‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 7 sur 127 · LIVRE V. GHAP · texte numérisé non relu

LIVRE V. GHAP

TÎlie une garnison de deux cents Bernois et Fribourgeois; trois habitans qui se fiaient aux Confédérés étaient seuls restés dans la ville ^^« Comme les ennemis, journellement plus nombreux, occupaient tous les vil* lages environnans , la garnison mit le feu au château , et se fraya le chemin jusqu'à Grandson.

Le duc de Bourgogne quitta Besançon le 6 février;

tandis qu'il campait à Chàteauneuf , prés de Villafons,

messire Louis de Chàteauguyon sonda le passage de

Verrières. Henri Matter , membre du conseil de Berne,

ayant refusé de le laisser passer prés de la tour des

Bayards , il menaça de faire pendre la garnison ; elle

répondit qu'elle n'avait peur ni de lui ni du duc^'. Il

se dirigea donc par Rivière, à travers les décombres

de Jougne et d'Orbe^ sur Grandson , où il trouva les

premiers ennemis*®; leurs troupes couvraient le pays

romand. Lausanne entretenait des relations amicales

arec Berne; quinze cents Italiens, que Nicolas de Cam-

pobasso commandait sous les ordres du prince de Ta-

rente^ forcèrent cette ville à capituler *^ Genève avait

acheté sa sûreté des Confédérés; un matin, le comte

de Romont vint avec trente chevaux seulement pour

l'en châtier; il infligea un supplice ignominieux et

cruel à des citoyens considérables et à des membres

du gouvernement*^. L'armée bourguignonne formait

** Us fareot sans doute récompensés; voyez sur leur mérite d. 25. s Voy. aussi la fin de la note 55. G. M.

** Chronique de NeuehâieU

«• D'après les comptée du Grand-Mattre de la cour ducale dans les pièces annexées k Comines.

*^ PoHiue Heuier, rer. BwrgwedU, ; Matii chron. Germon, 1 , 29.

*s Relation d'un St.-QaUois (vers i482} sur ta guerre de Bourgogne, dans la collection de Uallcr, t. VI.

Rômerstall deux cents hommes de Bienne^^. Berne adressa une sommation pressante aux villes et aux pays de la Confédération^^, à rarchiduc, à la ligue inférieure et à Louis XL Elle pria les premiers de ne pas s'effrayer du nombre des ennemis ^^^ et de se souvenir que le salut de leurs frères^ les Bernois, dépendait de cette journée ^ ; elle pria le roi de réfléchir à quels expédions il les forcerait de recourir en les abandonnant^. Les Confédérés , anciens et nouveaux, prirent les armes. Berne ne demanda qu'une chose , c'était de ne pas entreprendre des sièges^ mais de marcher droit à l'ennemi partout où il se trouverait ^'^. De Strasbourg a Inspruck et au St.-Gothard tout le pays se mit en mouvement, avec quelque lenteur^ il est vrai, parce que sa pauvreté le privait de bien des ressources^. Les villes impériales du voisinage donnèrent des espérances ^^.

*^ D'après Tindication de 1492 (ci-deasous n. 90) Berae avait précisément près de Grandsoo 7,130 hommes, Fribourg 828, Soleure 918, ' BieQne212; total 9088.

^* Sompiation de Berne d Luceme, mardi avant Valentin ; Siettter cite une missive écrite en hâte à la même ville le jonr de St Valentin. On envoya, dans les Cantons les anciens avojers Thûringde Ringoltingen et Pélermann de Wabem.

^ Car t nous ne noos arrêtons pas au nombre ci-dessos mentionné • (de 60,000 hommes). Sommation n. 53.

^ « Tontes nos affaires dépendent de cette expédition. • Berne à Viveque de SioH, Mardi avant la fêle de la chaire de St. Pierre.

^' « Gela ne procurera pas beaucoup d'avantages à V. M. > Berne au roi, 23 février.

^^ Bei^ne d ses miliees en campagne prés de Moral,

^* Berne d us milices en campagne, lundi av. la fête de la chaire de St. Pierre : « Leur retard nous inquiète presque. »

^* Les riverains du lac de Constance firent espérer mille arquebusiers. Missive n. 57. Les plus éloignés prétextèrent les frais et leurs dangereux voisins. Schilling,

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