‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 66 sur 127 · LIVRE V. CHAP. U · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. U

à travers la ville de B&Ie *^. Des négocians furent pî\Us, le désordre croissant exigea l'intervention des Confédérés et du gouvernement autrichien. La diète ^ conTtincue de la dii&culté de réformer un semblable con?ent eontre son gré *^, n'en voulut pas courir les risques. Elle convainquit sans peine la prudence du pape. Il eât soutenu la lutte contre TEspagne, Tltalie, la France; mais une lutte contre des religieuses opi'niàtres paraissait peu digne de lui. Les sœurs ^ dont mie avait fait ses vœux soixante-dix ans auparavant, recouvrèrent là libre possession de leur Klingenthal, avec une indemnité de onze mille cinq cents florins *®^. Autant de centaines de couven» pour le moins qu'il y anitieide religieuses furent non pas réformés^ mais snp^rriniés quarante ans plus tard^ sans résistance. L*artfe plus difficile ^ le plus rare^ c'est de connaître te temps et de savoir en profiter *.

Le prince-ëvèque de Bâle , Jean de Yenningen , qu^ sans négliger les fonctions épiscopales, avait su, dans les temps les plus critiques y renouveler et augmenter Téclat de son siège , par la sagesse de son administration , par le choix de ses alliances et le bonheur de aea armes ^ mourut peu de mois après la paix ^ dans

^^ II menaça de ch&lfer les prisonniers, jinskelm.

*** Cruiioê, Chron. souabe, II, 109, rapporte la peine inutile que Wortemberg prit ponr rétablir Tordre 5 Gnadencelle.

*" fVmntUen raconte en détail celte histoire dont le dénouement ent «nfinlîcnen 148».

* Daas la nuit du 5 au 6 juillet 1809 , le pape Pie VII fut enlevé de >oo palab de Monte-Gavallo , sans qu'il y ait eu d'insurrection , et on ^promena dans l'Italie, sans conrir, à ce qull parait, de grands périls. D.UU.

^ La pùi qa'ii eanclat après celle de Bourgogne , pendant TéU; de U78, par la médiation de son archevêque , Charles de Neuch&tel , avec

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la vingtième année de son épiaoopat. Il fui tranaporlé en grande pompe , à la lueur de trente flambeaux, de son palais de Porrentruy dans le caveau de sa cathédrale à Baie. Librement élu, le custode du cha{>Âtre, Gaspard Ze Rhyne^ se chargea d'un gouvernement destiné à moins de bonheur ^K

La plupart des chefs et des magistrats de Berne, pla* ces à la tête des plus grandes affaires depuis la guerre civile de Zurich, moururent en peu de temps. D'abord le trésorier Jean Fnenkli, âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, digne du sénat romain au temps de sa grandeur morale ^^^. Après lui, le ci-devant avoyer Pierre Kistler, qui, dans la querelle des seigneurs, ruina Tancien esprit de Berne aveo des principes généraux ^^ *, (De»lors une autre querelle de seigneurs fut apaisée sans bruit, en Argovie, parce que le gouvernement, au lieu de passer tumultuairement le même niveau sur l<out, s'efforça dans sa sagesse de concilier à lamiaUe, dans

le courin de cehil-ci, le comte de Blaroont II y gagna Fraaqnemoot FVurêtiun, 491.

**^ Le h Janvier 1478, JtL

»*s 1478. A. L. de fVmtevByl don&e la date de 1477, mais nooa anw une cA. de 1477, dans laquelle on le voit, de concert avec l'ancien avoyer Pétermann de Wabem et denx antres amis., fonder une lampe perpétaelle dans l'élise da St -Esprit. Pierre , son fils , entra ao Cooseil; sa fille épousa le trésorier Archer. Fr«okli, qui avait déjà hérité de son père des domaines à K5nSx et & MQllenberg, les avait augmentés en i46S par Fachat d*un tiers d'Ulischwyl. fVattewyl, M$c,

^^* Il mourut en 1480. Son fils, prévôt à Zofingne, Jonasak de la pins grande considération pour les négociations avec Rome.

* Heureuse Berne si elle l'eût soutenu alors ! les Diessbach et consorfs n'eussent pas entraîné la Suisse dans les honteuses négociations avec la France, qui corrompirent l'esprit public, et jetèrent ks semences de ces vices qui amenèrent la révolution de 1 798. D. L. H.

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cbaque lieu, la tradition et la néeessiié ^^. ) La foudre ayaat incendié le clocher de la grande église , Tancien aboyer Nicolas de Scharnachlhal éprouva^ au milieu de ia foule empressée à éteindre le feu, une luxation incurable ^^ ; il mourut onze ans plus lard» Deux ans après riooendie, le grand Adrien deBubenberg, encore peu tfancë^en âge, rejdgnit les ombres de ses pères ^^; il ne descendit pas sans contestation dans leur sépulture. On s*indigne en apprenant comment sous un gouvernement pieux, dont la dévotion servit alors de manteau t l'esprit de parti^ Timpudence d*un envoyé de la cour

^* CeUa querelle aossl concernait 2 1<* les Infractions aui stipulations ; Vleditnt de chasse; 8* le haat vot; d* les b<ïles de somine; b' 10 livres en matière matrimoniale. Elle ont lien avec les de Haltwyl au sujet de Séengen , Meisterschwend, Egliswyl , Hentscbîkon , Oberendfelden et le comté de Fahrwangen ; avec les de Lutcrnau , au sujet de Lîebek et Scfadftfanden; avec les Trucbsess de Wotlbausen , pour Beinwyl; avec les de Rbynach , pour Trostbourg , Teufcnlbal, Sflss; avec les de Bannemoos, pour Wildek, Dietikon, Amerswjl, Otmasîngen; avec le couvent de Kônigsfelden pour Staufen et Rubiswyl. Afin de donner une idée de Texaclitade qu'on portait dans ces sortes d^afTaîres , nous extrayons ce qui sait de l'arrangement avec Uallwyl i infractions aux stipulations en paroles ; amendes matrimoniales , pécberie, bêles de somme , petits délits» les héritages des bâtards et des étrangers, (• gens venus de dehors, qui n'ont point de seigneur et qu'il est 'avantageux d'hériter ») appartiennent au seigneur ; droit de la ville de Berne d'ordonner et d'interdire la fréquentation des assemblées générales , et d'y faire des ordonnances et des défenses; infractions de fait , parjure, transposition de bornes, violation des droits d'église, droit de chasse et haut vol, amende matrimoniale à Endfelden. Par l'a voyer Rodolphe d'Erlach. G. de Dîessbach, Th. de UingoUingen, Tschachtlay, Schilling, etc.; c'était nne grande commission. Ch, vendr. ap. la Conception de la Vierge, 1A80.

"* Cet incendie eut lieu en 1477.

*** 1479, peu de mois après la malheureuse ambassade envoyée en France.

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de KofOMf pour se venger d*une offense reçue ^^, tenta de faire jeter ce héros , loin de ses ancêtres^ dans une terre souillée , hors de la ville ^^y et comment Berne dut calmer cet homme par de bonnes paroles ^^*. Puis mourut aussi (1 483) Taneien avoyer Thûring de Ringoltingen , co*^gneur de Landshut ^^^, laissant à ses trois filles ^^' ses belles et anciennes richesses en

**^ Nicolas Garrîliali , qui reçnt je ne sais quelle offense de La Sam (Babenberg avait époosé une fille de celle maison). Jn$ktlm, iASi.

*** Sur le penchant de l'Engi . où l'on enfouissait les ftnes morts. M

^' Le pape foi gagné par de Targent /<(. Hais Garriliati resta bourgeois de Berne, prévôt de Riggisberg, chanoine de Lausanne, Hottimger» HisU eccL de i*HeUfétie, t. Il , 477. s= Kisticr eût-il souffert une pareille avanie? D. L. H.

* Dans les circonstances où se trouvait la Suisse et la république de Berne par suite des rapports des Cantons entre eux et avec la France , avec Milan et le Pape , « la meurt d'Adrien de Bubenberg fut an événement grave. Quoique le Conseil n'eût pas toujours partagé ses vues, sa loyauté irréprochable , sa valeur , digne à tous égards des anciens héros bernois, et son opposition infatigable aux progrès de la corruption lui avaient valu Testime , la vénération du peuple. A P&ques il avait été confirmé pour la seconde fois dans la charge d'avoyer ; mais ses jours étaient comptés. ïje 25 Juillet il présida le Conseil pour la dernière fois. Une contagion pestilentielle qui régnait à Berne vers cette époque* détruisit en peu de jours les forces de son corps , qui ^semblait ferme comme le roc. Dès le 1*' août, pressentant sa fin prochaine, Adrien fît venir son confesseur , le curé de la ville , et son fidèle domestique Ja& ques Erken; il leur confia sa dernière volonté, recommanda sa "vieille mère aux soins de sa femme et de son fils , et supplia qu'on paj&t ses dettes , de peur que son &me n'eût à gémir des perles de tant de pauvres gens qui lui avaient confié leur argent II institua héritier de tous ses biens le seul fils qui lui restât , Adrien , avec qui s'éteignit vingt-sept ans plus tard la vieille et noble race de ces héros, mais non leur souvenir parmi le peuple. • Stettler, Biogr. âA. de Bubenberg; de TiUUr^lU S82. G. M.

^** n possédait en entier la basse justice, et la haute en commun avec Berne. Son Teetament, 1479. Noos avons vu figurer son père Rodolphe dans diverses occasions.

*^* U eut de Vérène de Hunwyl Antonie , qui épousa Louis de Diess-

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terres elea droite seigneuriaux ^^'^ richesses qui' ne préservent pas toujours de la pénurie d*argent ^^^, mais forment le fondement d'une bonne maison.

La disposition et la largeur des rues , des arcades aixritées, des fontaines abondante, les beaux hôtels des £uniUes nobles avec leurs terrasses et leurs jardins^ enfin la grande et superbe église, faisaient de Berne la plus belle des villes de la Suisse^^^. Le gouvernement inspirait du respect, sans offenser par de l'orgueil ^^^; tout respirait la grandeur, la loyauté, la fermeté^'^; peu de populace ^^"^j partout dignité, sagesse, ordre. Cependant beaucoup de conseillers, favorables à la cause de Louis XP^% étaient devenus odieux au peu-

hmh et lai apporta Landshat estimé à 7,500 florins ; Barbe éponsa )ein Im Thurn , de Schaffhonse ; Jeanne, Thfkring de Bannmoos et en secondes noces Rodolphe S^esser ; Claire prit le voile dans le couvent de nie. SB Thtkring de Ringoltingen fiit le dernier de son nom ; il mourat en iASS. G. M.

^ n relirait des métairies de Wyler et d'Ey dans la paroisse dTJriilorf 4S muîds d'épeantre , &0 muids et h grandes mesures d'avotne , 15 poales , 70 poulets, 1005 ceafs, tout ce qu'on entrait dans la grande grange en sapin de Landshnt; dans plusieurs lieux les œufs du seignenr, l'avoine du seigneur^ les dîmes, etc. (bijoux et vaisselle; capitaux placés).

Ms XI emprunta iOO florins du Rhin du greflier Nicolas, père de Thfiiing Frickard ; de l'argent aussi d'Adrien de Bnbeiiberg, quelque diose de Henri Matter et de George Brandolfe de Stein.

*** Albert de Bofuietien.

*** « Popnlus non superbns , gtassa utens llngua ( comme ses pères, 1 1 , 249 à n. 99). M

*<' Tant : m Senatores conslanlis propositi ; firmi semper tum «qnitatîs tom necessarionim defensores. • «a fincore vrai à beaucoup d'égards avant 1788. D. L. H.

*" BoMietten : • Non popularis in se Berna. • Ge fut une vraie poli^ tique des anciens gouvememens d'empêcher que la ville ne pftt s'agrandir trop et se peupler de cette multitude qui contrecarre la sagesse des autorités et les entraîne dans l'ornière de ses passions.

"* On porterait un jugement bien faux , en attribuant cette faveur à

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pie, toijyours alleinand de cœur ; alor» Tavoyer Guil«* laume de Diessbachj à la tète de tout le conseil, se présepta devant Tasisemblée des bourgeois, pour déposer le pouvoir % car un gouvernement républicain sans confiance est comme un gouvernement despotique sans gardes. A ce moment se réveilla le sentiment de leur sagesse éprouvée, et, ce qui honore un peuple surtout, la crainte de Tingratitude. Les bourgeois supplîans jurèrent d'aider leurs magistrats à porter le fardeau et de les soutenir comme eux-mêmes soutenaient la patrie ^'^. Sur la représentation du curé de la ville,

te comi|>tioB. Sans doute on ne pevt nier rînffaence da celto-d nr dm ftmes communes , mais les chefs comprenaient la différence de position des deux pays; c'est beaucoup qu'ils aient su conserver si long-temps une attitude pleine de dignité. L'Autriche pouvait et voulait-elle les soutenir d'une manière décidée contre la puissance de la France? A peine aurait-on pu compter sur un tel appui de la part de Confédérés. Il ne s'agissait pas pour la Suisse de quelques batailles qu'elle pouvait facilement gagner, mais de l'oppression durable d'une puissance compacte et indestructible que nulle autre n'égalait en Europe. La grande faute politique , bien comprise par Bubenberg, fut la guerre de Bourgogne ( mais le caractère de Charles l'avait rendue presque inévitable, es On ne voit pas qu'ils aient fait auprès de Charles des démarches amicales, conciliantes; bien au contraire. Par leurs nidations avec l'Autriche et avec Louis XI , ainsi que par leurs procédés à l'égard de Hagenbach, et par les actes de férocité qu'ils commirent dans ses États, ib devaient exciter au plus haut degré son ressentiment La conduite entière de cette affaire atteste q^e l'intrigue et la corruption s'étaient emparées de Berne , et que les intérêts de la nation furent vendus, ainsi que son sang, par les meneurs. D. L. H.

* Comédie ou ruse pour CQmultre mieos ses «dvenairea. D. L. H.

*** Lundi ap. Jubilate, i&80. CA. dans Anahelm, Si le roi se comportait hostilement envers Berne ou d'autres Confédérés , ce que Berne ne sooflrîrait pas et n'attendait pas de la part du roi, toutefois sans pouvoir lien al&rmèr, ils feraient preuve de loyauté et de vaillance ; malgré cela on les appelait des traîtres dignes d'être foulés airx pieds, etc. Les bourgeeis promirent d'aider le gouvernement de leur sang et de leurs biens.

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le renouvfllemait ordinaire des autorités , absorbant les esprits 9 fut transporté du jeudi-saint aux jours joyeux qui suivent Pâques ^^^. Quant au nombre ^^ et à l'origine ^^^ des membres du conseil^ rien n'était près* crit à la sagesse publique ""• On ^e à cette époque le commencement de YÉtcU estérieur, institution dans la* quelle les jeunes citoyens imitaient toutes les formes et les opérations du gouvernement , afin d'acquérir Tha-* Utude de la parole, des délibérations » de la sollicita'tion des faveurs , de la législation et de l'exécution des 1(MS y pour Fépoque de la vie où la réalité des affaires demande des hommes tout formés ^^.

Ils direni qae flentr les répabllqaes était ^ne rade tftchc, dont on ne recueillait qne de riogralilnde. «? Experio ertdê Roberto^ D. L. H.

^^ Les efforts de Jean de Stein obtinrent ce changement en 1480 ; le» élections furent d'abord fixées au lundi on au mardi, enfin au jeudi ap, Pâques. Anthêlnn Stettler, mscr.

^** En 1458, le grand Conseil se composait de 837 membres, en 1480 de 509, en 1485 de 880. AmL* de fVatiemyl dans ses collections formées avec le plus grand soin, mm Vojr. sur cela et sur la forme du gouvernement, de Tiiiier, U, 456 et suir. de Rodt^ Berne au xv* eiécU ( Bem im vi^ Jahrkmndert). C. IL

^^ En 14Q0 Urs Werder deSolenre était membre dn sénat. Jnthehn.

* C'était encore trop tôt. Il fallait d'abord réduire ce nombre toat doacement, accoutumer les esprits à cette réduction, ain^i qu'à ce qui devait s'en suivre , avant que de sanctionner par des décrets les nonveanx procédés. La coalition des familles patriciennes de ta bourgeoisie avec les nobles ne put être bien consolidée qu'après un long espace de temps. Il fallait qne les anciens préjugés pussent s'oublier, et que le mélange des races confondit tous les intérêts dans ceux du patriciat L'oligarchie naquit seulement alors. D. L. H.

*^ Seheuehzer, /fin. Àlpina,tl\, On ne sait pa^ exactement l'époque où commença celte institution ; plusieurs la placent dans les dernières années de la période dont nous racontons ici ]*histoire (151S et.suiv.).sa VÉtat extérieur, véritable école de magistrats et d'bomrors d'État, comptait dans la seconde moite du xviii* siècle environ quatre ccilts membres, nobles et bourgeois. La considération publique entoura cette insti-

Les richesses nouvelles, roiitrecuidance^ le mélange des peuples ^^* corrompent les mœurs au détriment de la patrie. Comment la religion du serment, principal bien des villes libres*^, subsisterait-elle avec l'habitude des juremens ? Celle-ci fut bien contenue par la crainte de délateurs secrets que Ton croyait sur parole **•. Quand le luxe et la coupe des vétemens de femmes était contraire à la santé *^ ou à la décence ***, ou même, dans les classes inférieures, à Téconomie^'^, quand de

tntioo pendant plasienn siècles; mais son phis grand honneur est d'avoir Tn sortir de son sein des hommes qui, parvenus an timon des affaires , gonvernèrcnt la république avec sagesse. On n'y apprenait pas seulement la marche du gouvernement et les principes de la politique; mais on se prépai'ait à servir la patrie en se nourrissant de ses plus gforieui souvenirs, en réchauffant les âmes au feu du patriotisme; témoin le volume de discours publiés sons ce titre : Patriotisehe Reden gehalien vor dem koehlâblichen aastem Stande der Stadi Bern. Bern i773 , iu-8*. L'État extérieur avait son hôtel, c'est celui où s'assemble la diète fédérale quand elle se tient à Berne. G. M.

'^ On voyait souvent dans une même tribu des Souabes, des Bavarois, des Franconiens et des Suisses. Bodmer, UitU de Zurich,

^^ Qu'on parcoure le livre rouge des Bernois; la foi du serment n'était-elle pas le lien de toutes choses?

*2* Loi de ih^i dans JnsheCm : pour chaque jurement un plappart d'amende, pour chaque imprécation , le carcan.

^^^ Livre du mariage, imprimé en 1475 à Blaubeuren, {ALmanaeh helvét, 1780 ] : les femmes mettent leur corps à la gône dans une robe de cotonnade ; elles refuseraient de la porter, si on le leur ordonnait comme punition.

*^ Vieux vers dans la Petite Chronique suisse de Heinzmann, 1. 1, 328 r ■ Les demoiselles portent aujourd'hui ce qui déshonorait autrefois les

• conrlisannes , souliers, robes, corsets bien ouverts, a6n de ne pas ca-

• cher les sacs h lait (la poitrine) ; elles se font de grandes cornes sur la

• télé, comme si elles étaient des taureaux sauvages, • etc.

^^ Même des femmes d'artisans portaient des robes à longues queues [Ibid. 845), « elles en révèlent la terre , amassent des puces et couvrent

• de poussière les saints. Plût à Dieu que leur visage eût autant de rides

• que leurs robes ont de pli». Le diable a des compagnons qui se font

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beaux chevaliers et de jeunes bourgeois oi^eiUeux exxritaient les passions en découvrant ^^^ ou dessinant sans pudeur des formes voilées^^^ quand leurs habits à jour comme des réseaux ^^^, et leur énorme chapeau surmontant leurs cheveux courts ^^^ remplaçaient un# gravité mâle par des airs évapwés, les pères de la pa* trie croyaient utile d'interposer leur autorité. Eux qui savaient ce que peut dans les batailles l'imprévu (c'est la la main de Dieu ), tenaient beaucoup à une régularité calme y disposition la plus agréable au ciel. Ib défendirent Tusage des courses des bouchers^ pendant le désœuvrement du carême ^*, l'immersion plaisante des jeunes filles dans des ruisseaux ^ sous prétexte de les purifier de leurs péchés , les danses pendant les ennuis du carême , les danses aussi et même les jeux innocens dans les fêtes annuelles de la dédicace ^^. A l'exemple

• traîner sur les qnenes des robes ( n. 6Î7). • Loi de Berne, ordoimani ée conper, à lliôlei-de-Tllie, les longues qaeoes et d'en distr&oer Vé- ' teffe am paavres»

**^ La poôtrine et les épaules, Eraeme , CoUoq, ( Btfe, 1685 ), p. 840. *** Vestes courtes , culottes de peau serrées, t Interulam preddunl

• supra nates; partes pudendas, tnrpiter prominentes, lupinis pellibus

• vestiunL • Même loi 1481 : contre les vétemens qui ne couvrent les parties honteuses ni devant ni derrière ; un florin d'amende pour celui qui les porte, deux pour le tailleur. Beeés de Stant, 19 mars 1481. sa Ressemblait un peu aux babillemens des jeunes Français de 1809, an costume des Titmi modernes. D. L. H.

*^ « Vestem que thoracem tegit et bracbia, totam consdndimt, yehit » rete facientes. Galige diversis coloribus variegatae. •

^* • Capîllos tondent ; addnnt pileum undicnnque sectnm eum in-

• genti lasdculo plumarum. » Quiconque étudie ce temps-là verra que les caprices du nôtre ont peu|ajoaté d'inventions k ces anciennes sottises; le luxe en soie, en or, en pierreries, était bien plus grand antrefois»

•** Loi^de 1481. IfErlach raf^>ela cet usage à la baUille de Laupen. »*s Cette même loi considère les cartes, les dés , les quilles, le palet, a paume et le tir, comme des violations des fêtes de dédicace.

354 HI8lt>Iltll 06 LÀ iÛMB.

Ae TanCkimtë eu par îmspirttioti de la nature «t de la vigueur^ le moyen^^ge , ami de la joie^ avait léff^té aux gëtiératioas subséquentes bien des usages qui scandalîs&ieot des prêtres zëlés^^®. Le gouvememetit, toujours en lutte^ tantôt transf6^mait une maison de prostito*tiofci eu école ^ qui à isou tour ne subsistait pas^^, tantôt défendait le port d*armes aux jours de dédi* cace^*, ou rapprochant les revues et le service divin , ordonnait de se rendre armé dans les temples, sans doute de peur de surprise; il multipliait les lois ^ et ne Toulttit du moinii pas autoriser ce qu^il ne poovak empêcher entièrement **^»

A la suite de la guerre de Bourgogne , cinq années mauvaises ) la cherté croissante et même la famine^', la fureur des torrens alpestres ^^^, les ravages des ma**

u« i^ sévérité da gonvernement ne suffit point à satisfaire le caré; Stehi quitta Beroe»

^>' 1&78. Nioolas Weideboscb, de Tordit de Gtteanx, fut admis comme maître d'école, moyennant àO florins par an et an habîl; ob M pcr* mft anssi de pratiquer ta médedne; aaîB II ne resta pas tong-tempiL Poor les dcuK fkKs, n. 5ffO.

u* Piques, halld>ardes, arbalètes, épées, arquebuses. Loi dû i48i.

*** • Le petit nombre des lois prouve un gouvernement sage, Tobser- • vation des bonnes lob un gouvernement juste. • Jnshetm, Les ordonnances sur les mœurs se succédaient coup sur coup.

*** Parce que les hommes outrepassent toi^ours ce qu'on leur permet Qoaad une habitude est devenue trop puissante, il vaut mieux garder le silence que de l'approuver ou de trahir, par une défense inutile, le triste secret de sa faiblesse. Il faut alors d'autres remèdes.

*^* D'après <#iifAe<m^ des personnes moururent de faim en 1481. U est eerlain qu'en 1478 les Ober landais vécurent sans paîa pendant trois

mois. SchilUng»

*^ A ^occasion de ers inondations, les Bernois se rendirent le 6 août 1&80 avec toutes les choses saintes au Manili , pour prier sur les bords de l'Aar gonflé; on fit de même le long du Rhin. Amlitlm,

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ladies contagieuses > surtout parmi les enfbns (1478 et i479), modérèrent rinsolence des passions et reû« direfiC plus actiTe h sollicitude des autorités. De l'argent des pensions de la France on acheta à Strasboui^ du pain pour le peuple ; le gouvernement supporta les frais du transport; villes et seigneurs accordèrent ho* oorablement Texemption des péages ^^. Le gouverne^ ment déjoua Tégoîsme des vendeurs^\ tour-à*tour il entravait ou défendait l'exportation ^^^ ménageait et soulageait les citoyens ^^^ et leur fournissait du travail pour les occuper et les nourrir^''* 11 veillait au bon état des routes depuis les plaines de TArgovie jusqu'au désert glacé de l'hospice du Grimsel ^^ ; il n'y avait

^^'^f 478, même aoaée que le fait précédent Schilling loi-méme fat envoyé à^ Strasbourg avec le conseiller Ditllinger ; ils achetèrent 6000 mnids, dont le transport coûta plus de COOO florins dn Rhin ; les péages doDl oo fit gr&ce s'élevaient environ à iOOO florins.

^ Berne aux juridicfionê , i479 t défense d'accaparer le blé, les besliaox, le petit-lait, etc. ; tout doit être transporté an marché public

^^ Berne à êouê Uê Confédérée, ihSi {Anshelm) : concernant le pain» le vin ei le benrre. Berne fait payer pour chaque tonneau, entre Brongg et Nidao, un demi-florin; était-ce pour le transit?

»*• Ordonnance de Berne, 1481. Quand les sujets ne pourront pas payer tout de suite les intérêts et les amendes , les percepteurs prendront patience et ne les grèveront pas de frais de poursuite; ils renverront cfaes eai les fainéans, les colporteurs, les vagabonds et ne permettront paaf anx pèlerins de séjourner long-temps. Les monastères de Fraubrannen , Thorbeig , Buchsée , Kônis et Frienisberg enverront tous les qoinze jours une voiture de bled , à la SL -Martin chacun d'eni 20, Fraubrunnen une fois 200 muids, et la chartreuse de Thorberg fera transporter le bled deKoppingen dans la ville même de Berne; les Ghartreux.;^n*en achèteront point sans autorisation. Amhelm, 1482.

**^ En 1478, pendant la disette , on fit construire le mur neuf sons la terrasse de la grande église; toutes les sociétés aidèrent à supporter les frais, mais le Conseil aussi envoya beaucoup de vin et d'argent. SehUUmg.

''*,.1479. Plein pouvoir à Cavoyer de Berthoad dc taire conriger les

pas de meilleure auberge entre Lyon et Nuremberg que celle de Jacques Lombach , le plus riche aubergiste de Berne. Les lois combattaient l'usure ; Tiniérèt ordinaire était de cinq pour cent^^^; Werner Lôblin , apparenté aux Diessbach , faisait de grandes affaires comme banquiers^. Ayant rendu des services au pape , ils obtinrent de lui le droit de frapper des florins d'or du Rhin^^' • Cela leur réussit mieux que la tentative de forcer la nature^ par des dévotions et des formules sacramentelles, à faire jaillir prés de Riggisberg une source d'eau salée ^^. Le commerce de la poudre, d'abord restreint, devint une attribution de l'Etat s^.

Dans tout l'Oberland, depuis les hautes régions ha-

routes, même à Bipp et à Wangcn. J6. Octroi de contribution à l'hospice du Grimsel.

*** Benoit StSr, qui paja toujours cher les bonnes paroles de la cour de Rome et finit par mourir pauvre {An$hêltn)^ fait en 1478, en qualité de ffrêvât tTArnsoUingen , à deux bourgeois de Brougg, une ree&nnaiaêOMee de 800 florins, dont il doit payer hO florins d'intérêt annuel ; deux mois d'avertissement

M* Berne donne en 1479 une auignation sur lui de 000 florins, payable à Nurembei|^. 11 était payeur général de la France en Suisse. Anshebn, 1480.

*^^ Bulle de Sixte IV, Rome, 10 mai 1A79 < • Motu proprio, non ad • yestram instantiam, sed ex nostramera liberalitate. > Mais Anehelm nous révèle qu'on avait déjà envoyé, le 95 mars, le greffier Schmid de Tbonne, à Rome avec cette mission , et, malgré cette date , le 25 octobre St5r était encore occupé à expédier la bulle ou à négocier la suppression de la clause « tant que Berne serait en bonne intelligence avec le pays. • Mais on ne donna point d'argent ; la somme devait être déduite des subsides poar la guerre de Milan.

>>s 1480 t Ceneure adreuée d Vagent (Freiweibel) de Seftigen, parce que les ouvriers ont juré et tenu de mauvais propos. Anehelm : on fit prononcer des paroles magiques par le docteur Pierre, ancien diartreux, pour faire monter la source.

^* 1480 : Défense de vendre de la pondre qui n'a pas été éprouvée dans la ville ; de même des épices.

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bitées par la population vigoureuse du Hasli^^^ jusqu'à la langue de terre d'Unterséen , entre deux lacs poissonneux^^; dans la vallée de Frutigen, où les communes les plus écartées^ déplus en plus populeuses, réclamaient leurs propres juges et ne fréquentaient plos que rassemblée annuelle ^^; dans les belles seigneuries des nobles ^^^ et dans les nombreux villages du Sibenthaly riches d'une agriculture chaque jour pins florissante^^; dans ces domaines du comte de Gruyères , que la masse de ses dettes rendait si dépendant des villes ^^^; dans les contrées inférieures où le fort de Brandis servait maintenant aux Bernois ^^^^ où le château redoutable de Berthoud ^^ et l'admirable

^^ TtarMt : • Robustissimi. •

»»> «Pîscatnra voluptalis plnrimc, que nec imbre, nec hieoie, neqocgUdeîmpedilur. •

'^ Berne pour le» gens tTAdelboden, mi-caréme 1478 : la seigneurie de Frot^ea se composait de trois parliez , Frntigen » Adelboden et la vallée de la Kander. Vo réloignement et la difficulté des chemins, ceux d'Adelbodeo acquirent une juridiction en propre ; pour les affaires les plus importantes et pour la guerre ils restèrent unis à Frutigen, leur paroisse et lien de réanion de l'assemblée générale.

**' Turei distingue ie château en pierre (des Scharaachthal j à Oberhoren, celui de Stcûsboorg appartenant au conseiller Matter, Reichenbacb» seigneurie des d'Erlach , et Bflmpliz.

^^ Jd, : • Agri aptiuli culti mnltis villagiis populosi. »

^* 14 SO, le 31 déc, le comte Louis emprunte, sous la garantie de Fribourg, 2,000 Qorins de Techtermann, conseiller de cette ville.

M* 11 passa des anciens barons dans les mains de Gaspard de Scbarnachthal , par sa fille dans celles de Jean Frédéric de Mullinen , qui le vendit en 1478 à Pierre de Pcsmes, de Genève; mais Berne conserva l'avoncriede Truob et la haute justice. An$helm. Avant et après (1484), les ordonnances émanaient de Berne. De Pcsmes ne pouvait emmener des habilans de Brandis en Savoie pour sa sauvegarde qu'avec l'aulorisalioQ de cette ville. AnêkeUn.

^^^ Taret : • Arx prsforlis munitionis. » Il écrit Burtdlf au lien de Bnrgdorf , conformément à la prononciation du pays.

TIII. 1 7

palais de Leirzl^ourg ^^ défendaient désormais la li* berté; dans les plaines dominées par le manoir de Grùnenberg^^ et dans les prairies fertiles de Zofingue, où les Bernois se présentaient à cette heure comme avoaés^^ et seigneurs des vastes domaines d'un chapitre Tënére ^^ ; dans la ville d'Arberg, que la main aecourable de Berne relevait de ses cendres ^^; à Morat, dont la juridiction fut protégée comme précédemment la ville ^^ elle*méme ; à Neuchâtel enfin et dans le Vafaingin, dont le margrave et comte Claude ^^, grâce à Berne, n'était pas moins rassuré sur ses droits seigneuriaux que le peuple sur sa liberté ; partout on respectait le nom de Tavoyer et du conseil , partout régnait Tordre et la prospérité ; et cet état de choses dura plus de trois siècles encore.

Tels étaient les huit cantons de la grande et perpétuelle Confédération de la haute Allemagne ; cinquantequatre mille cinq cents hommes en état de porter les

**^ Id^ : « An insignis amplaque pdalib , cam ingeniose tum votoptuose singnlari nidastrit constracta. »

M> 1480 ! Le cfaeTalier Rodolfdie de Lnlernao vend à la ville la mmlîé de Grflnenberg et Langenslein ponr S,000 flor. (Aiuhêtm); l'anlie moitié à Rodolphe de GrOnenberg mène. StetiUr^ SSi.

^^ BalU de Sixte IF antorisant Berne à nommer le pr6v6t (J. B. 5ater dans la BibL de HalUr, lY, 352). En i&79 Stôr négocie I Rome pour Rerae an Mi|et des fiefs de eore des prêtres, des chanoines et des chapelains. Anihelnu Ck, 1484, le chapitre se soumet

*** 14S0, BemoU StSr, en qualité de nonce an prévdt KUtkr : condition d'âge , lilne choix du confesseur.

•« SehUting, 1477.

**^ L'mwyêr, le eomeU et U$ bourgeois avec les commissaires de Fdbouiig, 4 févr. 1479 : l'appel peut avoir lieu huit jours, non pas «mwI, mais après la sentence prononcée I Morat

»** 1478. Le comte Claude d'Arberg, seigneur de Valangiaet Beauffremont, fait pour Valangin un traité de comboorgeoisie avec Berne. Sfeitler, 277. ^

LIVRB V. CHAP. II. 259

armes ^^> sans compter les alliés ^ peuple vigoureux ^^^^ germanique ^''^^ fier de ses belles femmes et de ses fils âevés pour la liberté ^^^^ peuple pieux ^''^^ cultivant ses champs ^''^ lui-même , punissant la lâcheté jusqu'à la troisième génération^^^et jaloux de l'honneur du pays^^^. On commença de friser les cheveux^'''' et de prodiguer à la volupté la force de Thomme ^'^^ ; mais les landam** manns étaient intelligeos ^''^^ les vieillards possédaient la vigueur de l'esprit ^^^ ; gens modestes , étonnés de se voir recherchés par les rois ^^ .

Dans les vallées , berceau de la liberté et de la Gonfôdération, dont les habitans ne s'enfermèrent jamais dans des murailles , le nombre des hommes eo état de porter les armes ne dépassait guère quatorze mille,

*** Ces nombres nous sont fournis par Albert de Bonstetten ; sa source

! nous est pas connue ; mais c'était un investigateur zélé qui par sa lœ et sa position avait en tous lieax de nombreuses et importantes relations , et vivait à Einsidlen comme dans un centre.

*^ Surtout les campagnards • corpulenti , grossissimi. • Bon$tetten, ci-deasns, L VT, S5d, S55,

*'* AnsBÎ par son costume , « vestibns subcinctoreis. Id.

*^ m Pneri délicate vivunt •

*'* Bons chrétiens même dans la guerre. Toujours Botuteiten.

*^* Les femmes travaillaient peu aux champs.

*'* Quand quelqu'un s'était enfui de la bataille.

*'* Les routes étaient sûres, et ils respectaient les voyagenrs.

^''^ « Grispb crinibns, anrifrisîatisqoe (boucles?) coutra ipsomm priscom morem. »

*'* Lesjeunes hommes étaient très-adonnés à la volupté. Bonstetten avait pn apprendre bien des choses dans le confessional.

»?* « Intelligentes. »

*** • linltum de sale habent »

»•< Un d'eux dit à Félix Faber, HUt. Suev. l. I : • Gertiasima plaga

• roundi et confusio ordinis est, ut qusrant principes anxtiium paupe-

• mm rusticorum. — Prudentes eomm ( ajoute Ftf^er) beneintcllignnt

• inconcruitatem illam. •

tandis que dans trois ou quatre cités on en comptait prés de quarante mille ^^. Ceux-là étaient protégés par leurs montagnes contre les dangers du dehors et contre Tambition de s^étendre ; les villes étaient plus exposées^ et la Confédération ne touchait pas encore aux limites naturelles de THelvétie. La ruse étrangère eut -donc beau jeu pour faire renaître la jalousie*. Quant aux relations extérieures, la simplicité des cantons forestiers se sentait inférieure à l'instruction des Tilles et à leur connaissance des langues étrangères ^^^; dans les guerres y quelquefois inutiles , pour eux surtout, les hommes libres de ces cantons sentaient le désavantage d*étre si fort surpassés en nombre par les citadins et leurs sujets. Et quoi ! si ^ en minorité aussi dans les diètes , ik allaient devenir les instrumens de l'ambition des conquêtes ! Pour prévenir ce malheur, ils jugèrent nécessaire d'enlever Lucerne à l'autre parti et de ne plus admettre de villes dans l'alliance perpétuelle. Les Bernois s'efforçaient à cette époque de faire recevoir dans la Confédération Fribourg et Soleure, et songeaient, en cas de refus , à des alliances de combourgeoisie qui assureraient à une ligue des villes la supériorité sur les plus anciens Confédérés. Ils se croyaient obligés à cela dans rintérét de leur conservation, pour ne pas dépendre, en cas d'une guerre subite et redoutable, du bon plaisir de chefs populaires, capricieux ou gagnés. Toute

»*> Bonitetlen donne 20,000 hommes à Berne, iO.OOO i Zoricb, 9,000 h Lucerne, Comme il compte 2,500 pour 2oiig, nous croyons ne pas nous Iromper beaucoup en attribuant environ deux cinquièmes à la ville et trois cinquièmes au district.

* Noire avenir. D. L. H.

»s» Les seigneurs de Berne parlaient bien le français au rapport de ^ ' Bonateiten,

UVRB y. CHAP« II. 261

alliaiice exige, non pas précisément l'égalité des forces^ mais la conformité, du but; son fondement est une confiance loyale dans la volonté commune *• L'ancienne Confédération a subsisté tant que Tégoisme prédomioaot n'a pas étouffé la foi au dévouement : à l'heure de eeUe nouvelle tentation elle eut besoin d'un homme semblable à ceux du Grutli ^\

Peu de mois après la bataille de Nancy et bientôt après les violences de la folle vie , cause immédiate des évënemens qui vont suivre, les bourgmestres, avoyers , eoQseils et communes ^^^ de Zurich , de Berne et de Lucerne formèrent entre eux et avec Fribourg et Soleure ua traité de combourgeoisie , en vue de leur commune défense, et qui devait avoir le pas non sur la Confédération perpétuelle, mais sur toutes les alliances à venir ^^. Les bommes d'Uri , de Schwyz et d'Unterwalden, voyant iâ Qo orgueilleux abus de la force ***, se rendirent dans les TÎIles et représentèrent cette ligue comme une ou-

* Cest une erreur grave. Il est indi^cosable que les GoBfédérés soient i pen près égaux , parce qne la conûance ne résulte que du sentiment <]e cette égalité, qui fait évanouir les illusions de la domination, en noQtrant la certitude d'une résistance décisive. La confiance a dû s'éranouîr à mesure qne les gouvcmans suisses ont manifesté davantage l'envie d'avoir beaucoup de sigets, la soif des conquêtes, etc. Voîtà coDtre quoi il fallait travailler.. D. L. H.

** Si des bommes pareils se ftissent présentés, on les aurait proscrfts comme des novateurs. Que de persécutions n'ont pas essuyées les auteurs de la mesure salutaire qui fit de l'Helvétie, en 1798, une seule république? La postérité seule sera juste, mais la patrie, qu'ils avaient voulu sauver , sera asservie. D. L. H.

"* Cette expression , Si cette époque , signifie sans doute que les bourgeoisies réunies par tribus ou dans une assemblée générale jurèrent ce que leurs T^résentans ordinaires avaient résolu.

^^ Ch. Tendr. av. Drbaio, i&77. EdUbach, Après cela on admit aussi la ville de Constance.

Certes leurs craintes étaient fondées. D. L. H.

trageuse dissolution de la Confédération. Ils rappelèrent en particulier aux Lucemois que l'alliance perpé* tueile ne leur permettait pas de contracter de nouveaux engagemenSy sans qu'ils y eussent consenti ^^. I..e$ Zougois et les GUronnais s'interposèrent comme médiateurs. Les villes n'eurent pas de peine à faire voir que la lettre du pacte autorisait de telles combourgeoisies ^^'^ ; il eût été plus difficile de montrer leur conformité avec son esprit. Cependant on conservait le souvenir tout récent des services rendus par Soleure et Fribourg pendant la guerre, du jour où tous les Confédérés promirent leur alliance à la première de ces villes ^^^, du jour aussi où Ton avait résolu de hâter l'accomplissement de cette promesse^^, et Ton rappela sérieusement que ces villes ^ situées entre la Suisse et des puissances étrangères y n'avaient d'autre choix que d'être les boulevards de la Suisse ou ses adversaires les plus redoutables. Les cantons forestiers , surtout Unterwalden, qui n'aimait pas Soleure ^^^, reproduisirent leurs représentations auprès de Zurich et de Berne et menacèrent Lucerne d^une défense péremptoire. Les députés des villes se rendirent dans les petits cantons, et se pré-

^^ Acte âaiiitmeê, 1832 : t Nul d'entre nons ne 8e liera par des sermens oa des engagemens particaliers envers qni qne ce soit da dedans on da dehors, à l'insu et sans le consenleçient commun des Confédérés.

*^^ Bien expressément, mais la Confédération toujours réservée. =3 Cette nouvelle liaison détruisit indirectement Tancienne. D. L. H.

^*' hecês de Zurich, ap. Maurice i47&.

*** Recht ap. Antoine 1477 : « pour ne pas paraître les dédaigner et les ajourner. •

^^^ Recés de Lucerne, ap. Oculi 4lâ76 : Les Untermldiens m ventent pas soufirir la bannière do Solenre, parce qu'elle ressenblv à la leur ; les

Confédérés , par leur médiation , apaisent celle querelle, funeste pondant la guerre.

LIVRK V. CUAP. II. 263

seDtèrenI devant les communes pour expliquer les combourgeoiaies conformément à leur but , à leur nature et à losage^^^ Tandis qu'ils persistaient eux-mêmes dans ienrs vues et leurs intentions^ les cantons forestiers, de leur côté, s'd[>stinérent à ne reconnaître à Friboorgetà Soleure d'autre titre que d'avoir été nommés comme les autres cantons, près de quatre-vingt-dix ans auparavant , dans le règlement militaire suisse appelé le traité de Sempach ^^^.

L'animositë s'envenima; on craigait une rupture ^^^ et bieo des soulévemens partiels. En effet , Pierre AmStaiden, homme riche et considéré, aubei^iste et sautkr d'Escholzmatt^ fils et neveu de citoyens morts au service de k ville , commandant de la milice d'Entliboch dans la guerre de Bourgogne ^^^, demanda ^ deooQoert avec d'autres, satisfaction pour sa contrée accusée de vouloir se séparer de Lucerne^^. Les cantons arbitres citèrent les parues à Békenried , non loin duGrûtli y conformément aux alliances ^^. Une grande

**' Mieéi dé Lwmmê, apw Aoibreiae i47S ; éa ptaa , vendis, ap.

Geaige.

^ Recé9, mercr. ap. Ulric. Du reste Soleure seul est mentionné dan» te trùté de Sempach. T. UI, 818 et suîv.

"* StkiUmg r BMiMmr, Fragmem.

**^ tyiot, dans la BibUotlu de HalUr, IV, 861 , où tout ceci est ^présenté sous un jour très-odieux, comme dans la plupart des livres. Picire était un homme loyal , sans mauvaise intention , mais ébloui par an excès de con&ance ; le gouvernement ne put pas agir autrement ; tootefois Pierre n'était pas le traître que les modernes ont vu en lui.

**' Prvioeoie du eon§eil de Lueeme, vendr. ap. Nicolas 1^78 : Pierre 'Tnib , Am Stalden et deui autres font citer en justice Jean Von Slnben et un garçon boucher pour avoir dit que TEntlibuch se révolleraité. ^ente : ks deux accusés jureront qu'ils ont menti et paieront les Crais,. ^s préjudice des autres peines»

^* 1&7S. Samedi ap. la Toussaint. Sommation,

dispute s'éleva sur la forme^ qui est tout , quand le cœur n'est plus rien. Dans les anciens temps ^ alors que les trois cantons n'avaient qu'un pacte et qu'une âme , la triple communauté n'en faisait qu^une dans les négociations avec des villes étrangères ^^''. Cette fois aussi les trois n'avaientqu'une volonté; mais comme ils formaient trois cantons ^ ils entendaient l'emporter au moyen de quinze voix sur les cinq de Lucerne ^^. Ce mode, rendant un arbitrage inutile et asservissant à jamais Lucerne, était réprouvé par la raison, qui revendique pour les deux parties , quand elles recourent à la justice, l'égalité de position et un juge impartial. Sur ces entrefaites les citoyens d'Uri commencèrent une guerre contre Milan ; les villes, au lieu de l'empêcher, s'empressèrent de donner du secours pour tnontrer leur esprit fédéral ^^^. Immédiatement après les affaires avec l'Italie, la citation fut renouvelée et acceptée^^, mais les villes ne souffrirent pas que Lucerne devint victime de la forme. On finit par s'entendre sur la marche de la procédure, mais sans se rapprocher, preuve que le ressentiment avait des racines profondes ^^. L'irritation s'accrut au point que Berne stipula son alliance de combourgeoisie avec Fribourg dans les termes les plus forts, à perpétuité, sans la réserve qui devrait ne manquer jamais

**' T. II, 89 , n. 52. Il y a d'autres exemples.

^'^ Prolocole du conseil de Lucerne, ap. le vieux carnaval 1431.

^^' Edlibacfi le dit expressément de Zurich.

^* Protocole du Conêcil, mercr. ap. St. -Martin là*79; Lucerne nus cinq cantons, Gather. 1480. Diète des ÎV canton» forestier» à Lucerne , déc. 1481.

'^^^ Convenant des IV cantons forestiers, mcrcr. av. les Rameaux 1481. Cv^l le premier convenant, qu'il faut soigneusement distinguer du dernier , fait à Slauz, à la fin de l'année.

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