‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 99 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2*. CHAP, IX · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2*. CHAP, IX

Fribourg , sans la participation de leur prince. Ainsi les habitans de Pont démcdirent une potence^ ^gne de la haute juridiction de la ville '^^, placé à la frontière de l'ancien Uechtland ^^^. Une autre fois ils attaquèrent les Fribourgeois au moment où ceux-ci entraient en campagne ^^^ Les Fribourgeois marchèrent contre eux et retinrent un grand nombre de leurs ennemis prisonniers pendant trois mois; ils punirent la seconde échaufFourée en enlevant aux habitans de Pont leurs troupeaux, et en les condamnant aux frais. Du côté opposé , la république fribourgeoise se fortifia par Tacqaisition du fort de Gûmminen j voisin du confluent de la Sarine et de T Aar , et dominant un défilé qui conduit à Berne par-dessus des collines alors sauvages ^^^«

*<* Probablement sur la frontière « de la vieille république , » comme on dit à Fribourg.

*'* Près de Pont-en-Ogo. La chronique fribourgeoUe manttsorke, d'oà je tire ces faits , nomme ce lieu Oltigen , simple traduction du vieux Ogo. U ne peut être question du village bien connu d'Oltigen, situé loin de là. L'éclat des anciens seigneurs de Pont-en-Ogo s'était éteint avec François vers 1596 ; ils ne possédaient déjà plus le château patrimonial ; François de Femey , seigneur de Billin , en avait pris possession ; 1405. Missel de Saint-Sapborin. » Dans le iv* siècle le hameau de Pohten-Ogo , on Ogoz, ou Oge » avait < de 15 à 20 maisons; le cb&tean était situé avantageusement sur un rocher , baigné par la Sarine ; on voit encore nne partie de la tour principale et près des masures la petite chapelle de Saint-Théodnle. Le hameau de Pont fait aujourd'hui partie de la paroisse d'Avry , préfecture de Farvagny. L'histoire de la seigneurie et du château a été racontée par M* F. KuenUn , dans son excellent Dictionnaire géographique, ttatittiqao^ et hiêtorique da canton de Fribourg, t n, p. 248-250. Sous le nom d'Ogo , ou Ogoz, on comprenait une partie de la Gruyère depuis le passage de la Tine jusqu'au Brî. C'était jadis aussi un décanat. Ibid. p. 220» CM.

^"* Le premier fait eut lien en 14&0 ; le second , en 144i. Chron. frib.

^*> Elle l'acheta de Willin Praroînan. Ib. 1441.

La ville de Berne brillait de tout l'éclat qui fait la grandeur d'une république. Pleins du sentiment d'un bonheur prolongé , les Deux-Cents et la Commune *®^ continuaient de confier à l'avoyer , aux bannerets , aux autres conseillers et au greffier le soin des affaires *^*; aux premiers, les insignes de l'autorité. La confiance populaire alliait à l'unité du centre , principal avantage de la monarchie , la force morale que donnait à cette république plus qu'à toute autre l'enthousiiasme de toutes les classes pour le bien général *^^. La police intérieure, les fonctionnaires et les huissiers rélevaient de Tavoyer ; il convoquait les conseillers secrets *®^, les bannerets, les bourgeois et les habitans : seul de tous les citoyens , il était exempté de monter la garde *^''. Les ordonnances statuaient qu'on ne punirait ni les conseils ni les actions funestes ^^® des magistrats, parce qu'un esprit libre et serein est le meilleur moyen d'assurer le bonheur de la République , de sup-

^'* « Les bourgeois de la commune de Berne. » Lettre ée protection de l'avoyer et du congeii, lundi de Pâques 1438.

M* « Pour prendre soin de la ville. •

«•» - Parce que chacun avait la parfaite certitude de pouvoir arriver à tons les emplois. Rien n'exerce une influence plus paissante sur le moral d'un peuple ; aussi un écrivain plein de pénétration attribue- t-il rélévation et la noblesse du caractère des Turcs , principalement à la circonstance que les qualités éminentes du corps et de l'esprit peuvent faire monter le dernier homme du peuple à la plus haute dignité-, i côté du trône de l'Empereur. Raicevich, Esame dette cagioni delt* ingroH" dimenio e detta decadenza detC impero Ottomano, ouvrage que j'ai pu consulter en manuscrit

^** Us paraissait avoir remplacé le conseil secret.

^«7 XI devait réprimer tous les désordres et les délits, et veiller à la concorde ; le grand sautier exerçait la police en son nom.

^*' Le mot de la charte , missfieten, « qui déplaisaient, ■ paraît devoir signifier mUtgtûekten , m qui réussissaient mal. »

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