‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 46 sur 127 · LIVRE V. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. II

profiter des circonstances à une époque où il se maintenait avec peine à Vienne contre les Hongrois ^^; Tardninc j^çismond songesint, au préalable , à réclamer deBUe l'iirçentde l'hypothèque que Charles n'avait psTOulu recevoir'^; les Confédérés sans plan"^, mais okMS et préparés.

Le roi s'empara du duché , non à titre de fief oufert, mais de fief diversement forfait'*^. Il fit promettre an prince Jean d'Orange '^ , le plus grand propriétaire de Bourgogne, la Ueutenance des deux pays ^^. Celui-ci proposa aux États assemblés à Dole et à Dijon ^, comme duie acceptable , que le roi prit possession de Dole , de Salms et de Gray , pour que Marie ne pût pas être contrainte par les armes à épouser un étranger dbntre soa gré. G*est ce qui fut exécuté , malgré la répugnance des TÎHes et l'opposition des États , ^vant que ceux-<;i

va grand conseil ; on est inquiet ao scjet de la révolotion importante de Boorgogne t • The world îs ail qaavering , it will reboîl lomewliere. • Fenn, UUen, II, 206.

*• Ckraniqme de Môlker, U71; Pet, S. B. Juetr. h

** Cmmpkell, BUU Bhmt; Bmrgkteekner.

* Gomme toajoon. D. L. H.

*' Hémamlt et dans le sens de la e|L n. 25. Gela explique comment Jean de Nevers fat oublié.

** Mari de Jeanne de Bourbon , fils de Guillaume qui avait épousé Calberine de Bretagne, petit-fils du bon Louis que nous avons vu depuis iétk à Grandson et ailleurs. ( Les mêmes biens passbreni aux Châteaugnjfoo, issus de Louis et de sa seconde femme Eléonore d'Armagnac j.

** Et la cassation de la sentence , que nous aussi trouvons injuste , tendue en faveur des Ghftteauguyon , au détriment de son père. Pourquoi ceux-ci auraient-ils hérité de ce que Louis avait acquis de sa première femme , Jeanne de Monlfaucon?

^ La noblesse siégeait à Dijon , à Dole les États de la Haute*Bourgognc et du fief de St. -Laurent. Dunod.

rompissent leur assemblée^^ Les États chargèrent l'archevêque de Besançon^ Charles de la maison de Neuchatel en Haute^Bourgogne^ de se rendre^ à la tête d'une députation considérable^ auprès des Suisses, pour obtenir la paix et du secours. Bien des seigneurs désiraient prendre part aux négociations^ dans Tespoir que des garnisons suisses- assureraient la liberté de la Hante-Bourgogne. Si tous les Confédérés avaient eu les vues grandes et souveraines de Berne, il n'eût pas été difficile de gagner les deux versans du Jura et une partie des Vosges, et de fonder une ligne respectable de peuples libres, depuis TEngadine jusqu'à la Saône, et depuis Strasbourg jusqu'à Bellinzone. Mais ce projet déplut aux vieux cantons des Alpes centrales, non-seulement parce qu'il les entrai* nerait dans des guerres , mais parce que leurs humbles vallées seraient entièrement éclipsées, et que, dans l'alliance dont leurs pays étaient le berceau, d'autres deviendraient leurs maîtres '. L'archevêque obtint une trêve ^^; pour accorder la paix on demanda àtitre d'indemnité cent mille florins ^^, et l'on écrivit préalablement au roi. Louis s'efforça de démontrer que

" GolUa.

* Ce fat sans donte nne faute en politiqne, maïs elle aurait été fort atténuée si les Suisses s'étaient bornés à se faire céder la limite des montagnes en appelant leurs habitans citoyens. Tonte antre inccurporation eût été peu durable ; les nobles , les bourgeois et le clergé de la Franche-Comté n'auraient pas consenti long-temps à servir MM. les Suisses comme sujets, n les fallait incorporer à la manière des Àchéens. D. L.H.

>' Bteiê d'une diète tenue à Netuhàtel, en janvier.

^' Les manuscrits varient à l'égard de la somme; nous adoptons la donnée de la charte, dans le recès de Neuchatel et n. àh. Antkeim parle de S 00, 000 florins.

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pbtt de cent soixante-dix ans auparavant la Francbe- Comtë avait été cédée à la couronne de France par le dernier possesseur; que des princes français avaient épmsé ses filles, que 4t'enx était issue la maison de Biwrgogne ^^ ; que la condescendance du roi ne changeait pas son droit ; qu'on savait du reste comment Charles avait toute sa vie foulé aux pieds ses devoirs £Sodaux ^. Peu de jours aprés^ TEmpereur écrivit aux États de la Haute-Bourgogne, que Charles avait con* firme, avant sa mort, le mariage de sa fille avec Far* dnduc Maximilien ^^; que père et empereur, il les eihortaii,. eux fidèles sujels de TEmpire, à ne pas prêter l'OTeille aux insinuations des étrangecs ^'^. Il chargea Vévéque de Constaaçe ^^ d'expliquer aux Confédérés k) relations de la plupart des provinces de Bourgogne avecVEmpire ^^, et de les recommander instamment à

^ Ottan , fils d'Adâaide de Méraii et de Hiigaes de Gh&lons; il moarat en 1303 ; ses sœurs épousèrent des fils de Philippe-le-Bel ; Jeanne (m. 1329) ent de Philippe -le-Long Marguerite (m. 1382), épouse de Louis ^ comte de Flandre, et mère d*un fils du même nom ; de cefan-ci naqoit la jeune Marguerite, épouse du premier duc de Bourgogne de la nouvelle ligne ( m. 1869 ).

^ Lettre da roi «,à nos amés et très-chers les députés de Messieurs de la grande ligue de la Haute- Allemagne , assemblés à B&le ; > Convernon de PauL Manuser, de Ttehudi, Il avait tort; comment le comte Otton annit-il pu céder son fiçf d'Empire à une puissance étrangère? Charles ne pouvait donc pas le forfaire au profit de la France. Il en était aatrement du ducbé. Comparez Goltuti,

** Dans le billet ci-dessus, chap. I , à n. 607.

^ GoUtti; du 12 février.

^ Otton , de la famille des Tnichsess de Waldbourg-Sonnenberg ( il ne fat pas universellement reconnu.) (Voj. plus loin.)

^ Proprement avec le royaume d'Arles , dont l'Empereur était le chef. Mais la nation allemande tient extrêmement à ces pays ( Itutrueiiomde Cévéque], *i'

leur bienveillance pacifique ^. Les CanfiUlërés prolongèrent la tréve^ et donnèrent même de plus grandes errances ^^ Afin de complaire à la maison de Wurtemberg, ik mirent pour condition ^^ qu^on rendrait la liber (ë au bon Henri, que Charles avait injustement fait arrêter ^.

Louis XI savait mieux se tirer d'embarras dans les circonstances difficiles, que mettre à profit les conjonctures favorables. Au jugement de ses serviteurs les plus expérimentés ^, il pouvait, par des procédés aimables et pleins de franchise , obtenir pour son fils la main de la princesse Marie avec tous ses États ; mais il employa intempestivement la violence et la ruse, et s'aliéna pour toujours les esprits. Malhabile à r<^ard des grands vassaux, il ne tint pas parole an prince d'Orange, et offensa ainsi la noblesse de la Haute-Bourgogne ^^, au point que tous les États se liguèrent pour chasser les Français ^. Cet embarras Fobligea d'autant plus à recourir derechef aux Suisses, que ses adversaires recherchaient leur alliance avec plus d'ardeur. Il envoya une ambassade à Berne. <c Les Confédérés, dit- » elle, ne peuvent pas ignorer les intentions que montre » la maison d'Autriche. Voudraient-ils être entourés de

** Poor qae la crainte ne les engage pas à se placer soua «ne domination étrangère.

** Beeés de Ltuerne , vendredi apr. Dorothée, 1&77.

*' Même reeés,

** Gi-dessas, t VII, tk^.

** Comintt : qu'il n'avait pas pris les choses « da bout qu'il les devait prendre. »

** Hugues de Chàteangnyon', Guillaume de Vergy, Claude Tonlongeon , Louis de Vienne, Guillaume de la Baume, VaulArey, AndeloL

'* GolUii : Il laissa à Graon la charge de gouverneur. L'orgueil de cet homme lui aliénait les cœurs.

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» trois côtés par leur plus canstant ennemi ? Ne vau* « drait-Jl pas mieux aider le roi y leur vieil ami ^ à » recouvrer les droits de sa couronne ? II leur devnuuidait six mille hommes auxquels il donnerait Ji tme solde considérable. Il paierait volontiers sur* «b-champ les cent mille florins que la Franche- » Comté ne pourrait jamais fournir, et même au-delà «de cette somme. Leur bienfaiteur connu, leur » protecteur puissant , valait mieux comme voisin I» que le gendre et la fille de Charles de Bourgogne. » Ces raisons, plausibles ou spécieuses, fortifièrent le parti français, et donnèrent à réfléchir au parti opposé. La France l'emporta. Le roi fit ensuite représenter à la diète de Luceme (c que son serment royal »Yobligeait à défendre les droits de la couronne; » qu'il ne devait y avoir aucune puissance intermé- » diaîre entre la France et la Suisse ^^. L'indépendance I» de la Bourgogne occasionerait des guerres infinies. n Des partis se formeraient pour la princesse , pour » l'Empereur, pour Maximilien , pour Sigismond ; Ji qaelques-uns rêvaient même la république. Le roi assi* » gnera les subsides des Confédérés sur la Haute-Bour- » gogne ^. Il sera leur ami pour le reste de sa vie^ et n ne mourra tranquille que lorsqu'il verra le dauphin I» uni à eux par les mêmes relations ^^. »

Dans cette diète aussi, Marquard de Schellenberg, maréchal du duc Sigismond, fit, au nom de l'Empereur, les sollicitations les plus pressantes pour que les

'' « Ce serait un verion qai voi» empêcherait de nous secourir. • ^ Partîenlièrement sar Salins , lieu important pour la Suisse occi*

dentale , & camte de ses salines.

^* Rteiê de Luceme, 43 avril 1^77. Ces recès se trouvent parmi les

manittcrits'de TêckHdL

Suisses aidassent le prince Maximiiien à s*établir dans la Haute*-Bourgogne. u Sigismond lui-même^ si les » Confédérés le soutenaient, leur fournirait autant d'ar- » gent que l'Empereur ou le roi de France ; la ville de » Venise et le duc de Milan recherchaient son alliance » à prix d'argent ; mais las des continuelles infidélités » des cours^ il désirait s'attacher pour toutes choses » aux Confédérés'; il se comporterait en bon voisin, n afin qu'après lui encore les Suisses fussent de bons 1) voisins pour son pays ^. » Les Confédérés en vou* laient à l'Empereur : durant la guerre, faite à l^irs périls, toujours égoïste, il ne les avait soulagés ea aucune façon ^^ Us étaient disposés à maintenir de bonnes relations avec Sigismond ; mais il leur parut difficile d'entreprendre quelque chose de plus contre la France; les espérances de la Bourgogne leur parurent peu solides; la demande du voi, conforme à son alliance *^. On ne pouvait consentir à ce que l'Autriche cernât la Suisse de trois côtés, tandis qu'il était possible d'obtenir de la France des boulevards et d'autres avantages ^^. On accorda donc au roi six mille hommes ^^. Bien des gens estimèrent qu^en ce point la diète dépassait ses pouvoirs. Les ambassadeurs bourguignons , «n parlant de la misère d'un pays innocent, de la cause de la liberté et

^^ IhiiL • Afin qne son pays et ses gens restent en paix avec nous après sa mort. »

** Nous l'avons vu , an contraire , détonmer d'eux les villes impériales ; ils ne reçurent do secours que de Sigismond d'Autriche.

" T. VII, p. 259.

** « Que la route commerciale de Genève à travers la Suisse soit favo-

• risée , que des châteaux tels que Jugey ( Jougne? ) qui n'appartiennent

• pas proprement à la Ck)m té soient abandonnés aux Confédérés. > Becét de Lummê. St. -Marc, 1477.

*^ Recè9 ibid., 91 avril. Ch, dans les Preuves de Cohicmcs. •

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d'im peuple qui avait donné des preuves de courage ^^, loodièrent le cœur des hommes de guerre. Au mépris dcsdéfenses^ plus de cinq mille hommes les suivirent ^% iaponémeiit grâce au nombre* Cette troupe^ ardente nais peu disciplinable, s'est battue contre les Français ifec grande perte , mais non sans gloire ^'^^' dans et devant Gy^ bourg des montagnes de la Franche-Comté; des Bernois ont sauvé Dole, en sacrifiant beaucoup de monde ^^. Les Confédérés faisaient la force de la maison d'Orange ^^ ; mais au retour^ un grand nombre de ces guerriers périrent à Berne et ailleurs par le glaive de la loi , dont se servit le parti opposé ^^. Le^ sen<tîmens île cette jeunesse étaient en contradiction flagrante, non-seulement avec les vues de tel ou tel par* armais avec l'honneur du gouvernement : Adrien de Bnbenberg était un homme parfaitement loyal, le docteur Thûring Frickard, ce greffier si considéré, on homme de la vieille roche, religieux, ami de Tordre. Les paroles les plus éloquentes en faveur de la Fran-

** Vktoîre des Frtncs-Comtoîs près da pont de Magny, sur Tavantgarde de Graon ; auparavant déjà Dole , Verdun , Beaune avaient chassé leurs garnisons. GoUut ; Dunod,

^ « Compagnons de guerre qui allaient k leur avanture. • Cantine».

*' Près de 8,000 Suisses restèrent dans ces petites rencontres. Seh'd» Img. C'était dix fois plus que dans la guerre de Bourgogne (Edlibaeh)^ où ils servirent régulièrement = C'est qu'ensuite des enrôlemens illé» gmx et irréguliers il se trouva , près de Gy et de Dole , des volontaires dai» les deux armées ; on y vit se battre Suisses contre Suisses avec leur opiniâtreté accoutumée. Chronique de Vadian, f* 462; Schilling, 5SS; ZeUméger, U, 115. C. M.

** Contre Craon. Fugger; StettUr; Duclos.

^ CoMiiief. n parle aussi du ressentiment du tm contre ce prince qu'il anrait vonln faire pendre on brûler. Mais le prince sut se maintenir.

^ Presque tous eurent la tétc tranchée. BuUinger. Schilling parle même de la roue.

che-Comtë ne purent amener la paix ^' ; les lois furent impuissantes pour arrêter les excursions illégales des volontaires ^ : une diète solennelle fut convoquée en conséquence à Zurich. Les ambassadeurs bourguignons^ faisant allusion à la vieille et bonne amitié sous Philippe-le-Bon ^ rappelèrent combien leur cause était honorable ^y tandis que le parti français^ en conseillant des choses indignes ^^ et même impossibles ^^ trompait l'équité naturelle des Suisses ^. Les Français opposaient la promesse qu'ils avaient subitement obtenue à Lucerne , et des offres d'argent plus considérables *. Les membres de la diète, pressés par la foi de la parole donnée et par une irrésistible sympathie ^^ pour les malheureux , trouvèrent un moyen terme dans le rôle de médiateurs ^^. Trois héros de la bataille de Morat, Waldmann^ Bubenl])erg et Imhof, landammann d'Uri^ furent députés en France ; deux autres, le boor^

** Prolongadcm de la frère et intercenioD auprès da it>L B$céê de Lueeme, ii juin.

** Même reeés, et dans la semaine de Pentecôte.

^* « Pro libertate tnenda et fide servanda. > Relation de cette ambee- *ade, qui m'a été commanîqnée par un savant investigateor de l'histoire, M. le diacre CUês, de Schomdorf en Wurtemberg.

** De rendre la Franehe-Comté tributaire.

** De payer sur le champ et sans délai ce qui avait été promis alon qae ce pays était encore uni à la Bouigogne.

** Qu'il fallait considérer combien ils avaient SQafTfn't , tandis que la Soisse n'avait pas soufiert du tout , et que la guerre n'était pas nationale, mais le résultat d'offenses personnelles.

* Quelle honte ! et certes elle n'appartenait qu'aux gooveroans. O. L. H.

*' A« point que Bmlet slmi^gine , mm à tort , qu'il existait une alliance formelle avec Marie ; GolUa connaissait mieux le fait , mais il pouvait à peine se l'expliquer.

** Pendant ce temps on ne mit pas sur pied les 6,000 hommes.

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motre GôMli et le landammann Didier An der Halden^ dans les Pays-Bas ^^ *.

la Haute-Bourgogne accueillit les députés comme deshommes sur lesquels reposait Tespérance du pays ^^; le commandant français , au contraire, le sire de Cnon ^^, qui ne voulait pas entendre à une suspension des hostilités 9 les reçut avec des manières fort hau-* tsÎDes. La seule faveur qu'il accorda, sur leur intercession, après la prise d'Oiselet, fut de ne pas faire pendre les Bourguignons qui avaient défendu cette place, mais de les faire décapiter et jeter dans les flammes ^. Son orgueil ne voulait d'autre moyen que Ja TÎolence ; il espérait par des traitemens cruels soumettre le pays à son joug, et, à force de grossièretés et de fanfaronnades, détourner les Suisses de prendre put à la guerre; homme audacieux, avide, chargé d'embonpoint, et qui n'avait rien d'avenant ^^. Les dépotés comparèrent son ton tranchant avec les paroles bienveillantes de Jost de Sillinen, évèque de Grenoble, qui plaida auprès d'eux la cause du roi avec le plus de succès^^. Us firent mention des puissances allemandes , et Jean Waldmann ne put retenir une me-

** SeAUUng. Aux frais do gooTenement on des États de Boai]gogoe. N. 60.

* Envoyer de pareils hommes était déshonorer son caractère. Il fallut attendre Louis XI chez soi. D. L. H.

** NoQSSoiTons le rapport général de Walémann, Bubenberg tilmhof^ du 24 août; noos n'avons pas trouvé la date do lien, ce pourrait être Giay.

'* Geoige de la Trémouille , sire de Graon et Jonvelle.

^ Il agit ainsi par vengeance ; lorsqu'il eut été battu près de Vesool ^ kl gens do pajs ne firent pas gr&ce à nn seul Français. Fugger,

•I CominMM VL

*^ Il répondit qn'il se moquait des prêtres.

nace^. Pour la première fois depuis la mort de Char^ les , ils éprouvèrent l'iDsolence d'un insultant orgueil qui, dans sa première effervescence, ne respectait pas même le droit des gens^^. La colère et la haine enflammèrent lenrs àmes^*^. Même quand Craon se contenait pour les traiter avec politesse , ils sentaient que les Suisses sympathisaient bien plus avec le caractère allemand®^. Ils reconnurent vivement qu'une loyauté

*^ « Qoand nons sortîmes de la tente il m'échappa ane parole gros-

> siëre : Sacr.... ! si Ton nous dédaigne ainsi , on nous trouvera plus tôt

> qu'on ne pense. • Sur cela, on baissa un peu le ton« «bII ne fallait pas i^abaisscr au point d'aller chei Graon. D. L. H.

** n fit mettre à la torture nn messager qu'ils lui avaient envoyé , afin de voir si les Confédérés prenaient les choses au sérieux et si oo avait à craindre réellement une guerre. Mais le roi lui-même fit mettre aux fers un messager du bourgmestre GÔldli, de Zurich . et du landammann Dietrich , de Schwyz , et lui fit enlever ses lettres {ucond rappoH) , pour voir ce qu'ils avaient n^odé avec Marie, ss Juste récompense de leur impolitique conduite à T^ard de la Bouigogne ! Si ces fameux hommes d'État, dont l'auteur loue avec tant de complaisance les taleos et les vertus , en avaient eu , ils auraient , à l'instant même , usé de représailles, déclaré et fait la guerre à Louis XI; nui» iU t'itaietit vendus. V. L. H.

*' « Par la vérité divine, nosseigneurs, vous n'aves jamais vu une race

• plus exécrable , plus impitoyable , plus dissimulée. Nous sommes affli-

• gés au fond du cœur que la fidélité gardée an roi soit ainsi dédaignée,

• et qu'on nous trompe avec de Targent et de belles paroles; ce qu'ils

> ont écrit et scellé , ils ne le gardenC pas. »

** t Ne vous laissez pas engager par l'argent du roi ni par les paroles » mielleuses de ses conseillers à faire des choses que ni» deseêndan» ex-

• pieraient. Je voudrais que nous eussions moins affaire avec les FVan-

• çais , comme au temps de nos pères et alors que nous-mêmes ne rece-

• vions point de pensions et n'en conservions pas moins nos gens et no-

• tre territoire. Nosseigneurs, restons Allemands ; la langue française

• est infidèle. » Ne croit-on pas entendre Bubenberg ou un des héros de Marathon envoyé en ambassade en Perse?

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