LIVRE V. CHAP. I
Vei égliiBes qui avaient de bonnes cloches , les maisons ^ possédaient plus d'une marmite d'airain ou d'autres ustensiles de ce métal dont elles pouvaient se passer, reçurent l'ordre de les livrer à la fonderie des canons **•• Les peufdies murmurèrent ^*' ; les courtisans mêmes appelèrent opiniâtreté ce qu'il appelait constance ^^^ : toutefois le courage qu'il mit à soutenir sa cause relarda sa chute ; ni la France ni l'Empereur n'osèrent lui déclarer la guerre; la duchesse de Savoie rassemblait pour lui soie^ linge ^ vétemens précieux; Galéazzo accordait , comme autrefois ^ le passage aux troupes nouvellement recrutées et ne lui refusait ni argent ni armes ^^^. Il est grand de braver le malheur, nais peu sage de persévérer dans les mesures qui l'ont causé*
Après la bataille , on fit occuper Grandson ^^^ et le passage des Verrières ^^, mais non la grande route de Charles par les défilés de Jougne et des Clées y soit qa'on voulût y attirer de nouveau le duc , soit qu'on
Fnsnoy) ; Paradin, Chron, de Bourgogne, =^Votcï les proprés paroles de la Chronique âcandaleuse : « Pour lesquels choses luy falloit avoir argent
• et gens , et qu'lb luy voulsissent ayder du sixiesme de leur vaillant , et
• de six hommes, Tun, puissant de porter arnoîs. • P. iSl. G. M. ^* Schilling , BuUinger, Pour le fait des cloches , May.
^* Ceux des Pajfs-Bas répondirent au chancelier Hugonet «que s'il s'agissait de ramener le duc dans leur pays, ils étaient prêts à tout; mais qu'ils ne contribueraient point pour continuer la guerre en Suisse. »
*^ Nicolas de Gampobasso , qui le trahit , et qui cherchait des prétextes pour se justifier , se plaignait de ce qu'il « ne faisait que perdre temps » gens et pays, par ses folles obstinations. • N. 2 59.
«*» Schilling.
^^ fVailewyl : par 1000 hommes ( sous J. F. de Mullinen J. Wuntium dit par erreur que la ville fut brûlée.
^» Par 1800 hommes, sous Henri Matter. On en mit 800 dans ^euchàtel , sous Dittlinger. May,
estimât impossible de relever promptement les forteresses. Les Suisses firent avec avantage des incursions dans la Franche^omté pendant la foire de Liesle ^^^ et près du retranchement de Granges ^^^ ; les troupes bourguignonnes de Granges s'étant jetées sur Délie , dans le Sundgau, pendant un festin de noce ^^^, les Suisses remportèrent encore Tavantage. Une défense impériale paralysa le secours des villes d'Allemagne ^^^. Du moment que Ton put croire Charles humilié , Frédéric chercha y de même que le pape ^^^, à mettre un terme à la guerre ou à faire différer les préparatifs des Confédérés ^^^ L'un et l'autre craignaient la prépondérance de la France et Taudace des Suisses. Mais toutes les garnisons de Bourgogne et des Pays-Bas mises en mouvement avec leur artillerie , la fureur guerrière de Charles, entouré de plus de cent cinquante pièces de canon et de plus de soixante mille ^^ hommes, Romont à Tavant-garde , de nouveau maitre de
*^ Bàle, Montbellîard et les gens de Glerval. ÎOO « gens de biea » forent pris , mais bien traités et rendus contre nne rançon. EéLibaeh.
S47 II y avait là 2 00 Bourguignons, qui furent battus parla garnison d'Ericourt. Edlibach.
^* Les Suisses étaient h table; ib se levèrent promptement : de 40 ennemis 10 seulement échappèrent Jd.
**• Mun$ier, Cosmographie, I. lU, cb. 117.
«• Par le cardinal l^at de Pîse , Triuli , de Lucques. Don Calmtt et Remy , Discours des choses advenues en Lorraine, On consentit enfin à réunir une diète pour le légat; mais , divisée sur les opérations militaii«s, elle ne conclut rien. Tschudi»
*" Lettre des Bernois, à l'occasion des déceptions dont avaient voola user lleinxmann de Rechberg et le docteur Gerwin Ilcssler , chanoine de Cologne , qui , l'année précédente , avait négocié avec Charles pour le compte de l'Empereur , d^m Steiiler, î51.
>" La plupart parlent de 100,000; nous avons adopté le pins petit nombre par toutes sortes de raisons.