LIVRE V. GHAr* l
vaMk de M<M*at le comte de Romont. Dés qu'il eotendit les premiers cris de joie à la prise de la haie vive^'^, il ne douta plus de Tissue ; il fit tout préparer pour le iéfÊTij commanda deux ou trois décharges contre la fille pour l'occuper de sa propre défense , puis^ afin démettre ses troupes en sûreté ^ i} les conduisit à Estanjet par la Broie.
L'armée détruite et le camp abandonné ^ valets, maTchaods , femmes ^^^ coururent çà et là , pleins d'angoisse ; beaucoup se cachèrent dans le feuillage des ar* bres^^^, d'autres dans les fours des villages voisins^ attendant la nuit. Des femmes découvraient leur poitrine poar obtenir pitié) elles réussirent ^^^. Jusqu'aunlelà d'Avenches^^^ on compta près de quinze mille tués^^^;
^^ D'apcès la Chronique scandaleuse annexée h. Comines , le duc de Umane Tanrait déjà mis en fuite entre 10 et 11 heures. Mais cela împfiqoe ooDiradtction avec l'histoire authentique.
^* LaCArpfli. de Neuch. mande • qu'en place des préciosités de Grand* soD, OU trouva cette fois 2,000 joyeuses donzelles. » Ce sont les « fcmmo fdies* de nos chroniques; d'autres avaient suivi leurs maris ou eKrçaîrat le colportage. BulUnger, On peut ausô remarquer ici les Diios et les gens contrefaits qu'on avait fait venir de pays étrangers, pour ^jer le prince plongé dans la tristesse. Schilling.
^> Près de Faoog. EUerlin,
*^^ m Sy les laissèrent*ils courir, • dit la Chron, de Neueli, On n'en abusa point, mais on les laissa passer leur chemin , assure BulUnger,
^* « La roule jusque là présentait an horrible spectacle; tout était couvert de cadavres. » 14*
A» Chacun dut enterrer ceux qui étaient couchés sur ses terres et en dédarer le nombre à l'avoyer de Berne. Le St.-Gallois qui rapporte cela K trompe quand il estime le nombre total à 38,000; je vois par une ktre de Berne à une commune (inconnue), qui n'envoya pas son contingent, que, ( mardi ap. Jean-Bapt. ) le nombre ofDciellement reconnu pv les Bernois était de 10, 000. Les mêmes, dans leur missive au Valais, (luercr. av. Ulrici ) mandent que l'ennemi évalue sa perte à 15,000; ceux qui périrent dans le lac étaient probablement compris. On sait par W rapport des hérauts et poursnlvans, que le nombre total fut calculé
Tarmëe entière était dissoute : sans chefs, comme s ils sentaient l'épée dans les reins , chacun s'enfuyait où il pouvait, à travers le Pays-de-Vaud bien maltraité; les Bourguignons s'évadèrent par les défilés ; la terreur leur servit d'escorte ; les Lombards , auxquels les Valaisans fermèrent le passage du Saint-Bernard , se réfugièrent dans la ville de Genève ; tandis que , poussés par répouvante , ils traversaient en courant le quartier de Saint-Gervais pour gagner les ponts du Rhône , le peuple attroupé les rompit, et assomma ces fuyards, messagers de malheur ^^^.
Dans Avenches les Suisses réfléchirent que le comte de Romont , dont ils ignoraient la fuite, pouvait fondre sur leurs derrières, ou du moins leur enlever le plus précieux du butin ; ils cessèrent donc de poursuivre Tennemi vaincu. Us attaquèrent le comte , enlevèrent son artillerie et tout son bagage , et détruisirent aussi ce corps d'armée. Accompagné d'un petit nombre, il
à S&, 700 [Chron. uandaL p. iSS, qui est exacte). On peat apprécia les rapports d'après ces données authentiques. Si l'ambassadeur boorguignon à la cour de France ne convint que de S, 000, c'était un mensonge di{>lon]atique, et Camine$, qui le rapporte, donne lui-même le chiffre de 18,000; Fiol, dans sa chanson, est d'accord avec lui. Bdlinger, Edlibaeh et d'autres vont jusqu'à SO, 000. Ces diverses domiées paraissent conciliables : 15, 000 seront restés sur le champ de bataille; qui sait exactement si le lac en a englouti 8 , 5 , ou 10 , 000? Vient ensuite l'armée de Romont , dont peu échappèrent. Sans compter le nombre probablement plus considérable encore de ceux qui ne purent jamais se rejoindre. =Une lettre de Zurich aux villeê d^Empire, écrite à la hàle le U juin 1A76 , et conservée dans les arohives d'État de Warlemberg, porte % 20, 000 le nombre des ennemis restés sur le champ de bataille. M. ZeUwéger, qui l'a publiée dans son recueil de docomeos ( t n, 1" partie, p. 464 ) , croît ce nombre le phis exact; il pense qne les historiens n'ont pas toujours compté les mercenaires et les Hour* guignons mômes. Hi$t. d'Apptnzell, II, 106, n. 118. G. M. *" Michel Pxoset. Chron.
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«sauva lui-rméme à la faveur de la nuit^^^. Les vainqoeors tombèrent à genoux sur le champ de bataille de Morat^ et firent une prière d'actions de grâces. Toute h musique guerrière célébra ensuite la victoire. Des messagers avec des branches triomphales ^^^ furent promptement expédiés à Berne , à Fribourg , dans les villes^ dans les cantons; bientôt toutes les cloches de k Suisse jusqu'au haut des Alpes solqanisèrent cette journée glorieuse.
Louis XI , qui le premier introduisit le service des postes pour apprendre plus promptement les nouvelles importantes , avait fait disposer des chevaux depuis la frontière jusqu'à Lyon; lorsque le seigneur du Bouchage et Philippe de Gomines, ses chambellans et ses omfidens , lui annoncèrent l'issue de la bataille^ il gratifia chacun d'eux de deux cents marcs d'argent ^^^.
Les vainqueurs s'emparèrent du butin , bien inférieur à celui de Grandson^^^; cependant ils y trouvèrent des provisions en abondance ^^^ , une artillerie oonsidérable , quoique inégale ^^ (le duc de Lorraine
*" Schilling: Etterlitu La Chron, seomL dit qu'il s'enfuit lui douzième, n 7 a là quelque confusion. IVEstavayer, il se sauva par Jougne. Dunod»
*** Les Fribonrgeois plantèrent un tilleul sur la grande place de leur tille , en souvenir de cette nouvelle; le messager de la victoire portait une branche de tilleul. EbeL » Cet arbre vénérable subsiste encore.
Ua M.
. *** Commet t h v. «H avait ordonné postes ; • mais il redouUa ici de précautions.
*^ • Joujoux et misères en comparaison. > Etterlin.
^* Schilling. Danod a donc cru à tort qu'on en avait manqué.
*^ On avait rassemblé nombre de pièces en mauvais état, non-seulement dans la Haute et la Basse Bourgogne et en Lorraine , mais aussi dans de vieux châteaux. Bappart de Berne dans SletiUr, 25 S. D'après Bemy, on en, 'prit 6S; il ne compte sans doute que ceux qui pouvaient servir.
reoomHiC ses canons ) , de belles armes ^ même des armes rares ^^^ ; au quartier général , sur la ooUine d*o(i la baraque de Charles , artistement composée ^^^^ d(»ninait avec magnificence tout le camp , étaient le trésor, la chapelle ^^^, des meubles et des yètemens superbes , ceux du prince lui-même, en étoffes d'or, brodés et doublés de martre et d'hermine ^^^. Plus de quinze cents tentes et les morts richement équipés furent livrés au pillage *^^. On eut de la peine à faire observer l'ordonnance sur le butin au milieu d*une armée ivre de joie, fiére de sa victoire. René reçut avec transport des Confédérés la baraque et l'ameublement de son ennemi. Un beau portrait de Charles fut placé à rhôtel-de*ville de Morat^^. Les chefs emmenèrent à Lucerne quelques caisses d'argent pour en faire une distribution régulière ; du reste , chacun emporta sur des chariots tout ce qu'il put. Suivant l'usage antique , comme pour voir si quelqu'un leur disputait la victoire, les vainqueurs demeurèrent trois jours sur le champ de bataille. Les Moratois jetèrent les cadavres dans de vastes fossés ; on
*tt «Des engins non connus par deçà, piqnçs, ooalenviines, beaa^ accoutremens et annores ; chacun en ramassa son saoul. > Chrotu de Neueh,
^^ Les poutres et les planches étaient numérotées, de sorte qu'on pouvait la démonter. Cet usage se rencontre encore fréquemment chez les Oberlandais.
*^ L'autel de campagne doré fut transporté à Berne où Starr { Voyage dan» Ui jiLpeM 1781) le vit à la bibliothèque.
^^* Les Bernois les achetèrent et les donnèrent à des églises. Schilling.
*'^ Gai Wtber, dans son chant sur cette bataille (SehilUng), raille à ce sujet : • Tu nous as menacés comme des mendians; les Suisses ne -
• te demandent pas du pain , et ne se laissent pas effrayer ; leurs bâtons
• de mendians s'appellent piques et lances ; ib te les enfoncent dans les » dents; duc, bon appétit » s= Voy. RoehhoU^ 165-176. C. M.
"» Schilling.