LIVRE V. CHAP. II. 1C
ks Suisses et même Sigismond^ ceux-là eussent pu être gagnés en faveur de T Allemagne; mais^ par la bote^ sans doute, de la noblesse de rAutriche antërieore, chaque fois que les Suisses paraissaient se hrooiller avec la France , on les traitait d'une manière équivoque ou avec indifférence®^; dans un pays tranillé par Fesprit de parti et par la vigueur même de h population , il fallait une sagesse plus qu'ordinaire pour garder ce juste milieu qui obligeait les voisins à donner de bonnes paroles et les empêchait d'abuser de lenr force.
Après que les cantons eurent pris connaissance des relations de leurs ambassades en France et en Flandre, dans les premiers jours de Tan 4478®^^ une diète se réunit à Zurich ; là parurent les députés des huit cantons de la Confédération suisse^ ceux des alliés et de la ligue inférieure, les ambassadeurs de TEmpereur, du roi ^, des archiducs Maximilien ^ et Sigismond ^^, le duc René en personne ^, en personne aussi avec une suite nombreuse Charles de Neuchâtel^ archevêque de
^ Rtcéë de Ltueme, commencement de jaillet 1479 ; on se plaint de ce qne les États de rAutriche antérieiire tardent incroyablement à sceller les traités avec l'Autriche. Reçè» du commencement de septembre : beaucoup de lettres et d'invitations pressantes demeurent sans réponse. En effet, la cour du bon Sigismond n'était souvent pas maltresse d'ellemême, et l'Empereur n'agissait pas loyalement
*' Lundi ap. le jour des Rois.
^ Le chef de l'ambassade du roi était Jost de Sillinen , évéque de Grenoble. Schilling.
** Le comte Hugues de MontforL Anthelm.
*^ IjC maréchal chevalier Marquard de Schellenberg et quatre au très avec quarante chevaux. Edlibach,
** Avec trente chevaux. Id,
Besançon ^^un grand nombre de comtes , de seigneurs et de chevaliers ; les séances étaient ordinairement fté^ quentées par quatre cents personnes. Il se rassemblait aussi là tant d'aventuriers revenus des armées , qu*on défendit à Berne, sous une amende de dix livres, de se rendre à Zurich sans mission ^} ils faisaient renchérir les vivres^^, et s'efforçaient d*entrainer la diète dans des guerres. Cette assemblée mit fin à la guerre de Bourgogne. Les Confédérés, dans le sentiment que quelques présens imposés ne devaient avoir aucune influence sur les objets d*intérét public ^^, conclurent une paix perpétuelle avec Marie et Maximilien ^^', et renoncèrent, moyennant une somme de cent cinquante mille florins , à toutes leurs prétentions sur la Haute- Bourgogne résultant du droit de la guerre ^^^. Les
*^ C'est lui que nomme la Ch., et non Quentin de Flavigny, qui mourat octogénaire seize ans auparavant
•• SehiUing.
** Un muîds de vin valait neuf livres, une grive deux scfaelliogs , ce qv^Edlibach trouve fort cher.
A«o I^e 22 août 1478, le Pelit Conseil de Berne, le 23, le Grand Gobseil, peu nombreux, le 24 , le même Conseil, dans une séance où assistèrent beaucoup de bourgeois , avaient discuté si l'on pouvait accepter les présens offerts par Sillinen le 21; enfin , le 27, la commune de Berne décréta : « qu'on pouvait accepter ce que le roi offrait ; mais que l'honnenr • et le devoir exigeaient qu'on n'en agit pas moins en hommes loyaux ; m que si cela ne convenait pas au roi, on n'accepterait pas ses présens. • An$hebn,
**^ CA. 24 Janvier, conservée par Jean Roll , un des serviteurs de Maximilien. (Daeli, MiscelLanea, I, 253.) Luceme, plus dévoué à la France qu'aucun autre canton, ne prend point part à ce traité. De la ligne inférieure se présentent les évéques de Strasbourg et de B&le, leurs villes , Golmar, Schlelstatt , le duc René aussi. L'archevêque de Besançon , la ville de Salins, avec laquelle on faisait nn grand commerce de sel , les villes de Gand et de Louvain, avec qui l'on avait le plus de relations commerciales, signèrent aussi.
t» Schilling.