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tdks espérances , traversa les défilés que l'ennemi ne gardait pas^ et vint par Orbe et le Pays-de^Vaud à Uosanne. Là se réunirent pour prendre part à la ^erre toutes les troupes qu'il avait levées depuis Gand jusqu'à Naples^^^. Il y séjourna sept semaines'®^. Ces amis, plus cruels que les Suisses avant et après ces événemens, pillèrent la campagne environnante; état, âge, sexe, rien ne mettait à l'abri de leurs traitemens barbares ; quiconque né se sauvait pas dans les' Alpes ^ n'avait le choix que de mendier ou de mourir de faim^^.
Pendant les fêtes de Pâques, que Charles célébra avec
magnificence ^^^, il vint de la vallée d'Aoste quatre
mîDe Lombards, qui s'étaient rassemblés dans les
^tats vénitiens pour son service ^®^. Ils rencontrèrent
dans les gorges du Saint-Bernard les Yalaisans qui
^ n se. mit ea route Je 9 mars et ne resta à Nozeroy que sept jourSé Ctmùui est d'accord sar ce point avec la ChnmiqM scandaUtue , évidemnent eitraite des rapports d'an intendant de la maison ou de quelque aotre témoin des faits. May n'y ajoute pas foi , parce que le duc n'aurait pas pa rassembler de nouvelles forces en si peu de temps. Mais les Koforls ne le joignirent qu'à Lausanne , et nous savons qu'il n'avait pas perde beanconp de monde, n vint à Lausanne en cinq jours.
"* A proprement parier près du couvent des religieuses de Villars- Vaox ( cTillarum vaHium» ). Rapport de l'offieial de Lausanne , 22 octnlve i476.
**' Le même rapport de Poffieial de Laueanne , après une enquête puisque.
^ Le 6 avril, il vint un ambassadeur de FEmperenr ; il le reçut & sa liUe le jour de Pftques, avec les prélats fonctionnaires, le légat, Frédéric de Tarente et beaucoup d'autres seigneurs : on servit quatre plats de plus qu'à rordinaire(^ • h plaU de crue» )• N. 289.
^^ Bàle à Erfwri , n. i42. On lit dans cette lettre que le comte de Zeatalant ( qui m'est encore inconnu ) les commandait ; qu'il surprit d'abord un petit détachement valaisan entre Bagnes et Entremont » mais que celui-ci prit sa revanche deux jours après.
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les poursuivirent jusqu'à Hospital^ leur tuèrent beaucoup d'officiers, de nobles et de soldats, en totalité environ quinze cents hommes , et firent un grand nombre de prisonniers ; d'autres qui se réfugièrent loin des sentiers battus , dans les montagnes, périrent de faim ou dans les crevasses des glaciers ^^^. I/avantage était du côté de ceux qui connaissaient le pays ^^^. Quatre mille Savoyards s'avancèrent vers la frontière ennemie sous les ordres .d'Antoine d'Orly, gouverneur de Nice; les Fribourgeois les dispersèrent ou les tuèrent ^^* A Romont même une forte garnison ne put empêcher qu'on n'incendiât les faubourgs ^^'^. A peine Charles se fut-il éloigné de Lausanne de quelques lieues ^ que Nicolas Zur Kinden , bailli bernois du Haut-Sibenthal, fondit avec sa vaillante milice et celle du Gessenay sur les villes de Vevey et de la Tour de Peylz, qui avaient soutenu les Savoyards et les Italiens ; elles furent punies par la perte de leurs propriétés, par le massacre de tous les habitans en état de porter les armes et par leur ruine totale ^**.
>** EdUbach; Le Su^alloiê ( ii rapporte que chaqae Valais» remporta iS Qoriiis); Himlêrf Valé$ia, 143; Stampf^ 622 et suiv. avec de bonnes observations.
^*^ Nous passons sous silence un fait arriyé le dimanefae des Bimeaux : cinquante hommes du Gessenay, surpris entre Al^o (Aigle) et Villeneuve par 2,000 ennemis, leur tinrent tête, tuèrent vingt-quatre cuirassiers , de même que le fils de Torrens , et dîq>ersèTent le reste. Noos passons d'autres faits encore : Les Friboui^ieois brûlant Attalens , (Bàle d Erfmi, n. ià%), rainant le Gbâtdard; ceux de Tavel, après ' avoir détruit Gran Gotis ( Grangettes ) , mettant en fuite les cuirassien de Romont
^* ITÀU , d'accord avec Guichçnon et Heuter.
»7 SphiUing.
361 II viat avec SOO hommes , en trouva 500 dont huit seulement purent se sauver; les vieillards, les femmes, les enfanset les prêtres furent
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Sans crainle tant que l'union et l'ordre régnent encore , la diète des vieux Confédérés et de la ligue iofiirieure , assemblée à Lucerne , ne s'occupe que de rarmement des. troupes ^^^ et de la discipline nécessaire
^Magnés selon le droit de la guerre; la contrée fut fraj^ôe d'une con-
Ifîbatioa de 500 livres. Chacun de ses gens reçut six livres , outre la
Doonitare (il parait donc qu'une partie de la contribution entra dans
le trésor de la ville). Schilling, ^oa «Les montagnards étaient animés
dTne vieille jalousie contre les vignerons , à qui ils envi^ent ces riches
peates dooi enx n'avaient que les pauvres sommets. Il en résultait son-
lent des querelles; et plus d'un combat rougit les ceps nuitamment
vendai^^ en antomne par ceux qui n'y mettaient point leur labeur au
pnniemps» Ces montagnards profitèrent de ce que Berne les avait dé-
cUnéa, pour assouvir leor vengeance. Ils trouvèrent moyen d'écorner
à Aig^ la part du lion. Et Vevey les vit bientôt descendre par le rude
aeatîer qui, s'élevant jusqu'au* pied de Jaman, passage fréquenté de
alpestre , saute brusquement dans le ravin , et se promène
les Ghftfaigners et les noyers. • Olivier, le Canton-de^Fattd ,
jx 740, 741. G. M.
^ Lereeé* dans fVursiiten est daté de ce jour, lundi après Oculi, 17 mars. On demanda mille arquebusiers à Tarchidnc Sigismond. Du reste, on avait remarqué près de Grandson, que l'ennemi craignait plus les pîqnes que les armes à feu (n. 977 ) ; probablement parce que les Suisses maniaient mieux les premières. = On vit à la diète de Lucerne les villes et les cantons de la Confédération siéger avec les villes de la ligue inférîenre, Strasbourg, Bâle , Colmar et Schlettstadt. Tous reconnurent Fétendne et l'imminence du péril, et déplorèrent surtout le manque de cavalerie. Ils écrivirent donc le 26 avril 1476 à Ufan et aux villes de la ligne souabe , pour leur demander de tenir prêts des cavaliers et des. ardieri , afin de pouvoir les envoyer à la première réquisition , attendu que la guerre allait se faire pour l'Empire. {Lettre dans les archives dïtat de Wurtembeig, eiZeltwéger, Charieè, L II, l*p. n. ccgclxxix,. p. 462). Les villes impériales ne s'assemblèrent que le 6 juin à Ulm, et décidèrent de s'armer pour leur propre défense , de délibérer du re^te , chacune dans son conseil , si elles fourniraient des secours ouvertement ou en secret, et, dans le second cas, de quelle manière. A la réunion suivante qui eut encore lieu à Ulm, le 17 du même mois, plusieurs villes ne parurent point Celles qui s'y trouvèrent ne fussent guère arrivées à une résolution {rccès dans les archives d'État de Wurtemberg) ;
pour contenir la fougue guerrière. On adjoint à chaque chef des conseillers ^'^^y à chaque bannière quatre hommes pour la relever si le banneret yient à succomber; cent sont placés devant, cent derrière pour la défendre. On ne tolère plus les pillards qui se nomment volontaires ^''^ Chacun marche avec armes et cuirasse et ne les quitte ni jour ni nuit tant que dure la campagne ^''^. Les entreprises désordonnées ^'^^, les duels ^''*, le jeu, source de disputes, sont interdits ; il est défenda de s'éloignçr de l'armée ou de pousser des cris sauvages au commencement de Faction. Chaque homme marche à son rang : un mot à Dieu , les yeux levés , le bras infatigable pour abattre le plus possible d'ennemis. On ne veut point de prisonniers ^''^. Si quelqu'un se dispose à fuir, que son voisin le tue. Le fuyard arrêté subit le supplice des parjures. Que chacun respecte l'âge et le sexe sans défense ; que, dans les églises et dans la personne des prêtres, chacun honore Dieu, l'arbitre de la guerre. L'avant-garde ne doit japiais ruiner un lieu où l'armée peut trouver encore quelque nourriture. Il est défendu de détruire les moulins «
houreosement , pendant qu'elles étaient assemblées, elles re^rent la nonvelle de la victoire de Morat , qai les tira tout ensemble d'embarras et d'inquiétude. • Zellwéger, U, iOS, 108. C. M.
'^* Qui formaient avec eux auprès du général en chef le conseil de la guerre. «Conseil et Cent •
^^^ On ne toléra pluH dans l'armée «les libertés. •
^'^ • Qu'il aille à l'église , au conseil ou à la guerre , il ne doit jamais quitter sa cuirasse. •
'^* Attroupement ou marche tnmultuaire.
'^* «Sous peine de mort, nul ne doit commencer un combat à mort pour se venger , tant que dure la campagne. »
'^^ Ne point faire de prisonniers , mais tuer autant d'ennemis qite possible.
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d*exporter des provisions hors du camp, de toucher an butin ; cela retarde la marche y engendre le mécon-ttCement et les querelles ^ paralyse la victoire et amène des disgrâces ; le partage sera fait par les autorités , équitablement ^'^^.
Le duc de Bourgogne , ayant reçu des Pays-Bas et d'Italie assez de renforts ^^"^ pour reprendre une attitude plus fière^ même à l'égard de la France^'^^, assembla toute son armée dans une plaine élevée au-dessus de Lausanne. Il l'embrassa d'un coup-d'œil du haut d'une tribune^ mais bien différent lui-même de ce qu'il était à Liège ou à Trêves; l'œil hagard^ le visage pale ^' y la poitrine palpitante y la voix mal assurée ; la colère y la haine ^ le mépris y la honte déchiraient son âme; il détestait ^ il dédaignait maintenant le conseil
^ L'ordoonance sur le butin est une partie essentielle da règlement mîlftiîre ; on était Acfaé de la conduite tenue à Grandson.
''' n loi Tint 5000 hommes de Gand, puis des Luxembourgeois ; Loob de Bourbon, évéquede U^, en envoya 6,000; Bentivoglio, A,000 de Bologne. Berne à Sircabourg, vendr. ap» Reminîsc. Schilling parie aussi de Romains. Le pape était fort pour lui.
^* Le roi, croyant empêcher le pape de s'intéresser à Charles, fit arrêter son légat (plus tard Jules II) , et menaça Avignon. Aussitôt le duc loi fit dire de Lausanne que s'il ne rendait pas sur-le-champ la liberté au l^at et ne se tenait pas tranquille , la trêve de neuf ans serait rompue. Sans attendre la réponse , il fit faire de Màcon quelques mouvemens et pamt vouloir lui-même chercher le roi dans Lyon ; celui-ci se hftta de céder. Tiré de Clnxtrëction de Maximilien et de Marie, Bois-le-Duc, 42 juin 1481» dans le Caminee de du Freenoy^ IV, 55.
^* «Pas bien coloré.» Protocole de» miêiiveê de Berne, dans Stettler, On y lit aussi que , dans son camp au-dessus de Lausanne , on entendit pendant la nuit un bruit diabolique , qui le détermina à se rendre à la ville. Il y vint le 29 avril. Ce bruit était sans doute destiné à le faire ]rf>rtir de la solitude , qui le rendait de plus en plus insupporUble à luimême et aux antres. « Il était terrible à ses gens et se tenait solitaire. • Paradiii,
de ses loyaux Bourguignons; il prenait plaisir à la forfanterie française^ demandait aux devins sou avenir et frémissait de l'apprendre , hors de lui depuis Grapdson^ et pour toujours ^^^. « A vrai dire, » s*écria-t-il enfin ^ <( ce seul jour a suffi pour éloigner » de nous la fortune. Toutefois^ hommes vaillans^ « vous devant qui la France tremble^ par qui mon » beau-frère s assied en sûreté sur le trône d*Ângle^ » terre ^ par qui tomba Liège et à Taspect desquels la » Lorraine a disparu ^ n'est-ce pas^ vous vengerez vo- » tre seigneur de Taudace des paysans ? Qu ai*je fait à » la Suisse? Qui a mis à mort Hagenbach ^ mon bailli? » Ne m'ont*ils pas contraint défaire la guerre? Ne I» Font-ils pas apportée dans mes États paisibles^ le feii » et le fer à la main? Quelles atrocités , quelles provo- » cations m'ont-ils épargnées. La dignité de la Bour- » gogne^ le souvenir de mon père, notre honneur de- » vaut les nations seront-ils foulés aux pieds par ce » peuple grossier? Par Saint-George, il n'en sera rien. » Sus donc pour la vengeance; elle est vôtre autant » que mienne. Je ne veux pas de conquête , l'honneur » est mon seul but. Le territoire appartiendra à mes h amis ; mes guerriers habiteront les maisons des Ber- » ngis et des Fribourgeois ^^ ; je vous livre ce qu'ils » ont amassé, ces traîtres parjures, violateurs de la »paiX| infâmes. 6us donc, marchons! Par Saint-
*'* Selon Comînes. Paradin : «La tristesse éteignait en lui les esprits de vie. •
^^ On prétend généralement qa'il promit k ville de Berae au comte de Romont, Fribourg à la duchesse de Savoie, beaucoup de maisons et de seigneuries des nobles à ses capitaines {Stetiler et d'autres); mais il n'est pas probable qu'il fit ces promesses dans ce discours. == C'est ainsi que de nos jours on a distribué des royaumes, des dnchi'S, etc., aux guerriers et aux ministres du conquérant. I). L. H.