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anprèsde lui^^^. Après rénorme perte éprouvée près de GnuMtson ^ quand il fallut apporter quelques délais , qodqpes restrictions aux paiemens si considérables , €aqx)basso put se croire autorisé à faire des repré- MDtitions avec franchise ; elles furent inutiles ^^. Alors il demanda un congé , qui lui fut accordé. Il prit pour prétexte un pèlerinage à St.-Jean de Gompostelle^^. En route, dans plusieurs cours, il peignit ie duc de Bourgogne comme un insensé dont la vamté ^^, la dureté et l'obstination ^^^ précipitaient la mine. Voyant la retenue du roi , qu'il attribuait à Y^Ymcé, il tenta d'entrer en négociation avec le duc René, descendant par sa mère de la maison d'Anjou.
Cependant il revint auprès de Charles plein d'une appaieate sérénité, sans embarras, et rentra dans tonte sa confiance surtout après le malheur de Morat , alors que le duc avait plus b^oin que jamais d'hommes de talent et entièrement dévoués. C'est lui qu'il diargea de sauver la Lorraine et d'assiéger une seconde fois Nancy, qu'il venait de perdre. Mais pour se faire vn mérite auprès de René, Campobasso avait été la Téritable cause de la reddition de la ville. Au lieu de repousser promptement les assiégeans , il avait écrit en
•^ Paradin.
'** De la Marche . : « Qu'il éCoit bien mal content pour certains de- 9ien qu'il disoil que le duc lui devoiU • Diulo» dit qu'après la bataille de Grandson Charles réduisit sa compagnie de moitié. Nous ne croyons pas que ce fût pour le nombre des hommes; le duc ne se montra jamais plus ardent à réunir le plus de troupes possible ; mais il se peut qu'il Qt vue réduction sur la solde.
^* CAron. $eandaL
»«< • Ostentations , » qui lui faisaient aussi perdre du temps. iVo/«« de ComUneê,
**9 • Folles obstinations. • Chron, teand.
118 HISTOIRE DB Lk SUISSE;
Flandre qu*on ne devait pas se hâter , que son jugement à lui, homme de guerre^ était d'un tout autre poids que rimpatience du chancelier ^^ ; qu'il répondait de Nancy jusqu'à la fin de l'hiver. Les Flamands n'envoyèrent donc que peu de monde ^^. René » de aon coté , avec des troupes de siège peu nombreuses ménageait la ville ^^. Mais lorsque le vaillant Cohen ^ chef desAnglais, eut succombé ^'^9 ses gens perdirent courage, et comme , malgré sa valeur personnelle , le commandant, bon à l'excès y n'inspirait pas assez de crainte ^^, la ville se rendit , comme nous l'avons dit y tandis que Charles accourait ^^. Il vint , non pa» tel qu'ils l'avaient vu partir , magnifique dans son armure , beau d'héroïsme et de fierté ; mais les yeux baissés , les joues creuses , semblable à une ombre ^
^* Hagonet , commissaire da dac aux Étals de Braxelles.
M* Le comte Engelbrecht de Nassao , et le comte Croy de Ghimay , avec les fiefs de Flandre. Olivier de la Marche; Paradin.
^** «Quelque peu de gens et de peuple, > Comiuet. Ceux «piilai avaient aidé à reprendre son pays , étaioit retooinés chez eux. Le siège dura 12 semaines. EdUbach.
"^ Quelques-uns le nomment Golpin, entre autres Gotlui, quifaccnse aussi de trahison. Comineê ne parle pas de cela* Sa mort fat aocidentelle : il se promenait sur le rempart ; un boulet l'emporta. Fugger, Pierre de Blarru rapporte que les Anglais disaient ne s*étre pas enrôlés pour mourir de faim.
**' Comineê, D était vieux , homme intelligent , modéré , bon et généralement aimé, •adeenetos communis et unus • {Blarru); d'ailleurs cousin de René. H resta dévoué à Chartes Jusqu'à samorL
*** Le 5 octobre, selon CaUnet. Le 6, le duc vint de Bourgogne en Lorraine ( Compte da mattre d^hdiel); il ne mit le siège devant la rille que le SS.
»*• Nec venit ut quondam coratus, nec pulcher in armis ,
Necbenecompositns plumisfalerave;
sed vultu deformis et acres
Vi tollens oculos, nil gestu nobile prsferL
Btarrorivo.
UVRB V. CHAP. !• 119
8*3 n'aj^rit pas bt trahison , c'est que sou opiniâtreté rendue toate rérélation non-seulement inutile , mais diBgereuse ^^ •
ùnpobasso résolut alors d'achever son ouvrage. Il fil dire aa duc René quau prix de la solde de quatre CBBts lances y de vingt mille écus et d'un comté y il déjouerait le nouveau siège de sa capitale et lui livrerait ion ennemi mort ou vif. l^eaé se servit pour cette négociation du maréchal de sa maison ^^^ Cifron de la Vschiere % provençal que Campobasso devait connai* tre. On dit qu'il lui fit promettre le comté de Yaude- BOBt ^'. Dans une guerre si juste et pour un peuple si fidèle y ce moyen lui sembla licite. Fendant le siège ^ Cifron tenta de pénétrer dans la ville pour porter à la gunÙKm des nouvelles encourageantes de Suisse. Gomme il tentait de passer une tranchée, affaibli qu'il était par la fièvre^ il fut pris. Campobasso et d'au* tres remontrèrent qu'on obtiendrait plusieurs prisoamera en échange de sa personne. Le duc s'écria : « Il sera pendu , c'est le droit de la guerre. » Le comte Eogelbrecht de Nassau , le comte de Chimay ^ le grandbâtard , tous ceux qui osaient parler intercédèrent , mais en vain. Campobasso représenta que cet homme n'avait &it que son devoir et que sa mort provoquerait
*^ U reçnl néanmoins qnelqae Bverlisseqiiient , «mab... ne voolnt le croire. » Le fidèle O, de la Marche.
*** Maître d'hôtel. Calmet. tOEeonomns.» Beater. Maréchal de la Mêkotu Fagger, «Pr»fectn8 aulae. • Blarror.
* M. de Banmte loi doaae auMÎ le titre de maître d'hôtel, mab il rappelle Siffiein de Baachi; le nom de Cifron lui est donné par Ck>mi- M.aM.
*^ QolUa. Si René fit effectivement la promesse , il i>e songea sOre-* ment pu i la tenir. Au traître son prii^
des vengeances : le duc de son gantelet de fer lui donna un soufflet ; plus le vieux guerrier fut blessé de Toutrage, moins il parut y prendre garde ^^, Ce moment fut pour lui celui du plus grand péril. Poussé par l'amour de la vie , Cifron demanda la faveur de faire au duc une révélation. Charles crut que c'était un subterfuge pour prolonger ses jours. « Qu'il te confie son secret, » dit le duc à Campobasso^ ce et qu'on le pende. » « Qu'on le pende , » r^iartit Campobasso , lorsque Cifron eut refusé de lui parler. « Ce que je voulais dire au duc , » s'écria le prisonnier, « vaut plus qu'un duché. » Quelques personnes coururent pour prévenir le prince; mais Campobasso faisait bonne garde dans l'antichambre. Cifiron fut donc pendu à un arbre en vue de la ville , malgré toutes les offres qu^on fil du haut des murs pour racheter la vie de cet homme universellement aimé. « Le duc Charles aussi , » s'écria-t-il encore , « sera bientôt perdu ; qui le sait » mieux que celui qui possède sa confiance ^^^ ? » On vengea sa mort par l'exécution de cent vingt prisonniers bourguignons, dont le premier fut pendu dans le lieu le plus élevé de la ville , sous les yeux de Charles transporté d'une fureur impuissante^^. On peut déplorer les décrets de la destinée , mais depuis que Charles
»** Calnut.
^*^ Comineê, » Les paroles citées ne se trouvent pas dans Gotnines. G* M»
^*' On le laissa exposé avec un écritean portant : • Pomr la trte-grande
• inhumanité ci meurtre cruellement commis en la personne de feu le ■ bon Gifron de fiaschier et ses compagnons , après qu'ils ont été pris en > bien et loyaument servant leur maître par le duc de Bourgogne , €fBti » par sa tyrannie ne se peut empêcher de répandre le sang bomtîn, faut
• ici finir mes jours. » Dueto$,\. VIII.
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praiait rirriutioa de ses passions pcmr du earactère , il n'était plus possible de le sauver ^^"^^
Leduc de Lorraine, au lieu de s'enfermer, résolut d'aller chercher persoDndlement des secours. Il Gom-« posa donc la garnison de Nancy principalement de Lombards , transfuges de l'armée ennemie , de Français, secrètement encouragés par le roi ^^, de volontaires allemands de la ligue inférieure ^^ et d'un certain nombre de gens audacieux du comté de Vaudemout auxquels il ne se fiait pas moins qu'aux citoyens de la ville ^^. Il resta dans le pays des troupes de partisans qui coupai«:it les vivres à l'ennemi et inquiétaient continuellement ses quartiers. La ville promit de tenir deux mois. Lui-même , accompagné de douze cavaliers seoknieat, passa la montagne couverte d'une neige profonde y par un froid extraordinaire , pour se rendre Fers Jes Confédérés : la ligue inférieure déclarait qu'avec la meilleure volonté tout /dépendait de leur secours ^^ Il prit donc toute l'argenterie de sa grand'mëre de Yaudemont , en fit fondre une partie , d hypothéqua le reste ; le roi aussi lui envoya quelque argent ^^; les Strasbourgeois lui prêtèrent dix mille florins. Le principal obstacle qu'il rencontra ce fut le cardinal légat , qui, tout dévoué à la Bourgogne , vou-
**' A la reddition de Nancy , Rnbemporé dit tristement : « Je vois bien • que la guerre ne finira que par la mort de moo maître. • Lf mênM,
«*• D'jiU,Hisi. des Heb. V, 75.
*** Jean de Rheinach à lear tête. Munster.
^** Petit Jean de Vandemont , Pierre Gotlerel, Menai de Guerre , Fortaoe, Picard-de-Fer.Ca/mef.
w* Id.
*^^ 20,000 écusd'or, selon Beaueairé; dans Comines, hO^OOO francs, y compris (suivant son secrétaire I^m/c dans Ca<me/) la pension annuelle de 1 5,000 que lai payait le roi.
lait , par des représentations sur rinoommodité de la saison et sur Tespoir d'une bonne paix, g^gn^ do temps au profit de Charles. Le duc se rendit dans les Cantons. Il reçut à Berne Taocueil le plus amical ; mais on loi fit comprendre que dans un temps où le secours des Confédérés était réclamé journellement^ cette ville ne pouvait rien résoudre sans eux. Berne convoqua donc aussitôt une diète , dans des termes pressans ^'. 4 Zurich y Jean Waldmann, alors tribun^ parla dans le conseil , avec son éloquence victorieuse > de la reconnaissance due au jeune prince ^ de Thonneur qui obligeait à le secourir. Lorsqu'il eut enthousiasmé rassemblée , le duc parut lui-même ^**. Zurich promit"*. La diète se réunit à Lucerne ; la raison triompha de toutes les objections. « Puisque le duc de Lorraine ga- » rantit par un acte formel quarante mille florins pour » les firais de la guerre ^"^^ et comme , dans le cas où » son ennemi , après la conquête de son pays y entrerait » en Alsace , nous serions obligés de prendre les armes » à nos frais ^^, on publiera dans toutes les églises que » la milice s'arme pour le duc, et l'on adressera des >» sommations à Tabbé et à la ville de St.^all, au pays
•» StettUr.
*** (Test sani doute le grand Unnenr dont Caimei fait mention. U eierçait primitivement ce métier.
^** Il avait l'habitude de mener avee lai an oars apprivoisé; oeloi-ci gratta à la porte de la salle da conseil. Id.
*** Son suffrage et un appui efficace à la prochaine diète , piûaqn^ Waldmann était bien prononcé pour lui.
*" Ch. dans les manuscrits de Tschudi : « Sur son honneur et sa di-
• gnité de prince , engageant son duché de Lorraine , avec jnridtctioos ,
• droits seigneuriaux et dépendances. •
^* En vertu de ralliance; l'obligalion n'était que condilionneOedans le traité du duc.
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n d'Appenzell, aux villes de Schaflfhouse et de Rothwyl 9 A aux seigneuries ocnumunes* Le Wurtemberg en* » Terra de la cavalerie ^ et les semeurs de la ligne in* M férieure nous ouvriront leurs marchés ^^. » La solde do simple soldat fut Me à quatre florins et demi; la double solde ^^ à huit florins*
René avait demandé six mille hommes ; Tenthousiasme du peuple en réunit plus de huit mille ; il fallut retenir de force mille jeunes garçons ^^^ Bientôt parut en avant de tous les autres Jean Waldmann ^^^ avec SX cents Zuricois ; les Bernois avaient pour chef Brandoife de Stein, que nous avons vu à Grandson et à Y?erdun ^'. Ainsi renforcée , la ligue inférieure marcha sous les ordres de Guillaume Herter. Sur ces entrefûtes un cavalier^ appelé le Picard-de-fer , accourut de Nancy à Zurich afin d'annoncer au duc qu'après plusîeim tentatives infructueuses pour approvisionner la WUe f on était réduit à manger les chevaux et les animaux domestiques ^^. René se rendit aussitôt à Baie. Le rendez-vous de toutes les troupes était là. Lorsque le duc apprit que Waldmann approchait^ il courut à sa rencontre^ descendit de cheval , et le conduisit dans la viDe. Le roi fit remettre à chaque soldat un florin d'or
*** Rtcéê de Litcenu, $te.-Gftther. ; servant à rectifier les erreurs de la pbiiMrl des historiens.
*** Geoz qui Teceraieni la donble solde étaient les plus dlstfaigués, «dnplarii* chex les Romains*
••« BdUUch.
Ms 5^11 porte-enseigne Henri Uolzbalb. Id.
M* ATec lui Kilian de RQmligen. Schilling. (Non Ringoltingen^ comme OQ lit dans Ballinger) ; il avait sous ses ordres ISA bouigeois de Berne («Faprès les manuscrits de Cacher).
^ £if^(6a£A; le continuateur de XdnigjAoven; Calmet,
124 HISTOIRB DB L4 SUlSSB.
pour les premières dépenses ^*. Les Confédérés , de leur côté , firent des sacrifices *••. Tout le peuple était ivre de joie : Urbain de M uhleren ^ banneret dé Berne ; de Luceme , le vieux avoyer et chevalier Hassfurter , Albin de Sillinen et l'avoyer Kremer^ bon nombre de héros passionnés de la guerre accoururent comme pour une partie de plaisir ^^. Fendant une absence du duc, à qui son astrologue avait conseillé de faire ce jour-là une promenade à Blozheim ^^, deux bateaux chargés de troupes chavirèrent sur le Rhin par la pétulance des soldats; il n'échappa que peu d'hommes et une fiHe.de joie ^^. Cet accident rendit la plupart des
**^ • Anreum lîHam. » Beuter,
'** CamUi£$ le dit expressÀnenL Des goQTememens firent des sacrifices, probablement Berae. Le soldat n'avait rien de trop et ne poavail rien donner.
"' Mubleren vint à Bàle. Schilling, Les Luçernois ne joignirent Farinée qu'en Lorraine. EUerlin,
*** Il s'appelait Pacot. Le fait est raconté par Bemy. Ce conseil poavfiit avoir été donné fort naturellement i le reste fat l'œuvre de la. Provi'» dence.
*** Cet accident est raconté si diversement par les contemporains , qu'on voit combien l'exaetitude historique est difficile» Selon les relations lorraines de Calmât , les bateaux échoués étaient venus de Zurich , et il périt vingt hommes ; selon Remy, dix-huit des plus délibérés. Ediibach raconte que les bateaux contenaient 200 soldats mercenaires ; qu'an moment du départ un d'eux tira un coup de feu qui en précipita un autre hors du bateau par derrière; que tous coururent pour le sauver, que le fond du bateau céda, et que le capitaine, boucher bftlois, se noya avec 100 hommes à peu près les meilleurs, et deux « filles ambulantes. • D'après le récit d*Ett€rlin , de « gentils lansquenets se rendaient à Briaach pour préparer les quartiers des Confédérés qui approchaient i ils venaient de faire bombance; ils sautèrent d'une façon désordonnée dans les embarcations , et firent un tel bruit que les bateliers ne s'entendaient pas. Il se démenèrent si bien que les bateaux cédèrent, et qu'il périt plus de ÂO hommes. > Schilling nous apprend qu'il se noya cent et quelques filles de mauvaise vie , qu'on en retrouva 40 , et que le duc les pleura.