‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 19 sur 127 · LIVRE V. GHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE V. GHAP. I

dans une attente inquiète. La nouvelle de Grandson le dédommagea ; il ne pouvait se la faire redire assez souvent; une seule chose le chagrinait , c^est (}u'il ne fût pu resté sur le carreau assez de Bourguignons ^^. Sa joie secrète éclata dans tout Lyon en chants de vie-* love. Le sire de Contay vint dire au roi de la part de Charles tt que le duc comptait sur son amitié , qu'il ren grettait de n'avoir pu le voir à Auxerre, et qu'en ji tout temps il était à ses ordres. » On le reçut avep distinction et on lui donna de belles paroles pour le tranquilliser. Le roi jugeait la journée de Grandson ntile^ mais insuffisante. Il prodigua aux vainqueurs les promesses les plus solennelles et de riches présens.

L'ambassade milanaise ne reçut pas le même accueil. Oa\4aizo, beau-frére du roi par sa femme ^^^ depuis peu de semaines allié avec Charles , qui avait des rela-* lioDS puissantes en Italie , offrit au roi par un message secret cent mille ducats^ s'il ne gardait pas la paix avec Charles ^^, ce à quoi le roi n'avait jamais songé sérieusement. Comines lui ayant transmis ce message ^ le roi fit venir le Milanais et lui dit : « Que votre mai-» » tre garde son argent; j'ai le triple de revenu annuel, » et ce n'est pas l'argent qui me détermine pour la » guerre ou la paix. Si le duc regrette ^ncérement de » s'être laissé aveugler , nous pourrons rétablir notre n alliance. » L'envoyé ne se désista pas; l'après-midi Falliance fut proclamée de nouveau. Vers le même

^ • Et ne lui déplaisoit que du petit nombre de geos qoi avoient été perdos. • Cominés^

^ Doua de Savoie, sœur de li reine.

^ Sfona craignait l'ambition démesmée de Charles , s'il venait è sabjaguer la Baisse , et il ne croyait pas les Suisses en état de soutenir la gwrre sans le roi.

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temps des lettres interceptées donnèreot connaissance au roi d'un traité secret par lequel René d'Anjou ^ comte de Provence y qui prenait le titre de roi de Sicile , cédait la Provence au duc de Bourgogne ; Phili[^ de Savoie^ comte de Bresse^ reçut de Hugues de Cha— teaU'Guyon vingt mille écus dans le but de recruter des troupes piémontaises pour le service de Charles. Le roi fit signifier au vieux René de venir à I^yon ^ à moins qu'il ne préférât qu'on allât le chercher. I^ bon René^ ami des sciences et des arts , des dames et de son peupie, se rendit à l'invitation. On le fêta selon son goût^^; il présenta quelques excuses ^ et, ne pouvant faire autrement y il se remit aux mains de Louis. Ce ne fut pas avec la même loyauté que la duchesse de Savoie informa secrètement le roi^ son frère, que ses dispositions étaient changées; lui, sans se laisser prendre à ces apparences, manifesta le désir le plus sincère de voir la princesse. Des villes importantes d'Allemagne se déclarèrent. contre Charles. Grandeur, considération, confiance , tput déclina si rapidement qu'on se hâtait d'abandonner le duc, comme si de la sorte on eût mérité un pardon ^^^.

Charles, dans une profonde et sombre douleur, moins abattu que furieux , mettait tout en œuvre pour renouveler la guerre. Il leva de six hommes l'un, et une contribution du sixième des biens de ses sujets ^^^;

''^ « Le festoya avec les dames » elle fit traiter en tontes choses selon sa nature, le plus près qu'il put , et furent bons amis. » ComhM^.

^" « Et scmbloit qn*il y eût très-grand pardon à lui mal faire. • Jd, Comines nomme à cette occasion Nuremberg et Francfort ; c'est de lui que nous avons appris ces événemcns de la cour de France. ii^* Le$ Chroniqaeê seandaleuêes[mm authentiques et très-exactes) de Louis de Valoi», dans le Comtne$ de Godefroy ( augmenté par Lenglet da

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