CHAPITRE III
DEPUIS LE CONVENANT DE STANZ JUSQu'a LA MOBT DU BOURGMESTRE WALDMANN.
1. Conséquences immédiates du convenant. — Affaire des monnaies. — Visite joyeuse à Uri. — Mœurs. — Richard de Hohen^ bourg. — Le riche Môtteli — Le Val Moutiers. — Achat de Sargans et de Werdcnberg. — - La Thurgovie. — L'archevêque de Crayna.
1 Rapports avec l'étranger; avec Rome et Venise. — Religion. — Guerre des Grisons contre Milan. — Expédition à Roverédo. Le Valais contre Milan. — Les Suisses contre Saluées. — Affaires de France. *- St.-Aubin-le-Gormier. — L'Empereur et l'Empire; l'archiduc Sigismond; le roi Maximilien; la Ligue sooabe.
3. Situation intérieure. — SchafThouse. — Thurgovie. — St-Gall. — Grisons. — Le Pays-de«Vaud ; Genève; Lausanne; TOberland ; Neuchâtel. — Bàle à l'occasion de MOnchenstein et contre Heitersheim ; l'Université. — - La ville de Berne ; l'église de St.- Vincent.
4. Le bourgmestre Waldmann.-— Ses lois. — Attentat sur Frischhanns Theilig. — Comment il se rend odieuse. — Les paysans des bords du lac — * Soulèvement contre lui. — Le bourgmestre arrêté.— Sa mort. —Régime de terreur. —-Accommodement avec les paysans. — Fortune de Waldmann. — Les troubles apaisés.
Des affaires diverses^ des querelles armées, les préliminaires d'événemens importans^ toutefois sans guerre
générale , remplirent les années suivantes , qui s'écoulèrent dans la joie et avec gloire , jusqu'à ce que le plus grand des Confédérés périt dans une émeute subite , victime de l'envie. Nous dirom les traits généraux , l'attitude de la Suisse à l'égard des puissances étrangë«res^ ety dans les différends moins considérables, celle de chaque canton dans son intérieuri les germes de troubles et de guerres y la triste fin de l'héroïque bourgmestre.
Lorsque Fenvie et l'égoisme se remirent de la surprise par laquelle Nicolas de Flûe les avait subitement vaincus, le convenant de Stanz déplut ^ ; dans les cantons forestiers , parce qu'ils étaient jaloux des viUes ; à Fribourg et à Soleure , parce qu'il établissait une différence de condition entre eux et la vieille Suisse^. Ces deux villes aussi se divisèrent pour le rang^. D'un autre côté, quand on dut prêter serment au convenant, les Waldstetten estimèrent que d'après sa teneur les conquêtes des Bernois et des Fribourgeoîs, dans la guerre de Boui^ogne ^, devaient appartenir en com-*
* Principalement aox trois cantons primitifs, à Zong et I Glaris. Anshebn, iàS% ; le convenant ne favorisait ni les passions de la jea-
^ nesse ni l'ambition des chefs.
^ Ces deai cantons devaient entre autres jarer aux cantons andeos, d'observer les alliances, et se contenter de la supposition que cenx-ci les observeraient à lear égard. Alors d^à Ton proposa de réonir tontes les alliances dans an seul pacte ; maïs on a toujours résisté à une réforme complHe dans la Confédération, «s On n'a jamais su y abjurer le petit esprit communal, voir un peu en grand on d'un peu hauL Ce petit esprit empêcha, en 1798 et 1799 , de consolider l'unité. L'étranger s'en servit pour dissoudre celle-ci, en 1802 et 1805. D. L. H.
' Surtout parce que Soleure avait toujours été libre , Friboui^ tonjours sous des maîtres.
* Moral , Grandson , Orbe , Echallens, Montagny, Illens , Aigle, les Ormonis , Tverdnn et Gerlier.
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mun à tous les cantons ^. Le zélé de plusieurs diètes
parvînt enfin à régler ces divers points ; pour toutes les
a&ires concernant la Confédération entière^ les deux
nDUTeaux États acquirent voix et séance comme les au^
très , mais les huit anciens cantons conservèrent leurs
rapports particuliers entre eux ^ ; la question du rang
Alt décidée en faveur de Fribourg , en considération
du duc de ZœriBgen, son fonda teur^ de son alliance
presqu'aussi ancienne avec Berne ^ de sa nombreuse
noblesse et d'un certain éclat étranger; conone les
conquêtes étaient antérieures de six ans au convenant ,
et que de tout temps les autres cantons avaient eu des
rdations particulières avec Berne et Fribourg , ils dû^
rent se contenter de vingt mille florins pour leurs pré^
tentions ''^ Vers le même temps , les choses saintes et les
relifpies trouvées dans le butin de Grandson furent
dîfisées a Luceme en dix parts égales , et^ la messe en<-
ieadue > un innocent enfant les répartit entre les can-
* Reeês de Lueeme, Jndica 1488. Soleare fot bbligé de s'informer da prodaiL Becéê de Lueerne^ Ulrich.
* Les deux astres se retirent alîm. Ruéi de Lueeme, Ulrich , 1488. Jnêkebm.
^ Pranoneé enire tet ConfidMt ( 7 cantons et Soleure) , Berne et Frihoerg^ par Henri GÔldll , chevalier, ancien bourgmestre de Zurich, BéronmQnsler, 4 mai 1484. Tout est raconté en détail. Le droit était du côté des FHboorgeois. Cependant les arbitres se dirisirent; la décision fut laissée à Gôldii, surarbitre; celui-ci amena un accommodement. La somme devait-étre placée à 4 p* 0;0 d'mtérét Mais Berne imposa au canton nne taille aaseï forte pour chaque maison, nne livre de fennings, (6000 liTres pour la rille, 28,000 pour la campagne), et paya la somme dès l'année suivante. Nous avons les quittaneet de Zorich et dTantres cantons , dont chacun reçut, en 1485 , des Bernois, 2500 livres de heller. Les quatre districts nommés les premiers n. 4« restèrent en commun aui deux villes, Montagny et lllens à Fribourg» (CA. de Berné, Trinité 1484). Tverdun rentra sous la Savoie, le reste demeura aux Bernois.
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tODS^. On les reçut partout avec des processions ^. L'épée et les pierreries furent vendues pour faciliter le partage ^^. Ensuite se réunirent dans les murs de Berne de nombreuses députations des villes et des cantons forestiers^ sans oublier le tranquille Gersau, heureux par la liberté ^^ ; cinquante pères de famille ^ en habit de fête, de chacune des quatre juridictions , les agens ( Freyweibel) en tite, des délégations de la campagne depuis l'Ârgovie jusqu'au Hasli^ Rodolphe d'Erlach^ chevalier et avoyer^ le conseil et les bourgeois reçurent les Confédérés : on renouvela les alliances éternelles.
Les sentimens fédéraux ravivés contribuèrent beaucoup à calmer l'agitation dangereuse au sujet des monnaies. La Confédération suisse était en général une institution de sûreté ^ et pour la liberté on ne ménage jamais la vie. D'ailleurs chaque canton conservait ses anciens usages * : pour une seule chose régnait l'esprit fédéral; pour le reste, la plus grande diversité; la
* Reeéê de Luceme, Judica i485. L*osteii8oir fot mis ea pièces.
* « Parce qu'alors la disette et la mort régoaient partout. >
** Le pater noster en or, le pacem avec 9 perles et 12 pierres précîeases, 2 tablettes pesant cinq marcs chacune, S grosses perles, S balais, autant de saphirs dans des cassettes d*or, restèrent à Luceme ; les tablettes échurent à Bienne, qui les vendit à Berne; Zurich acheta l'épée pour 200 florins; Notre-Dame-des-Ermites obtint le fauteuil d*or, à force de sollicitation de la part de Schwyi. Le diamant ne fut pas encore vendu. Aintauaeh helvétique, 1798.
*^ Le patronage de l'église appartenait encore aux nobles de BQttikon, de qui Barbe de Roth l'hérita ; elle le rendit par amitié au gentUbomme Jean, qui le vendit au bourg, en 148S. Cyeai, Lae de$ IV eojifoiu. La convocation adressée à ceux de Gersau est mentionnée par /. H. FSu- Un, dans le Musée euUse, Dim. ap. Olrich, ihS7. Anehêtau
* Pour certaines parties de l'administration intérieure , cela pouvait être fort utile, mais il fallait rattacher ces branches à un tronc commun. D. L. H.