LIVRE V. CHAP
îWui adressa ces paroles : « Vaillans hommes , Conféndérés^ alliés, voilà devant vous les meurtriers de vos V frères à Grandsou^ à Briey^ ceux qui à Lausanne ont » décidé du sort de votre patrie, de vos femmes et de vos a enfans. Ils sont nombreux ^^^, mais songez , Confé^ idérés, combien d'ennemis sont tombes sous les coups » de nos pères , il y a cent trente-sept ans , à pareil >ijour, dans la bataille de Laupen. Le même Dieu vit n encore, et au-dedans de vous le même courage. Que A chacun combatte comme s'il tenait dans sa main la » destinée de ce jour, de la Confédération et de tous » ceux qu'il aime. Frères , pour que celui qui soutint » nos pères soit aujourd'hui avec nous, recueillez-vous, «priez! » Ils s'agenouillèrent et levèrent les mains ^^^. Tandis qu'ils faisaient leur prière , les nuages se diviséreot et le soleil parut dans tout son éclat. Hallwyl, soudain debout, brandit son épée et s'écria : « Mes j> braves. Dieu nous éclaire; sus donc; pensez à vos » femmes et à vos enfans. Jeunes Allemands, voudriez- » vous abandonner vos amoureuses aux Welsches ^^ ? »
'** Ceax qui disent que les deux armées étaient égales en nombre , ou même ceHe des Suisses plus nombreuse , peuvent avoir raison , si Ton ne compte que le corps commandé par le duc en personne, et où le combat se décida , abstraction faite des troupes du grand bâtard et de RomonL Le prince de Tarente put bien dire de cette armée qu'elle ne comptait fie 28,000 combattans.
"* • Les genoux fléchis , les bras étendus. » Déelaraiion du duc CharU$ étBoargogneÇii la biblioth. de Vienne). Un d'eux disait la prière , tous ks antres répétaient • Amen. »
>'t Noos avons extrait ces paroles, sans y rien ajouter , des relations de Tukmdi et ûeBulUnger, = Ce nom de fVeUeha , que nous avons con- Krré pour la vérité de la couleur nationale, ne désigne pas seulement les Uafiens , comme M. de Barante le traduit ; mais plus particulièrement encore , surtout dans la Suisse allemande , les peuples qui parlent le fnmçats. L'antagonisme entre les Allemands et les Welsches a subsisté
L'année s'ébranla y mais le général sut maîtriser l'ardeur des soldats.
Tandis qu'il s'avançait^ Guillaume Herter, capitaine de la ligue allemande , joignit le corps de bataille des Confédérés ^^^, dans l'intention de protéger l'armée contre Fattaque de troupes plus nombreuses, au moyen d'un rempart de chariots ou d'un abattis d'arbres. Il craignait probablement que la garde-du-corps bour7 guignonne, postée sur les hauteurs, ne prit les Suisses en flanc pendant que l'artillerie , placée derrière la haie vive, mettrait leur front en désordre. Point de réponse, mais un dépit mal déguisé. A la fin, un Zuricois , Félix Keller, ami de Waldmann , s'écria : (( Si M nos alliés ont l'intention loyale de combattre à nos » côtés, qu'ils viennent; pour nous, nous marchons à » l'attaque comme nos aieux : l'art n'est pas notre » fait"". » Aussitôt Herter retournant à son poste ordonna de marcher.
Les Bourguignons, qui avaient attendu pendant plusieurs heures à la pluie ^'^^^ jugèrent par l'attitude de l'ennemi qu'il avait voulu les attirer hors de leur bonne position. La pluie ayant endommagé plusieurs chariots de poudre et les cordes des arcs , ils voulurent, vers midi , retourner dans leur camp , lorsque , par
long-temps après la bataille de Morat; on n'en troave encore que trop de traces dans les rapports de la Suisse orientale et de la Suisse occidentale» CM.
*^' On Tavant-garde. Il y avait des Zaricois dans les deax corps, à l'avant-garde cenx de la garnison de Fribourg. Ce fait est rapporté pv Bullinger et la plupart. Danod appelle Herter par erreur Hartmann Poster.
• C'est ainsi que l'on vaincrait encore. D.L. H.
*^* Pendant six heures. Gollut, Jusqu'à midi.