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peu après l'avëoemeot de Charles ^^^. La bourgeoisie demanda pour son successeur^ son frère François de SaYoie y archevêque d'Âueh : depuis plus de quarante ans des princes savoisiens administraient l'évèché avec une splendeur bienfaisante ^^^. Mais le chapitre se rendit à Jussy et choisit le chanoine Urbain de ChiTron> seigneur de Yillette» homme pacifique^ intelligent, agréable à la Confédération, et eonaeiller du duc^^. A la nouvelle de ce dissentiment , Sixte IV nomma l'é** véque de Turin , Jean de Compoys , afin de pouvoir donner le siège de Turin au cardinal de la Rovère ^^\ qu'il favorisait. Mais le duc Charles soutint François y Télu du peuple, et opposa une volonté inébranlable au chapitre de même qu'au pays. Le seigneur de Chi« vron céda ; il se contenta d'une dignité moins avanta* geuse, mais plus considérable, vacante aussi par la mort de Jean-Louis, l'archevêché de TaranUise ^^^. Compoys, chassé de force ^^^, s'enfuit auprès du pape, qui le soutint en lançant un interdit et la grande excommunication sur le ministère ducal, sur la ville de Genève, la Savoie ^^ et tous les partisans de son
*** Philibert moanit en avril , lai en Juillet 1482. An$helm qui décide alosî poar la GalMa ehristiana contre Guiehenon.
*** Le pape Félix, Pierre et Jean-Louis, ses nevenx.
*4* Jmhêlm, 19 juillet 1482.
**> Dominique, do titre de St. -Clément, dont le pape aurait vonln devenir le parenL Gmichenon.
*«* Déjà dans l'acte n. A18, il apparaît comme commissaire ducal, encore en qualité d' • Electns Gebennensis. •
^^ Il s'enfuit de nuit k l'approche de Philippe de Bresse ; sa résidence fut occupée sans que personne résist&t.
*** Snr le diocèse de Genève s^il ne se soumet pas dans le terme de huit Jours, sur le pays situé au-delà (pour nous en deçà } de la montagne , six Jours plus tard. Le duc et sa maison ( François lui-même ! ) sont exceptés.
adTersftire^^^, Sixte était dans son droit en défendant la liberté genevoise^''; il avait pour lui, sinon Tordre canonique , du moins la hiérarchie. Mais il se trouva bien des personnes et des moyens pour te cafaner, de sorte qu'il consentit à la fin que Compoys acceptât un dédommagement^^. François exigea ensuite le serment des syndics et des conseils , mais il se contenta néanmoins de leur bonne volonté^^. Le duc 9 suivant son habitude^ reconnut leurs franchises ^^; il fut donc reçu dans Genève avec les fêtes inspirées par la joie publique *^^. On donna en son honneur (chose sans doute inouïe jusqu'alors, toujours rare à Genève) un spectacle ^^^. Une antique simplicité présidait encore au gouvernement de la ville ; chaque syndic élisait ses assesseurs ^^ ; le droit de bourgeoisie était souvent moins un titre que la récompense d'une bonne admi-. nistration ^^^. Alors seulement des conseillers furent
'«< Balle, Rome 11 févr. 1&8S ; Lànig, Codex dipL lialim, t IH.
^'' La charte da temps cTArdocias ( t I, 558 ) est citée.
*^ i&85. Il devait avoir la snrvivance de la Tarantaise , après Gbivron ; on lui donna sans doute, en allendant, une antre indemnité.
*** Le 8 sept 1685; tous les bourgeois et les habitansjorèreot ensuite obéissance aux syndics, à TÉvêque et à leurs officiers. Mém- de M. dâ Rochemont,ii le» Habitam ont été a4mU en G. C.
*^* 12 oct. Lévrier (descendant de Pierre, secrétaire dacal), l. II, 61.
*^* Seulement pour les flambeaux et les dragées 3200 florins, (sans doute des florins genevois de 12 sous ). Michel Roêet, Spon : en confitures, dragées, malvoisie et hypocras., plus de 400 écas.
*^' Les auteurs étaient Pierre Mantillon • serrurier, Jacques Neveu et Jean Pinej. Senebier, Hiei, Uttér,- de Genévet t. I, 37.
*^' Ils prêtaient le même serment que les conseillers ; leurs décisions, quand ils siégaient avec le Petit Conseil, étaient aussi valables que celles de la commune. Coneeil général, 2 févr. i484, dans les Lettrée popalaireedu procureur général Robert Tnmehin»
*^* « Egregins Cavarîn fiiit creatus Burgensis , et Gant littene testi*
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ëlusàyie^^^ nais par la commune; un d'eux ayani voulu ÎQiroduire les artifices des aristocraties italiennes , ou décida de ne choisir les membres du conseil que parmi les bourgeois ^^^.
Benoit de Montferrand, évéque di^ Lausanne, oon*-* seiUer d'État soldé ^ serviteur zélé des rois de France*^^, déplaisait au pays par son orgueil. Il étendait la juridiction des cours épiscopales à tant de choses temporales, que le duc, à la demande des États, fut obligé de lui opposer une défense^^^. Ses innovations dans Tadr ministration engagèrent la haute et la basse ville de Lau« sanne à s^unir pour le maintien des anciens droits^^^. Il tenta d'effrayer par des emprisonnemens arbitraires ^^^. Le pays prit part à cette lutte; les amis de l'évéque fu-r rent pillés à Lutry et dans d'autres lieux de la Vaux. Berne et Fribourg soutinrent l'évéque par attachement
• moniales , quomodo fuit Syndicas et de Gonsiliis civitatis et Scriba
• multis annîs » (if donna deux pots d'étain); 1487. Mém, de Ro-
^^ Pour la prenûëre fois en 1487, Michel l'Espagne. RoMêMêau, lMtr99 de la monlagne, 1. VU.
*M Michel Guillet, de Thonon , Ibid. Tronchin ni Roasseau n'étaient des inTestigatenrs dirigés par la critique historique; mais pendant les troubles civils, avant qu'on ne se perdit dans les idées métaphysiques, d'autres ûrent des recherches approfondies qu'ils communiquèrent à ces écrivains éloqnens.
^*' Ch, de CharU$ VIII, 1489, où sont aussi mentionnés les services rendus à Louis XI.
«*• 1480. Edit de Philibert, Ghambéry, 1480; dans Rachat, HisU eeeL du Paye-de-FaïuL
4'* 1481. Union de la Cité et de la Ville,
*** Anehelm, 1482. ttJU rapporte qu'il les greva d'impôU. On parle aussi de l'assassinat d'un chanoine , qu'il ne voulut pas permettre de juger selon le droit de la ville.
pour le pouvoir spirituel^^^ &i sans doute plus encore à 1 mstigatioa du parti français ; on engagea la contrée à se soumettre ^^^, ei le duc Charles^ encore mineur, à y donner les mains ^^^. Comme il arrive quand on ëtouflEe la guerre, mais non ses causes, le mëconCentemeni éclata peu d'années après ; soutenus par Jean Mayor, maire héréditaire des quatre paroisses de la Vaux , leB habicans de Lutry surprirent l'habitation de TéTèque, et tuèrent ou blessèrent ses serviteurs qui se réfu* giaient dans l'église. Berne et Fribourg envc^yèrent une grande commission , Ta voyer Guillaume de Diessbach en tête; elle déposa Jean Mayor^ condamna la commune à quatre mille florins de Savoie pour indem-^ niser le prélat, et à des offrandes perpétuelles pour les victimes ^^* Tels furent les fruits de Tarrogance de Benoit.
Dans les plaines fertiles d*Âigle , à partir du lac Léman, et dans les montagnes des Ormonts jusqu^aux limites delà Gruyère, contrée devenue Suisse ^^^ pendant la guerre de Bourgogne , les Bernois s'efforçaient d'apaiser les querelles incessantes^^, au moyen d'or-
**^ Berne prétendait qne son dcroir envers TEmpire l'obligcaii à pro* léger Téréque. Jnsheltiu
*" Convention d Fribomrg, 5 Dov. USt. Un des hommes les pins inflaens dans cette affaire fut Brandolfe de Stein, que noos avons vu figurer h Grandson cl h Nancy.
*" En Janvier i&83. SietUer.
4S4 Nons suivons ^fijAe(m , mai i48S. D'autres évaluent l'amende h 3500 florins ^ peut-être d'une autre espèce ). Anifulm nous fournit aussi le jugement qui termine le récit.
4<s Bernoise ; mais, comme nous t'avons vu, certains revenus restèrent an Gessenay.
*** Les statuts furent réservés en 1485, les domaines seignenriaiii et les serfs vendus.
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doanances écrites selon le droit allemand et du consentement du peuple ^^''^. Du reste , ils favorisaient la division des grands fiefs ^^'. Là où les campagnards avaient des droits en propre , il se formait une espèce de communauté : les habitans de Rougemont ne prêtèrent serment au prévôt que lorsqu'il eiut garanti ces droits 9 et même promis diverses améliorations dans l'administration de la prévôté ^^'. La ville de Berne possédait alors , à titre de propriété privée ^''^y la cime de ce pays, le puissant et chauve Rubli, qui, s'élevant au-dessus d'un bois sombre et d'Alpes escarpées, cache dans les fentes de sa pyramide la nourriture balsamique de quelques brebis ^^^
'*^ Le peuple se montra satisfait , lorsqu'on lui exposa clairement le bot; jinêhelm, 1482 t « Us ayaient beaacoap de plaidoyers, suivant llia- Jiîliide des Welsches. •
**' Gr^oire et G oignon de Aovéréa réclament en vain & Ottoo les domaines qu'Antoine de Rovéréa avait hérités de leur aïeul , et dont Fabbé de SU -Maurice avait invesli ( « albergavit et inféoda vit* ) Louis et Goillaume Tavelli, gendres d'Anlôiae. Les TavelH se fondaient sur les coutumes du Cbablais et les ordres de la ville de Berne. Là figure Cabanis , docteur en droit , chanoine de Sion. Charte* de Cinvetîitmte et du prononcé*
**' Accommodement par le comte dé Grmyêru, 1482, ( dans le terrier da château de Gessenay) et ekartt tt André de Quidm'tardîe , Fun des sires de Veron, dans le XUV* vol. de la collection de HalUr. 11 consent à demeurer à aougemont, à né point se mêler de différends temporels, à faire restituer à la prévôté la dtme de Rossinières, qu'on avait aliénée, et à ptjer les dettes de ses prédécesseurs, si le général de l'ordre, l'abbé de Glugny, le commande.
"* Le Rubli passa ponr cause de dettes, des mains de Pierre Steiger à la ville de Berne ; deux Rosset, de Rougemont, yaehetèrent de Berne pour 1S05 livres, en i486. Proiocole de canweniionê, entre Qeeeetuty, CA4team-itOex et Rougemont, Mec, 1653.
*'* On établît on pont par-dessasune fissure étroite et profonde, pais on l'enlève jusqu'en automne quand on a fait passer le bétail.
La rivière de ce psKys , la Sarine j conduit du comté de Gruyères dan^ la baroùie de Pont , alinsi nommée d'un pont sur les limites de TUechtland^''^; là sont les domaines patrimoniaux d'Affiry ; la maison savoisienne de Menthon , héritière de la première noblesse , vendit alors Pont aux Fribourgeoîs *''^ Sur d'autres points , à Orbe, à Grandson, leur autorité confinait à celle de Berne. Entièrement exclus de ses domaines ^''^^ Chàteauguyon s*estima heureux de pouvoir acheter le droit de bourgeoisie bernoise ^''^^ ce qui lui fut plus facile qu'au jeune margrave Philippe, héritier de Neuchâtel.
CeluT-ci, élevé à la vieille cour de Bourgogne , fidèle jusqu'à la mort à Charles-le-Hardi , avait , sinon conseillé, du moins permis le meurtre de la garnison de Grandson^^^. Il en était devenu si odieux, que, par crainte du peuple , il n'osait se montrer publiquement nia Neuchâtel, ni en Suisse*''''. Son père, le vieux Rodolphe , Tannée même où il mourut , la dixième depuis cet événement qui avait abreuvé sa vieillesse d'amertume > saisit une occasion favorable : il fut inTÎté
^^ «PonsinOgo(Ogoz, Othiandia). •
*" En 1484, par Antoine dont le frère avait déjà prédSdémment cédé sa part à la ville. Cette seigneurie s'appelle aussi Fayargny ; c'est an trèsbeau pays. Chron, Frib,; Leu turSimUr; Fœ$i, Geogr,
^^* On interdit à ceux de Grandson et d'Orbe les sceaux avec les armoiries des seigneurs précédens. An$helm, 1488.
*'* En i486, pour une contribution annuelle de 400 livres. Il s'engage k faire obtenir de Salins des fournitures de sel , et à n'entreprendre aucune guerre sans le consentement <le la ville. Ân$helm, Vu la situation toujours vacillante des affaires de la Haute-Bourgogne, le vieux seigneur attachait un grand prix à cette combourgeoisie.
*^' Ci-dessus cbap. I, à n. 82 et suiv.
*^^ Les femmes menacèrent de l'assommer à coups de quenouilles. jénshelm»
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a?ec les héros de cette guerre et les villes voisines à ua joyeux carnaval que les Schwyzois célébraient chez leurs amis de Berne ^^^. Là se trouvait Télite du peuple^^^; sept jours de généreuse hospitalité outrirent les âmes à la confiance et à l'affection ^^^« Le prince ^ tout occupé d'un fils unique , prouva si hien soa innocence qu'il obUnt pour lui le renouvelleihent de la combourgeoisie, refusé jusque là. Philippe^ alors maréchal de Bourgogne^^^, garantit ainsi les frontié-* res^^^ et la constitution de NeuchâteP^^ ; il visitait sou« vent ce pays et se rattachait à la Suisse ^^*.
L'expérience apprit à ses voisins de Valangin le prix d'une semblable combourgeoisie. Â la mort de messire Pierre de Beaufremont , le comte Jean d'Arberg-Yalangin devait hériter du château de Beaufremont ^^ ; outre beaucoup de parens, René, duc de Lorraine, ami des Confédérés, s'opposait à la mise en possession.
*'^ Le 15 janvier 148S. Là étaient Jean de Hallwyl , Hemmann de Mulliùen, Gaspard Ëfiinger, Arnold Ségesser, Rodolphe deLutemaa le Riche (fils du Piéax, frère du Très^Noble), qn'on avait vos tous à Morat Les TîUes de Soleiire, de Fribouig et de Bienne. An»kelnu Sur les Laternao, LetL
*^* Chaque bailli du voisinage conduisit avec lui six des campagnards les plus joyeux.
*** On attribue à la cordialité de ces jours de fête la sollicitude de Schwyz à détourner les cantons de se montrer dans la suite trop hostiles aux Bernois dans l'affaire du val Montier ( ci-dessus à n. S9. )
^' Dans la Chi de renouvellement de la combourgeoisie, 14S6.
**^ Jusqu'à l'église de Verrières et au bois de Vaalmerrux.
*« Tous les différends intérieurs demeurèrent soumis à l'arbitrage de Berne.
*** Schôpflin, Hist, Zar, BatL , et nous le feroiis voir nous-méme. Le plaisir ne r^nait plus à la cour de Bouigogne. *
*'^ A cause de sa mère Jeanne. Ce comte était fils de Guillaume que nous avons vu en 1437, et père de Claude eu qui finit la ligne niAle d'Arhcrg- Valangin.
Mais «fean éuit bourgeois de Berne ; celte ville n^épargoa ni peine , ni frais y jusqu'à ce que le duc promit au comte ce manoir ou un dédommagement de quinze mille florins *••.
Sous la protection de Berne, les iles du lac de Bienne furent cultivées au profit de fondations pieutes^^'^i Bienne, TErguel, s'enrichirent par le commerce ^^^. Un gentilhomme arma les uns contre les autres les Soleurois et les Bàlois. Entra TErgetz et la Birse s'étend une chaîne du Jura couverte de châteaux et sillonnée en tous sens par des vallées ; Test de cette chaine appartient à Baie; à l'ouest s'agrandit Soleure^^. Là où la montagne s'abaisse dans le Rheinthal , Conrad de Lôwenberg, de l'ancienne famille noble des Monch , possédait Mônchenstein et d'autres fiefs autrichiens. Obéré, comme la plupart des seigneurs, il hypothéqua ces domaines aux Balqis , et les administra comme bailli de la ville ^^. A la suite d'une brouillerie, la ville fit choix d'un autre bailli. Il emprunta sur la même hypothèque de l'argent des Soleurois ; tout-^ coup ceux-ci sommèrent avec menace Mônchenstein de se rendre ; mais la garnison fidèle tint bon ; Soleure
*M Diète è LauMone, 1484. SfettUr. Diète à Soleare , i&8«. Anthdm.
**' Rodolphe d*£rtacb, avoyer, tvonë da chapitre de SL- Vincent, eo lait, en 1488, la remise an couvent de St. -Jean, an nom du gooTer' ncment* Ck.
**" Traité de Civéqme de Bâte Goipard wee Bienne, au snjet du péage et d'autres points, ainsi que de l'atelier bàli dans le ch&teau, 1484. Beme et Bienne, traité relatif aux foires, i486.
*** Achat de Séewen , 1* des mains de messire Thomas de FalkAistein, 1461 ; 2* d'Elisabeth de Falkenstein , abbesse de Seckingen,
*** 1479. NousI'avonsfaîtYoir au chapitre précédent, immédiatemenr après, n. 492.
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assiégea le château pendant trois jours ^®' • Les paysans étaient pour Baie ^ le marché du pays; chaque année^ dans la semaine où ils avaient été pillés, ils se rendaient à Baie , joyeux cortège , pour recevoir de l'hôpital y qui possédait des bergeries sur leurs montagnes^ un festin et une redevance ; avec quel plaisir ils dansaient dans les iles de la Birse ^^^ I
En apprenant cette querelle, les Confédérés, comme d*ordinaire, se firent médiateurs. Le temps ayant un peu calmé Tirritation, on parla de restituer aux Soleu-» rois leur argent , à condition que le suzerain, Tarchiduc Léopold, rachetât Mônchenstein de la ville de Bale^^^. L'affaire traînant en longueur, les paysans soleurois se fâchèrent ; ils croyaient l'honneur de leur ville compromis tant que Mônchenstein restait sous l'administration bàloise. La passion les aveugla au point qu'ils ne virent pas combien ce châteaiit^fort deviendrait dangereux au pays dans des mains étrangères, et quel prix l'on en donnerait en temps de guerre pour qu^il appartint à la Suisse , n'importe à quel titre. Croyant agir patriotiquement un jour de fête, alors que le via avait échauffé leurs esprits et ceux des Bernois , leurs voisins, ils firent deux petites bannières , marchèrent en dévastateurs jusqu'au pied du château, et l'engagèrent inutilement à se rendre ^^^. Gaspard Hézel de
*** 1588, Laodi av. rasccnsion, Brukner, d'après Jean Groê$.
«•« Ordhwr, 158.
**> C'est là le premier accord négocié par la médiation de Ions les caolona versSL-GalU i486, et qu'on a'soavent confonda avec le second, on bien onblié. Roûst, Waldmann, Frickanl, Melchior ROss , Réding, Ëndiisperg y coopérèrent.
^'^^ Si mai 1487. /^niAe/m.
VIII, a 3
Lindenach, banneret de la ville de Berne, était alorà à Soleure pour apaiser un différend causé par la sévérité exercée envers Henri deGrasswyl ^^; la sagessede Berne favorisait les relations amicales. On calma le mouvement tumultueux^^ ; chaque Bernois complice de cette expédition fut puni par son gouvernement d'une amende de cinq livres , et dés qu'on eut pris les mesures les plus urgentes , comme les notables de Soleure dés^ approuvaient eux-mêmes ce désordre , on convoqua la diète ^^. Berne, Frîbourg et Bienne siégèrent entre Baie et Soleure ; Schwyz , Luceme*, Zurich accoururent pleins de bonne volonté. A supposer que l'allianoe des Suisses n'ait rien fait de grand et d'utile, que de maux n'a-t-elle pas prévenus I On somma Soleure de punir les coupables et de réparer les brigandages^^, et Ton rétablit Tordre conformément aux traitai.
Baie sut mieux s'arranger au sujet du Petit-Huningue avec le jeune margrave Philippe. Pendant le différend, il arriva dans la ville, amenant avec lui des lis. Il intercéda pour eux auprès du conseil ; on
*** Je ne comiais pu les délaHs de celte ulTiire. En 1485 on tâcha de loi enlever la protection des Bernois » sons prétexte que poor se ricon* cilier avec Tandon conseil de Soleure, il lui avait découvert nn prétends projet de Berne et de Fribourg, d'allaqoer le territoire de Soleaie (Jnskelmt 1485). Mais ou Ton ne le crut pas capable de celte accnsalioo absurde, ou il en fit des excuses, puisque, deux ans après, Berne prend ses intérêts. ^
*** Des délégués de Berne, de Fribouig et de Bienne, trouvèrent ces hordes en campagne, près de Liestall.
**' Pendant long-temps Soleure ne voulut pas se prêter è un compromis. Nous avons sous les yeux Anêhê(m et Vaeeord.
*M Gomme il est parlé même de bijoux, 41 faut qu'il ait régné passablement d*aisance dans le cbftleau avancé, où ils pénétrèrent, ou dans les maisons des campagnards.
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Thonora et on lai fit des présens ^^; tout fut terminé à Tamiable *^.
Rodolphe, de la maison des comtes de Werdenberg , grand maitre de l'ordre teutonique des chevaliers de St.^ean et commandeur à Heitersheim, se comporta tout différemment. Le chevalier Jean de Bérenfels , bourgmestre de Bale^ s'étant rendu en Brisgau accompagné d'un grand nombre de seigneurs , de conseillers et de dames , à l'occasion du mariage de sa fille avec Adam de Landsberg, Rodolphe, avec quarante cavaliers et quarante fantassins, lui intercepta le retoor. Pendant le pillage , l'ancien bourgmestre et chevalier Ifartung d'Andlau et plusieurs autres reçurent des blessures dangereuses. Sur-le-champ les Bâlois requirent le secours de Soleure et de Berne , et entrèrent dans le Brisgau avec leur bannière et leur artillerie. Mais le gouverneur et les conseils de l'Autriche antérieure ^^, inquiets pour la maison de l'ordre de St.-Jean à Heitersheim^^^ se hâtèrent d'en prendre possession et de faire prêter serment à Rodolphe qu'il se soumettrait aux voies juridiques. Baie consentit à cette marche ^ attendu qu'on lui accorda la moitié de la gar-
*** i486 ; hait sacs d'avoine, dix pinles de vin ; on le traita aussi dans le lieu de réanion d'une tribu. Brukner,
>** Traité , 1488 : ( à côté de quatre bourgeois du Petit-B&le , on trouve siégeant comme juges : quatre campagnards de la seigneurie de Rothelin). En 1480 Philippe, dans son hôtel de B&le, répond en justice à Klingen, à l'occasion de ses sujets. Il y a aussi un aeeammodement trèséqoitable de 1509. JVartti$en, Brukner*
*** Le chevalier Louis deMasmoutier ; le baron Gaspard de Morimont était baillL
MS Le propriétaire fut de tout temps considéré par le gouvnmcment autrichien comme habitant du pays.
DÎson et des reveous jusqu'à Tendère satisfaction ^^. Deux causes ajoutèrent à la gloire de la ville de Baie : elle offrit un asile sur aux savans chassés d^autres pays par les calamités publiques ou par l'intolérance des sophistes ^^ ; dans ses murs aussi on vit se déployer un zélé extraordinaire pour le perfectionnement de Timprimerie^^, de cet art qui affermit sur son trône l'opinion publique, reine du monde, en sorte que la tyrannie et l'obscurantisme peuvent bien menacer la science et la liberté , mais non les étouffer paitout ni pour un long temps*. Jean Amerbadb, Jean Froben et leurs familles, qui perfectionnèrent Tart typographique à force de dévouement et de sacrifices ^^, ont acquis
»•> Le tout en 1489, el d*après fVuniuen.
*** Andronic Kontoblakas enseigne le grec dans le Petit-Bâle, en i47d. Denii Bibliolh, de Garelii, t. U. Jean ( « Haynlein* ) « de Lapide,* échappé de U Sorbonne à propos de la qaerelle des réalistes et des nominaux, devient professear à B&le et chanoine en i4S8, ensoite chartreux. Jean Herrm» Brueker dans Notuiœ ad Ur$tUu epiiomeiu Demis, 1. c. t. L » L'histoire de lUniversité de BMe a été racontée par Loeoê Gemleruê dans Oratio teeularU de Academiœ BasUiensU oriu et progre$sam BasiL (1660) in-4% G. M.
^* De là souvent dans des livres Imprimés : « Quam ( urbem ) non a solum aéris clementia et fertilitas agri , verum etiam imprimentiam > subtilitas rcddit famatissimam. •
* Cela n'est pas sûr, s'il est donné à un ambitieux de s'emparer de cet instrument, d'en faire le monopole à son proGt« L'imprimerie a été inventée à la Chine, long- temps «vaut qu'elle le fût en Europe; à quoi loi a-t-elle servi ? Elle est devenue pour le gouvernement un mstrument de plus pour maîtriser l'opinion publique. Sans l'Amérique et PAngleterre, l'Europe éprouverait ce sorL D. L. H. (Note écrite vers iSOS).
*** Amerbach imprima le premier à BMe en caractères romains; FVoben , que Denis nomme l'Aide allemand, fit de belles impressions sur beau pa]pier. Son fils Jérôme et son gendre Nicolas Bischof f • Nie. Epîscopiusf) publièrent les Pères grecs. Sa veuve prit le célèbre imprimeur Jean Herwagen, auquel on doit les Scriptores H têt, Gerwumm, Herbst (• Oporinus •). correcleiir de Froben, imprima fort bien aussi.
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une plus belle gloire que beaucoup d'hommes d'État et de oooquërans^ dont les ruses et les succès ont jetë le monde dans des troubles et une partie du genre humain dans une misère sans bornes.
L'ordre et la dignité présidaient au gouvernement de Berne ^ qni ne se montrait ennemi ni du progrès ni de la joie. A côté des héros en eheveux blancs, de Wa* bem et Henri Matter, dont nous avons plus d'une fois remarqué la sagesse expérimentée^^, la charge d'àvoyer était confiée tour à tour à Guillaume de Diessbach , un des citoyens les plus considérables par ses richesses, par sa rare intelligence, par la dignité de sa vie et sa bienfaisance extraordinaire^^, et à Rodolphe d'Erlach, magistrat que ne recommandaient pas moins^^ le rétablissement d'une fortune délabrée^^^, une parenté illustre ^^^, de grands takns pour la guerre et pour les affaires importantes ^^. Tous les avoyers et
^"^ On pFace ordinairement ( />«> par exemple j ses fonctions d*avoyer à Tan 1^95; cependant nous le tronvons déjà (n, 530) en qualité (f anoien avoyer.
**' il entretint pendant bien des années près de cent pauvres honteux ou écoliers indigens. Leu*
«M De Diesfibach, né en 1442, avoyer en 1481, mourut en 1517 ;. dIErlach , né en 1449i, avoyer dans sa trentième année, mourut en
*** Pierre, son père, fut poursuivi juridiquement pour dettes, en idSS el 09. On sait que Rodolphe avait pour débiteurs le duc de Wurtemberg et beaucoup d'autres, et qu'il avait fait à BQmpli&une grande construction. Généalogie des ttErloeh,
^** U avait épousé une fille de l'avoyer de Fribourg Praroman , et en secondes noces la veuve de Jean-Frédéric de Mullinen, Barbe de ScbanxMbthal-Brandis. Le banneret Hctel de Lindenach était 8on< bean-frère. 16.
*<> C'est lui et non le gendre du chevalier de BQtttkon qui était baill! de Gerlier pour la maison d'Orange et pour Berne, en 1475.
390 HISTOIRE DU LA ftUiSSB.
les conseillers présens à Berne étaient obligés par ser* ment de s'assembler^'^ chaque jour à sept heures du matin , en hiver à huit heures pour délibérer sur les affiaiires courantes, et le vendredi sur les besoins généraux ^'^. Dans les cas graves où il paraissait essentiel d'avoir Ta vis de tout le monde , qu'il s'agit de gens sans patrie^'^, ou de revues^'% ou de modes indécentes^*'', ou d'engagemens militaires non autorisés , les conseils et les bourgeois convoquaient la commune entière, même les étrangers et les ouvriers , et leur faisaient prêter le serment obligatoire pour tous. Quand il ne paraissait guère prudent, en matière de crédit, par exemple , de débuter par des lois précises , on y préparait les esprits par une monition adressée à la ville et à la campagne ^'^. Si, sous l'influence d'événemens extérieurs ou de quelque autre cause, le mécontentement affaiblissait la confiance du peuple dans ses autorités, celles-ci l'invitaient à présenter ses griefs ^^•j mais, ainsi que dans un danger commun , elles formaient en même temps des alliances défensives avec les villes
^'' SoDS peine de deux pïapparls d'amende. Ordonfumcê dans Anihetm»
^* Ordonnauccs, Jagemens (appels?), constructions de la ville, etc. Ordonnance* de i4S6 dans Ânakelnu
*** Les heimatbloses , gens qui , ne ressortissant à aucune coromiiDe • ne paient ni taille ni frais de voyage. Conseil et bourgeois, 6 août iâ86. Ànslœlnu
^*', Inspection des armes et cuirasses par les bannercls dans les districts de la campagne. Ib.
^" • Visages de parade • ( masques) , haut-de-cbausses. 16.
'** Monitoire contre l'usure , 1465. Anâhelm. La conséquence fat la défense de 1485 pour le Sibenthal et le Hasli , de ne pas grever davaa* tagc leurs terres. Soin paternel !
"® En 1 /|89. lors de rameute de Waldmann i Zurich. Id,