‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 9 sur 127 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

de Berne sur la route des Confédérés qui marchaient en avant^^; près de Morat les moulins vinrent à manquer®^; les troupes avaient l'ordre exprès de ne pas risquer le sort de la patrie^ avant l'arrivée d'autres Confédérés^*. L*avoyer expédia quatre barques sous Henri Dittlinger^^ pour porter dansGrandson quelque nourriture et des nouvelles rassurantes; mais l'armée la plus considérable qui eût jamais touché ce sol, cernait la place par eau comme par terre. Dittlinger ne put annoncer son intention à la garnison, qu'au moyen du tambour; elle, dans l'impossibilité de faire une sortie y répondit à sa salutation en dansant sur les murs. On voyait les fortifications délabrées^ la muraille percée à jour^ la tour en ruine , la mort imminente. Le duc y indigné d'avoir perdu dix jours devant ce misérable manoir, ordonna de réunir tous les moyens pour un dernier assaut.

Du haut du château , ils en virent les apprêts , mais pas tous avec les mêmes sentimens. Jean Wyler, qui y commandait depuis la mort de George de Stein , perdit courage^. Il représenta la grande différence des temps , l'absurdité de prétendre renouveler les anciennes guerres de la Suisse , la supériorité des forces de l'ennemi , la nécessité de plier et d'attendre de meilleures conjonctures; l'audace, dit-il, serait un suicide.

^^ Missive n. 57. Gela s'appelait foarailore.

*> Berne envoja du pain. Ib. L'ennemi poussa les reconnaissaoces jusqu'à Payerne. Sommation n. 58.

^* Missive n. 58.

*^ Avec 300 hommes; une des embarcations* bateau long et étroit, allait en avant pour reconnaître la situation ; mais le pays de Ncuchàtet produisait d'excellent vin ; l'équipage en avait ba trop. Schilling.

** « Il était fort timoré. * Stettler.

Page 1