LIVRE V. CHAP
oison de se rendre ^ ^la menaça de la pass w au fil de Yépie. Les soldats déclarèrent qu'ils attendaient Tévénement sans crainte ; ib brisèrent les poêles et lancèrent des projectiles du haut des créneaux ; car tous les bourgeois avec femmes et enfans s'empressaient de remplir de paille les fossés du ch&teau pour mettre le feu à la charpente. Soudain les assiégés firent une sor* tie; le comte fut blessé^ le peuple s'enfuit^ la surprise arrêta rennemi. Les Suisses^ maîtres du terrain^ vidé* rent les caves et les garde-manger du voisinage ^^ , coururent vers Téglise, où l'ennemi tenait conseil contre eux^ et emmenérent^la serpentine. Us mandèrent à Berne qu'actuellement ils espéraient se maintenir ^^. Le messager ayant répandu sur sa route le bruit de cet événement ^ le commandant bernois de Payerne se hâta de leur amener un renfort de quatre-vingts hommes ^. Aperçus avant leur arrivée , ils furent pris pour Tavant-garde des Confédérés. Tous les habitans dTverdun avec leurs femmes et leurs enfans se chargèrent de leurs* meilleurs effets et s'enfuirent en hâte avec Romont; déjà les faubourgs brûlaient, incendiés par la garnison du château ^.
Les cris du massacre retentirent au milieu de la nuit jusqu'à Grandson. Brandolf de Stein, commandant de k garnison ^ se défiant de ce qui pouvait arriver j descendit du château dans la ville , accompagné
** Us fondirent des bonlets avec des assiettes et des pots d'étain. SMlUng,
** Us résolurent de venger la mort de deux Suisses. Id,
*« Ckrmu de Neuek
** Missive n. S6. «Tverdnn, «cette malheureuse cité, faillit ôlre anéantie dans le cours de ces guerres. Le pillage et l'incendie l'avaient totalement minée. Il n'y restait que des cendres et des pierres réduites
12 HISTOIRB DB LA 8UISSE.
de deux sorviteurs'^ pour ordonner certaines dispositions. Des traîtres s'élancèrent de quelques étables ; une partie des bourgeois se joignirent à eux^®. De Stein fut pris et amené en face du château. La garni-* son déclara savoir qu'il aimait mieux perdre la vie que la racheter au détriment de l'intérêt public. Il fut en conséquence fort maltraité ainsi que ses serviteurs^ et emmené en Bourgogne ^^. Albin de Sillinen retourna en hâte à Yverdun. L'avoyer de Waberq mit dans cette
en cbaax. La ville et les faubourgs étaient déserts; les trois quarts des babitans , absolument privés de tout bien , Tavaient abandonnée , et , comme des pauvres, n'ayant que leurs b&tons , allaient chercher leur vie en mendiant et errant çà et là. Les passans rapportaient les plus Iristes choses de la solitude et de la dévastation de cet endroit si florissant naguère : ils n'y avaient entrevu que quelques figures, douloureuses , apparaissant parmi les ruines, et combattant avec les tisons, la chaux et les pierres; c'était le petit nombre de ceux qui, ardemment affectionnés à ce lieu jusque-là favorisé du ciel, et n'ayant pas perdu tout espoir, tâchaient de relever quelque édifice ; mais i l arrivait souvent qu'au moment où il leur semblait debout, il retombait en poussière, le feu ayant pénétré jusque dans l'intérieur des murs. Quatre ans après , il en était encore ainsi dTverdun , que la tourmente de la guerre avait presque arraché du soL » Grenaa, doeum.j p. iOi n. et 102 ; Chron, de la guerre de Bourg,, et d'après ces sources Olivier, C, de Faud, p. 738 et 759. — La chronique de Bourgogne fait rester à Yverdun les femmes et les enfans avec deux hommes • qui toujours par avant leur avoient fait bonne compagnie. • G. M.
'* > Les bourgeois n'avaient pas été unanimes pour cette trahison. • J^allinger, » La chronique de Neuciiâtel rapporte le fait un peu différemment : • Advint que par une nuict, heure de souper, le Cappitaine qui
• estoit homme de bien de la ville de Berne , pensant estre en seureté, t alla souper en la ville et avec luy cinq ou six de ses hommes, lequel
• fust pris prisonnier par les dits bourgeois (Bourguignons) et ce fust
• par une trahison que luy fust faicte tant par ceulx de Grandson que » par un Cordelier. > C. M.
3^ Lettre de la ville de Berne au margrave Rodolphe l'invitant à obtenir l'élargissement de de Stein; la trêve durait encore; ils menacent mercredi ap. St. Antoine. Schilling, Siettler,