‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 68 sur 127 · LIVRE V. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. II

landainiiian Bûrgler et Kuenegger furent les plus ardensà taxer le prisonnier de légèreté , de mensonge; ils demandèrent un procès en forme et un sauf-oonduit qui leur permit de le soutenir. On leur promit aussitôt kaaf-conduit pour se rendre en justice; mais le gouvernement lucemois ne dit pas clairement si le saufoooduit déploierait encore son effet , la sentence rendue et au cas qu'ils fussent coupables. Dans le Haut- Uaterwalden on jugea inconvenant de permettre la coofrontation d'un ancien chef d'un État confédéré ^^^ afec un menteur fieffë. Une députation se rendit à tncerne pour exhorter sérieusement le prisonnier. Il répéta sa déclaration avec assurance, et s'engagea , si jamais Bûrgler et Kuenegger se présentaient y à les réduire au silence par ses preuves. Ces deux hommes ne ris({uèrent pas la confrontation. Après les avoir attendus plus de quatre mois , les Lucemois craignant, s'ils fusaient grâce, d'exciter le soupçon d'une secrète intelligence, résolurent de juger le prisonnier conformément aux lois. Celles-ci punissaient du supplice de la roue le crime de haute trahison ; mais au dernier moment les autorités respectèrent les blessures du prisonnier, et eurent pitié de ses enfans en bas âge. En dépit de la loi , il fut condamné à la décapitation , et reçut les'sacremens^^^. Aux portes de l'éternité on l'interrogea une fois encore sur la vérité de ses assertions ;

duM XRÎMt, iUnterw. éeZelg^rêt Btuêingtr, II, iS7, e»t probablement nne erreur typographique; tontes les tntres relations placent cet événement en 1481.

*** Il avait été landammann en iA76. Zelger et BuMinger.

*** Le bourrean de Constance ne voulait pas y consentir ; il avait pr^ serment d'exécuter conformément aux lois ; lAcerne dut prouver préalablement son droit par les franchises de la ville.

il les confirma solennellement devant tout le peuple^'^ remercia et mourut. Le souvenir de cet événement fut perpétué par la commémoration annuelle des mesures prises à la fête de St.^Léodegar ^^"^^

Peu de jours avant sa mort y tous les Confédérés , de même que St.-Gall et Appenzell, Soleure et Friboui^, tinrent une grande diète à Stanz ^ le chef-lieu du Ba$- Unterwalden ^ au sujet du partage du bu0n , de l'admission des deux villes , du droit de combourgeotsie et des formes de la procédure que les quatre cantons forestiers auraient à suivre entr'eux^^^. Les trois petits cantons persistaient dans leur opinion avec de grandes menaces ; Lucerne, assurée du prompt secours de toute la campagne lucemmse^^^et des villes ^^^ ne vouhitpascé-

*** Quelques-uns crurent que « le diable et la vanité ravalent entraîné • à calomnier l'innocence • ( Tichudi ) ; c'était par trop fort

*i7 Le conseil et les cent bourgeois, arqMebasiers , gens à cvinnes, toutes les armes principales » près de 800 hommes en tout se nuemblaient ordinairement aux flambeaux devant la maison du landammann en charge ; plus tard , seulement un certain nombre d'hommes en coiruses. Batthatm' d'après «n vieux manuêcrit Tout cela, ainsi que le cortège n. 608, a cessé en 17iS; en général, les souvenirs de Finden temps ont été de plus en plus effacés pendant le xviii* siècle; c'est pour cela qu'il a fini si misérablement, es II y avait de la sagesse à abroger des fêtes destinées à entretenir les guerres nationales , telles , par exemples, que celle-ci, ceKede St. Jacques, etc. On aurait pu leur en substituer qui rappelassent les grandes et belles époques de la niitioo;iBi0 ces époques eussent rappelé en même temps celles où il n'y avait encore ni patriciens dominateurs ni citoyens sujets. D. L. H.

•is Nous avons cité n, flOi le recès relatif 2i ceci, tiré des F^gmens^ BaUhauur et de la collection de UalUri les IV cantons n'y adhérèreot-ils pas tous ? Alors on mit en délibération le sujet de leur dilférenfL

*^* A la fête de St-Léodegar elle avait tout offert avec un dévouement touchant , à l'occasion des inquiétudes causées par Am Stakkn. DieMd Schilling, le Lucernois.

*'* Profocolc rftf conseil de Lttceme , ap. le vieux carnaval , 1481 :

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der. Il s'en suivit des explications si violentes , des discours si âpres ^^', une si ardente colère, que les Fribourgeois et les Soleurois furent prêts à sacrifier leur intérêt pour sauver ta Confédération de sa ruine ^^. Ainsi se passèrent trois séances ; on ne trouvait pas de remède; à l'entrée de la nuit , les députés se séparaient déjà sans adieux, les visages enflammés. Un cri retentit dans tout le bourg : « Ce qui n a pu réussir à l'Autriche ni » à la Bourgogne, la discorde le fait : le dernier jour de » la Suisse est venu. » Ces paroles remplirent d effroi le curé Henri ImGrund^^^, homme pieux et dévoué; il se souvint de son ami , le frère Nicolas , sage qui marchait devant Dieu et que Dieu soutenait ; il se leva , prit son bâton , et se rendit en hâte dans la solitude.

Le frère Nicolas, de la bonne famille des Lowenbrugger^^^, venue peut-être anciennement de THel*yéiie italienne , mais appelé de Flûe ^^^, d'un rocher près de Saxelen dans le Hàut-Unterwalden, où il cultivait son bien avec ses parens et ses enfans ^^, avait

Zmrieh, Berne , Fribonrg et Soleure prometteDt de la manière la plus forte toale espèce de secoars.

*^ « La ville troavait que les petits cantons étaient presque gens grossers et déraisonnables. • BuUinger,

*^ ils avaient là hait députés , parmi lesqueb on distingue princîpalemeot Jean Vom Staal , greffier à Soleure (pendant 46 ans, 1458-99).

*>* Son nom sTéerit aussi Heymann ; il était Lucemois.

*^ « Leoponti, de Ponte Leonino. » Pierre Hugo, Venait «elle de la Léventine, on de Rome, comme le porte une tradition ?

*^ « Flufa ,.Flfle > ( rocher ) > de Rnpe. » Il y avait deux maisons sw le PiëeU ( petit rocher ) dans Tune desquelles habitait son père et probablement son frère E^erre, dans l'autre, lui-même, saga maison svbsiste encore; la coistne et une des chambres ont un caractère de hante ancienneté. G. M.

*** Son père s'appelait Henri , sa mère, Uemma Roberta ; il naquit le

rempli, pendant les cinquante premières années de sa vie, tous les devoirs de l'homme et du citoyen ^^'', Sa jeunesse fut laborieuse et irréprochable ; il avait eu de son mariage dix enfans^^^; prés de Ragaz et dans la guerre de Thurgovie, il allia le courage à l'humanité ^^^; membre du conseil , il avait montré une singulière habileté à terminer heureusement les affaires qui se présentaient. Mais on remarquait en lui une aspiration intime , extraordinaire vers la source primitive , vers rÊtre des êtres , TÉternel; aspiration émanée , non d'un livre , car il ne savait pas lire ; non du commerce avec les hommes , mais du Dieu qui habitait en lui; il n'était ni sombre , car il y avait peu de chose à expier dans son innocente vie^ ni disposé aux dédains de l'orgueil , car sa religion était soumission et amour. Tte connaissant pas de plus grande jouissance que la contemplation, il s'était de tout temps soustrait à l'influence des impressions des sens, au point d'en venir à une abstinence incompréhensible^'^. Il refusa la charge

joar de SL -Benoit, 21 mars 1^17. Il se peut qu'il ait médité de bonne heure sur la vie de St.-BenoiL C'est par erreur qu'on a dît son père landammann.

*^^ L'art pastoral fut l'occupation de sa jeunesse : il fournit le loisir et l'occasion de méditer.

^^ Cinq flb et cinq filles. Deux de ses fils remplirent la charge de landammann ; il fit étudier un troisième à BAle et à Paris , celui-ci devint curé de Saxelen. Les biographes rapportent avec surprise qu'aucun de ses enfans ne fut exempt de quelque défaut corporel ; mais ces défauts ne devaient pas élre bien graves : les enfans de Nicolas de Fl&e ont laissé une postérité nombreuse.

•^ T. VII , p. 60. J. Conrad Fiaêlin [ Géogr. I, Mk) raf^porte qu'il exhortait en général les gens de guerre à épargner vaincus , prisonniers , églises , veuves et orphelins. Cela était d'ailleurs conforme aux lois.

•" Hugo rapporte qu'il jeûna dès sa jeunesse quati-e fois par sematne. Nous suivons cet ouvrage , qu'un jésnile Iiiccrnois écrivit à Friboiirg m

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