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mort , le lui reprocha comme une trahison , et lui prédit sa fin malheureuse.
Peu de temps après , Waldmann , non content de sa grandeur personnelle, ambitionna la charge de bourgmestre. Les honneurs en étaient tour à tour dévolus à Henri Roûst et au cheralier Henri Gôldli , d'anciennes etaobles familles de gouvernans, tous deux dans la force de l'âge ^^^^ expérimentés dans les affaires et dans la guerre 9 mais inférieurs à son génie ^ Tun bienveillant et sans prétention, l'autre tout dévoué à son office, aux diètes, aux ambassades, riche par héritage, entouré de six fils; Lazare, son cousin, bailli d'Empire et membre du conseil , était la seconde colonne de la maison. Aux élections, Henri Gôldli fut laissé de côté, et Waldmann, le héros, primitivement tanneur^ maintenant chevalier^ et même plus riche que ce magistrat, mais non d'une richesse héréditaire, fut proclamé iK)urgmestre de la ville de Zurich. Gôldli fut réélu Tannée suivante; toutefois Waldmann ne lui laissa plus reprendre son autorité , et ce qui lui fut le plus douloureux, il le fit exclure des députations. Il concourut à rendre vaine la faveur accordée à son fils Roland par l'évéque de Constance ^^''. L'offense. qu'il fit à Lazare dans la personne de sa femme était plus ancienne peutêtre ; mais il parvint à l'exclure du conseil pour une action condamnable^^.
^>* Tous deux plas ftgés que lui ; magûtrats déjà en 1455 ei 6i ; mah ils n'étaient pas tellement ses aines, que Waldmann, s'il devait devenir bourgmestre dans la force de Tige , dût attendre leur mort. En effet , Roftel mourut en 1509 , Gdldli seulement en 1514.
'^^ Expectative à Zofingue n. 1^6.
**^ 11 avait enlevé au domestique du conseiller autrichien , messire dç Stadion , son cheval et le sceau de son maître. Nous ne connaissouii. pas les détails de cette affaire.
406 NISTOIRB DB LA fUiaHK.
En possession du plus graod hooueur auquel un Suisse peut atteindre dans sa patrie , Waldmanu forma le dessein de rendre sa ville iUusti^e au dehor» et d'en faire à l'intérieur le type d'une république bien orga-^ nisée. A cet effets il forma une association, intime y non avec un parti , mais sans distinction de parti avec les hommes les plus éclairés ^ les plus loyaux y les plus susceptibles d'^[)thousiasme ^ avec les meilleurs amis el compagnons qu'il put trouver. Henri Meyss, conseiller de la tribu des connétables ^^^^ petit-fil» ou neveu de cet homme excellent que Stûssi avait immolé dans la guerre de Zurich à la fureur des partie ^ Dominique Frauenfeld , tanneur comme Waldmann y trois tribuns^ son beau-fils y son cher Gérold et trois autres membres du Grand Conseil , le curé Helfenberg^ et le greffier Louis Âmmann , homme comparable au docteur Frickard et à d'autres grands hommes d'État de la Suisse, ces douze personnes étaient chaque jour ses coïmneD* saux au prix de dix-huit kreuzers^^^ à l'hôtel de l'escargot , voisin de l'Hôtel de ville ^^^ et où s'assemblaient autrefois Les boucs. Ces heures où^ l'on se raillait sans gène d'un égoiame étroit , de la prétraille et des cabales du conseil^ où y dans le sentiment de la supéri(»*ité in-' tellectuelie et de l'utilité du but, on n'oubliait que trop le pouvoir de la méchanceté, étaient les plus heureu*» ses de la vie de Waldmann, si riche en belles heures. Il détermina la plupart des cantons à faire partie de
*** Nous rappelons aax lecteurs étrangers que c'était le nom de la tribu des nobles.
*•• Ils se CD lisaient pour le vin en donnant chacun deux florins = ^8 kreuïers font aujourd'hui h peu près 14 sous de France. C. M.
^** L'h6tel de Tescargot a été dans la suite transporté ailleurs.
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la li^e héréditaire du roi Maximiiien^^. C'était le moyen de tenir en équilibre le parti français qui dominait à Berne ^ politique sage pour la Suisse d'alors, maiaqui fut abandonnée après lui parce que les hommes Tolgaires se conduisent plutôt d'après les impressions du moment que d'après un prineipe. Afin de faire prévaloir le sien, il stipula que l'Autriche paierait à luimême et à chaque premier bourgmestre de Zurich après lui quatre cents florins par an, et dix fois autant pour être distribué dans les autres cantons ^^. Convention naturelle dans des républiques où une multitude daiies vulgaires se laissent gagner par quelque acte d'hospitalité ou par de petits secours; indispensable, quand les adversaires se servent de ce moyen ; digne d'ëloge ou de blâme suivant le but qu'on se propose ^^^. Mors aussi l'on publiait mainte défense avec plus de gnvité que de succès ^^; les besoins et les passions pa-
^ Tous, eiceplé Lucerne , Schwyz et Claris. A la vérilé la dernière totorisation manquait
^ Deux charte» , le jour de la Ste-Groix en adtcmine i4S7. Il devait dlie cbaigé de la dislribnlioo sa vie dartot Mais 11 ne se pressa pas do la faire , il voulait être assuré des hommes.
*** C'est dans ce sens que la vertu de Sidney pouvait ne pas rougir de ivœvoir de Fargent de la France.
**^ Lettre de pen$ion$ après sa mort. Bien des cantons n'y prirent aucmie part; Zorich, avec des restrictions : « Pourvu que ce ne soit pas
• au décriment de la ville, et qu'il ne s'engage h rien qui porte dom-
• oiage , nn citoyen peut accepter ces présens , attends que, sur son rc-
• fus, d'aotres les recevraient > La multiplîcitô des objets politiques ne permet pa» d'affirmer qu'on ne pay&t que les mauvaises intentions. On pouvait s'attendre à une appréciation des motifs de la part de chefs populaires qui par conviction ou par loyauté devaient désirer opposer aux moyens de leurs adversaires des moyens analogues. En général , on considérait comme trafiquant de ses principes celui qui ne recevant de piésens que d'un seul paraissait se donner tout entier à lui.
ralysent les lois austères; il est donc sage de ne pas défendre trop de choses, mais de veiller sur tout.
Dans les affaires dltalie le bourgmestre inclinait pour Milan : les bonnes relations avec l'Italie sont in* Animent utiles aux deux pays et sans aucun danger. En revanche y peu partisan des prétentions hiérar^ chiques, de même que d'autres Zuricois anciens et modernes , il n'aimait point les alliances compliquées avec la cour de Rome. L'église de l'eau fut bâtie sous sa direction ; il donna l'idée des omemens qui décoraient le haut des tours de la grande ^lise^^. Cependant , comme le clergé doit aussi se soumettre à l'ordre civil, lorsque Innocent, pour consolider son crédit, voulut absolument renouveler l'alliance, Waldmann n'y consentit qu'après que le pape eut reconnu et sanctionné cette subordination ^^'^. En même temps od admit la faculté de racheter les revenus que les églises possédaient par donation ^^^, à l'exception , comme cela doit être, du domaine principal de chacune d'elles. L'accomplissement des volontés généreuses des pécheurs mourans dépendait de leurs héritiers. Le clergé ne pouvait en aucune façon acquérir des immeubles ^^* Pour faire voir comnient choses et personnes étaient sous l'autorité du gouvernement, on punissait les ec-
*** Ch, 4uprétfé(i Félix Frey et du chapitre : comme quoi en 1488 soo prédécesseur, de Gham , et les chapelains fournirent 1,500 florins et encore 800. Ces ornemens coûtèrent au tolal 18,916 livres, 15 sch. Tout le clergé contribua. Le bourgmestre lui-même donna 200 florins. On les enleva au bout de quelques années ; le plomb pesait trop sm \» tours.
**'' Ci-dessus, après n. 189.
*'* Loi de 1480 : un muids de bled , un muids de vin, racbetables ptf 25 livres, un florin en argent par SO ou 28.
^** lois de im et 1486.