‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 95 sur 127 · LIVRE y. CUAf». III · texte numérisé non relu

LIVRE y. CUAf». III

Il y avait en lui un ascendant dominateur^ supportable seuIeBoent aux admirateurs de son génie, ou à ses égaux par les mœurs. A la fin ^ il fut nommé chef de sa triba , et bientôt après éclata la guerre de Bourgogne , dans laquelle ii fit voir à toute la Suisse ce qu'il était. Homme de guerre^ il se signala à Mulhouse; à Waldshut, à Héricourt et dans l'expédition contre le Paysde-Vaud. A Fribourg, tous les drapeaux s'inclinèrent flevant lui ; il rassura Berne , exdta sa ville à force de terreur et de confiance; pendant cette nuit où tout Tespoir des Bernois reposait sur lui y il continua sa marche, en dépit des ténèbres et de la pkiie ; à la journée de Morat, nul ne partagea comme lui la gloire de Hallwyl et de Hertenstein. Dès lors Waldmann brilla dans toutes les diètes. La résolution de la Suisse , la bilaille de Nancy^ c est à lui que le duc René en fut ndevable. C'est lui qu'avant tout s'efbrça de gagnei^ l'astucieux roi de France ^ qui en obtint des services dans les a£Faires de Bourgogne. Toutefois son caractère et son goût inclinaient pour l'AUemage ; l'Autriche en profila. Inquiète ^ au déclin de sa maison , Yolande recourut à lui^^. Sforza, dont l'aïeul ëtaitun homme de la môme trempe, s'attacha tout entier à lui; de nftme quiconque voulait armer les Confédérés ou calmer leiar violence belliqueuse. Une autorité tyrannique comme dans les villes de Tancienne Grèce ou de l'Italie n'était pas possible en Suisse^ : moins à cause des

^*' « Volant, primogcnita et soror serenissimorum Francis r^Jim... • benedllecto uoslro , Uanns Waldmana , militi , de Zarich. » Elle le nomme conseiller antique de Savoie. Pignerol , 15 juin 1478. « Rei mi- Ktaris peritia , îndoslria , astutia, » sont ses justes motifs.

* Le contraire est prouvé par i*histoire des insurrections des sujets , que les dénis de justice occasionnent toujours, et qui furenl punis avec

pactes que (l*un amour véritable de la liberté et de Tégalité^ et parce que la plupart des gouvememens unissaient dans une mesure si parfaite rintelligenoe et la conscience d'eux-mêmes/ que les plus petits États oonservaient leur dignité. Aussi accorda-t-on à Jean Waldmann^ sans péril pour la république^ un pouvoir digne d'un génie élevé et d'une grande force de caractère.

Dans la charge de grand tribun ^ la plus haute après le consulat ^^^, il jouissait encore d'une entière faveur auprès du peuple^ dont il était sortie auprès des tribus^ qu'il sut captiver, même auprès de b noblesse ^ grâce à ses habitudes et à la considération dont il entourait la ville. Â cette époque Zurich > sans les Confédérés I mais de leur consentement^ conclut avec le comte de Wurtemberg, pour dix ans, un traité favorable à l'importation des grains, et par-là même utile à toute la Suisse orientale ^^. Avec le sire de Werdenberg, grand-maitre de l'ordre des chevaliers de St.-Jean^ plus tard. ennemi des Bàlois, on renouvela l'alliance de combourgeoisie qui avait long-temps subsisté entre Zurich et la maison de Waedenschwyl^* La bonne intelligence avec Strasbourg fut rétablie lorsque Waldmann abandonna le chevalier de Hohenbourg à sa mauvaise étoile; cclui*ci^ marchant à la

une cruauté sans exemple , par des avanies, pertes de privilèges , etc. Le monopole exercé par quelques villes est connu , ainsi que la connp' tion des bailliages médiats. D. L. H.

^" On peut comparer le grand tribun (Obristmeister) au «pnncepi senatus. * = Voir Appendice D.

5»'* Ch,, Zurich , le soir de St. -Matthieu , 1482.

5«^ CA.,. 18 juin 1482.

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