LITRE V. CHAP. II
m»it leurs entreprises d'après leurs forces. 11 n'y avait pdnt de système de crédit public. On empruntait de Targent des villes commerçantes sur la caution de villes plus ou moins libres. La Savoie se trouva dans un embarras de ce genre, obligée qu'elle était de payer la GûQtribution de guerre et les cinquante mille florins jwor lesquels le Pay*-de-Vaud était hypothéqué. Yohade pressait d'autant plus activement le rachat, qu'une grande partie de son douaire lui était assigné sur le Pay»-de-Vaud ^®^. Elle reconnut une solide alliance avec les Suisses comme la condition première de raffermissement du gouvernement'^^. La réintégration de la duchesse ne rencontra pas de difficulté, parce que les Bernois ne pouvaient guère se maintenir dans lePays-de-Vaud sans le secours des Confédérés^, et que ceux-ci n'étaient point disposés à servir d'instrumens à Jeors conquêtes '^^. La question essentielle concernait Fribourg : cette ville serait-elle un boulevard de la Suisse y ou , comme sous l'Autriche , une place d'armes
**' i 0,0 00 écas conronoés. ïitcii <t Annecy (qu'ils écrivent Nessi}. SL-Georges. La paix y fnt arrêtée le 23 avril.
'** A la même diète.
iM Une dépalation de Confédérés avait cherché les sommes jeudi av^ Esto mihi. Recis de Luceme, S5 mai, où se trouvèrent les huit cantons, Fribourg, Solenre, ainsi que Bienne et la Savoie. Là fut accepté le fndé de paix, par lequel « Je Pays-de-Vaud , qui aurait d6 nous échoir
• et nous demeurer , a été de nouveau abandonné par amitié et pour
• 50,000 florins , et devra appartenir à la Savoie à perpétuité. » A Taveoir « en cas de prétentions formées par les Confédérés , Tévéque de Lausanne sera l'arbitre de la Savoie , Févéque de BAIe, l'arbitre des Suisses , Henchâtel, le lieu de l'arbitrage. Outre Tévéque Jean-Louis, le comte linos signa comme témoin. La participation de Bienne avait été décidée à Annecy. Cette ville était commerçante , et , dans les vieilles guerres comme dans les nouvelles , elle avait servi loyalement , avec courage et àacifraîs.
contre Berne ^''*^? Ce point et des négociations à terminer avec le Valais firent différer pendant quatre mois la conclusion de TafFaire^'^^ Cependant la duchesse Yolande^ courbée sous le poids, non des ans^''^, mais de chagrins divers et de l'inquiétude pour ses enfans en bas âge, déclinait et souhaitait la consolation de voir résoudre encore cette difficulté à cause de Philibert.
Le 23 août 1 477, vingt-cinq ans après que Fribourg fut passé de la suzeraineté de TÂutriche sous la suzeraineté savoisîenne ^"^^ , se présentèrent dans ses murs des plénipotentiaires de la duchesse régente de Savoie ^'^*. Sous la médiation des Bernois ^''*, qui insistèrent avec persévérance en faveur de la liberté de Fribourg ^^*^, cette ville se chargea d'une partie considéra-
*'* La Savoie avait expressémenl réservé dans le traité de paix ses droits et sa juridiction sur Fribourg.
^'* Trêve entre la Savoie et le Valais jusqu'à la St-Mtchel , i477. Reeéê n. 167. La Savoie désirait recouvrer ses anciennes possessions en Valais, et demandait des indemnités pour les ch&teaux ruinés (t VU, p. S49.
*^> Elle était née en i^SS (Guiehenon) ; il faut rectiCer d'après cette donnée le récit d*Àn$helm^ qui la croyait plus ftgée que le roi son fr&re.
*'' hes pUinS'pottvoirê sont expédiés par « lolant, primogenita et so- > ror christianissimoram regam , nomine filii nostri; • Turin , 30 juillet; Yacte est du 23 août, la ratification du 10 septembre. Schilling ^aïk aussi d*une conûrmation par les trois villes et la campagne. La ck. n. 182 montre suffisamment le consentement de Jean-Louis; Tobjection partiale de Guiehenon contre la l^alité du traité, qu'alors personne absolument ne contestait , n'a pas le moindre fondement
'^* Dont le premier, Urbain de Cbivron , était un homme très-considéré, protonotaire du pape et abbé « samedei » («S. Amadei » j, le second • magniûcus dominus de Menthone ; • il y en avait encore trois autres.
'^^ r Speciali medio, promotioneet hortalu. •
«" Schilling.
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b\e de la dette de la Savoie ^"^^ ; Tavoyer, le conseil et la commuDe^ hommes et femmes, jeunes et vieux ^''^ furent d^gés de leurs sermens , la charte d'affranchissement fut expédiée, et, dans la trois-centième année de sa fondation, cette ville devint pour la première fois entièrement indépendante ''^®. Elle arbora ensuite J ajgle d*£mpire. Elle donna pour hypothèque la seigneurie autrefois si puissante de Montagny. Quelques jours plus tard , Yolande conclut pour Philibert une alliance avec Berne et Fribourg ^**^. Peu après, Jean-Louis, prince-évêque de Genève ^^\ fit avec ces deux villes un traité decombourgeoisie pour lui et pour Genève ^^^. On autorisa les Bernois à terminer l'affaire du Valais à Tamiable ou par sentence arbitrale '^^. Le
^'^ LeeipiUl considérable de 25,600 florins» dû à Strasbourg ; Friimarg prend 10,000 florins à sa charge et emprunte le reste sur i*hypofbègiiede Montagny.
''' Ainsi qu'ils avaient prêtô serment autrefois , t VI; 868.
'^ Sons les Zseringen de 1178 à 1218 ; sous Kibourg jusqu'en 1277 ; aoos Dabsbonig jusqu'en 1452; sous la S a voie jusqu'en 1477.
'** CA* Berne, 18 août 1477. Les limites de l'alliance sont : La Liramal, le Haaenstein, Pierre-pertnis , les diocèses de Lausanne, de Sion, de Genèvey'ponr le cas, p. e. , où les Bourguignons ou bien des étrangers venant de ce côté, envahiraient le territoire d'une des parties. C'est pour cela sans donte que le roi déclara (C/i. Plessis-les-Tours , 3 nov. 1477) que son alliance avec les Suisses avait le pas sur celle-là. HoUer, colléelion des alUanceê»
^** Noos l'appelons ainsi suivant l'usage. Il était proprement administnteor et gooverneor ( « perpetuns administrator • ).
**^ Noos avons sous les yeux la Cb. du 14 nov. 1477 en allemand et en latin. La route commerciale y est présentée comme considérant prin- Qpal. En cas de plainte des villes , l'évéque de Lausanne est arbitre ; en cas de plainte de Jean-Louis, c'est le comte de Gruyères ou de Neuchfttd ; le licji de Farbitrage est Lausanne. Le traité est fait pour la durée de sa vie; son peuple ne voulait pas d'alliance perpétuelle. Spon.
*** Dans le dernier cas Berne doit prendre conseil des Confédérés.
Chablais fut rendu , mais le Bas- Valais , porte du pays, resta aux Valaisans '**. Ceux-ci, en diète publiquement tenue dans la grande salle du château de Majorîe , remirent Tadministration à Walther Von der Flûe, évêque et comte du Valais *^*, offrirent aux nobles des dédommagemens équitables **®, et réjouirent le peuple par des bienfaits **''.
La duchesse mourut avant la majorité de Philibert ^^^, peu de jours avant le mariage de sa fille ainée avec ce prince napolitain que nous avons vu figurer à Grandson et àMorat^^^; le jeune margrave Philippe épousa la princesse Marie ^^ ; la douce Louise consa-
^^ Noos n'avons pas trouyé raccommodement on la sentence » maïs la n. 185 en fait voir le résultat
^** Ch. • In stupha ( allem. « Stobe» • chambre ) magna castri Ma* Jorîs , de causa terrarum et homînum a Morgîa Contegîl ( Conches ) inferius; » Si déc. 4177 (tu 88 des mscrs. de Hohendorf dans la Bibliothèque impériale de Vienne). « Nobiles se amplius inlromittere non debent > ( la noblesse campagnarde du Bas-Valais ) ! 11 nomme des fonctionnaires»
!•• Chacun recouvre ses propriétés ; ceui qui ont émigré paient poor les frais de l'administration i;8 de leurs revenus tant qu'ils les retirent, mais en cela l'on dpit agir • humanitert • on bien on leur compte pour ce 1;8* le produit de leur juridiction | leurs créanciers ne doivent pas les inquiéter pendant une année , mais ils doivent eux-mêmes revenir dans le courant de cette année.
**' Excepté pour la défense du pays, les pauvres gens sont exempts de corvées et d'impôts ( • talliabilium servitutum •) ut »e aliquo modo refec' foa videanU
«s* 29 août 1678. Gaichtnon. Ce ne fut donc pas quelques |our9, comme le pense Schilling, mais un an et six jours après l'acte de Fribourg , si du moins il ne parle pas de la conGrmation par les État& Adrien de Bubenberg fut dél^ué en Savoie pour exprimer au duc la condoléance de Berne.
*** Dont la fille renouvela les prétentions, souvent combattues, de la ^remouille sur Naples.
4'* pont la fille fit passer Neuch&lel aux mains de princes français.