‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 74 sur 127 · LIVRE V. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE V. CHAP. III

jouer les tristes intrigues de l'égoisme et de Tambition. Au tort de la fermentation monétaire, envoyé en mission dans les Waldstetten avec son ami, le tribun Jean Kcgefy il prit part aux réjouissances du carnaval des iobitans d'Unterwalden et d'Uri y et les pressa de se rendre à Zurich Tannée suivante dans la même intentioo. Ils vinrent, députés à la diète pour les affaires, mais accompagnés de deux cents jeunes hommes vifs et gais. Le bourgmestre adjoignit à la jeunesse de la ville une élite nombreuse de jeunes campagnards. On ne regarda pas à une dépense de sept cents livres pour deux joorsi l'abondance régna dans des repas fraternels, et Ton goûta tous les plaisirs qui rapprochent les cœurs, ^automne suivant , à l'époque des fêtes de la Dédicace ^Qsle pays d'Uri , Zurich résolut de faire une visite t ses Confédérés des montagnes. On se mit en route : le iKNugmestre Henri Rôoust, expérimenté dans la guerre et dans la paix , un grand nombre de conseillers, le prévôt du grand chapitre , Jean de Gham '^, beaucoup de chanoines , les {dus beaux jeunes gens de Zurichy cent trente hommes à pied, quatre-vingts à che« vtl passèrent l'Albis; le pays des Alpes se déploya devant eux; joyeux, ils traversèrent Bliekenstorf, berceau de leur Waldmann , les belles prairies de Baar, entrèrent à Zoug , d'où , après un accueil amical et «^▼ec un cortège d'honneur, ils se rendirent au bord du lac des Quatre-Gantons , les uns par la langue de terre deKûssnacht, les. autres par le pays hospitalier de Schwyz. Les habitans d'Uri les attendaient dans des barques bien pavoisées , et ils forcèrent deux conseillers

^ Dont le p^re « greffier de la ville et l'un des boucs, exerça beau- ^np d'influence pendant la goerro de Zurich.

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schwyzois de les accompagaer. Au milieu des cris de joie partis des rires , passant devant leGrûtli et le rocher de Tell , ils abordèrent bientôt au pays d'Uri. Les magistrats du Vorort ayant mis le pied sur le sol primitif de la Confédération et de la liberté , le landammann^^ et les conseillers, dans une grande prairie devant le chef-lieu , leur souhaitèrent la bien-vcDue. « Nobles f sages et chers Messieurs y fidèles Confédérés, » j'ai reçu l'ordre de nos seigneurs d'Uri de vous té- » moiguer que l'honneur de cette visite restera gravé » dans là mémoire de nos descendans mêmes; et main- » tenant, m^issieurs de Zurich, si l'un de vous a quel* » que grief ou du ressentiment contre quelqu'un de » nous , qu'il le dise ; nous le satisferons. N'est-ce pas » auprès de vous que nous allons avant tout chercher » des conseils ? Oui , vous êtes notre espérance et notre » appui. Tout ce qui est au pays d'Uri^ nous^ nos mai- » sons^ nosl>iens, nous remettons tout en votre pou- » voir ; tout est à vous ^ vous êtes venus chez des » frères ^^. » Ce que les Alpes et les forêts du Saint- Gotha rd nourrissent en bestiaux et en gibier ^^^ les vins mûris au soleil de la Grèce et de l'Italie^^, les mets apprêtés dans les grandes villes pour le plaisir du pa*

'* Jean Friess , peut-être fils de rhomme jovial qae les boucs firent prisonnier, t. VI, 24i.

^ • L'ammann du pa^rs les reçut avec beaucoup de paroles fines et > bien tournées ; ensuite il fit conduire chacun d'eux à son logemenL • Chron. dans J. f/. Hotùnger, Spec. Tigur, 180. Voy. aussi BalthoMor^ 2* fragment.

^ Chamois, bouquetins, cerfs, ours, sangliers. Edlibach, notre principal guide ici.

^ Malvoisie, Claret, hypocras, vins rouges et blancs de iâ ValleliDe, vins d'Italie ; le plus commun était celui d'Alsace. Id.

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