LIVRE V. GHÂP. I
me d'autres ^^. De rapides cavalierase reDdirent par Baie à Strasbourg ; des députés du Grand Conseil^ vers Ions les Goofédérés^ les adjurant au nom de tout ce fn est sacré, par les alliances éternelles et saintement jurées 9 de mettre sur pied toutes leurs forces pour uoe journée décisive ^^^, pour conquérir une paix prompte , glorieuse , durable ^^, et la reconnaissance des âges à venir '^®^. Us n'écrivirent plus à Louis XI, auquel ils avaient naguère vivement représenté l'origine de la guerre , l'alliance , leur péril et son devoir ^^ ; ils ne lui avaient pas demandé une armée, mais Toccupation de la Savoie, afin que de ce poste il inquiétât l'ennemi; ce Fut en vain : le roi se gardait bien de fournir à Charles un prétexte pour iaôsKT les Suisses en repos , car il se flattait que ce prince courrait à sa perte *.
Les Confédérés n'étaient pas toujours unanimes : la Tieille ligue dans les Hautes-Alpes chérissait la liberté ; là les idées d*État et de seigneurie n'existaient pas; là Ion ne savait rien d'une Helvétie romande ni de la limite naturelle du Jura. La simplicité de ces peupla^ des est unie à une certaine défiance; elles ne veulent
^ Sur la lour o& Ton a érigé depuis Hmagede SL -Christophe. Gru'
', Délie, Benu 414-
*** «De laquelle dépend notre salut ou notre perte.» Ci-dessus, n. 277. ^ U eût été plus sage de ne pas courir de pareilles chances. D. L. H.
^* Les somtHations sont dans SchiUing, Ils voulaient • faire prompte fin. •
^^ > Tant que notre ville restera sur ses fondemens , nous nous en soaviendroDS à votre égard et à celui de vos descendans. N. S77.
*•• Berne aa roi, i" Juin, dans Stettler.
* Les pensions avaient corrompu les chefis; les insensés ne voyaient pas qu'en travaillant en dupes pour ce perfide , ils détruisaient la balance de puissance qui faisait leur unique sûreté. D. L. H.
pas qu on les abuse. Lors de l'expédition de Grandson les Alpes étaient encore couvertes de neigé ; à présent les tronpeaux y paissaient , et tous les bergers ne pouvaient pas facilement les quitter pour prendre les armes. Pins d'un se demandait sans doute si la duchesse Yolande n'avait pas eu raison de les prévenir des vastes plans des Bernois *. On examina donc au préalable si Morat offirait une position essentielle , et s'il était compris dans TalUance ^^. Ainsi l'on avait laissé à Charles le temps de faire de nouveaux préparatifs^^. Mais lorsquHl se présenta derechef devant les Suisses dans la grandeur formidable de sa puissance, et que Berne leur parla sans crainte ^^^ mais d'une façon pressante , du jour de Laupen , de la fidélité ^ dès liens de l'amitié, toute la Confédération se leva^^sans retard ; avant tout le peuple de Guillaume Tell , les hommes d'Uri , sous les ordre» de Jean Imhof , tra-
^ Ainai qa'eb 17S2 et 1797« i79S. D. L IL
a<7 On devrait le croire ; car les BenioÎB étaient entrés dans l'alliance • avec tous leurs bourgeob et avec leurs fiefs , hypothèques et propriétés» (Ch, 6 mars iS53); Morat avait contracté depuis dix-neuf ans àéj^ une alliance plus étroite avec Berne ( Leti , arL Morat). Était-ce peut-être une- alliance de combourgeoisie? Berne atteste en effet (dans la sommation, Judica , Schilling *^^) que les Moratois ont partagé avec eux pendant plus de deux cents ans la bonne et la mauvaise fortune ; que Talliance formée d'abord pour quelques années était devenue perpétuelle et avait été comprise par Berae dans son alliance avec la Suisse. Sommation, jeudi saint, à la hâte. Ihid, SIS. s Voy. les chartes d'aï* liance de Berne et de Morat du 25 septembre iSiS , du 7 janvier 1S35, 4?t du mois de décembre 1551 , dans la Chronique de Morat d'Engelhard, p. 13^-1^2. C. M.
^** Berne à Bàle, mercredi av. Pentecôte : • Si Ton avai^ écouté notre
désir pressant, nous n'aurions pas ce nouvel embarras. »
3'^ Berne d Strasboarg, vendr. ap. Pâques. • Berne est fort satisfait de la mâle garnison de Morat , des excellentes disjiositions prises , et du désir de se ruer tôt sur l'ennemi. »