‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 73 sur 127 · LIVRE V. CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP

guerre exceptée ^ chaque canton était indépendant. Dès les anciens temps les empereurs avaient autorisé biai des lieux à battre monnaie pour des circonscris plions aujourd'hui oubliées ^^. Les négociations ^ les annes, les progrès de l'industrie ayant ouvert la Suisse à 1 argent étranger, qu'on rognait ainsi que celui. du pays, le désordre fut inévitable. Des citoyens sages demandèrent en vain un hôtel fédéral des monnaies. Les Suisses n'ont jamais sa sacrifier à la patrie un droit privé ni autre chose que la vie sur les champs de bataille*. Les Waldstetten , de concert avec Glaris et Zoug, baissèrent d'un cinquième les pièces zuricoises de cinq liards^ non-seulement chez eux, mais aussi dans les bailliages communs ; Bade , voiatn de Zurich , sui- ^v,iu>Dsans mauvaise intention, l'exemple des cantons. Zurich rompit aussitôt tout commerce et toute relafioQ avec Bade, et menaça cette ville de façon qu elle fit des préparatifs de défense et invoqua le secours de tous les Confédérés ^^. Gomme les députés des cantons interposaient leur médiation d'une manière énergique, mais affectueuse^^, les Zuricois leur firent

" Zurich an moins avaal 972 , Beme en 1218, Lacerae en 1418^ Uriveni424, Schwyz de môme, Bàle avant 1139, Fribouig en 1422, ^leore en 1381, Scbaffhouse avant 1080. Am, E. de HaiUr, Cabinet des monnaies tuissei, Berne, 1780, 1781.

* C'est ainsi qo'on est arrivé là où l*on est. En 1798 et 1799, on pat itioédicr an mal ; mais , loin de profiter d'une occasion favorable, on ealomnia et persécuta les patriotes généreux qui s'étaient placés à la lïrtche. D. L. H.

" EdLibach, 1483. On interdit la fréquentation des marchés, les voyages aux bains ; on établit des sentinelles et des postes militaires ; on plaça des canons. Les chefs, craignaient-ils pour eux-mêmes, ou voulw»)t-ils se donner de l'importance?

'^ Ils veulent montrer en toute occasion • que leur cœur e^t attaché à Zurich. •

TIII. IQ

voir qu'ils manqueraient à leur honneur ^^ en permettant qu'on rabaissât ainsi une monnaie bonne en ellemême ^^f d'ailleurs près de disparaître ^''* Cependant le ehef de la république , Jean Waldmann ^ ehevalier et bourgmestre^ esprit capable de comprendre rintërét général , sut contenir l'agitation jusqu'à ce que les pièces de cinq liards eurent disparu presque entièrement , et que les cantons orientaux eurent conclu une convention pour dix ans ^^. Recommandé par les Confédérés, l'avoyer de Bade ^ à la tête de onze autres députés, se présenta devant le Grand Conseil de Zurich pour faire des excuses ^^; Waldmann leur adressa une exhortation qu'il termina par des paroles amicales. La Suisse orientale conserva une monnaie un peu meilleure que celle d'Autriche^; la Suisse occidentale adopta \e pied de Bourgogne , pays avec lequel elle avait ses relations commerciales ^^ Waldmann se servit d'un moyen excellent pour dé-

*^ On pourrait croire que jusqu'alors ils avaient surpris la bonne foi avec de la monnaie altérée.

'^ Avec deux livres ils en frappaient 46 1 et y mêlaient tant d'aigent qu'ils couvraient à peine les frais du monnayage.

>^ Sur 10 florins, on recevait k peine encore pour un quart de florin de ce billon.

'* L'ancienne subsista provisoiremenL BuUinger. Ch, de la nouvelle Coiiveniion, Lucerne, mercr. av. la Conversion de Panl, iA87. Voj. le taux de chaque sorte dans le livre de PVaser, de VArgenl, p. 105 et suiv.

'* « Si nous avons offensé votre éminente sagesse, veaillex nons le a i>ardonner, au nom de Dieu, nons vous en supplions instamment ■

** fVaser, 90, 97. Le marc d'argent à 8 fl. 25 scb.; rapport avec notre pied monétaire d'aujourd'hui (1778), 2,65 : 1. /i. 8S.

^^ Pas uniformément : l'argent fribourgeois était toujours de cinq pour cent au-des30us de la valeur de l'argent bernois. HalUr, U ,

Page 1