LIVRE V. GHAP. III
pokk de 668 dettes 9 et que son fils, mal élevé, mourait d'uoe mort ignominieuse^^. . T
L ordre teutonique administrait l'église prmcipale de Berne. Institué Tannée de la fondation de cette ville, il avait , dans les premiers temps de son héroïsme plein de foi, acquis de Frédéric II, le dernier grand monarque de la maison des Hohenstaufen , la belle ^lise de St.-Vincent. Respectable avant toute autre, tant que la lutte entretint ses efforts , cette association dégénéra au sein des jouissances ; aux époques de crise, les chevaliers , infidèles à leur premier devoir, refusèrent de combattre pour la chrétienté contre les mécréans^^^, et, tandis que les sciences renaissaient, leur ignorance était si profonde qu'ils savaient à peine lire les forïDuIaires latins du culte ^^'. L'âme de cet ordre ayant disparu, il y suppléa par l'orgueil, source de mécontentement^^. En voyant les revenus de tant de beaux domaines passer en Souabe dans les mains de chapelains qui n'étaient pas suisses et grossir des caisses étrangères ^^*, le patriotisme se réveilla , de même que Tenvie. Ces dispositions n'échappèrent point à Jean Armbruster, Bernois , dianoine à Sion , versé dans la connaissance de la langue italienne et surtout de la cour
*** Beoiele bannit de la ville et dn pays. Le margrave de Montferrat le fit pendre,
*** Baeio, Hiêt. de Friuêe ( Gûêch. v. PrtuêMn) , t. IV ; on éluda Tobligatbn de marcher contre les Tares.
^^ JttêkêUn, Gruner, 189 : à peine y en avait-il de capables de dire une messe pour les âmes et les prières joarnalitees.
^ Leurs corés refosaienl d'obéir à Tévéque ; ils forent bannis à caase de cela et Berne dnt payer nne rançon pour les ravoir.
*^ iO.OOO flor. en peo d'années. Le grand-maitre était un Tnichsess de Wetzbaoien; celui-'Ci n'ayant point d'argent {Baezo, 70 ) donnait sans doute à ses compatriotes des places de chapelains.
396 HISTOIRE DE LA SUiSSBr
de Rome y quoique non moins ignorant en latin que les chevaliers ^^^ ; il suggéra aux grands d'acquérir ces riches prébendes pour leurs fils ^^. L'impatience et IV vidité ayant mûri son plan , il fut secrètement envoyé à Rome avec le greffier Frickard, et obtînt sans peine quatre bulles moyennant trois mille florins^''. Innocent dépouilla Tordi^e teutonique d'une possession de deux siècles et demi, et institua un chapitre collégial séculier avec quatre dignités ecclésiastiques^^ et vingt canonicats à la nomination du gouvernement. II nomma Jean Armbruster prévôt ^^, lui donna mitre, crosse et anneau , et lui conféra les ornemens et les droits des grands prélats ^^. Le nouveau chapitre fut enrichi par Tincorporation de ceux qui florissaient autrefois à l'entrée de l'Oberland, dans l'agréable solitude d'Amsoldingen entre le lac et les montagnes ; ou à Ruegisberg, au milieu des beautés sauvages dés Alpes antérieures, et sous l'autorité des religieuses dlnterlachen, trop libres dans le pays des plus beaux bergers ^^'; à Yillars-les-Moines , au-dessus des ruines du temple
^^* c'est pour cela que i'organîsle lai dit un jour : « Les seigneonteotODiques n*ont pas tous été chassés ; nous sommes eocore ici nous deui. • Anskelm,
*** Cela dut bien leur agréer; on le voit par TeiiToi de Nie Schmidt à Rome, pour placer un fils du banneret Huber. Antlielm, 14SS.
^' Gruner en a transcrit deux, p. i90 et 198. Pour le reste nous nous sommes servi des recueils de chartes de l'église, formés en 1678 par Daniel Engel , d'après les registres.
**• Prévôt , doyen , chantre et custode.
^** Pour cent ducats. Aneheim,
^** « Parochetum et capocium > des prélats, le droit de bénir et de conférer les ordres inférieors , etc.
»»i De AO il n'en restait que 4 ; les autres s'étaient enfuies on avaient été chassées.