LIVRE III. SEGT, 2^. CHAP. IX
porter avec dignité les désastres et de les réparer. Des familles des grands propriétaires , fondateurs de la République , il ne restait que celles des Bubenberg et des d'Erlach '^^; à la tête de la première était Henri *'^> qui tenait de ses pères la seigneurie de Spiez et d'une grande partie du SibenthaP''* ; Ulrich d'Erlach commandait ordinairement Tarmée ; ainsi que le héros de Laupen^ il marchait au combat résolu de vaincre ou de mourir ^'^^. Comme les nobles , dignes des faveurs qu'ils ont reçues du hasard^ estiment leurs égaux tous ceux qui le sont en mérite^ mais non pas en fortune, les hommes que nous venons de nommer n'entretenaient pas seulement les relations les! plus amicales avec les riches et puissans Ringoltingen , qui, à côté d'eux, s'étaient agrandis dans l'Oberland ^^^ ; ils respectaient, dans la charge d'avoyer, Rodolphe Hofmeister, à peine bernois ^'^*, revêtu long-temps de cette première magistrature ; l'esprit de parti n'excluait pas ^'^ des
*«• On le voit par les discours prononcés en 1470 dans Frikhard, Twingherrenstreit (Guerre des seigneurs). =^3 La famille d'Erlach existe encore ; un de ses membres , volontairement éloigné du gouvçrnement actuel , où il aurait méritoirement obtenu les premières charges , porte avec dignité le poids de la gloire héritée de ses aïeux. C. M.
*'® Les ch, l'appellent souvent Heinzmann.
*'* n était co-seigneur de Straetlîngen (dont Pétermann de Krauchthal avait acquis l'autre moitié par mariage), de Rûtingen, Zwiselberg, Schûpfen et Mannenberg. M usée suisse, lU* a. , 8* cahier, p. 75$.
*'* Testament d'Ulrich d'Erlach, fait lorsqu'il entra en campagne (nous le citerons encore) ; dans la généalogie des d'Erlach.
*'* Fidimus de Burkhard Calige, protonotaire à Fribourg, relatif aux passages qui les concernent dans le livre des fondations d'Ërlenbach, 1439; à la demande de Rodolphe de Ringoltingen.
A'* Il était réellemeut de Bienne.
*'* Un des hommes les plus loyaux et les plus intelligens, le trésorier Fraenklln, était tanneur. V. n. 165.
plus hautes magistratures des artisans d'un jugement sain et d'un cœur droit^'®. Grâce à cet esprit public^ aucune occasion favorable , aucun talent utile à la patrie ne se perdait. Lorsque ^ à l'occasion de l'héritage de Tokenbourg^ les sires de Brandis quittèrent peu à peu le pays , et que plusieurs nd>les aspiraient à l'acquisition de leur château ^'''^^ la république acheta leurs do* maines dans le Sibenthal ^'^^. Telle était la confiance des grands^ que le sire Jean-Frédéric de Falkenstein crut ne pouvoir mieux assurer le sort de ses fils en bas âge, qu'en chargeant les Bernois de leur tutelle ^'^. Berne était le centre d'une multitude de villes et de contrées qui, sans son appui, seraient devenues les victimes de seigneurs puissans et de (]|^ordres intérieurs ; avec d'autres villes et d'autres pays libres se formaient des alliances non moins utiles à la Confédération en général qu'à Berne même. La plus importante fut celle que Berne et Soleure, villes unies à perpétuité, con-
*'• Nous verrons en 1470 un boucher revêtu de la dignité d'avoyer.
*" Acte d'achat de solide et sage Louis de Diésbach (fils de Nicolas, qui s'était enrichi dans le commerce des toileries ), concernant Thonorable maison de Brandis, 1441. Il paraît toutefois que cet acte se rapportait plutôt à une transaction hypothécaire, ou qu'il ne déploya pas long-temps son effet.
*^' Ërlenbach et Dîemtigen, 1439; ^/eo;. de Waitewyl, Msc D'autres placent cet achat en. 1448 (Lea), ce qui paraît être une méprise (StettLerad 1448). hat chronique du Gessenay indique 1439 pour Ërlenbach, et 1448 pour Diemtigen.
*^* Ainsi, déjà en 1437 (Ch, du comte Jean de SuU, NiçoU), les Bonois se présentent devant la cour de Rotwyl, comme chargés de disposer des domaines et des gens appartenant aux jeunes de Falkenstein. En 1439 Tavoyer accorde en leur nom Tinvestiture au chevalier Hemmann Ofienbourg, comme subrogé aux Truchsess de Eheinfelden. Brukner, Çurioâités, p. 2123.
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élurent pour vingt ans ^^^ avec Bàle; ces trois cités s'engagèrent à se défendre réciproquement jusqu'à quatre milles au-Kielà de leur territoire respectif. Quoique bien ealculée pour les circonstances^®^, cette mesure fut hautement désapprouvée par la noblesse allemande^®^ : ses pères l'avaient accoutumée ^^^ à voir dans les Suisses des ennemis naturels , et de nouvelles espérances avaient ravivé ce sentiment lorsque la couronne impériale était rentrée dans la maison d'Autriche. En vain cherchat-on à prouver aux Balois par la bulle d'or que cette ligue serait contraire aux lojis fondamentales de TEmpjpçi84 . jjjçjj qiig l'auteur de la bulle d'or songeât probablement aux Suisses dans l'article qu'on citait ^^^, il l'avait rédigé de telle façon , dans son empressement , qu'une ville libre pouvait facilement l'éluder au moyen de quelques clauses ^®^. C'est pourquoi Arnold de Rotberg, chevalier, bourgmestre de Baie, jura l'alliance sur la place publique avec le conseil et les bourgebis ,
^^^ Jusqu'à Piques 1461.
'"^ jécte d'alliance , 2 mars 14^1 , dans TschudL
182 fVuntUen^ L c 395 et sttiv., attribue ces senlîmens à l'Autriche surtout.
*** Sans doute on se fondait sur le 15« chap. ( Senkenberg, Recès^ I , 69 et suiv. ) « de conspiratoribus » où sont expressément défendues « coUigationes iUiciiœ, in civitatibus et extra, et inter civitatem et civi- • tatem — insuper et confederationes et pacta. •
*" T. m, p. 56, 58, 63. Il est à remarquer toutefois que lexoî Henri ft in curia solemni, » à Worms, en 1231 , dénia aux villes impériales le droit de faire des alliances (Senkenberg, I, 13 et suiv. ) ; mais cette loi, comme tant d'autres » ne fut pas exécutée.
«86 Premièrement , « illicitœ » supposait qu'il y en avait de licites. Une seconde clause semblait restreindre cette défense aux villes qui avaient des seigneurs ; Bàle était une ville impériale. Troisièmement, on avait réservé des alliances pour le maintien de la paix du pays* etc. ;voy.. aussi cap. 16 « de Pfalburgerb. »
et en fit dresser la charte^ tandis que l'autre bourgmestre ^ Arnold de Bérenfels , chevalier aussi , reçut le même serment des magistrats et des bourgeois des deux villes ^^'^.
Après le gouvernement insignifiant ^^^ auquel Hartmann de Mônehenstein ne fit que prêter son nom '^^^ le prince-abbé de Baie ^ Jean de Fleckenstein rétablit les affaires de Tévêché par sa sagesse y son infatigable activité et ses relations importantes ^^^; mais une attaque d'apoplexie l'emporta malheureusement trop tôt ^^^ Le chapitre se divisa entré Frédéric Zu Rhein *-^^ et Burkhard de Rathsamhausen ; les pères du concile déterminèrent celui-ci à se contenter de quelques bonnes prébendes ^^^. Frédéric Zu Rhein^ d'une ancienne et noble famille de Bâle^^*, était meilleur prince que bon abbé : il négligea les fonctions ecclésiastiques ^^^, se montra ferme dans l'administration ^^;
«87 fVarstUen, 1. c.
"» T. IV, 419. L'évéque de Mônehenstein habitait ordinairement la cure qu'il avait occupée comme chanoine ; il y vivait avec un chapelain, nn écolier, wi domestique et une servante ; de temps en temps il allait, pour son plaisir (« pro solatio »)^ à Frôschenek, près Muttenz, où il s'était bâti un petit château. Beinheim ap. Nie. Gerung, citron. Epp, Basil, in Scriptt. min, rer. Bas. t. I.
**' Jean Thûring Mônch et Jean de Flachslanden. Ib.
"• Les électeurs du Palatinat, deMayence, de Cologne, et le margrave Bernard de Bade lui voulaient du bien ( « multum illi favebant » ) ; Louis seigneur de Lichtenberg était aussi pour. lui; son propre frère s'était fait un nom parmi les chevaliers ( « homo magnae famae » )• Ibid.
"* 9 décembre 1436.
*^^ Ce nom s'écrit aussi « Ze Rbyne. »
*•* Gérung, 1, C. Witrstiien, 845 et suiv.
"* Pierre Ochs, Bisf. de Bâte, I, 269, N. k'; dès cette époque (1185) il est souvent mentionné.
^'^ Il ne disait jamais la messe. Gérung ,\.c.
4'* « Multum bene ordinatus in regimine , licet rigidus. » Ibid.