LIVRE V. CHAP. II. S1T
tant y au sortir de sa captivité en Bourgogne, d'où le tira le secours des Confédérés, ce jeune seigneur avait abusé de la fille d'un gentilhomme bernois ^*^, et né- ^igé de la consoler par une somme modique ^^^.
Si le héros de Hallwyl conserva la possession tranquille du lac dont les flots baignent son manoir ^^; si le différend de l'archiduc Sigismond avec son serviteur infidèle , le comte AUwig de Sulz , fut apaisé sans inquiéter les frontières^^^ ; si les projets dangereux d'Oswald de Thierstein, qui sut exciter, contre le bourgmestre ^^ et le conseil de Baie , non-seulement l'archiduc^^, mais aussi Soleure^^^ et même les tribus de la ville ^^, furent déjoués, ces bienfaits, d'autres déjà
**• Du gentilhomme et chevalier Conrad d'Aargan , qui dn reste était • vnetéte brûlée , homme corrompu et déplaisant • Jnsheim. *^ De 600 florins. Id. Elle trouva un mari quand même. *^ A Texclnâon des Helsch d'Esch , situé à la partie supérieure du /ac. Berne se prononça pour lui, les six cantons pour la partie adverse. QmvaaUm iiSl. Jnshelm en dit un mot.
>H L'archiduc fit arrêter en U79 à Radolfcelle Allwig et son frère Rodolphe , parce que dans sa querelle avec le Wurtemberg ils avaient livré par trahison Mdlenbourg aux comtes , qu'ik a^étaîent rendus mat- Ires de cette contrée et de Radolfcelle et qu'ils retenaient de force le Klekgao. Gni/iinuifiii^ Ckroiu austr, *^ Le chevalier Jean de Bérenfels.
^** Sons prétexte que la seigneurie de BQren lui appartenait Jctu tatre Thierêtei» «f BàU, 1478.
s»4 La qaerelle concernait la haute-justice à Sissach et à BQren. j4cie$. Dés le début , le comte mit ses domaines et ses métairies sous la protectioD de Soleure. Haffner. A cette occasion, Soleure fit marcher des troupes à Wallenhourg, et anéantit la haute juridiction de Bàle. Atuketnu
*M Gomme si le bourgmestre avait agi pour son propre compte. AcU$. Sa lettre est à la fois insolente et adroite , la réponse , franche et claire. En i&80, par la médiation du margrave Rodolphe de Neuchàlel , le landgrariat dn SQssgau fut abandonné avec tous les droits et les juridictions de la ville à Oswald , et le village de Bûren à son frère Guillaume. Brak- Htr, p. 992.
318 HUTOIRB PB LÀ ftmS8B«
meutionnéi^^, d'autres encore dont il sera parlé ^^, l'aplanissement de difficultés étrangères ^^ et de celles qui naquirent de la succession litigieuse aux sièges épis^» copauxde Constance ^^ et de Lausanne ^^^, furent dus à rintervention et à la considération des Suisses. Leur manière simple et prompte donnait du poids à leurs paroles.
La même cause fit la sûreté du pays après les guerres : une diète à Bade décida que quiconque volerait la valeur d*une corde serait pendu sans miséricorde ^^ Cette punition fut appliquée en peu de temps quinze cents fois^^^« Dès lors une femme ou un enfant aurait pu porter à découvert par toute la Snisse les bijoux les plus précieux. Un vieux point d'honneur et la crainte de la Providence soutenaient le gouvernement. Des habitans deValangin ayant été accusés à Berne d'un
*^* A l'occasion du Prettigea.
*" Entre l'abbé et la ville de St-6all ; cela sera raconté plus tard.
»s* Entre l'évêché d'Ângsboiirg et le chapitre d'Ottobeuren ; entre les villes dTlm et de Nuremberg et Mans de Habsberg , bailli de S^^îsmond ; entre la ville de Constance et les sept cantons an sujet de Frauenfeld et de la joridictioD provinciale; entre le Valais et SL-llannce. Anskelmt
''' Médiation (infmctneuse J entre Loais de Freybei^, âa pur le pape« et Otton de Sonnenberg, élu par le chapitre etsoutena par l'Empereur; entre les mêmes lorsque, è la fin , Freyberg voulut s'emparer de l'abbaye de Weingarien au profit de l'évéché ; il mourut en i480. Le même et Ttehuéi, Haupisehluiêel, p. 135. Bref du pape aux Confédérés en fayeur de Louis ; ils avaient recommandé Otton ; Rome, 16 mars 1&75 ; dana MaritM, ColUcL ampU$$.,X. U, 1488 et suiv* Berne était pour Freyberg. Voy. chap. suiv.
*** Berne prononça enfin contre la Savoie en faveur de Benott de Montferrand.
»" BulUnger.
.*** Mattre Pierre en eiécuta cinq cents à Zurich. Id, Us se tenaient dans les pays frontières.
LIYBE T. CHAP. H. 319
meurtre^ et par leur seigneur d'un acte d*insubordination, ils furent moins sensibles à l'amende ^^^ qu'au déshcmneur légalement infligé << d'être appelés leur vie >i durant les plus médians de Valangin. » Jean Spiess dXtdswyl^ soldat farouche, à la conscience cautérisée ^ était resté insensible au milieu des tortures ; mais lorsque dépouillé de ses habits , les cheveux ^coupés ^ une jambe attachée à une corde ^ il dut marcher sur le cadavre de sa femme assassinée ^ la voix du sang et celle de la conscience se firent entendre ; tremblant de tous ses membres , il avoua son crime ^^.
La religion d'alors s'occupait moins des mystères de la divinité que de la grande et mystérieuse puissance que la foi exerce sur l'âme. Quel aliment ne recut<-elle pas lorsque Walther Auf der Fluh , évoque du Valais, découvrit les cadavres des guerriers martyrs qui autrefois^ sous Herculius, préférèrent la mort à l'abjuration ^^^ ! Il en fit part à un grand nombre d'églises ^^• Tandis que des reliques des patrons du pays ^^ réjouissaient Berne, Soleure, Zoug et Schwyz, le chevalier
>«• 500 flor. da Rhin. Aiukelm, ihSU On ne déoouTrit pas ranteor dn meurtre ; cenz qu'on soupçonna étaient en trop grand nombre.
*^ Eiterlim : le fait eat lien en 1508 ; le même historien rapporte que Boggerli , cabarelter de Zarich, après atoir long-temps nié nn meurtre, le confessa lorsqu'il Tit le couteau qu'on lui présenta suer du sang.
*« T. 1,1. I , chap. VI. SoUtare à Thoune, 1474 : en 1475, pendant la semaine sainte, des ouTriers découvrirent 37 cadavres d'hommes, tons la tète placée à côté d'eux ; les Soleurois joignirent leur part aux oasemens deSLUrs, compagnon d'armes de ces martyrs.
••• Outre Soleure, Zoug f Hof fm^w. Eut. eeeL de Œelv., II, 469; et Thoune. Vévéque fVaUher à Tavoyer, aux conseils, au clergé et à la commone de cette ville, 1474 , dans Rabin, Conititution ( Handvetie) de Thoune.
220 HiflTOIRB DB LA SUISSE.
Jean de Tokenbourg ^*® acquit à Francfort, avec une peine inouïe, en faveur du pays de Schwyz, quelque partie du corps de St.-*Martin; le zélé curé, maître Eberhard , fondateur d'une église et de la première bibliothèque à Zoug^^, procura les ossemensdu roiOswald de Northumberland ^^^ ; à Berne, on honora d'un culte plus religieiix les restes des dix mille chevaliers '^% dont l'anniversaire avait aussi été solennisé à Morat. On voyait, mais moins que jadis dans Rome libre, un mélange de cérémonies chrétiennes , de spectacles et de plaisirs ^^^, ^ui ofiraient les plus choquantes contradictions de la foi et du bon s^is.
La ville de Berne , voyant les fruits des champs rongés par une espèce de chenilles ^''^ >effrayante par sa
*'* Goipard Lang, Esquisse du monde chrétien (Grundriss der chritA' lichen Welt ) , p. 798, d'après les documens. On a regardé ce Tokenboorg comme an ûls naturel du dernier Frédéric ; t V, 23. Le témoignage en faveur des reliques est de l'archevêque de Tours, 46 mai 1681.
*** CA. 1478 dans les mannscr. de Zurlauben.
*'^ Haller, BibL suisse, III, 588. Je n'ai absolument rien trouvé sur les rapports de ce roi avec la ville de Zong. Mattre Jean Eberfaard aurai l-il fait choix de lui par vénération pour sa vertu? On bien serait-ce on souvenir plus ancien du temps des vieux apôtres écossais? U avait été instruit en Ecosse. Par la religion , il enthousiasma une petite armée pour la défense de la patrie ; il avait exercé sur les rob et les peuples de toute la Grande-Bretagne un empire si bienveillant qu'il semblait faira consister en cela toutes les vertus; et lorsqu'il mourut pour la patrie, il ne pensa pas seulement à lui, n\ais à son peuple. Beda VenerabUis, 1. IIL
*7A Nous avons rapporté comment on les obtint, L VI, 474.
*7i C'est ainsi que les Romains introduisirent chex eux la comédie dans le temps d'une peste. T. Lioe, Vil , 2. Les anciens Bernois étaient assex dans les mêmes sentimens; t n, 447. La sérénité est une condition de la sanlé et de la présence d'esprit ; comment put-on défendre plus tard la comédie dans des temps dilBciles?
*''* Les chartes leur donnent les mêmes noms qu'aux vers blancs qui forment les hannetons.
UVRB Y. CHAP. U. 221
multitude^ demanda conseil à son chef spirituel^ Té- Tèqaede Lausanne. La cour ecclésiastique, ainsi que jadis beaucoup de juifs et de païens ^''^^ ainsi qu'ayant et depuis cette époque bien des autorités de TEglise catholique ^'^^, estima que les bommes possédaient une puissance de conjuration , mais dont il ne fallait pas nser légèrement. Cette opinion n'étonna point le savant greffier Tbûring Frickard , dont la sagesse était en singulière estime à Berne. En conséquence on adressa aux insectes une sommation solennelle de s'éloigner ^"^^^ Pour le cas de désobéissance on fixa la marche de la procédure; on évoqua de Tenfer, comme défenseur officieux^ l'ombre de Perrodet^ avocat de beaucoup de mauvaises causes ; ensuite on lança un ban contre les vermisseaux ^'^'^, montrant au peuple entier que son
*'* Bornage, Hkt. de$ Jaifi, t VI, 470, &7i.
'^ Ci-dessos U VI, 278 et saiy. Nous ajoutons nn document mis en Inmîère par le baron de Hormayr dans VAimamack tyrolien de 1804. Cesl un protoeote do juge de Gloms ^t Mais de 1519 et suiv. contre une espèce de souris ( « Lntmnsese • ) , dont l'avocat demande à la fin un saof-condoit contre les chiens et les chats et un court délai pour celles qui portent : on accorde quinze jours à celles*^ et aux très-jeunes. Le baron de Hontan fait mention d'un procès intenté (dans le 18* siècle) par Tévéque de Québec à des tourterelles.
*^ Voy. dans VHigt, eeel. (en latin ) de /. H. Hoitinger, IV, S18 , le Bonitoire prononcé par le curé Scbmid sur la plate-forme de Berne : • Créatures sans raison et imparfaites , vermisseaux, votre race n'a pas » été dans l'arche de Noé; au nom de mon gracieux seigneur, l'évéque » de Lausanne, par la puissance de la très-sainte Trinité, par les mé-
• rites de notre sauyeur Jésus-Christ et par l'obéissance à la sainte Église,
• je vous ordonne , à tous et à chacun , de vous éloigner dans les six » premiers jours de tous les lieux où naît et croît de la nourriture pour
• les bommes et le bétail. • En cas de désobéissance , il les cite à cornperaitre le sixième jour, à une heure après midi , près d'Avenches devaol monseigneur de Lausanne.
'^' Vaifoyer et eonteil au lieutenant du doyenné de Kôniz, Jeudi ap.
gouvernement paternel ne négligeait aucun moyen de sauver ses réooltes. Une antique cérémonie ne parait ridicule qu a un peuple qui juge les sentimens de ses vénérables aieux d'après les vues de sa propre sagesse; pendant les grands siècles des triomphes et de la gloire, le gouvernement bienveillant et la sévérité de tous s'opposèrent à ce manque de respect.
La principale science d'un peuple libre , l'histoire de ses pères , était Tobjet des soins du gouvernement * : Benoit Tschachtlan^ banneret de la ville de Berne, en cite la chronique jusqu'au commencement des querelles avec la Bourgogne '^^ ; celles-ci , la guerre et ses
rinyention de la Croix. Sarsîa , 15 mai, à cause d*aii doute sur la fonne. Seconde citation : « Maudite et impure yermine , qui ne portei m ne méritei le nom d'animaux. » Sentence: « Nous, Benoît de Montferrand , évéque de Lausanne , avons entendu la supplication des puissans seigneurs de Bemç contre les chenilles, nous nous sommes signés du signe de la Sainte-Croix et avons eu devant les yeux Dieu seul, de qui procède tout jugement juste ; nous accusons et chargeons en conséquence ces affreux vermisseaux, nous prononçons contre eux ban et malédiction, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, en sorte qu'ils soient confinés dans la personne de Jean Perrodéti , leur patron, et qu'il n'en reste absolument que ce qui est nécessaire pour l'usage des hommes. > Tout cela en beaucoup plus de paroles. Le gouvernement ordonne sérieusement de lui mander le résultat; mais Schilling rapporte qu'on n'apprit rien, « à cause de nos péchés. • £fo<tinger, 1. c 320. sa Voyex sur l'état de la religion et de l'Église dans la république de Berne, au xv* siècle, de TUlier, L IV, ch. 17, L U, p. 514-532. G. M.
* Certes le gouvernement ne doit pas s'en mêler; ce serait là un moyen sûr de n'être jamais cité au tribunal de la posiérilé, seule ressource des opprimés. Les gouvemans suisses se sont donné assez de peine pour empêcher les recherches historiques et dégoAter ceux qui auraient pu publier quelque chose sans subir la censure. Les archives n'étaient ouvertes qu'aux frères et amis. 11 en a coftté la vie à Waser pour avoir publié de vieux documens. D. L. H.
*^* Jusqu'en 1470; il eut pour collaborateur Henri Titlinger, dont