LIVRE V. CHAI
dans le Rbeinthal y à la mort de rhéritier de la mairie d^AltsCetten^^'', et, suivant sa coutume , il fit éclaireir les droits sur Bemang et Marbach^^^. Daiis ce temps-là les arbitres s'attachaient uniquement à la loi ; on laissait à la vigilance le soin d'améliorer la situation présente et de prévenir les dommages.
L'abbé Ulrich Rdsch, prince toujours entreprenant ^^^^ avait trouvé son alliance avec quatre cantons suisses si avantageuse à ses intérêts, que, dans un nouveau différend avec la ville de St.-Gall, sa première pensée fut de consolider cette base de sa sûreté. II stipula par une convention perpétuelle que Zurich , Lueerne, Schwyz et Claris, lui enverraient tour à tour, de deux en deux ans , à Wyl , un capitaine-général , commandant de toutes ses troupes, et qu'il le solderait*^.
Conformément à la simplicité d'une tradition de huit siècles, une haie séparait la ville et le couvent, et l'usage des portes était commun ; le prince Ulrich voulut
^ Jtteqoes Thum de Neubourg, 147S (il y avait 69 ans qne lliérîdète da deroier maire avait apporté ton bien à Jean Thnm ). Prononcé entre Fabbé et cheTaller Sigismond de Fribourg et Rodolphe Mdtleti de Rappenstein, beaax-frères du défont, 1479 : mairie, Juridiction, fiefs, alpede Gamor, dtme do bled à Xirchberg, voilh ce que Tabbé conterrât moyemiant 950 flor. ; ils gardèrent, eux, comme fief héréditaire, le cb&tean , la dlme da bled à Widnau, la dîme du vin. *>• fFolMr^SSS.
^ T. VI^ ÂSS et soif., khO, AS5.
*>• Ck. Wyl , & liart 4479» • Le capitaine»général doit être un bonme prudent « pieux (vaillant), loyal, sage, mûr, et amener avec lui on valet et denx chevaux; l'abbé lui donnera farine , fourrage, ckmset fer ootre 50 florins dn Rhin, Voy. Um sor Simkr, 272. «» Ces négociations et r administration de l'i^bé Ulrich Vill k cette époque et jusqu'en 4484 sont exposées avec beaucoup de détails dans l'Ai«f. dmcanimidê Su-GallpKM. dAr»^ t. II, section I\, p. 857.S98. C. M.
une muraille pour clôture et une porte pour lui perscHi^ nellement. Il eût été facile de faire entrer par cette porte^ à la faveur de l'obscurité d'une nuit orageuse^ assez de troupes pour surprendre la ville et lui enlever son bien le plus précieux^ sa liberté. C'est ce que comprit UlrichYarnbûbler, qui avait commandé les St.-Gallois à Grandson et à Morat, homme d une ancienne et bonne famille^ d'une grande intelligence^ plein d'éloquence et de patriotisme ^^^. La ville l'écouta et résolut de déjouer le projet de Tabbé^ Cette affaire traîna en longueur chez les Confédérés des deux partis ^^^^ soit parce qa ils tachaient y suivant leur habitude , de terminer le différend à lamiable, soit parce que sur ces entrefaites l'abbé conclut le traité concernant le capitaine-général , espérant par là gagner les juges ^^^. Après de longs délais et de grandes complications ^ la ville de St.-Gall soumit tout à un arbitrage. Ensuite elle investit Ulrich Yarnbûhler ^ élu bourgmestre , et trois principaux membres du conseil ^^^y de pleins pouvoirs illimités pour agir dans cette grande affaire, au nom de la patrie, sans ultérieure délibération, de. manière à sauver les intérêts du pays^^^. On enleva ainsi à l'abbé toute possibilité d'exciter des divisions dans le conseil. A Zurich^ où les arbitres s'assemblèrent, il s'excusa, en raison du serment féodal prêté à l'Empire y dç ne
**^ Ce témoignage lui est accordé par l'homme qui pouvait le mieox le lui donner , Vadian ( le célèbre boargmestre de Watt). •
^^ T. VI, 429, ÀftD; la ville aussi était comprise dans l'alliance.
^^ Première plainte de l'abbé. RMisde Zurich, StGall» i477; son offre d'un arbitrage, recé$ de Luceme , 12 juin 1479; acte par lequel il demande nn sursis à cause de la vendange « Nativité de la Vieige, 1&79.
4s* 1^80; au vice-bourgmesLre Kranch, au trésorier maître- d'hôtel cl au greffier. Ilâllmeyer, £01.
^'^ • Yidcant ne quid dctrîmciili capiat respublica. •
LIYRB T. CHAP. 11. 235
pas oser faire à la concorde les sacrifices auxquels il serait disposé ; il exposa ses griefs : le refus de remplir certaines obligations ^^^, les achats trop considéraUes de fiefs pour le compte de Thôpital^^''^ l'abus des franchises ^^^y même les distributions d'aumônes ^^^, mais surtout l'incorporation de ses sujets dans des bourgeoisies**^ et quelques erreurs de la police**^; il se fondait sur des principes , dont on ne pouvait admettre l'application illimitée **^. Le bourgmestre , à son tour^ parla sur les points de justice rigoureuse a?ec franchise et fermeté; sur les points douteux^ avec
*^ Sermens féodailx ; à leur occasion , il s'étend beaucoup sur la nature des fiefs de haubert et sur les vassaux. Il rapporta que, se trouvant un jour an chAteau de Rosemberg pendant tes querelles appenzelloises , \e pcMscsseur de ce cb&teau, le seigneur de Mnndprat, avait reconnu que la propriété lui en était toujours demeurée et qu*il avait mis les clefs sous son chevet. Nous copions les actes du Traité des FUI cantons, 1480. \oj. aussi dans le Musée suisse l'exposé de ces faits par M. Gaspard fVetter, historien çxact et loyaL
^' • Les fiefs s'affaiblissent en passant dans les mains d'une corporation ; et pour tant de fiefs le vasselage n'est représenté que par l'intendant de rh^îUl. >
*** m On a permis bien des choses à la ville avant sa séparation d'avec le couvent. •
*** « Chaque vendredi un quart des bourgeois accourent au couvent avec des paniers ; ce sont les enfans qui mendient , tandis que les pères sont atablés dans les tavernes. »
*** U dit que cela diminuait pour lui' les contributions et les revenansbons.
*^ La ville ne voulait permettre ni jeu ni vente de vin le dimanche avant la messe ; l'abbé croyait ne devoir pas interdire ces choses aux gens qui venaient de loin sur le territoire de Tabbaye aux jours de fêtes et de marchés. En revanche , il en voulait au gardien du clocher de la cathédrale, sous prétexte que celui-ci pouvait favoriser les relations amoureuses des jeunes conventuels , en réalité , parce qu'il pouvait voir ce qui se passait la nuit.
^^' 11 prétendait que tout prince possédait nécessairement fa régale des monnaies , le droit des armes et le droit de chasbc.
uu esprit conciliant ; puis il développa sans amertume d'une manière convaincante les rapports contraires à l'équité**^, les empiètemens ***, les ruses searétes, les dommages causés. Les Confédéré , la justice devant les yeux, prononcèrent arec impartialité***. La porte neuve, objet principal, fut interdite comme innovation; les droits fondés sur des documens furent confirmés à Vabbé (toute la société humaine repose sur le respect pour la loi), mais on ne défendit point aux bourgeois et aux sujets de Tabbaye de s'associer dans l'intérêt de leur sûreté **^, ce qui eût été condamner le principe même de la Confédération suisse. Dés ce jour Tabbé Ulrich médita de transporter ailleurs le siège de i'ab» baye**^. La ville prospéra par son industrie paisible, par son commerce de toilerie si envié***, qui eorichis-
**' Il représenta que l'églbe de St^Laurent comptait trois mille cinq cents communiaas , que Tabbé lai avait enlevé créances et usiifniib, de sorte que bien peu de prêtres y trouveraient leur entretien*
*** Selon l'usage , les sujets de Tabbaye qui aspiraient à devenir citoyens devaient se faire recevoir bourgeois de la ville de Si.-Gall ; or l'abbé avait ^ fait prêter aux babilans de Romishom et à d'autres un serment contraire, etc.
**^ L*abbé avait peut-être gagné bien des membres de la diète , mais la ville avait loyalement servi pendant la guerre, et Vambûhler s'était comporté en vaillant capitaine.
*** lie droit et la juridiction de Tabbaye réservés ; oes sortes de personnes marchent en temps de guerre avec celui qui les requiert le premier.
*^ On se plaignait alors déjà de son intention de transporter ailleurs la cour de justice. Cependant peu auparavant il avait dépensé plus de 700 florins pour faire arranger l'église plus convenablement.
**^ En iâSi ceux de Constance voulurent les engager par rase à adopter avec eux une marque commune pour les toiles. HaUmeyer^ tOk-
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sait citoyens et oommunautë ^^. On achela aussi pour loTsle mont Bœrnegk^^^.
Peu auparavant un habitant du viHage de Sennwald fit voir à quel point un seul homme peut tenir tête à une ville considérable, et parvint à se soustraire pendant loag*temp8 aux gouvernemens si faibles de tant de seir curies. Un bailli st.-gallois résidait à Forstek, ehà'* leau-fiort des barous de Sax^^^ Le baron Ulrich, que nous verrons figurer souvent, avait trouvé son patri* moine dans un te^ délabrement^ qu'il dut tenir à bonheur singulier d*ètre reçu bourgeois de St.^Gall , et à grand avantage que la ville radietàt Forstek de Lût<fried Môtteli *^K Les Môtteli de Rappenstein s'étaient enrichis par )e commerce, de telle sorte que non-seulement leur argent les élevait beaucoup au<-dessus de leur nng ^^^, mais que leur opulence est demeurée projusqu'à ce jour^^^. Sennwald, au pied de la
*** 1481; C/i. des VIJI Canions autorisant la ville à prélever son scbelling snr le droit de péage des toileries.
*** ié79 ; de Jean Brendier, poor 590 livret» Stumpf, ^29. «Bcmegk cm Beroeck est une montagne tout près de la ville de S t -G ail. G. M.
*'* Elle avait un puits et un moulin à bras, dans l'endroit le plus bas nn escalier de 35 pieds de long qu*on pouvait relever. Blmtschli, Memor.
hii iklà, pour 2,100 flor« Siumpft 528.
*i> Nous les avons vus , n. 427 , alliés par mariage à Tbérltier du maire d'Altstetten. Combien le loyal Ànthelm se scandalisait de ce qn*Ândré Raoul de Bonstetten, beau-frère d'Adrien de Bubenberg, donna en 1490 une de ses trois filles, Justine, à Rodolphe MôtteK, tandis qoe les deux autres avaient épousé un Scharnachtbal et un de Diesbach ! Mais Eberhard de Klingenberg , seigneur de Uohentvriel , n'avait-il pas auparavant déjà, en 1464 • épousé Ursule Môtteli? Rùger, Ckron.. de Schaffk. t II, sous Klingenberg.
*** « Le riche Môtteli ; riche comme Môtteli, • était devenu un proverbe, doDt on ne comprenait plus le sens dans ma première jeunesK ;
paroi nue et escarpée du Gamor^ était le village paroissial de Forstek. Là vivait Jean Hotterer, ennemi si acharné de Môtteli d'abord , ensuite du bailli st.-gallois j qu*il ne craignit pas de déclarer la guerre à la ville et d'exécuter ses menaces à l^aide de Tincendie et da brigandage. La nécessité rend ingénieux ^ l'audace fait des amis. Tantôt dans les montagnes d'Appenzell^ tantôt à Feldkirch ou à Hohenems , il était toujours hors d'atteinte; il traversait le Rhin dans sa nacelle en sûreté et avec la rapidité de la flèche ; aucifbe autorité ne savait ou ne voulait le découvrir ; il ruinait incessamment les propriétés de ses ennemis. En vain les conseils autrichiens insinuèrent aux Confédérés que Tarrestition de Hotterer^ particulièrement sur le territoire autrichien^ ne serait pas une violation de la souveraineté; en vain trois cents St.-Gallois passèrent le Rhin au cœur de l'hiver ^^^, incendièrent la métairie impériale de Lustnau ^ et emmenèrent ceux qui avaient hébergé Hotterer : à la prochaine foire d'Âltstetten , il se tint en embuscade dans la forêt du Bruderholz , blessa mortellement un négociant st.-gallois, lui enleva son argent et s'enfuit , blessé lui-même y dans la maison de Herrmann Schwendiner, Âppenzellois considéré^ son égal en ruse et en audace. Les Âppenzellois ne souffraient chez eux aucun espionnage contre qui que ce fût*^^. Hotterer échappa , traversa le Vorarlberg et se perdit en Souabe et en Bavière. La ville de St.-Gall ayant donné cent florins à un homme de Kempten ^^^
comme je demandais un jour qni était ce personnage, on me répondit : • un ancien romain , Metellus. •
*» Le 2 janvier iA75.
*M Décision formelle de la landsgemcinde. Siumpf.
**'' niioni Surameringer, pienx ( Taillant) et pauvre compagnon.
urtLii y. CHAP. II. 239
avec là promesse de pourvoir à son entretien sa vie durant, il suivit les traces du fugitif^ le découvrit à Landsberg et se fit arrêter avec lui. Aussitôt, arrivèrent des délégués du Conseil de St.-Gall , et Jacques Stapfer, député de Zurich. Le duc de Bavière ouvrit une procédure régulière à Landsberg. Là on produisit une quantité d'ossemens d*enfans et de femmes que cet bomme avait brûlés dans leurs maisons contrairement au droit de la guerre. Il subit lui-même^ comme incendiaire^ le supplice du feu^^^.
Au bord du lac de Constance et du Rhin , les villes libres s'allièrent de plus en plus avec la Suisse : là ville impériale de Buchhorn , entrepôt de commerce^ fondait la sûreté de sa communauté indépendante sur ses rapporisde combourgeoisieavec Zurich *^®; Wangen, où se trouvaient les moulins privilégiés d'une juridiction ^^>P, fondait la sienne sur des relations avec St.-Gall parlesqoelles il reconnaissait l'autorité de cette commune^^^ Les Confédérés laissèrent encore^ par bonté ^ à la ville
Stmpf. On lai tint parole et Ton récompensa aussi son ami Gaspard Mejer.
*^ Stmnpfei HaUmeyer d'accord. C'est ainsi qu'en 1694, à Francfort, on br(kla sans autre forme de procès Jean de Hohenberg , pour avoir aidé à mettre tout à feu dans Bomheim. Kirehner, Hist. de la ville de Franefart {Gesch. d. Si. F.), t. I, 387, ouvrage estimable.
^* TuTMi : « Perpetuum jus civitateuse nobiscum servat gaudetque • tatela , qua vivunl in tuto. •
M* Pour la bruyère de Leutkircb , pour la libre Pûrsch. Busehing , Géogr,
^^ 1477. Traité de comboargeoieie pour quinze ans : ni guerre ni alliance sans St-Gail; arbitrage de cette ville, qui du reste ne leur doit aucun secours ; annuellement à St.-6all la contribution des bourgeois externes; d schellings de feonings pour la solde des troupes. Dans Hait" meyer, 196 fennings.
240 HlftTOlRB DE Lk SmSiB.
de GoDStance , Thonneur d'un tribunal thurgovien ^^. Ici un incendie ruina pour jamais Tancienne prospérité de Pf yn, frontière de l'Helvétie du côté des forêts***^. La liberté de Stein, attaquée dans la yille par Tabbé y dans le liégau par la noblesse^ risqua d'être vendue à celle-ci par la trahison du bourgmestre ^^^ ; Stein se mit aussitôt sous la protection de Zurich ^^^, où Tabbé lui-même trouva sa sûreté ^^^. Associé par cette démarche à une communauté puissante ^^''y Stein acquit pour plus de trois cents ans un gouvernement indépendant ^^^ et même Tautorité souveraine sur le charmant territoire qui Tenvironne et sur Hohenklingen^*^; ses dettes forent
*" D'après le traité de i&88, les trois quarts du produit du tribuiiil provincial appartenaient aox Confédérés. Lea, $ Thurgovie,
*'* i&76. Haffntr; Btantiehli. Les Môttelî occupaient le cbàtean; c'est de là probablement que s'étendait jaiqn'en Rhétie dans les tempa «ndeos la forêt qu'Âmmien Marcellin décrit et que St. Gall trouva.
*** Le bourgmestre fut enfermé dans un sac et jeté da pont dans le nbin. Leu,
*" 1484. Ch.
*'* Traité de eombourgeoUie, ch. 1478. La ville de Stein doit se contenter de recourir contre lui aux voies juridiques ; si Zurich met garnison dans Sleln » Tabbé ne supportera aucune partie des frais; Zurich l'appuiera auprès de seigneuries étrangères; à la St Martin il fera on don par reconnaissance.
*"^ Ch. 1484. Les Znricois ne feront pas de différence entre cenx de Stein et eui-mémes.
^** Nomination et déposition du bourgmesti'e et du consci], des tribunaux et des fonctionnaires. 16. Zorich ne peot nommer que des citoyens de Stein. J. G. FùuUn.
*** Ils 8ont« avec Klingen aussi, an service de Zurich; ils conservent la haute et la basse justice et les fieù impériaax, les marchés, les péages, les accises, le droit de monnayage. Tunt, édit de Klingen et de fiteîn.
• Arx jucundissimi aditns et amoni , nemore ooini venatu abimdo ,
• vinetisque opimis, •
UVRB V. CHAP. II. 241
payées ; la concorde se trouva solidement rétablie *'^^.
La ville de Schaffhouse^ dont les Suisses avaient bien mérité dans la guerre de Waldshut, venait de leur prouver loyalement sa reconnaissance à Grandson^ à Horat et dans l'expédition contre Milan. Maintenant en pleine paix avec Bilgéri de Hewdorf ^''^^ eUes*unit pins étroitement pour le terme de vingt-cinq ans ^''^ avec tous les Confédérés^ sans exception cette fois d'Uri ai d*Unterwaldeo. Le nom de la Suisse donnait du poids à son amitié ; il était donc juste de faire des sacrifices à son principe fondamental, l'indépendance et la paix* Les Scbaffhousois promirent en conséquence de ne s'engager ni dans des guerres ni dans des relations avec des étrangers , sans le consentement de la majorité des Gantons^ et de ne jamais intervenir dans les troubles intérieurs que comme médiateurs. Cette viUe était le marché^ le château avancé, la porte de la Souabe. Les comtes de Sulz avec le Klekgau , leur seigneurie, se ralliaient ordinairement aux Zuricois ^^^ ; les comtes de Thengen durent soumettre leurs prétentions à la décisicm de Zurich ^^^.
Les Zuricois , dans leurs hautes maisons, bâties en
*** Zurich se chargea de S, 000 florins.
*^* ie ne possède pas cette ch., mais en 1476 sept frères et coasîns confirmèrent ce traité avec les SchafThoasoiSj comme on le voit dans les papiers da booi^gmestre de Scbaffhonse Balthasar PfUttr, L
^'^ 1479» Znrich, 12 mars. CA. Négociations antérieures : Recéê Doralh., Invocavit, même année. On n'était pas entièrement rassuré contre tonte contradiction, comme on peut l'inférer de la clause t •txde cette eemwe 11 devait naître une guerre. •
^'* Tmntt «Non minorijure (que Buchhom) nostrc civitati obltgiiitar. •
^^ Semiemee de Zmrich dans le procès relatif à la juridiction d'0berh6ri sur la GlaU, entre le comte Jean de Thengen et la ville, vers Vérène 1476.
TIII. I G
242 UISTOIRB DB L^ tUUSSE.
pierre et bien arrangées ^^S soit qu'ils habitasgent leurs campagnes florissantes, fertiles en blé, en vin, en fruits, en bétail *''^, on la ville aux rues bien pavées *", formaient ua peuple libre et heureux, dont ralliance était une faveur ^'^^•'L'ancienne résidence des seigneurs ^^* était changée en place publique consacrée au plaisir ^^. Dans la presqu^ile, à Tendroit où la Limmat sortdu lac, et où Ton croit que les patrons de la ville avaient scellé le christianisme de leur sang ^^', une vieille chapelle fut changée en une superbe église, grâce aux contributions abondantes dont une indulgence fut le prix *^; Jean Waldmann, le héros, dirigea la construction; elle devint un temple de la victoire ; là brillaient les bannières conquises ^^^ ; au pied, on voyait sourdre
*'^ • iSdes cum qnadratîs et magnis lapidibns ; dispositae stubis, salis, » Gubilibus, atque culmariis ( mansardes? j, mirabile visu. » Bomietle»,
*^' Id. Il vante aussi « capones, > les plantations de nojers, les perdrix, les pécbes; le vin des bords du lac, dit-il» est d'abord anpei âpre («bruscum»), mais il devient bientôt agréable («redolens,» d*iin bon goût).
A77 . Goctis lapidibns nbique murât». • Bonstetten.
^71 ifous ne devons pas omettre de rapporter qu'en IdSO, ta Scheuchier, de Rappeiscbwyl,.père d*aQe famille illustrée par sei tnvaux • reçut le droit de bourgeoisie pour ses mdrites et ceux de so amis. • Jean Schoop^ d'après une Titille généalogie xuricoise.
^7* Le Lindenhof (place des tilleaU;. T. I, 907 el suiv. (le paUisda roi).
*** « Theatrnm et civinm spectaculnm atque cstivalis palcsiit* • Bonttetfen.
*•* T. Il, p. 71, n. 818.
*•* 4497. Hoftinger, HUt. eeel. <U VHêbét. U, 470 et suiv.
*" Sur celte constrnclion Hoftinger 1. c. ; le précédent HottingerSpei» Tigur, 207; Man. Elle fut commencée en i472, et achevée en sept ans, comme le temple de Salomon; scion Edlibaeh, il coûU, ooUe )» • contributions volontaires et sans les corvées, 7,500 flor.; Blv^^ compte 15,000 livres, environ la même somme, sans les oorvéei. Ck» de Brandie, 1483, évaluant le florin à deux livres.
LrvRB y. CHAP. n. 243
une eau fréquemment salutaire , grâce à la nature et k la foi ^^** Une prospérité croissante frappait les regards, aussi loin qu'ils pouyaient embrasser les vergers et les prairies des rives populeuses du lac ^^^, les chà* teanx fortifiés *^*, les belles églises **'' et les progrés de rindustrie ^^. La sagesse de la ville maintenait la dncipline des couvëns ; Waldman'n exigeait des abbés moins une dévotion rigoureuse qu'une bonne administration ^••.
Les gentilshommes turbulens du voisinage de Bâie, Jean Bernard d^Eptingen^ Conrad Mônch de Monehenslein^ contraints par leur luxe ^^, par leurs
^* Cette ioofoe doit contenir da soufre; on la ferma en 1556 par 1^ tdigieas. llattre Albert de WeiBsenstHn, prédicalear d'indulgences el lecteor en théologie, écrivit dans œ temps-là les louanges ( Uuidei ) de ce don de Dieu ( Sehim dans le Muiée êuiste, t XII), et le chanoine Maiim de Bartenstein, du mont de Zurich, parla trës-natuiellement de Mte MHUce dans la légende des patrons de la ville.
*** r«raf t « Orc vemopralis rident, autiunno gravide, viliis, villa- • gib nberrime referic. •
^* Le même mentionne Wedischwyt , Régcnsl)erg, Eglisau • an non ninos fcM^is qnam voinptnôsa ( » Jnles-Gésar , ajoule-t-il avec sa bonhonde, anoblit les sires de Thengen. Il nomme aussi Wfllflingen (« Caeaareis preveligiatum littcrls • ) et Uster, passé, dit- il , dé la maison de Rappersobvyt ani Bonstellen.
^' Le même ^tlt deRflti (• abbatia optimi decoris, illie cnltior coi- Iw •) H d'Bmtoich t superbe cha|>ilre de chanoines^
^ BoMUitm vante « oonterranea artiiicia. •
*** En i&ao 9 parvint à faire nommer abbé de Capell, en dépit des moines , Jean Schônenberg, de Zurich ; la chasteté n'était pas au nomfate de ses vertus, mais il fit admirablement prospérer Tagricutture et le soin des troupeaux. L'abbé d*Einsidlen, Gérold de Sax, qui, selon Tachmdi, avait dépensé beaucoup d'argent de la Sainte- Vierge et malmené les affaires, fut si mécontent de ce choix, qu'il quStU sur-lechamp ni6«el-de-vllle de Zurich , lorsque le nouvel abbé fut proclamé. BëUinger, ann. Cappell. dans la collection de SimUr.
^ Dèsqu'Eptingen eut acquis quelque argent par son mariage avec
dettes^ par leur fausse position à Tégard du peuple ^''i vendirent leurs châteaux à la ville ^^ ou firent des concessions à la suite de procès ^^. Mais il était moins difficile de teroiiner heureusement ces sortes d affaires et même des guerres considérables, que les tracasseries de vingt-quatre religieuses dans le couvent de Klingenthal au Petit-Baie. Soustraites depuis nombre d'années à l'ordre de St. Dominique *^, elles jouissaient d*une indépendance peu compatible avec la vie claustrale. Le pape Sixte l'apprit et rendit le monastère à l'ordre religieux ^^. On n'avait pas achevé la lecture de la bulle ^ que les nonnes déclarèrent à grands cris qu'elles brûleraient plutôt le couvent ; deux seulement se soumirent à la force. Treize des sœurs reçurent un appel de l'abbaye de Gebwyler ; l'Empereur et le pape le confirmèrent. Mais les religieuses émigrées exci* tèrent leurs amis des bords du Rhin^ sur la route de la foire de Francfort. Le jeune Albert de Klingenberg ^^ déclara la guerre à Tordre des frères-prècheurs; il porta ouvertement sa déclaration au bout d'un bâton
LQlgarde d'Ow, il le dépensa poor embellir son manoir de Pralelen. Brukner,
«H Voy. dans le même les assemblées inoliles de Pratden et de Si»* sach , iA7i et saiy.
**^ 1479. Le château, le chlteaa avancé et le village de MSnchcastein, Wnrtenberg antérieur et inférieur, le village de llutteoi, ^ Hardt, Brukner. Conrad de M5nscfaenstein moonit en tâSS.
*•» Conventions d'Ep/tngen,i4«5, 76, 81.
*** 1481. Elles devaient relever immédiatement de l'évécbé de Goos^ tance et non de celui de Bàle, quoique plus rapproché. *** 1480. Wuntiêen.
*** Ses aieux , au un* siècle , avaient Jeté les premiers fondemens dt ce monastère. Lui-même était alors Igé de 18 ans; il a vécu jusqo'ea iSSS. RAger, ehron. de Sehûfh,