‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 3)Chapitre 97 sur 127 · LIVRE V- CHAP · texte numérisé non relu

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clésiastiques qui ne se soumettaient pas à la taxe annuelle du vin^^. On défendit*®* les cartes et les dés que beaucoup d'entre eux aimaient passionnément, à l'exemple de l'abbé Ulrich de St.^Gall; on défendit de rester à table à une heure avancée de la nuit *®^. L'interdiction faite aux frères-précheurs de confesser les religieuses de l'Oetenbach fut regardée comme une injure au caractère ecclésiastique*®^. Une pareille subordination du clergé aux lois civiles plaisait au peuple *% mais énervait la hiérarchie, autrefois seul appui et seule terreur des gens d'église ^^. Le but du bourgmestre était de corriger les abus introduits par la négligence de l'ancienne simplicité , ou pendant la guerre de Zurich et les autres troubles.

Quoique les cantons intérieurs vissent de ibauvais œil la collation du droit de bourgeoisie , Waldmann ne souffrit pas que Zurich fût plus limité à cet égard que Berne voulait l'être*®*. La Thurgovie presque entière se rattachait à sa ville comme l'Oberland et l'Argovie à Berne. Le droit de bourgeoisie lui avait coûté à lui-

*>* 10 ftchcllings d'amende par muids.

**^ Ordonnance de 1480 ; soos peine d'un marc d'argent d'amende , excepté les trois jours de la dédicace. 14S5 : « afin que la décence fasse • des progrès parmi ceux qui sont établis pour le service de la Divinité > et qui renoncent aux plaisirs d'un monde transitoire. >

**^ Après neuf heures le concierge de la salle des chanoines ne doit plus rien livrer.

*** £Ues devaient porter nn capuchon sur l'épaule ; la raison n'en était sans doate pas trop honnête.

*** Les anciens abus « causaient beauconp de mécontentement chez la loyale commune. »

*** Le pouvoir temporel força un autre couvent de religieuses ( le FraumOnster ) de déposer Tabbesse Sybille de Helfenstein ; i4S7.

**' Anêhebn, 14S2. Après lui aussi il fut question, mais inutilement, de limiter ce droit.

même <piatre florins®^ ; pour dix un étranger *^ pourai t, avec le consentement du bourgmestre^ acquérir la protection que donnait ce droit , trouver son existence à Zurich dans son industrie , et ^ comme guerrier, son poste dans une armée si souvent couronnée par la victoire; si cette alliance lui devenait incommode , il pouvait y renoncer pour un temps ou à jamais^^^. Une certaine stabilité est nécessaire^ mais une bourgeoisie qui ne se renouvelle jamais ressemble à une eau dormante; les plus grandes choses ont souvent été accomplies par les nouveaux bourgeois ^^^, et le mouvement est la destination de l'homme.

Au conseil ^ Waldmann s^appoyait essentiellement sur les tribuns , et voici ses motifs : les connétables lui en voulaient à cause de Gôldli; les tribuns , hommes du peuple 9 le connaissaient très-bien et se laissaient conduire ; nul préjugé de rang ne fermait leurs yeux à la vérité^ surtout quand, au gré de ses désirs, il les rendait indépendans des corporations et les préservait du contact et de la prépondérance des nobles ^^^. Beaucoup

«07 Un campagnard xaricois pajait 5 il., an Snîase, 4. Le jeonc homme teno de BKkenslorf après le désastre de ce village , pent-étre encore enfant , fat traité comme an être intermédiaire.

^* S'il portait les armes poar la ville ou s*il se distingaaît par son indastrie, on lai conférait la boorgeoisie gratis.

*** Il dépendait de lai, d'accorder on de refuser.

*^* Pour an temps, quand il se proposait, p. e., défaire une guerre particolière on de s'enrôler au service étranger. Gelai qni renonçait à la bourgeoisie devait auparavant payer ses dettes et jnrer de ne pas faire des erarôlemens contre Zurich et de ne pas porter les aimes contre la ville dans les six premiers mois.

<'^ Preave en soient , outre Waldmann , Rodolphe Hofmebter , la plupart des réformateurs , toute l'ancienne et vigoureuse Suisse.

*** 11 estimait que lors même que sa corporation élisait un antre chef, le tribun , s'il n'était convaincu d'aucim crime , devait demeurer mem-

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de gen» souhaitaient alors aussi qu'au liefu de briguer uo emploi^ on s'inscrivit simplement auprès du greffier ^^^; mais comment empêcher un candidat de dire ses motifs personnels y de chercher à se faire des amis pour une affiiire importante ? comment s'en rapporter entièrement à Topioion publique , ou plutôt à Finfluençe de Thomme le plus puissant?

Pour l'impôt foncier, les dîmes dues aux baillis ^^^, les corvées^ les péages aux portes de la ville , WaldmacQ faisait exécuter les ordonnances plutôt avec la sëyërité d'un prince qu'avec l'ancienne indulgence née dn système de la liberté : le gain qui en résulte pour le fisc ne vaut pas un certain bien-être qui gagne les es* prils. Une contribution foncière considérable ( cinq ou même dix schelliogs par cent livres fennings) fut^ non pas consentie, mais ordonnée et levée, au détriment, non d'un droit écrit , mais de la prudence. Avec sa force de volontë et la conscience de ses bonnes intentions le bourgmestre Waldmann oublia comment un peuple libre veut être traité. Il en agit de la sorte à l'égard de l'argent : le prix du butin vendu , les contributions de guerre, les subsides, que le paysan estimait avoir payés de son sang, furent réservés, sans aucun partage, pour munir un arsenal*^^ et pourvoir, en cas de guerre subite, aux premiers frais; on n'expliqua pas suffi-

bre du Conseil , qu'aucnn membre de la connétablie oe devait paner à ime antre triba , et qu'elle n'avait à fournir que six conseillers.

**' Dn r^g/emenf parut en 1489 après sa mort, inexécutable comme tout ce qui est exagéré : il est bon et possible d'empécber l'acbat des emplois; mais défendre de se recommander on de se faire recommander!

*** La dixième gerbe , abusivement la neuvième.

*'^ On en avait posé le fondement en 1&S7. Bmkn; BUmtêch{L

samment ce but aux campagnards , à qui d'ailleurs on ne laissa rien pour des réjouissances. Tout au contraire, afin de pourvoir en cas de besoin chaque commune de pièces de campagne ^ on leva sur les fortunes, sur les biens fonds , les vignes , les pâturages communs et les bois^^^y un impôt incontestablement utile , modique, mais inaccoutumé. En trop peu de temps on multiplia trop les améliorations.

Autrefois y avant les progrès du commerce^ chaque pays devait fournir à tous ses besoins y ne f ûtH^ que médiocrement; dans la suite» se bornant à ce qu'il produisait le mieux, il y trouvait le prix de ce qu'il ne produisait pas. Dans le canton de Zurich, où la vigne ne réussit qu'en de certains districts et avec une grande différence selon les années ^^''^ on prit soin avec raison que sa culture ne s'étendit pas au détriment des champs et des prés : néanmoins l'impôt sur les vins étrangers

'** Chaqne père de famille paie aanaellenieDt i scheUing » chaqoe venve 6 fennings, chaque manœuvre 2 schell., celui qui cultive la vigne autant et en automne S iéteê de vin ; celui qui laboure avec an attelage complet » un quarteron d'épeautre, un quarteron d'avoioe; la partie des pâlorages communs , le bois et les glands dont on ne faisait pas usage (et qu'on employait aussi pour diminuer les impôts et poar contribuer aux fesiins publics ] ; enfin des amendes payées volontairement sa Dans les cantons de Zurich , de Zoug et de Schafibouse on appelle tête (Kopf), un vase en chêne ou en métal pour mesurer les liqmdes, de la contenance de deux mesures chacune de 14 pieds luricois et S;3; dans le canton de Claris,- la quotité est un peu différeute , et la même dénomination s'emploie aqssi pour le poids de sept livres ; eufia dans celui de Schwyz, on désigne par le mot de tête un vase à mesurer des choses sèches , un petit boisseau. Voy. Stalder Idiotikon, L II, iS3. CM.

'^' En 1484 , on en donnait an muids pour un œuf et un tonneau ik vin pour nn tonneaa vide; peu après , le moidsse vendait 9 livres.

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paraissait trop f(Nrt dans quelques circonsiaDces*^^. L'esprit d'ordre de Waldmann étendit sa sollicitude à l'ayenir des forêts ^ afin de ménager les jeunes plantes et de prévenir la conversion arbitraire des bois en diamps^^^. Il s'opposa de même à la transformation des champs en prés ou en pâturages et à la réunion dans les mêmes mains des petits fonds de terre, dont chacun nourrit son homme. Le véritable agriculteur, pensait-il, doit être favorisé dans les pâturages communs ^^^. Il ne doit ni devenir chasseur, pêcheur, artisan ou négociant, ni dépenser son argent au cabaret ou sa force dans les bains^^^ : produire et dégrossir les matières premières, voilà sa tâche; de tous temps la ville a été le marché commun; un rendez-* vous de toutes les mardiandises prévient les lésions et assure le succès de Tindustrie. La ville est la tête, la campagne le corps ^ la santé de TÉtat dépend de l'harmonie de leurs fonctions ""• Le bourgmestre avait un autre but encore en faisant rester le paysan dans son village, sans se mêler à d'autres classes : il n'aimait ni les chan-

*>« Outre tes accises i faeller par pot, S si on le vend en détail. Les accises étaient de 7 sch, et 1;2 par muidsde vin du pays.

*** En idSS, défenu de couper de jeunes sapins et d'extirper des forêts.

'^ En i486. Le bouTgmntre et U eonâeil ordonnent que les maires des villages veillent à ce que les meuniers, les forgerons, les manœuvres, les patrons d'église et les curés n'envoient chacun au pâturage commun pas plus de 2 vaches, 1 veau ou 1 cheval, 2 porcs, 5 poules et un coq , afin que les paysans n'éprouvent pas de dommage. Extrait du vieux livre blanc de Kibourg, 1534.

"^ Abolition des bains et des pressoirs à huile. Restriction dn droit de taverne.

Il ne fallait donc pas en faire deux êtres distincts. D- L H.

UiU HISTOIRK BE LA MJfftSE.

gemeso» de domicile ^^, ni la ooaeesdon des droits communaux à des étrangers.

Il agissait parfcns comme ces diplomates aixi yeux de qui le peuple existe pour le prince ou TÊtat; en Suisse chacun pense exister pour soi et dans le but de jouir en même temps que de travailler. On rendit plus précises les ordonnances communales , souvent si patriarcales par leur simplicité antique; les sous-baillis ne furent plus élus par leurs égaux , mais seulement pro* posés. Si , à IVegénsberg , un soufflet donné ne coûtait que cinq schelliogs y si en général on avait des moyens divers d'atténuer le malheur des coupaUes^^ et de les punir sans cachot et sans bourreau , TEtat en souffrailr il? Enlever aux enfans d'un criminel même leurs biens meubles fut une mesure fiscale et non paternelle. Waldmann entreprit d'attribuer exclusivement à la ville le commerce du sel ^^^. Il fut père sévère^ bien intentionné sans doute ^^^, mais les grandes guwres avaient émancipé les campagnards. 11 n'entendit point la voix du peuple ""; on avait interdît les assemblées

^^^ Nul ne doit nous quitter à notre înm et sans notre consentement

*^ £n permettant les domma^ea-intdréts ; en diitingoant les cas, suivant que le sang a coulé ou non , et qu'un individu a été ou non renversé, etc.

«ïi Ordonnances dans F&ssU, 79 et 80« Voy. BulUnger. 11 fut poussé à cela par toute la tsibu des cardeurs, dont il devint Iniméme le chef.

•>5 c'est pour cela peut-être qu'il croyait qu'on est moins obligé de dire an paysan la vérité que ce qui lui est nécessaire et utile. PiissU, 73.

* Faute énorme : il faut que le peuple puisse librement faire connaître au gouvernement ses opinions sur ce qui le touche immédiatemeul , et que SCS communications avec celui-ci soient franches, décentes» toujours ouvertes.. D. L. II.

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dans la campagne, parce que mal iospirées ou mal dirigées ^ elles derenaient parfois tumultueuses ""•

Henri et Lazare Gôldli et leurs principaux amis ^^^ a'ignorèrent ni ce mécontentement naissant^ ni Tenvie ou le dépit de tant de chefs de cantons blessés dans leur amour-propre 9 leur intérêt ou leurs affections politiques. S'assemblant fréquemment dans la chapdle des frères-prêcheurs y ils formèrent le plan le plus sûr pour la perte du bourgmestre : ce fut de lui témoî^er la plus grande admiration pour l'énergie et le courage de son patriotisme ^ de lui signaler une multitude d'imperfections et d'abus, d'intercepter tout avertissement, et tandis qu'on fomenterait en secret le mécontentement jusqu'à l'exaspéralian et à une ezplo^n violente , de le faire aller si loin qu'il lui serait impossible de reculer sans honte, d'avancer ou de s'arrêter sans péril. A l'égard de la Suisse , Waldmann seconda ses ennemis par un acte qui , selon les anciennes idées sur le destin vengeur^ exigeait son sang.

Frischhanns Theilig, de Lucerne, homme d'une droiture et d'une bravoure éprouvées, qui avait orné sa jeunesse du laurier de GicHnico ^^^ , vint à Zurich avec de la toilerie, dont il faisait le commerce. On savait que, comme d'autres, il s'était plaint publiquement et avec amertume de la mauvaise direction de la guerre de Milan , dans le moment même et depuis , et qu'il avait accusé Waldmann de partialité en faveur

* U faUait régulariser ces assemblées en les soumettant à un pelit nombre de ri^lemens i voilà ce qui eût mieux valu que de tuer l'esprit public en ies sapprimanU D. L. H.

•'• On nomme surtout Conrad Schwcnd et Henri Escher, conseillers et cbevaliera , Jean et Gérold Meyer de Knonau.

"' Ci-dessus . chap. II . à n. 262.

de rennemi^^^. A Zurich, il ne dit mot. Il n'en fut pas moins mis en prison. Sa femme, qui Taimait, reçut cette nouvelle j tout Lucerne trembla. Une grande députation partit aussitôt pour demander la liberté de Fricshhanns ; elle fit un appel à la magnanimité du bourgmestre. Lui , que le pouvoir avait endurci , répondit par une raillerie cruelle ^^^. La seule chose qu'on obtint en faveur du héros de Giornico ^ fut qu'il serait simplement décapité ^^. On apprit que le bourgmestre avait su et nommé les lieux et les compagnies où Theilig avait parlé contre lui ^^^, et l'on crut de bonne foi que les Zuricois inscrivaient dans un protocole appelé le Uçre des oùquins^^^, tous les individus, objets de leur ressentiment, afin de les mettre à mort s'ils venaient dans leur ville^ Les Lucernois témoignèrent leur étonnement (( de ce que ^ pour des propos tenus ailleurs » dix ans auparavant ^ à ce qu'on prétendait , on osait » arrêter, mettre à la torture et punir du dernier sup- » plice un citoyen libre de leur ville y venu à la foire » annuelle de Zurich pour ses affaires , sans mauvaise

*^ U prétendit que lui et Pierre Ândrès donnèrent des aTertiasemeDs aux Milanais (n. 692). Il se peut que cette expédition ail déplu au bourgmestre ( comme ù nous) ; qu'il se mit en campagne de bonne henrc et avec des troupes nombreuses pour diminuer le mal de la gaerre. Peut-être interpréta-t-on faussement cette démarche.

*'* Antrement il en serait parlé dans le protocole n. 6S2,

M<» • U faut qu'il tombe» fût-il grand comme un clocher. > Friachhanns était remarquable par sa grande taille et sa beanté. . «*i « Par gr&oe et à la prière de nos fidèles et chers Confédérés de 'Lucerne. » N. 68S.

^>^ Protocole de la ville de Zurich, veille de la St. -Matthieu , 1467. Il devait avoir dit que « Waldmann était' à son escient un homme roé- » chant, un meurtrier et un traître, etc. • Waldmann , quoique ce nr fût pas son tour, présida le tribunal dans cette occasion. FëesU, 115, d'après la proc^'dure.

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