LIVRE V. CHAP. II
était plus facile de rétablir la confiance entre les gou- TememeDS qu'entre les peuples '^^ .
Jhns le temps même où Tambition insatiable de Ciiarles de Bourgogne lui coûta la vie devant Nancy ^ Galéazzo Sforza^ duc de Milan , odieux par sa volupté eflrénée et par sa barbarie^ fut assassiné dans une église desa capitale^^. A la renaissance de Tétude des grands écrivains de Tantiquité , alors que bien des hommes se contentaient d'admirer la simplicité majestueuse de leur langage^ des esprits d'un ordre supérieur furent enflammés de l'amour de cette organisation sociale qui développa si admirablement la vigueur et le génie des Grecs et des Romains ^^. Tel est le triomphe et la noblesse de l'esprit humain. La puissance des tyrans qui ébranlèrent le monde , la terreur qu'ils répandirent , leur joug enfin ont disparu avec les tourmens de leur conscience et les soupirs des nations; mais aujourd'hui vit et agît encore, plus même que dans l'origine, et jusqu'à la fin du monde vivra et agira ce que de grands
pé en Savoie à ce sujet l'an 1481. Prononcé dans le différend entre la Savoie» le Valais et Berne , 1482, dté par Amhelm,
^M 6vr la plas légère apparence d'un monvement dans le Pays-do- Vandt les districts de la campagne de Berne prirent les armes contre le gié des antorités, qoi eorent bien de la peine à les contenir. Amhelm, 1480. ss On n'y avait pas oublié le pillage exercé Tannée précédente.
^* Sdon Edlibaeh, le jour des Rois 1477, celui de la bataille de Nancj, mais, selon Macehiavel, Storie Florent. VII, le jour de St. Etienne 1476. Le premier n'indique peut-être que le jour où l'on apprit le fait à Zurich.
^* Surtout comme la plupart des États italiens étaient gouvernés par des usurpateurs durs et avides; l'esprit de l'antiquité se concilie avec de bonnes monarchies ; où cultive-t-on plus la littérature classique que dans ta Grande-Bretagne? Mais ses rois sont en sûreté depuis que les sujets le sont anssi.
esprits ont déposé dans des ouvages immortels pour soutenir, diriger, enflammer les âmes , sans autre puissance que la sympathie des gens de bien. Aujourd'hui encore le naturel d'Hérodote nous charme, la douceur de Xénophon trouve le chemin des cœurs, Polybe instruit, les foudres de Démosthéne ne sont pas éteintes, et Gicéron proscrit encore Antoine^^*. Il y a des temps d'insensibilité, mais ce qui est éternel trouve une fois son temps. Les applications peu sages amènent des malheurs , mais la bonne conscience en dédommage. C'est ce que sentirent Giovan Andréa Lampoguano, Carlo Yisconti, Girolamo Olgiati, jeunes Milanais nobles et riches; c^était le fruit des leçons d'un maître, leur ami. Galéazzo avait séduit les femmes des deux derniers, et, suivant sa manière, il s'en vantait; il avait menacé outrageusement le premier, qui lui reprochait d'avoir manqué à sa parole ^^; ils se rappelèrent alors Harmodius , vengeur de son ami Aristogiton. Ils conspirèrent^^. Au jour fixé, ils se rendirent avec un grand nombre de servifeurs et d'amis, qui n'étaient point dans leur confidence , à l'église de St. Etienne,
^* Ainsi Fentendait FeiUiui , H, 60, où il parle encore en Romain.
**^ Cela concernait la prévôté Miramondo que le pape donna, da consentement de Galéazio, à un parent de G'ioy^n-Anéréo-Maechlapel, complété par Edliback, dont le père, Gérold, fut employé dans les affaires milanaises ; sa relation mérite 'ainsi conflance; il dit que le duc s'exprima dans ces termes s « Si j'ai eu le pouvoir de le promettre , f u » celui de retirer ma parole et de te faire pendre ; » que sur cela Lampognano quitta tristement le ch&teau.
'*' Macchiavel ne parle que d'eux ; Edlibaeh en mentionne un doqoième. Ce qu'il dit qu'ils mêlèrent de leur propre sang à leur vin i semble peu naturel de la part d'hommes cultivés; maisjde quoi le cœur humain n'ost-il pas capable?