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imk lui -« même à Berne , oà il exposa au Grand Gnseîl aTec une vive émotion son inquiétude au sujet de ses fiefs bourguignons et de son fils Philippe , sei- ÇKur de Badenweiler^ qui se trouvait auprès du duc ; CB même temps ^ il déclara sans détour son dévouement à une ville à laquelle l'unissait une alliance de comfaourgeoisie. Connaissant les Confédérés, il ne croyait pas au succès de leur ennemi. Après une courte dâibération , les Bernois résolurent de commettre à la garde du château et de la ville de Neiichatel un de leurs meilleurs officiers avec deux cents hommes de leors propres troupes, autant de Soleurois et cent hommes du Margraviat , de placer les milices des bords du lac de Bienne dans le défilé menacé de la tour des Bayards , et de faire occuper par quatre cents soldats du Margraviat la langue de terre située entre les lacs de Ifeuchatel et de Bienne. Ils Assurèrent le père de Irar constante fidélité et permirent que le fils demeurât auprès du duc ^^* Us écrivirent ensuite au chevalier Marquard de Stein , commandant de la garnison suisse de Montbelliàrd , de résister vigoureusement et de compter sur leur secours ^^; à la ville de Bale> de le seconder ^^; aux Strasbourgeois et au comte Oswald de Thierstein, général de l'archiduc, de tenir de la cavalerie prête à tout événement, (c Nous espérons , >» disaient-ils gaiement dans leur missive , <c ne pas lais-
*^ Mi*9ive de Berne d leurs miiiees en campagne , mercredi avant la fôte de la chaire de SL -Pierre, 1676, ddius Stettler , 259; compar. avec la Ckron, de Neuek, L'homme d'État bernois qui décida était l'ancien avoyer PélennaDodeWabera. GuilU>Mim , Chron, Atuir. Mse. confirme ce fait*
" Steitler, 241.
'* Missive de Berne à Baie, jour 4e SL-Blaîsc.
» ser languir l'affaire ^^. » Déjà de petite dëtachemens de cavalerie ennemie avaient pénétré dans le Pays-de- Vaud par le passage des Clées ou par un des innombrables sentiers des troupeaux^ avaient surpris Aubonne ^ ville du comte de Gruyères , et dépouillé sur les bords du lac de Genève des messagers bernois ; on savait aussi que huit mille Savoyards attendaient prés de Chambéry les Bourguignons pour se joindre à eux *• Les Bernois demandèrent à Zurich d'adresser à tous les Confédérés un avertissement ^^^ et peu de jours après une sommation ^''. Ils écrivirent dans le même temps aux villes impériales d'Allemagne : « de se sou- » venir de leur communauté de langage ; de TEmpire , » qu'eux-mêmes ne reniaient pas ^^; de l'honneur de » l'Empire, que cet homme turbulent ^^ attaquerait, }) s'il triomphait de la Suisse ; enfin , de leur vieille » amitié héréditaire. En voyez- nous , » ajoutèrent-ils, i( des cavaliers, des arquebusiers, de la poudre etdes can nous, et nous débarrasserons l'Allemagne dé lui ^^. >» Les Conférés avaient abandonné les avant-poste^ de Jougne et d'Orbe, soit par économie intempestive, soit par orgueilleuse assurance ^^ : ils occupaient Yver-
^^ Cela ne se concilie point avec leur humble ambassade à Charles ; les paroles sont extraites de la charte.
* • Le comte Romont amena an dnc 4*000 hommes de Savoie; 6,000 Piémontais et Milanais bien armés se joignirent aussi à lui. • Zellwéger, II, 98. C. M.
*' Berne d Zuriek , Chandeleur.
*^ Berne à tous les Confédérée , samedi av. Valeotin. Berne marchera le vendredi suivant
^* « Auquel nous sommes dévoués. •
^' « Son ambition ne laisse pas de repos à son cœur. »
^* Lundi av. Valenlin. V. n. 15.
" Lauffer, VI, 4; Et ter lin , 199.
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^on et Grandson. Yverdun avait prouvé sa fidélité au comte de Romont jusqu'à la dernière extrémité ^ et les vainqueurs l'avaient traité avec tant de ménagemens ^ qu'ils devaient croire que les habitans attendraient paisiblement l'issue de la guerre. Mais à la vue des forces considérables de la Bourgogne , les Yverdunois cmrent le sort de la guerre déjà décidé. Désireux de bien mériter de la domination sous laquelle ils allaient xentrer, ils envoyèrent au comte de Romont des Cor* deliers ^ dont le couvent touebait à leurs murs ^^ , pour convenir de l'heure et de la manière de lui livrer la ville. On choisit la nuit du jour où Albin de Sillinen , de Luceme , frère de l'évèque de Grenoble ^ se démit du commandement et repartit pour son canton ^^. A cette occasion ^ les bourgeois lui oCFrirent le vin d'hon*^ neoT^ pour feindre des dispositions bienveillantes et âSn de faire boire les soldats. Ceux-ci dormirent comme en piays ami ^; ils étaient soixante-dix. Minuit sonna. Romont ^^ et quinze cents hommes , marchant sur la rivière gelée , entrèrent dans la ville par deux maisons contiguês à la muraille * ; la troupe se partagea ; tout^à-K^oup on entendit une rumeur ^ des
« T. VU,p.dS5.
^ WmtUoi, 478.
^ Du i2 au 15 jaDvier^
^ Cétait d'autant moins pardonnable qu'on bourgeob les avait avertis» CArmu de Neaeh,
^ D'après la misêiwt de Berne à Lueeme, SoUure et Siraehourg, dim. après SU Hilaire, le chef de cette entreprise était le baron de La Sarra. reol-étre la dirigeaxt>îl sous les ordres du comte.
* • Quand les aasaillaos eurent quelques prisonniers, ils firent un Irou dau la glace , en ce moment fort épaisse , et y descendirent ces malheureux , qui s'étaient peut-être rendus coupables d'une cruauté pareille à Estavayer : rien n'est plus terrible que la colère du faible , quand il peut 9e relever un instant • Olivier, 738. G. M.
clairons , des trompettes , de grands cris : m Bourgo* »gne! ici Bourgogne I ville gagnée ^"^ I » Aussitôt tous les y verdiinois sur pied égorgèrent les soldats logés dans leurs maisons ;"! on en tua cinq dans une auberge^. Le reste des Suisses^ à peine vêtus, coururent dans la rue avec leurs piques , se rangèrent sous les ordres de Jean Schûrpfy conseiller de Lucerne , se défendirent, blessèrent 9 tuèrent, ^, et finirent par se frayer un chemin jusqu'au château , où le second ca-^ pitaine, Jean Muller de Berne ^, ne défendit qu'avec peine le pont-levis contre tant d'ennemis et contre la ville entière. Six hommes manquaient encore lorsqu'il ferma la porte. Pour les sauver on abaissa de nouveau le pont-levis. Un d'eux n'avait plus que son épée et une flèche '^; il se retourna, transperça de sa flèche la tète de celui qui le poursuivait, tira son épée , le tua, reprit la flèche, renouvela la même action, puis lança encore , du seuil du château , son trait pour la troisième fois mortel. Le comte de Romont somma la gar-
^' La mimive n. 26 et la Chron, de Neueh.
^ A la Groh-Kancbe. Berne à Straëboitrg, mercr. après SL Vincent, dans SiettUrf la plupart des détails sont empruntés de cette lettre.
^* Près de SO. MUtive n. 26. On se battit dans les mes pendant environ d heures jusque vers le matin. Schilling ne parle qne de deux heures; mais au 19 janvier le matin ne commence guère qn'à la troisième heure après minuit.
»• Afay,m,465.
** « Un homme grand et vigoureux avec une grande épée , qui se fraya partout son chemin , • dit BiUlinger, Nous savons que c'était un Lncernois, et nous avons pensé que c'était ce Schflrpf auquel le savant Cyeai attribue principalement la défense dTverdun (dans la Description du Uu de$ Quatre-CanUmê). Haffher croit que c'était l'historien Pétermann EUerlin, qui raconte ^ p. 201) l'affaire dTverdnn avec une simplicité modeste ; ^cependant il dit dans d'autres occasions la part qu'il (Hrit aux événemens Cpt 199),' mab ici rien de semblable.