LIVRE V. CHAP. II. 14T
armes 9 surtout hors de la patrie''. C'est ainsi que, GhsBCaat leurs exploits^, ils revinrent joyeux dans les tSIcs et les cantons.
Qoe dut éprouver Louis XI , lorsque Lude , son confident^, entra dans sa chambre au pmnt du jour, et lui annonça l'issue de la bataille de Nancy et la mort probable de Charles? L'incertitude de cette mort tempéra sente l'éclat de sa joie. Cependant il résolut a à l'heure de ce grand épouvantement » de prendre possession de la majeure partie de ses États, en maître, si Charles était mort , et s'il vivait , sous prétexte de les protéger contre l'invasion des Allemands. Il se trouvait à Tours des seigneurs et des chefs militaires qui htrent sur-le-champ appelés à la cour, pour entendre la nouvelle ; le toi les fit manger à sa table. L'mtérèt qu'ils manifestèrent pour cet événement ne fat pas exempt d'hypocrisie; celui qui venait de succomber était le seul que Louis craignit, qui Me contint , et auprès de qui l'on trouvait un refuge
ffû pouvait fournir des caations. Gomme la faculté des arts libéraux (dans la soite la faculté de philosophie ) s'intéressa particulièrement au jeune bomme, l'évêque , en qualité de chancelier, ne voulut accorder à aucun étudiant de cette faculté le grade de maitre-ès-arts. Quelques Lucemois ifen plaignirent aux chefs de l^armée qui revint et leur offrirent du vin excellent et des fruits confits. Les chefs militaires parlèrent si haut que le chapitre craignit pour sa sûreté. L'évêque fut obligé de céder. fTari/cMn. 7 Exemple chez U même, p. 491.
* Voy. une des chansons, composée par un Bernois, dans SchUting; nous en avons trouvé dans la collection de Sieiner une autre composée par deax jeunes garçons, sa Voir RochhoU, p. 194 et 100. G. M.
* Il loi avait donné le surnom de « Jean des habiletés, » à cause de sa promptitude à trouver des ressources. Comines, V, 13, donne une idée de son caractère. Dans cette occasion , il coucha hors du château pour épier les courriers ; il prit de nuit les lettres importantes du courrier dont nous parlons.
ii% HISTOIBB DE LA. SUISSE.
contre le roi ^^. Le repas achevé , le bâtard de Bourbon^ grand-amiral de France^ et Philippe de Comines montèrent à cheval et reçurent Tordre d'ouvrir toutes les lettres, s'ils rencontraient des courriers ^ et, dans le cas où la mort se confirmerait, de se rendre ^i hâte vers la Somme ; bientôt arrivèrent les déclarations du jeune Golonna et du médecin portugais. Au-delà de la Somme, ils ne virent que morne tristesse, abattement^^, désespoir. La princesse Marie, âgée de moii» de vingt ans , apprit la bataille et la nouvelle va^e , long'-temps incertaines^, de la mort de son père, à Gand, environnée de sa belle-mère, de ses cousins de Clèves et des ministres de Charles. Sa situation était plus critique que celle dans laquelle nos pères ont admiré la dernière héritière de sa nouvelle famille, Marie- Thérèse. Le duché de Bourgogne, qu'il échût au vieux comte de Me vers ^^ selon le droit, ou à la France par la* force, était perdu pour elle; on ignorait quelles bornes Louis mettrait à ses projets; on voyait la Haute-* Bourgogne en grand péril, sans secours; toutes les discordes des villes et des États des Pays-Bas , ravivées par l'esprit de parti et l'amour de la liberté; la noblesse tombée; les finances épuisées; le lien. Tordre, l'amour et le respect anéantis; la cour de Londres consternée s^ ; l'empereur Frédéric tout plein de vues pour
** Comines rapporte qae dans ce repas ancnn d'eax ne mangea la moitié autant qu'à Fordinaire.
** ■ Tous bien épouvantés.... parloient en grand* humilité. •
^' £Ue le croyait encore en vie le 23 janvier. Lettre de la prineesse m président , directeur de la chancellerie et de la cour des comptes à Dijon ; dans le recueil des pièces de Comines.
** Son père Philippe , frère de Jean llntrépide, avait péri 6S ans auparavant, près d'Âzincourt. Cet héritier légitime ne reçut rien.
^* John Paston à son frère , Londres , ih février : te roi Edouard m-