LIVRE V. CHAP. I
queurs le Tendirent à Jacques Fagger, riche en sagesse autant qu*en argent et en honneurs; ils lui vendirent de même le chapeau de parade de Charles ^ à la forme italienne^ rond et haut, en velours jaune ^ couvert de perles , entouré d'une guirlande de sardoines , de rubis ^ de perles et de diamans taillés ^ surmonté enfin d'un ornement de pierres précieuses enchâssées dans de For ^^^. Soliman^ le grand padischahdes Ottomans , et l'empereur Charles-Quint désirèrent en vain posséder ce second diamant ^^^; Antoine Fugger le vendit enfin au roi d'Angleterre Henri YIII y dont les caprices ne calculaient pas; sa fille ainée^ Marie, l'apporta en dot à Philippe II ^ petit*fils du premier possesseur ^^^. Un troisième, inférieur au précédent ^^, estimé toutefois dans les temps modernes à dix-huit cent mille livres de France ^^^, fut laissé par la diète fédérale de Lucerne , à Thibaut Glaser pour cinq mille florins ^^.
près le magnifique manuscrit de son Temple (t honneur iltAuirUhê, qui se trouve à la bibliothèque de Munich.
'^ Description empruntée de Fugger; les Fugger défirent ce chapeau et vendirent la plupart des pierreries à l'empereur Maxîroilien , gendre de Charles. Jacques Fugger avait payé pour le diamant et le chapeau &7,000 florins. Jean -Jacques, l'historien, était fils d'Antoine , nerea de Jacques ; lui-même n'eut pas d'enfans.
'^ Il parait qu'on ne voulut pas céder ce beau joyau à Tempereur turc, par esprit public chrétien; quant à Charles- Quint, il devait dé(}à de grandes sommes aux Fugger ; les guerres dévoraient ses trésors d'A-*
mériqoe.
«7 Fugger raconte que Uenr» VIII l'acheta l'année où il mourut , en 1547. Mariette dit qu'il ne se trouve plus à Madrid , et croit qu'on le tailla de nouveau. Il est dans le trésor de Vienne , où il entra probable ment à la suite des relations de famille des deux branches de Habsbourg.
>^ Puisqn'en France il n'était pas le premier en rang. Du Freenoywac Corning.
>» Duelo$,Hist. de Louiê XI, 1. VIII.
^* Extrait du recé» de Lucerne, i499 , dans le 84" vol. de la collée^
Le sort le fit passer dans les mains des rois de Portu-^ gai, alors les plus riches des souverains; à la chute de leur dynastie^ Nicolas Harley, seigneur de Sancy ^^\ Tacquit pour la couronne des rois de France.
Âpres que les Confédérés furent demeurés , suivant leur usage ^ pendant trois jours sur le champ de bataille de Grandson, toutes les bannières, transportées de joie de leur victoire, se mirent en route pour leurs villes et leurs cantons ; la Suisse entière formait un vaste camp. Dès le commencement de la guerre, Louis XI, souç prétexte de religion et d'autres affaires importantes ^^, s*était rendu à Lyon, afin d'être plus près du théâtre des événemens et à portée d'agir avec promptitude suivant les circonstances : le premier effet de l'apparition de Charles ou im revers des Suisses pouvait donner le dessus au parti bourguignon. Les Suisses, découragés par la conduite du roi , le menacèrent de faire la paix avec Charles et une alliance contre lui ^^^. Louis ordonna donc à Philippe de Comines, son ministre le plus afiEidé, d'envoyer dans les villes et les cantons de la Suisse un grand nombre d'espions dé^ guises en mendians , en pèlerins , en ouvriers ; il était
tion de Haller. D'après Watteœyl, dont raatorité âulhentiqne est toojoiin respectable, ce diamant serait précisément le premier dont il a él6 question , et l'avojer l'aurait fait acheter pour May par un homme nommé Glaser. Mais cela ne correspond ni aux traditions , ni même aux dates de VHi»U milit.
^* Il l'adieta d'Antoine, prieur de Grato , neveu illégitime du roi Don ManoèL
^^ Il dit qu'il irait en pèlerinage à Notre-Dame de Puy , et qu'ensuite il y aurait à Lyon une assemblée du clergé. Dan Calmet, HisL de Lorraine.
^* « Dites au roi, • lui firent-ils mander, « que» s'il ne se déclare, nous nous appointerons et nous déclarerons contre lui. dominée. Toute sa crainte était que Charles n'apprit cette disposition.