LIVRE V. cflAP. m
dlen^. Les Zuricois, persuadés d'avoir autant de droit à faire cette guerre et à requérir la Suisse qu'Uri quand il marchait contre Milan, décrétèrent à la fois l'arbitrage fédéral et la guerre^. Le soir du même jour les Confédérés obtinrent une seconde audience du Grand Conseil , et avec une peine infinie la promesse d attendre encore un essai de médiation. Le statmeistre strasbourgeois de Kagenek j Tammestre Schott et d'au« très parcoururent tous les Cantons, non sans argent ^ à ce qu'on assure , peut-être pour arrêter çà et là la fureur aveugle de la guerre. Grande diète à Bade ^. En voyant siéger dans cette assemblée le vieux margrave de Neuchâtel avec de sages conseillers, des dé* pûtes de la Lorraine et de l'Autriche antérieure^^, des évéques de Strasbourg^ et de Bàle^^, des villes de Schletstatt et de Golmar, les avoyers de Wabern, Her- Ceosfein et Vuippens, outre quatorze autres députés
^ Sur la question de savoir si l'on devait du secours à Zurich dans cette affaire.
** D'après le pacte, la Saî»e ne ponvait pas refoser le secours; toat dépendait de l'opinion de la ville qui le réclamait. Si à cette époque de gaerres continuelles , chaque réquisition avait dû être soumise à une discussion préalable, à quoi aurait servi la Confédération ? Nous croyons aussi que la plupart des cantons ou tous auraient fini par marcher, mais pour un mince résultat Strasbourg n'avait qu'un petit territoire, et ils étaient peu versés dans l'art des sièges.
•• Le 22 juillet i4SS selon Edlihaeh, le 1*' août selon Anêhelm.
** Oswald de Thierstein était de nouveau bailli de Brisach et de l'Alsace aotricbienne; l'arcbidiic sTéCaii réconcilié avec lui trois ans auparavant Schôpfiin.AU, UL II, 205.
*' Anssi de la maison palatine , mais un autre que celui dont il a été question plus haut
** L'évéque Gaspard Ze Rhyne envoya son frère ou son neveu, Frédéric du même nom , chevalier, grand-maître de la cour, et Uerrmann d'Eptingen, souvent mentionné dans ce qui précède.
suisses, le bourgmestre deSdint^Gall , celui de SchafFhonse , Ulrich Trûllerey, un des héros des dernières guerres, des magistrats de Baie délégués vers Kagenek, Waldmann et cinq autres députés strasbourgeois et zuricois^^, on put juger du prix que ces vingt-et^un seigneurs, villes et cantons mettaient à l'ancienne amitié et à des relations pacifiques ^\ Hohenbourg parut aussi malgré la conscience de ses fautes et sa cupidité à s'emparer de biens qui ne lui revenaient pas, assez hardi pour que plusieurs le crussent innocent. 11 dioqua toutefois en dédaignant de pareils arbitres et demandant à n'être jugé que par la cour impériale ^ ; cela rapprodia un peu les villes, mais l'afibire principale ne fut pas vidée. Dés^lors on vit en Richard un homme qui cherchait sa sûreté dans les intrigues et les brouilleries; beaucoup de récits relatifs à sa passion firent naître des doutes, excitèrent l'attention ; on désira se débarrasser de sa cause. Waldmann se tint à l'écart. Le chevalier seul ne se doutait pas de son danger.
On observa les allures , les regards , la riche livrée du beau jeune homme qui le servait ^ ; diverses accu-
0* Le boui|;mc8tre Rôoust et le trésorier Daxelhofer étaient de ce nombre.
** Recéi d'une diète précédente ï Lueeme : • ne pas rompre avec une
• ville aussi loyale que Strasbourg pour un étranger d'une réputation
• équivoque. >
** Se fiaitril sur son aigent ou sur la précipitatioii d'une cour si éloi* gnée?
*' Ce jeune homme s'appelait Antoine Schasrcr; il jouait de la Ijie, portait des vétemens d'argent et de soie, et un col de chemise brodé en t>r. Hohenbourg lai-même était ordinairement habillé en soi« verte. Il avait un second doniesticfue et trois chevaui. EdUiMich; Anêhelm,