LIVRE y. CBAP. I
tûdbltplus tôt, il attafidit impatiemment l'aube tardife.Oa dit la messe à plusieurs endroits à la fois. Toute rarmëe ayant déjeuné marcha sur .Neuville. Un Immillard courrait le pays.
Où amena de bonne heure au duc de Bourgogne son aoellent cheval de bataille noir ^^. Au moment où il le monta, le lion dor , qui formait le cimier de son casifoey tomba sur la selle. Hoc est signum Dei ^^^ sou<pira-t-41 avec tristesse \ puis il remit à un de ses servileors des ordres scellés pour le cas de sa mort ^^, et piqua des deux. Un fossé plein d*eau , creusé exprès ^^^ ou dont on profita, couvrait son front; des haies s'étendaient à la gauche ; la Meurthe protégeait le côté dràtde l'armée. Lui, le grand-bâtard Antoine, et le hàuid Baudoin commandaient au centre la longue et |irot(mde oolonne de Tinfanterie ^^ ; à droite , appuyée eoolrela rivière, était la cavalerie italienne, sous les oidres de Jacques Gaillot ^^^ , aussi fidèle qu'intelligeat, et de Campobasso; sur la gauche » le reste de h caval^e sous le grand-bailli de Flandre , Josse de
** « Le Morean. • Calwiet, René aussi en fait mention.
*** CalmeU 11 ne le fit pas remettre ; aussi ne fut- il reconnu qu'avec peine après sa mort
••' Pugger,
^* Edlibaeh le rapporte ainsi. La relation dans la Ckron. scandai. parle d'un ruisseau naturel près de la maladrerie Magonne. Nous sommes disposé à préférer cette version. Puisque le duc n'attendait pas Feanemi, pourquoi aurait -il fait faire cet ouvrage? s On lit dans M. de ficranlé, t. XI, i&5 : « Le ruisseau d'UeuilIecour , assez profond et coulant presque partout entre deux haies , couvrait son front et lui servait de retranchement. «CM.
*** ■ En un seul bataillon assez long. • GolluU
w Ou Galéolto. Nous suivons l'usage. Il était posté le long d'une prairie , au bord d'un bas-fond.
Lalain , vaillant chevalier ^^^ ; du haut d'un petit tertre trente serpentines balayaient la route de Nancy^^^.
Tout-'à-ooup l'aile droite se vit à découvert ; CoU Campobasso, suivi de huit cents lances ^^^, arracha son écharpe rouge et sa croix de Saint- André , passa du côté de Tennemi et se présenta devant René, u La vio* » lente injure qu'il avait reçue de Charles , dit-il ^ ne » lui permettait pas de rester plus long-temps auprès f) de lui; partisan d'Anjou dés sa jeunesse , il revenait » vers ses anciens amis , au service desquels il avait au- » trefois mérité icieuLorraioelechâteaudeCommercy; » il ne désirait que la confirmation de ce don ^^^ , prêt à » fournir dans ce jour important les plus grandes preu- » ves de son zèle. » René, qui était encore à Saint-Nicola^, s'en entretint avec les Confédérés. Ils répondirent sans balancer : « Combattre à coté de ce traître italien » serait indigne dé la coutume de nos pères et de l'hon- » neur de nos armes. » A cette nouvelle , Campobasso se hâta d'occuper le pont près Bouxières-aux-Dames, poste de la plus haute importance au confluent de b
*** Appelé lie soaverain de Flandre • (ponr bailli soav. ) et «ossî • grand juge. • Loi-même le long des prairies jusqu'à SauIrupL CalmtU
**^ Id. On prit un beaucoup plus grand nombre de pièces de campagne , mais qui restèrent alors dirigées contre la ville. ^
*** Comineê, avec la remarque qu'il était très-Acbé de ne pouvoir pat faire plus de mal. Si d'autres ne parlent, comme Dtmod, que de 140 « on , comme ParatUn, de 180 hommes d'armes , il faut se rappeler que chacun d'eux était suivi de 5 on 6 hommes à son service. Schilling nomme aussi deux fils de Campobasso. Si la Chronique de Lorraine dont Calmet s'est servi ne mentionne que 30 chevaux, c'est par erreur. Qn'aaraît-il pu faire ensuite près de Bonxières avec un si petit nombre?
*** La Chronique de Lorraine, Il n'y avait pas de convention proprement dite entre eux, et le duc, qui n'avait plus besoin de lui, ne se moo- Ira pas fort enchanté de sa démarche.
UVEB V. CHAP. 1. 133
Ikurthe et de la Moselle^ où se dirigerait la fuite qia'il prévoyait y et où Charles se jetterait lui-même {NNir arriver à Luxembourg ^^^. Il avait laissé dans r»mée de Bourgogne vingt de ses gens, capables de^ tons les crimes et résolus , pour observer les événemens et faire le plus de mal possible.
EnmardbaBtsur Neuville^ Tarmée rencontra George
Schreiber de Frauenfeld, en Thurgovie^ et un homme
d'Arth^ au canton de Schwyz^ nommé Schindler. Tous
deux 9 autrefois exilés de leur pays , avaient pris par
dépit du service en Bourgogne. Ils promirent, si le
gouTernement leur accordait leur pardon , de révéler
les mesures du duc et la manière de les déjouer. Les
diefsy non moins désireux de ménager le sang des
braves que de remporter la victoire, ne dédaignèrent
pas cette offre : on connaissait les deux hommes ; on
les aceepiSL comme guides ^^^.
On disposa Tordre de bataille à huit heures du matin, au-delà de Tétang de Neuville. Le commandement de rinfimterie de Tavant-garde, composée de Zuricois et de Fribourgeois^ fut confiée à Guillaume Herter, à qui son expérience , son talent , son éloquence , ainsi
*** n ivait nnfention^ qu'il remplit effectivement , de s'emparer de fkii€S aeîgneors boargnignons pour en tirer une rançon. CampbelL La pofiitioD était convenue et importante , parce que l'ennemi pouvait recevoir des renforts de Luxembourg par la vallée de Metz. Paradin,
*■* Etterlm ; BulUnger, = M. ZeUwêger, Il , |08 , n. 125 , dît que ces àeiix b^Hnmes furent exilés pour avoir pris du service sous un prince^ étranger , sans autorisation. Mais on voit qu'en cette occasion l'amour de b patrie remporta sur toute autre considération , et que les Suisses les i^gardèrent comme de fidèles compatriotes et non comme traîtres en-<
que l'éclat de sa conduite devant Morât avaient coneilië TafTection et l'estime universelles *^''. Oswald de Thie^ stein commandait la cavalerie ^^^. La bannière était *^rtée par le fauconnier dom Julien de Vaudemont^'^ que suivaient avec joie le tôtard et un grand nombre de gentilsbommes de Lorraine ^^. Le chef de l'entreprise , le duc René y commandait l'armée principale, monté sur le cheval qu'il avait à Morat ^^ , vêtu de TancieD uniforme lorrain , gris-clair et rouge ; il ne se déguisa point, un manteau de drap d'or couvrait son armure ^; il prit position à l'aile droite, à la tète de sa cayakrie lorraine ^^ ; là étaient ses amis de Bitsch , Leiningen j
"^ « Vir Helveta8( erreur, il était de Tubingue), ampli nominis, Herthems miles. » Noos avops tu qnll était ansn conseiller de l'archidne Sigismond.
'^* Pierre dé B/orranelai donne que 2009 csherami d'après laitlitîon de Calmet, il pouvait avoir avec lui un égal nombre de euirasvers ( «hommes d'armes > ). C'est le comte Âbstein de la Chron, seand.
<!• Tnm..,. Donnojulins affuit....
Accfpitram oblitus.... qnos ipse domando Mneipibus percams erat, née intttilisbello.
** Parte nothàs Vademontis in bac , et fida Renati
Prsfecto juncta hic projMÎa tutela.
Ce • praefectua » était probablement Jacques Wyss , capitaine de li garde. René.
*>t • Un cheval grison nommé la Dame. • JR«W. Et cultnm se novit eqnos , coltore snperbos Magnanimo. Biamu
Vov. n. 877. Ce cheval avait probablement été guéri ; ou comine le duc en monta incontestablement plus d'un à Morat , ce fut un autre qoi fut tué.
•» • Une robe- de drap d*or à une manche de drap gris • blanc il rouge. René,
*'' Environ 780 chevaux et 800 des garnisons et de ses amis. CaAitf<>
uvas V. cHAP. I. AZ6
SAxkf tu oour ^*, tous les grands du pays ^^^. On avait
ràmi, dans le centre de ce corps d'armée ^^, toutes les
baniéres, sans distinction honorifique ^^^, afin d'éviter
h jiloQsie ; la plupart des cantons suisses ^^^ la ligue
isfiSneure , les troupes auxiliaires de l'archiduc corn-
huaient dans le gros de l'armée. A la gauche, en
tjtede la cavalerie alsacienne^ le grand Guillaume
de Rappoltstetn ^^ ^ homme grave , courageux y puis*
ant^ voulait prouver par son ardeur qu'il n'avait un
jour reculé qu'à regret devant Charles ^^^. Huit cents
bommes à l'arrière-garde ^^^ n'attendaient qu'un coup
^ Hoic reliqni patris primores, cleras et aols
Sanguis, et oificîis falgens majoribus, astat, Et qus Teutonico fatur Lotharinga boata; .... Arma potestatum.
*^ Nobîlitas eigo tota huîc sincera
Aderat Leoooeont , Ligneville. Rêtnjr.
<* t Toos emmj lia bataille en na flot. • Bini, '^ «Enrichissemens particaliers. » Les senlB Znricoîs ne Tonlarent pisse laisser enlever la bande de pourpre que Rodolphe de Habsbourg Inr avait accordée 199 ans auparavant , pour s'être battus vaillamment coDtreie roi Otiokar. Bemy.
*M lions n'avons pas trouvé de donnée précise pour savoir si les Lucersois se battirent à l'avant-garde , ou dans le principal corps d'armée« Les Seniois firent évidemm^t partie de celui-ci , puisque la Chron, icand. attribue le commandement à leur chef; de même Claris, Uri, Zoug, (Blarm : • Zeucba • ) , Unterwalden , canton qui perdit le plus d'hommes, 25 , qui payèrent de leur vie la victoire ; {Zelger et Buesinger, II, i 22 ) saos doute aussi Scbwyz. Bàle et Soleure marchèrent avec les Suisses. '* Successeur d'Oswald de Thierstein dans la charge de bailli autridiien d'Alsace. SchOpflin, AU, iltust. Il, 59^9 , 615. Blarru le représente comme un seigneur sévère et même dur ( • dominus in gente severus..... ....tntorqoe sui rigidissimus agri » ], et nous voyons dans Schdpflin qu'on àai Im rappeler f orgueil de Hagenbach.
*^ Ci-dessus n. 595. On bien avait-il livré Pont- à-Mousson? Il le semble d'après le récit de Blarrm, *** B(amc rappelle «postcuslodia. «
de canon pour signal. L'artillerie, peu considérable daos cette armée , ne joua pas ^^^. Tous marchèrent en bon ordre , serrant leurs rangs ®^^ , joyeux comme à uae fête militaire ^^ } le sol était gelé ; la neige rempUssiait Tair ; quand elle cessa , il resta du brouillard. Celui-ci trompa les Bourguignons ; ils firent une décharge d*artillerie tirée hors de portée ^^^. On escarmoucha comme si l'on ne songeait pas à une mêlée plus sérieuse ^.
L'armée suivit la route de Jarville. Prés de rennemi elle se mit en prière *. Guillaume Herter se porta sur la gauche ^'^ ; il suivit par un ancien et rude chemin ,
*'* > Sy , n'en besogna-t-on pas. • René , qui ajoute qu'il y arait eniiron 45 «faolcons.»
*'' «Serrés, non élendos.» Bmn^,
*'* • Fiers comme des lions, » c'est le témoignage que leur reod
René.
Ecce obi magnanimo cœperat gens Uelveta grenu,
c'est dans ces termes que BUtrrti débute; on croit entendre les pas de
l'année i
Saltantis et ipse auperims
Gentis gressus, bumumque pressam occupât omnemi
( Je n'ai pas le poème de Blaira à ma dispodtfon , pour rectifier le second vers et quelques antres çà et là, CM). « Us étaient tons bien di^)os et d'un esprit libre • dit le eamÊinuatetar de Kônigekoven.
*** Seconde relation dans le recueil des pièces de Cominee; Pwradùi; de même les autres.
*>* D'après le conseil de Vautrin de Wyss, qui connaissaitparfaitement la contrée. CaUnei, BUtrra, qui écrivit à l'instigation de René et sons sa direction, ne raconte rien des deux Suisses, pas plus que de Gampobasso.
'^ • Les Suisses s'arrêtèrent t un vieux prêtre de leur pays leur fil U • prière. Dieu combattra pour vous, dlt-âl, le Dieu de David, le Dieo des » batailles ! Tous s'étaient mis à genoux ; ils baisèrent la terre neîgeose. • Jlf. de BaraiUe,Xl, tA9. C M.
**' Audacb vocem Uertha*i fortissimam tota
Yix legio audierat.
LIVBE V. CHAP. I. 137
«uniliea des broussailles ^^^ le lit profond d'un ruis- MB, et monta par derrièresur la colline qui dominait le champ de bataille ; une neige fine continuait de tomber, fia qu'ils furait sur la hauteur , le soleil parut répan* dmt nue chaleur et un éclat extraordinaires^^. Lorsque k duc de Bourgogne yit qu'on l'avait tourné , il commanda en bâte à Gaillot de fortifier Taile droite et de donner à l'artillerie une direction opposée. Tout-àooup le cor d'Uri retentit trois fois sur la hauteur ^^. Trais fois les terreurs de la mort traversèrent le cœur de Charles; ce son, il l'avait entendu près de Morat ^K Soudain Herter , Waldmann , Eptingen ^^ , tous les nsÈÇi de l'infanterie descendirent à la course comme im torrent irrésistible; les plus agiles franchirent la baie et massacrèrent officiers et soldats de l'artillerie amemie ; la haie renversée^ les Bourguignons virent les bataillons animés par la fureur pénétrer dans leurs fiancs ouverts ^^. En cet instant. Charles se rdeva de sa sombre tristesse; il se montra a en grande assurance, B ainsi qu'un très-expérimeqté capitaine ^^ y » présent
'M n s'appeUe le vieax chemin dans la relation de R$9U. Qnaot à la nature de ce chemin , les témoignages sont unanimes.
o* Btiêrlm TQÎt là un miracle ; le soleil était brillant et chaod comme en été.
•M Tnm gravi , et noto per cœkm et tartara , cornu.
*** « n esbahit fort Monsieur de Bourgogne. » René*
*** Hemnann dISptiBgen , an service de l'aichiduc Sigîamond* commandiit Finfanterie rhénane et lorraine. Heuter,
*^* « Us sjB virent attaqués plus t6t qu'ils ne pensaient; un dç leurs rangs était ouvert. » Ctumi de Ifaney par deuxjêtmeê garçon» taistett dans la collection de fT. Steimer» « Gomme un impétueux torrent. » Patadia, • Plus oi^eiUeusement que jamais gens firent • Relation dans la Ckrm. eeandal. Pour le reste Edlibach, C'est prfes de Malegrange qirïls tombèrent sur le milieu du flanc gauche de l'ennemi, "* GolUi,
ea tous lieux, ordonnant, eocoungeant, rœfoTçam les positions , même couvert de sang ennemi ; Tinva* riable fidélité de Robempré veiUait sur sa personne } autour de lui combattaient Gaillot, Gontay, Nassau, le jeune margrave de Neuohàtel , de sorte que dans la dernière heure de la maison de Bourgogne , lui et eux se battirent d'une manière digne de Jean-llntrépide et de rbonneur de Philippe. Cinquante Suisses et Loiv rains sont tombés à cette place ^^.
A la fin , toute résistance dut céder à la supëriorilé du nombre et des forces ^^^ , à Tavantage du lieu ^'^ , au souvenir des batailles précédentes : Lalain tomba grièvement blessé en combattant avec valeur ^^; im même SMt dompta le courage de Gaillot ^^* ; la mort atteignit le bon Rubempré, contre le gré dek Lorrains ^^ ; l'espoir du secours des Allemands s'évanouit
**VLe8 oav«li€lrs T<sifUreat vigonreosemenit EdUbaek. EH&rlin avoue qu'on, fut mal mmé près de la h$kn Noos 9& popv^n» guèof admettre ce que dit Edlibach, qae les Suisses ne perdirent en tout que AO hommes , tués en pillant Gaillot repoussa le premier choc. CabneL ,
'** « Us frappèrent dedans tellement qu'ils furent incontinent défaits. > Chron, scandaL La résistance ne dura pas plus d'une demi-henre, selon les manuscrits de TsckadL
^^' Paradin parle de « cette grêle d'escoupeterie , • la Chron, tcand.f Paradin, CaLmet et d'autres , des « couleuvrines à la main. •
'** Mejrer, Ann. Flandr, Il fut fait prisonnier.
*** Il regnplit tqoB les devoirs d'on e^^celtoat géoéraL Paradin. U resta. Relation dans le recueil; Ediiback^ Le capitaine napolitain JoSr telin d'Albin, coQime EdUbaeh l'appelle , mourut aussi : preuve que. les Italiens se suivirent pas l'exemple de Gampahaaso.
*** Hoc in hoste patrem gens Nançejana piumque
Protectorem habuit Heu mitis genti clemensque
Sobactse.
Blarru.
Il fut enterré dans la ville près du duc Jean de Galabre. Paradin,