perles; à l'intérieur elle était doublée de velours; là se voyait son trône d'or, du haut duquel il recevait les ambassadeurs *^^; là, son
duc, cinq aolres grandes bannières et vingt-deux étendards, et qae jieu après on vit arriver une belle serpentine et une pièce de position.
«" On en rapporta à Berne. Gruner, Dêlieiœ Bem. 8S& Nous les avons admirées nous-mêmes.
^** Schilling : 4,000, chacune de quatre livres de plomb, assez forte pour assommer an bœuf. Haltmeyer et d'autres, 8,000.
*** Schilling : plus de 600 bannières et drapeaux d'or et de soie, dont Charles et son père s'étaient souvent servis pour donner une idée formidable de leur puissance.
«>5 • Cnm vexillis et crjslallinis globis ditissime facta. • Bon$tetien.
^^ Schilling, Comines : « Un des plus beaux et des plus riches pavillons du monde. •
^" Estimé à il, 000 florins , selon la valeur d'alors. Edlibath. Henri de Gundelfingen ( dans le vieux Lambecius , t. II) l'estime à 600,000 florins , supposé qu'il n'y ait point d'erreur typographique ; il était 'd'argent et richement doré.
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chapeau ducal, riche et orné avec goût; au milieu d'tutres armes étincelait son épée de parade y du plus in acier de Damas : sept gros diamans > autant de ru- Va y des saphirs, des hyacinthes et quinze perles des plus rares embellissaient la poignée ^^^. La toison d or ne captivait pas moins les regards. On trouva dans la chapelle le rosaire d'or de Philippe-le-Bon avec des perres précieuses en place de grains ; une cassette de reliques^ décorée au dehors de perles et de rubis ^^^; une autre , non moins précieuse , où les images richement travaillées des douze apôtres cachaient de saints restes de chacun deux ^^; enfin, dans un vase de cristal à cercles d'or, le bras de saint André fécond en mincies. Là on découvrit les heures du prince reliées en vdours rouge et ornées d'or et de superbes peintu res^^Là ils enlevèrent de l'autel le grand ostensoir
^ On résinait à 10,000 florins. Id. Etterlin dit que les pierres prédenses éUient démesurément grosses et enchâssées avec tant d'art qu'on n'aurait pas pu mettre une tête d'épingle entre deux.
*^ Des morceaux de la vraie croix , de la couronne d'épines , de la bnce, du fouet, du manteau d'écarlate, de la robe sans couture, de la foge dTAaron et des dix tables des Gommandemeos. Schilling. Selon Bom$tetieM,cei reliques furent trouvées sur un cbarioL
^*^ Euerlin en parle avec le plus de clarté. Nous panons sous silence la montagne des Oliviers en nacre , etc. Schilling.
*^ Pisslin, dans le Miuée tuisse, dit que Marguerite de Savoie ( Tan-^ tienne, fille du pape Félix, épouse d'Ulrich de Wurtemberg) pria les Confédérés de les lui céder. Selon May, elle les obtint D'après la source de Fùulin, elles furent données au pape. Nous avons souvent examiné celles qui se trouvent dans la bibliothèque de Vienne, incertain si le hasard les y avait fait arriver, ou si la figure de la Vierge, enUèrement semblable i celle de Lausanne , prouve que Charles avait remplacé- Ms heures par ce nouvel exemplaire , immédiatement après son désastre. Son père, lui et sa fille sont représentés priant à genoux. Voyez Denis ^ lU* partie du t. I , du catalogue des manuscrits théologiques latins.
d'or massif 2^^. Us entrèrent dans la chancellerie d'Etat, et prirent le grand sceau de la maison de Bourgogne, en or, du poids d'une livre, et le sceau en vermeil du grand-bâtard ^^^; ils allumèrent un feu immense avec les terriers des contributions et des droits et avec les cadastres ^^^. Dans la tente destinée aux repas , ils dépouillèrent les hauts dressoirs ^^^ de leurs coupes , de leurs plats , de leurs assiettes d'argent et d'or, objet de Tadmiration des rois et des empereurs ; Fart des Romains brillait à côté du travail patient des Belges ^^. Enfin l'on ouvrit quatre cents coffres de voyage qui renfermaient des draps d'argent et d'or, du linge d'une finesse dont on n'avait pas d'idée et une quantité inouie d'étoffes de soie. Les guerriers s'en servirent comme de toile ordinaire ^^^ et vendirent pour quelques sous des assiettes d'argent qu'ils crurent d'étain. L'or et l'argent du trésor furent distribués à pleins chapeaux ^^^ ; on mesura et coupa comme dans une bouti-
<*^ Partagé entre les dix États à la Diète de Lqceme , lÂa4. J* //. FassUn , dans le Musée suisse, d'après les Chartes,
' s*s Eiterlin : Le grand sceau à Lucerae; Muntier : Le sceaa d'Antoine à Bàle.
*** EdUbach, » Ainsi que les paysans firent depais en 1801. D. L. U.
'^^ Sc/UUing : On distribua dans Lucerne quatre quintaux de vaisselle d'argent.
*^* Il se trouva une tasse faite d'un seul onyx, gâté par un travail fort médiocre peut élre au troisième siècle , dans la décadence de l'art , mais dont la grandeur et la beauté surpassent la plupart des merveilles de cette espèce. On était alors fort éloigné d'avoir une idée de son prix.
>**7 Schilling : Les soldats pauvres portèrent ces étoffes tant qu'elles durèrent , après quoi ils les jetèrent avec indifférence. « Vestes de Zambeloto. • remarque JBon«<e/feii.
2*» EUerlin.